Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

71 résultats 

inanition et psychiatrie l.f.

inanition and psychiatry

Détresse physiologique extrême par défaut de nourriture du fait d'une maladie mentale.
Elle est surtout liée à un refus d'aliments systématique et prolongé, rencontré dans l'anorexie mentale, les états mélancoliques, certains délires de persécution et d'autres comportements négativistes (catatonique en particulier).
L'inanition, principalement en eau, dont on sait que les pertes ne se réparent pas, peut entraîner rapidement un état confusionnel, puis des séquelles psychiques bien difficiles à distinguer de la pathologie mentale de base. Elle représente une urgence. Des observations classiques ont mentionné la prévention d'une évolution fatale par l'emploi d'opiacés, notamment du laudanum, par l'hypnose, ou même l'extase, les états de transe, la léthargie hystérique. Des peptides opioïdes endogènes, dont le rôle est mieux connu dans la réduction centrale de l'appétit, pourraient alors entrer en jeu.

faim (grève de la), kwashiorkor et psychiatrie, sitiophobie

information en psychiatrie (traitement de l') l.m.

data processing in psychiatry

cognitivisme

informatique et psychiatrie l.f.

computer and psychiatry

Science et technologie de traitement de l'information s'appliquant à la psychiatrie dans certaines conditions.
En dehors des tâches quotidiennes de gestion (activité d'un secteur psychiatrique, consultations, archivage des dossiers, etc.), elle peut permettre ou faciliter :
- l'organisation des données pour les recherches, avec saisie des "outils d'évaluation" (cliniques, certes le plus souvent subjectifs, ou objectifs testologiques, biologiques, etc.) et prise en compte des critères de recherche (groupes de sujets, séquences dans le temps, etc.) ;
- plus particulièrement, l'évaluation cognitive par interaction avec l'ordinateur (standardisation des méthodes, calcul fin du temps de réaction par des épreuves de mémoire visuospatiale, recueil automatisé des résultats, etc.) ;
- les études épidémiologiques, qui concernent surtout la santé mentale et doivent respecter les aspects éthiques tels que l'anonymat, définis notamment par la commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

intelligence artificielle et psychiatrie

insulinothérapie en psychiatrie l.f.

insulinotherapy, Sakel’s treatment

Induction de comas hypoglycémiques par de fortes doses d'insuline, devenue exceptionnelle.
Moins profonds car produits par des posologies plus faibles, les "chocs humides" sont encore rarement employés.
C'est seulement à des états schizophréniques résistant aux diverses formes de prise en soins que peut rester appliquée aujourd'hui la cure de Sakel. Elle nécessite un personnel qualifié et une organisation adaptée. Le temps majeur semble se situer dans la relation corporelle et verbale soignant-soigné si particulière qui caractérise le réveil par resucrage.
Les "chocs humides" entraînent seulement une sudation et une sensation de faim. À la faveur de la régression ainsi produite, ils semblent avoir gardé pour indications certains états névrotiques ou dépressifs rebelles.

M. Sakel, psychiatre et neurophysiologiste austrohongrois (1937)

Étym. lat. insula : île

Syn. cure de Sakel

intelligence artificielle et psychiatrie l.f.

artificial intelligence and psychiatry

Ensemble des tentatives entreprises afin de comprendre et imiter l'activité psychique de l'homme et ses troubles.
Il s'agit de faire passer l'ordinateur d'un mode de fonctionnement séquentiel supposant des programmes préétablis, qui traitent les données et les stockent en mémoire, à des réseaux artificiels de neurones sur l'ensemble de leur connexions.
L'homme ne sachant pas mémoriser des données passives, sa mémoire n'est qu'active, modificatrice ; elle est à la fois infidèle et créatrice (M. Ohayon, 1989). La "machine à connexions" réaliserait un stockage "dans une structure de données actives ».
La notion selon laquelle l'ordinateur peut égaler, voire dépasser les processus de la pensée humaine fait l'objet de critiques et de réserves pour l'avenir. Ainsi, R. Penrose s'y oppose, avec l'argument principal selon lequel une partie riche et utile des mathématiques ne pourrait être traitée par l'informatique. A fortiori, il ébauche une théorie qui tend à relier la relativité, la physique quantitative et les phénomènes d'intelligence et de conscience. De tels concepts sont très discutés.

