Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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néphropathie des analgésiques l.f.

analgesic nephropathy

Néphropathie tubulo-interstitielle chronique secondaire à la consommation régulière prolongée d'analgésiques, en particulier mais non toujours, de la phénacétine prise seule ou en association.
Elle est observée avec une fréquence accrue chez la femme. Elle se complique souvent de nécrose papillaire. Les formes sévères évoluent vers l'insuffisance rénale chronique irréversible. Un arrêt complet de la consommation d'analgésiques à un stade précoce de l'insuffisance rénale peut interrompre le processus évolutif.

néphropathie des antalgiques l.f.

antalgics (renal disease of)

néphropathie des analgésiques

néphropathie des Balkans l.f.

Balkan's nephritis

Affection décrite au cours des années 1950 dans diverses régions balkaniques, drainées par le Danube : les lésions rénales prédominantes sont une fibrose interstitielle, une atrophie tubulaire, une infiltration du cortex par des cellules rondes.
Elle expose au développement d'une insuffisance rénale très lentement progressive. L'incidence des tumeurs de la voie excrétrice urinaire est considérablement accrue chez de tels patients. L'épidémiologie plaide contre un facteur génétique causal et oriente vers un facteur d'environnement, pollution des eaux, toxine alimentaire, etc., non encore définitivement isolé. La maladie survient après un séjour de 10 à 20 ans dans les régions contaminées.

néphropathie diabétique l.f.

diabetic nephropathy

Ensemble des atteintes rénales, glomérulaires et interstitielles, survenant au cours de l’évolution du diabète de tout type.
L’atteinte glomérulaire secondaire à l’hyperfiltration glomérulaire induite par l’élévation de la glycémie, s’inscrit dans le cadre de la micro-angiopathie diabétique. La lésion anatomo-pathologique caractéristique est représentée par la glomérulosclérose intercapillaire et nodulaire de Kimmelstiel et Wilson. La première manifestation en est la micro-albuminurie qui précède de plusieurs années l’installation d’une protéinurie permanente dont le débit peut être néphrotique. Elle s’associe alors à une hypertension artérielle, à une rétinopathie diabétique et conduit inexorablement à l’insuffisance rénale totale.
L’infection urinaire fréquente chez les diabétiques, notamment chez les femmes, expose aux risques de pyélonéphrite aigüe et chronique. Une nécrose papillaire peut survenir.
La néphrose glycogénique, secondaire à l’atteinte tubulaire n’est pratiquement plus observée.
L’insuffisance rénale chronique du diabétique est devenue une des indications les plus fréquentes des techniques de substitution de la fonction rénale.

P. Kimmelstiel, anatomopathologiste américain et C. Wilson, médecin interniste britannique (1936)

micro-albuminurie, néphrotique (syndrome), pyélonéphrite aigüe, pyélonéphrite chronique, insuffisance rénale, néphrose glycogénique, rétinopathie diabétique

néphropathie endémique des Balkans   l.f.

Balkans endemic nephropathia

Maladie propre à certains pays du sud-est de l'Europe, caractérisée par une atteinte rénale chronique, probablement due à l'action de mycotoxines.
Observée chez l'adulte et d'évolution chronique, cette affection est caractérisée par une insuffisance rénale progressive souvent sévère avec une protéinurie (bêta2 microglobuline), une hématurie, un état général progressivement altéré. Des papillomes et des carcinomes rénaux lui sont parfois associés. Les examens anatomo-pathologiques montrent une atrophie tubulaire, une sclérose glomérulaire et une hyalinose des artères du rein. Le traitement repose sur la dialyse ou la transplantation rénale. Cette néphropathie  s'observe par foyers ruraux en Roumanie, Bulgarie, Croatie, Serbie et Bosnie. La cause en serait l'absorption d'ochratoxine A.

ochratoxines, mycotoxine,

néphropathie épidémique l.f.

nephropathia epidemica

Syn. nephropathia epidemica

fièvre hémorragique avec syndrome rénal

néphropathie familiale avec surdité l.f.

hereditary nephropathy and deafness

Alport (syndrome d')

néphropathie glomérulaire l.f.

glomerulonéphrite

néphropathie goutteuse l.f.

gout nephritis

Atteinte rénale survenant chez des patients atteints de goutte primitive insuffisamment traitée.
Elle est consécutive à la précipitation de cristaux d'acide urique dans le parenchyme rénal et les tubes urinifères exposant à des réactions interstitielles et à une obstruction tubulaire.
Lithiase urique et hypertension artérielle peuvent être des facteurs adjuvants dans la détérioration de la fonction rénale.
La production excessive aigüe d'acide urique dans diverses affections comme le syndrome de Lesch-Nyhan, et au cours de traitements antitumoraux peut se compliquer d'insuffisance rénale aigüe liée à la précipitation intra-tubulaire de cristaux d'acide urique.

néphropathie granulomateuse l.f.