D. W. Hillis, inventeur, ingénieur, scientifique, auteur américain (1985) ;  M. M. Ohayon, épidémiologiste américain (1989) ; R. Penrose, mathématicien britannique (1989)

Étym. lat. intelligere : comprendre.

informatique et psychiatrie

intersectorialité en psychiatrie l.f.

intersectorial trends in psychiatry

Mise en place de réseaux et d'organisations centrés sur des activités répondant à des manifestations  pathologiques spécifiques.
Les structures intersectorielles peuvent pallier les insuffisances de moyens rencontrées dans l'organisation prévue par l'arrêté du 14 mars 1986. En fonction des centres d'intérêt majeurs de chaque secteur, il peut s'agir, p. ex., d'unités intersectorielles de crise, de gérontopsychiatrie, de traitement des toxicomanies et de soins pour malades difficiles, qui sont mis à la disposition des secteurs voisins.
Plutôt que l'organisation de départements ou de fédérations plurisectoriels, source probable de flou administratif, financier et médical, de confusion de rôles et de responsabilités, le secteur pourrait ainsi rester à l'échelle humaine et le patient bénéficier de structures de soins intra- et extrahospitalières diversifiées, mieux adaptées aux besoins de sa prise en soins.

kwashiorkor et psychiatrie l.

kwashiorkor and psychiatry

Malnutrition protéinocalorique globale apparaissant au sevrage, cause importante de mortalité infantile dans les pays en voie de développement, considérée également comme à haut risque psychiatrique (H. Collomb et S. Valantin).
Du fait des divers signes somatiques et principalement du retentissement peu gratifiant pour la mère des troubles du développement psychomoteur et de l'apathie avec prégnance et tristesse, une sorte de "malnutrition affective" peut s'installer. Un rapprochement avec l'"hospitalisme" occidental a été envisagé. En Afrique, l'urbanisation récente et de nouvelles formes d'organisation familiale, culturelle et sociale peuvent aussi entrer en ligne de compte, de même, a contrario, que la perspective traditionnelle d'une faute commise contre la loi et l'ordre édictés par les ancêtres.

H. Collomb, psychiatre et S. Valantin, psychologue français (1980)

enfant-ancêtre, mort brutale et ethnologie

liaison (psychiatrie de) l.f.

liaison psychiatry

psychiatrie de liaison

linguistique et psychiatrie l.f.

linguistics and psychiatry

Selon la psycholinguistique, étude des rapports entre les structures linguistiques et les processus psychologiques de production et de compréhension de la pensée, et la sociolinguistique, examen de la relation entre le langage et les groupes sociaux, qui ont permis une meilleure approche, notamment cognitive, des troubles de la communication dans les psychoses de l'enfant et de l'adulte.
Du moins chez l'adulte, de nombreux patients gardent une expression verbale intacte. Dans le cas contraire, surtout dans les accès maniaques, le groupe des schizophrénies et les états démentiels, la transgression des règles de la "double articulation" (L. Hjelmslev) paraît constituer un trouble commun et se retrouver à l'origine de l'interprétable (G. Lantéri-Laura et L. Del Pistoia).

L. Hjelmslev, linguiste danois (1963) ; G. Lantéri-Laura, psychiatre français et L. Del Pistoia, psychiatre italien (1968)

langage (troubles du)

mérycisme en psychiatrie l.m.

merycism and psychiatry

Affection rare, caractérisée, après un séjour plus ou moins long des aliments dans l'estomac, par leur retour dans la bouche pour y être remâchés puis avalés de nouveau.
Ce comportement aberrant répété survient chez le nourrisson de six à huit mois lorsqu'il se croit seul, s'enfermant alors, comme étranger au monde, dans un état de retrait. S'il se pérennise, il peut  entraîner une dénutrition sévère, mettant parfois en jeu le pronostic vital. On relève souvent d'importants facteurs de carence affective (hospitalisme, mère dépressive, etc.). Le mérycisme de l'adulte peut s'observer surtout chez les boulimiques et les arriérés profonds.

Étym. . gr. mêrukomai : je rumine

Syn. rumination

mortalité en psychiatrie l.f.

mortality in psychiatry

En dehors du suicide, risque réputé dominant bien que très difficile à préciser, une surmortalité est généralement relevée en psychiatrie, mais ses composants demeurent imprécis.
Chez les schizophrènes, notamment, on connaît sa fréquence. Mais celle-ci est également observée dans le cas de problèmes psychiatriques mineurs.
Il semble que les malades mentaux soient davantage exposés à divers risques somatiques, notamment cardiovasculaires et infectieux. Près de 40% des hospitalisés ou consultants présentent une affection organique associée (P. Hardy, 1993). On discute aussi de fréquents retards à un diagnostic chirurgical, plus ou moins masqué par les psychotropes. Sont liés à ces mêmes substances des décès par agranulocytose, syndrome malin, voire des morts subites, surreprésentées en psychiatrie (ces dernières principalement par toxicité cardiaque, fausse route alimentaire ou dystonie des muscles pharyngolaryngés). Plus généralement, la souffrance affective de l'enfance est considérée comme influant sur la mortalité et la morbidité ultérieures.
Il reste que l'on admet une diminution, depuis quelques décennies, de cette surmortalité.
Pendant la Seconde guerre mondiale, les privations dans les asiles (faim, œdèmes de carence, froid, tuberculose), voire l'extermination de patients alsaciens transférés en Allemagne, ont causé la mort de plus de 50.000 malades (Cl. Quétel).

P. Hardy, psychiatre français (1993) ; Cl. Quétel, historien français (né en 1939)

organogenèse et psychiatrie l.f.

organogenesis and psychiatry

Attribution d'une cause organique à certains troubles psychiques.
Surtout depuis la thèse de A.L. Bayle qui, en première partie, décrivait la clinique et les lésions de l' "arachnitis chronique" , un courant anatomo-clinique conforme aux concepts médicaux généraux se développa, qui se révéla le plus souvent illusoire. Puis la notion de cause "endogène" et celle de "psychose fonctionnelle" (toutes deux sans lésion cérébrale décelée) furent habituellement admises. Par la suite, H. Ey construisit l'organodynamisme, issu principalement du jacksonisme.
À partir du début du XXème siècle, S. Freud et la psychanalyse donnèrent une impulsion majeure aux concepts psychogénétiques. Les approches d'ordre social se précisèrent.
Actuellement, les très importants progrès des neurosciences et de la psychopharmacologie ont ouvert bien des perspectives malgré le caractère encore morcelé des connaissances et les difficultés rencontrées à distinguer étiologie et pathogénie.
Une approche globale, multifactorielle, adaptée aux particularités biopsychosociales de chacun, semble d'ores et déjà possible. Parmi les troubles mentaux d'origine plus spécifiquement organique, seront cités : la majorité des états confusionnels, certains épisodes dépressifs et les démences. Surtout dans les deux premiers cas et chez des anxieux, pourtant sans extériorisation neurologique, l'imagerie cérébrale a montré la relative fréquence d'anomalies le plus souvent frontotemporales

A. L. Bayle, médecin et aliéniste français (1822)

Étym. gr. organon : instrument de travail, organe

imagerie cérébrale et psychiatrie, psychosyndrome organique, confusion mentale, dépression majeure unipolaire (épisode de), démence

[H3]

Édit. 2019

paludisme et psychiatrie l.m.