Wegener (granulomatose de)

néphropathie gravidique l.f.

proteinuria of pregnancy, pregnancy nephropathy

Protéinurie apparaissant au cours de la grossesse et disparaissant dans les semaines qui suivent l’accouchement.
Associée à l’hypertension gravidique, elle définit la pré-éclampsie.

grossesse et retentissement rénal, toxémie gravidique, HELLP syndrome

néphropathie gravidique récidivante l.f.

recurring proteinuria of pregnancy

Protéinurie apparaissant pendant chaque grossesse et disparaissant après chaque accouchement.

toxémie gravidique récidivante

néphropathie gravidique surajoutée l.f.

superimposed proteinuria of pregnancy

Protéinurie compliquant une grossesse chez une femme atteinte d'hypertension artérielle chronique, s’ajoutant donc pendant la grossesse à la symptomatologie hypertensive préexistante.

prééclampsie surajoutée, toxémie gravidique surajoutée

néphropathie hématurique familiale l.f.

Alport (syndrome d')

néphropathie héréditaire l.f.

hereditary nephritis

Atteinte rénale transmise par les parents à leurs descendants sans être eux-mêmes toujours cliniquement atteints.
On distingue les formes autosomiques dominantes comme la polykystose rénale de l'adulte, autosomique récessive comme la polykystose dite infantile, et les formes plus ou moins liées au sexe, Par ex. la plupart des cas de syndrome d'Alport. Les néphropathies héréditaires représentent plus de 10% de la totalité des causes d'insuffisance rénale chronique irréversible. Une cause génétique est à l'origine de beaucoup de néphropathies tubulaires chroniques.

néphropathie interstitielle l.f.

interstitial nephritis

Cadre général qui regroupe des néphropathies de cause et d'évolution très différentes dont le point commun est le siège interstitiel exclusif ou prédominant des lésions histologiques.
L'atteinte rénale est très variable en fonction de l'étiologie et du caractère aigu ou chronique des lésions.
L'étiologie peut être soit infectieuse donnant naissance au tableau anatomoclinique des pyélonéphrites, soit toxique relevant de causes multiples notamment médicamenteuses, analgésiques en particulier, enfin immuno-allergique. L'évolution peut être aigüe et dans ce cas les lésions peuvent être totalement réversibles. Elle peut aussi être chronique exposant à la survenue d'une insuffisance rénale avec ou sans hypertension artérielle. Le pronostic est fonction de la cause et du traitement mis en œuvre.

néphropathie interstitielle aigüe immuno-allergique, néphropathie médicamenteuse, néphropathie toxique, pyélonéphrite aigüe et chronique

néphropathie interstitielle aigüe immuno-allergique l.f.

acute interstitial nephritis

Atteinte rénale dont les lésions histologiques caractéristiques, œdème interstitiel important et infiltration cellulaire à prédominance mononuclée, la distingue des pyélonéphrites aigües.
Elle offre le tableau d'une insuffisance rénale aigüe, réversible si la cause est supprimée. Les étiologies les plus courantes sont d'origine médicamenteuse Par ex. prise de sulfamides,
d'antibiotiques, de phénindione. La rechute est possible en cas de reprise du même médicament.

néphropathie lupique l.f.