malaria and psychiatry

Problème connu depuis Hippocrate, ravivé récemment par les mouvements de population.
On distingue plutôt, actuellement, des formes :
- psychotiques, principalement confusionnelles et stuporeuses, délirantes aigües (possibilité de délire aigu proprement dit dans certains accès pernicieux), amnésiques (parfois korsakoviennes), confusomélancoliques ou confusomaniaques, schizophréniformes ;
- non psychotiques, surtout dépressives, neurasthéniques, apathiques, hystériformes ;
- démentielles.
 Des lésions diverses, surtout celles du "paludisme cérébral", entrent en jeu, dans les formes aigües particulièrement.
On discute beaucoup de la relation étiologique : spécifiquement paludique ; réveil d'une psychose dite endogène ou libération d'une psychose latente à cette occasion ; évolution intercurrente ; effet iatrogène de certains antipaludiques.
Une origine palustre peut être invoquée à tort par d'anciens paludéens, notamment alcooliques.

pensions militaires d'invalidité en psychiatrie l.f.p.

military invalidity pensions in psychiatry

Réparation médicolégale d'affections mentales contractées du fait ou à l'occasion du service, dont l'imputabilité a été établie par preuve ou par présomption d'origine.
L'erreur logique le plus fréquemment rencontrée consiste à attribuer des troubles psychiques trop facilement (comme à l'époque du constitutionnalisme) à un état antérieur qui, s'il peut être démontré, doit être considéré indépendamment du service et non aggravé par lui.
La notion d'une causalité directe et déterminante (pour plus de 50%) avec le service, suffit à faire admettre cette imputabilité. Seront rappelées les névroses traumatiques, où une vulnérabilité psychique foncière n'a très souvent aucun rapport avec la survenue de ce psychosyndrome, mais a pu assombrir son pronostic. À la différence des accidents du travail, qui mesurent une diminution ou une perte de capacité de travail, c'est une diminution de l'intégrité physique et générale de l'individu, reposant sur une description de la symptomatologie, qui est mesurée ici.

postcure en psychiatrie l.f.

psychiatric after-cure

Notion médicale difficile à appliquer en psychiatrie, sinon au décours de crises aigües, pendant les périodes de rémission.
Le malade sort alors du service spécialisé et se rend dans une structure alternative, voire à son domicile, avec un suivi ambulatoire au centre médicopsychologique qui mérite le nom de postcure. La plupart des affections mentales sont pourtant chroniques et nécessitent des soins continus au long cours.

potentiel évoqué en psychiatrie (PE) l.m.

evoked potential, event-related potential (ERP) in psychiatry

Technique psychophysiologique peu agressive, simple, permettant l'enregistrement sous forme de différence de potentiel, le plus souvent dans différentes régions du scalp, des modifications électriques corticales, en réponse à des stimulus sensoriels (PE exogènes) ou à des évènements plus psychologiques que physiologiques (PE endogènes ou cognitifs).
Les PE cognitifs dépendent du comportement du sujet, du sens qu'il attribue aux stimulations reçues et de la tâche affectée au stimulus. Cette succession d'ondes est désignée selon des nomenclatures variables (en particulier, ondes P 300 pour les PE cognitifs et N 400 pour les traitements linguistiques).
Malgré une spécificité nosologique discutée, trois domaines principaux ont fait l'objet, en psychiatrie, de recherches détaillées : les schizophrénies, à un moindre degré les troubles de l'humeur, et aussi les états démentiels. L'association à d'autres méthodes d'approche des maladies mentales, telles que les techniques d'imagerie cérébrale ou les épreuves neuropsychologiques, autorise des espoirs.

prévention en psychiatrie l.f.

prevention in psychiatry

Ensemble des mesures qui devraient permettre de s'opposer à l'apparition et au développement de la pathologie mentale.
La prévention peut être de trois ordres :
- primaire, en amont du trouble, peu effectuée en France, qui comporterait des actions de lutte contre l'inadaptation en milieu éducatif, d'hygiène mentale, d'information (y compris des "médias") et un travail sur les milieux où vivent les malades potentiels (familial, scolaire, professionnel) ;
- secondaire, qui repose sur un dépistage précoce des troubles mentaux, surtout efficace chez les enfants et adolescents en raison d'une apparition préférentielle lors de la crise pubertaire, et qui se poursuivra dans les milieux de travail, militaire, pénitentiaire, etc. Bien qu'encore insuffisante, cette prévention a été favorisée par la multiplication des psychiatres privés des consultations de secteur public et des travailleurs sociaux ;
- tertiaire, thérapeutique et par là-même à visée préventive des rechutes. La continuité de soins introduite chez les patients au long cours par la psychiatrie de secteur, dont c'est fréquemment la clientèle majoritaire, a beaucoup fait pour cela.
Plus que toute autre activité psychiatrique, la prévention souffre notamment d'une connaissance encore limitée des étiologies des maladies mentales, d'une image parfois négative de la psychiatrie et d'un manque de moyens. Le rôle du secteur en la matière reste à développer.

processus en psychiatrie (concept de) l.m.

process in psychiatry (concept of)

Terme qui désigne une rupture dans la continuité de la vie psychique du patient, par opposition au développement, qui se situe dans la trajectoire de la vie.
Alors que le développement serait phénoménologiquement accessible à la "compréhension" psychologique, une telle rupture la rendrait impossible, mais il lui resterait l'"explication".
Étant donné, notamment, l'extensibilité de la notion de compréhension, cette dichotomie a fait l'objet de critiques, mais, elle exerça une longue influence sur la psychiatrie de langue allemande, où elle contribua à établir une barrière entre atteinte organique et troubles endogènes processuels, et autres manifestations psychiatriques.

K. Jaspers, psychiatre et philosophe allemand (1910 et 1913)

psychiatrie n.f.

psychiatry

Discipline médicale destinée à l'étude, à la prévention, au traitement des maladies mentales et à la réadaptation des patients.
Terme qui semble provenir, au début du XIXème siècle, d'un mot allemand, irrégulièrement utilisé en France à partir des années 1860, se substituant notamment à celui de "médecine mentale".
Par exemple, les deux premiers journaux psychiatriques français, fondés respectivement en 1843 et en 1861, ont été les "Annales médico-psychologiques" et le "Journal de médecine mentale". C'est seulement en 1891 qu'apparurent les "Annales de psychiatrie".
Il reste que pendant le même XIXème siècle, et singulièrement en France : d'une part, la psychiatrie dessaisit la religion de l'organisation du monde du sens, ouvrant des perspectives nouvelles sur les aspects de la folie et sur le rapport du patient à celle-ci ; d'autre part, s'édifia une clinique psychiatrique souvent conforme, aux concepts anatomo-cliniques de la médecine d'alors, mais permettant une rencontre qui mobilisait les ressources et les lignes de force du psychisme.

psychiatrie de communauté l.f.

community psychiatry

Psychiatrie exercée au sein de la communauté, en dehors des hôpitaux psychiatriques d'où les malades ne sortaient guère, même quand ils n'étaient pas internés sous le régime de la loi de 1838.
Elle ne s'exerçait, en effet, hors les murs de l'asile, que pour certains malades légers pris en charge par des psychiatres privés, ou hospitalisés dans des cliniques également privées, ou éventuellement traités dans des hôpitaux généraux.
Ce courant de "désinstitutionnalisation" concerne la plupart des pays occidentaux.
En France, dès 1922, avec le premier service libre créé à l'hôpital Henri Rousselle par E. Toulouse, est apparue une psychiatrie de communauté publique tendant à rapprocher les malades de leurs familles et de leur milieu habituel. À partir de 1957, elle s'est prolongée avec la généralisation des dispensaires d'hygiène mentale et, par la suite, avec l'expérience du XIIIème arrondissement à Paris (Ph. Paumelle).
La circulaire du 15 mars 1960 instituant la psychiatrie de secteur lui a donné sa forme définitive en définissant les appareils de soins extrahospitaliers.
Après 1970, les équipes de secteur ont été implantées sur tout le territoire. Leur travail a permis une large désinstitutionnalisation, réduisant d'un tiers le nombre des hospitalisés. Mais divers problèmes, notamment matériels, ont nécessairement émergé. Il reste qu'il s'agit d'une véritable révolution dans la pratique des soins publics en France.