Ensemble des manifestations rénales observées au cours du lupus érythémateux disséminé.
Les atteintes rénales sont fréquentes et dominent le pronostic. Les atteintes glomérulaires sont rangées en six classes par l’OMS : lésions glomérulaires minimes, glomérulonéphrites mésangiales pures, glomérulonéphrites segmentaires et focales, glomérulonéphrites prolifératives diffuses, glomérulonéphrites extra-membraneuses et glomérulonéphrites avec sclérose avancée. Les lésions tubulo-interstitielles et vasculaires sont exceptionnelles.

néphropathie médicamenteuse l.f.

drug nephropathy

Néphropathies de type histologique très divers, secondaires à la prise de médicaments, induites le plus souvent par un effet toxique aigu ou chronique mais parfois en rapport avec un mécanisme immuno-allergique.
Le tableau le plus courant est celui d'une néphropathie tubulo-interstitielle aigüe parfois celui d'une néphropathie interstitielle chronique dont le type est la néphropathie des analgésiques. On signale des tubulopathies chroniques à type de syndrome de Fanconi après consommation de tétracycline périmée, des diabètes insipides néphrogéniques avec la déméclocycline, les sels de lithium, le méthoxyflurane, exceptionnellement certains médicaments comme les métaux lourds, bismuth, sels d'or, etc. Les anticonvulsivants, la pénicillamine, peuvent induire un syndrome néphrotique.

néphropathie obstructive l.f.

obstructive nephropathy

Atteinte du parenchyme rénal secondaire à une obstruction de la voie excrétrice urinaire supérieure ou inférieure.
Elle peut être la conséquence d'un obstacle congénital Par ex. hydronéphrose, maladie du col vésical ou d'une pathologie obstructive comme une lithiase, une fibrose rétro-péritonéale, une affection prostatique, une tumeur vésicale.
L'insuffisance rénale, conséquence de l'obstacle, peut être aigüe ou chronique, elle est souvent associée à une infection urinaire. Sa fréquence a considérablement diminué grâce au dépistage précoce et au traitement adéquat chez l'enfant comme chez l'adulte des obstacles de la voie excrétrice.

uropathie obstructive

néphropathie osmotique l.f.

osmotic nephrosis

Ensemble de lésions rénales tubulaires à type de turgescence et de vacuolisation induites par l'administration par voie intraveineuse de substances à fort pouvoir osmotique.
Des cas d'insuffisance rénale aigüe avec oligo-anurie ont été rapportés après perfusion de mannitol, de sorbitol, de dextrans de faible masse moléculaire.

néphropathie postradiothérapique l.f.

radiation nephropathy

Néphropathie observée 6 à 12 mois après une irradiation des loges rénales à une dose égale ou supérieure à 2000 rads.
La forme aigüe est marquée par une hypertension, une réduction de la fonction rénale, une protéinurie avec parfois des œdèmes. La forme chronique, qui peut s'installer d'emblée ou faire suite à la forme aigüe, se traduit par une insuffisance rénale lentement progressive. L'irradiation peut altérer les gros vaisseaux et induire une sténose de l'artère rénale.

néphropathie posttransfusionnelle l.f.

transfusion nephritis

Néphropathie tubulo-interstitielle aigüe consécutive à une transfusion de sang incompatible qui induit un état de choc avec hémolyse.
Elle est devenue exceptionnelle grâce aux mesures de prévention en matière de transfusion de sang et de ses produits dérivés.

néphropathie saturnine l.f.

lead nephritis

Atteinte rénale secondaire à l'absorption de plomb, devenue très rare.
Les formes aigües avec oligoanurie secondaires à une intoxication volontaire ou accidentelle sont exceptionnelles. Les formes chroniques peuvent être d'origine professionnelle ou être accidentelles. Elles sont chez l'adulte et l'enfant caractérisées par des lésions tubulaires et interstitielles qui peuvent entrainer un syndrome de Fanconi, une insuffisance rénale chronique avec ou sans hypertension. Les manifestations goutteuses sont fréquentes.

néphropathie toxique l.f.

toxic nephropathy

Néphropathie de type anatomoclinique varié, fréquente, relevant d'étiologies diverses.
La cause la plus courante est médicamenteuse. L'atteinte rénale peut aussi survenir après intoxication aigüe ou chronique volontaire ou accidentelle, notamment de nature professionnelle, par les métaux lourds, mercure, arsenic, plomb, sels d'or, par les solvants, les glycols, les produits méthémoglobinisants, après piqures d'insectes et de serpents, après intoxication par des champignons vénéneux, etc.
Le tableau anatomoclinique est très variable. Les lésions aigües sont habituellement de type tubulo-interstitiel. Les lésions subaigües et chroniques sont de type interstitiel, exceptionnellement de type glomérulaire. Elles exposent à la survenue d'une insuffisance rénale chronique.

néphropathie médicamenteuse

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