Ph. Paumelle, psychiatre français (1923-1974)

[H3]

psychiatrie de liaison l.f.

liaison psychiatry

Concept apparu dans les pays anglo-saxons, qui a recommandé la prise en charge des malades dans leur globalité physique et psychique, en raison des liens unissant ces deux domaines.
Cette psychiatrie de "double liaison" - avec le patient et le personnel soignant somaticien - s'exerce aussi bien en milieu hospitalier privé que public. Les urgences imposent très fréquemment des débats de diagnostic entre somaticiens et psychiatres.
Bien que ces derniers doivent souvent accepter d'être "instrumentalisés", l'entretien avec un patient entré pour son corps et peu préparé à une relation de cet ordre n'est pas un examen complémentaire parmi d'autres. Généralement, est exercé au moins un rôle anxiolytique majeur.
La pathologie psychique rencontrée n'a rien de spécifique, qu'il s'agisse de masques somatiques de celle-ci, de retentissement psychique d'une affection organique ou de troubles réputés psychosomatiques, en fait relativement rares.
Sauf dans les hôpitaux des armées, de telles pratiques au sein de hôpital général restent assez peu répandues dans notre pays, parfois du fait de l'attitude des praticiens, mais aussi en raison d'une hétérogénéité des divers secteurs de rattachement.

psychiatrie en hôpital général l.m.

psychiatry in general hospitals

Forme d'exercice de la psychiatrie qui a fait ses preuves depuis longtemps, particulièrement dans les hôpitaux des armées, à partir de services spécialisés situés de plain-pied avec ceux des autres disciplines.
Ces structures comportent notamment le traitement des urgences, le fonctionnement de la psychiatrie de liaison, le développement de l'approche psychosomatique, l'élargissement du champ de la discipline aux états névrotiques et aux troubles de la personnalité. Elles permettent une meilleure lutte contre la chronicisation par de petites unités à rotation rapide et par une plus grande proximité avec la population desservie.
Sans que soit prôné "le tout hôpital général", un redéploiement du "kaléidoscope psychiatrique"1qui, à la demande, porterait notamment sur un transfert de certains services des centres hospitaliers spécialisés vers les hôpitaux généraux, fait l'objet d'études et de discussions.

G. Massé, psychiatre français (1992)

psychiatrie et armées l.f.

military psychiatry

Psychiatrie qui s'exerce principalement dans une double perspective : l'adaptation d'un sujet à la collectivité par la sélection et le maintien de l'hygiène mentale ; la prévention et le traitement des troubles psychiques de guerre.
La sélection préalable est efficace sur les pathologies mentales avérées, mais la mise en situation militaire ne révèle souvent qu'après-coup, surtout chez les appelés et jeunes engagés, des réactions pathologiques, essentiellement des troubles des conduites tels que gestes suicidaires et fugues. L'âge moyen de cette population impose aussi une vigilance particulière à l'égard d'affections telles que psychoses délirantes aigües ou conduites déviantes comme les toxicomanies, bien que l'alcoolisme demeure une forte préoccupation.
Subordonnée aux principes dits de T. Salmon (immédiateté, proximité, expectative, simplicité, 19I7), la prise en charge des troubles psychiques aigus de guerre implique la présence de psychiatres en zone opérationnelle. Orientée vers la conservation des effectifs, elle permettrait également une prévention des troubles différés. La médecine de catastrophe s'est utilement inspirée de certaines de ses applications.

psychiatrie et chômage l.f.

unemployment and psychiatry

chômage et psychiatrie

[E2,H3]

psychiatrie et stress l.m.

stress and psychiatry

stress et psychiatrie

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