Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

156 résultats 

diaphragmatique (insuffisance ventilatoire) du petit enfant l.f.

infant's diaphragmatic diseases and ventilation

Détresse respiratoire causée par une atteinte du diaphragme (hernie ou éventration diaphragmatique, paralysie) ou par son refoulement en ascension forcée du fait d'une poussée abdominale importante et permanente.
La poussée abdominale peut être due à un épanchement abondant de liquide dans le péritoine du fait d'une péritonite, d'un pneumopéritoine compressif, d'une occlusion ou d'un ballonnement intestinal, ou encore d'une dilatation de l'estomac.
Une cure chirurgicale trop serrée d'une éventration peut aussi être la cause d'une poussée abdominale importante, même chez l'adulte.

Étym. gr. diaphragma : séparation, cloison

dysplasie cérébro-oculaire et insuffisance antéhypophysaire l.f.

cerebral and ocular abnormalities with anterior pituitary insufficiency of familial nature

Syndrome associant colobome choriorétinien bilatéral, nanisme hypophysaire, hypopituitarisme, agénésie du corps calleux.
Ce colobome choriorétinien est associé à une amblyopie avec souvent dépigmentation péripapillaire et microphtalmie. Il existe un panhypopituitarisme, un retard mental et parfois une cryptorchidie. Trois familles françaises ont été décrites. L’affection est autosomique dominante.

J. Weill, pédiatre endocrinologue français (1985)

Étym. gr. dus : difficulté ; plasein : façonner

encéphalopathie et insuffisance rénale l.f.

encephalopathy and renal insufficiency

insuffisance rénale (encéphalopathie et), encéphalopathie des dialysés

[H1,M1,G4,B3]

Édit. 2018

érythropoïétine et insuffisance rénale chronique l.f.

erythropoietin and chronic renal insufficiency

La carence de la sécrétion d'érythropoïétine d'origine rénale est une cause importante de l'anémie, parfois sévère, observée chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale et tout particulièrement chez les sujets traités par les méthodes de dialyse.
Une telle anémie est corrigée par l'administration d'érythropoïétine humaine recombinante.

insuffisance rénale, dialyse

[F1,C1,O4,G5,M1]

Édit. 2018 

glomérulonéphrite aigüe endocapillaire avec insuffisance rénale aigüe l.f.

acute endocapillary glomerulonephritis with acute renal insufficiency

glomérulonéphrite aigüe

haplo-insuffisance n.f.

haploinufficiency

Situation dans laquelle un gène ou groupe de gènes porté par un seul des deux chromosomes appariés ne suffit pas pour coder la ou les protéines correspondantes.
Un seul allèle est présent ou fonctionnel ; il faut normalement les deux allèles, un sur chacun des deux chromosomes appariés, pour élaborer la protéine.

Étym. gr. haploos : simple, unique

Ant. hapolsuffisance

allèle, haplotype, hapolsuffisance

[Q1,C1]

Édit. 2017

insuffisance n.f.

insuficiency

1)En pathologie, état transitoire plus ou moins durable qui est atteint lorsque la limite d'incapacité de la fonction est dépassée.
2)En médecine légale, l'incapacité qualifie la limite au-dessus de laquelle une fonction n'est plus capable d'assurer son objectif.
On évalue cette incapacité par rapport à la capacité normale de l'organisme.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

incapacité fonctionnelle, insuffisance fonctionnelle

insuffisance aortique l.f.

aortic valve insufficiency, aortic regurgitation

Valvulopathie définie par le reflux diastolique du sang de l'aorte dans le ventricule gauche en raison d'un défaut d'étanchéité de l'orifice aortique.
Son diagnostic est affirmé par les signes cliniques (souffle diastolique à l'auscultation du foyer aortique et du bord gauche du sternum) et ultrasoniques (flux de régurgitation sous les sigmoïdes aortiques). L'évaluation de son degré repose sur les modifications de la pression artérielle (élargissement de la pression différentielle) et sur les examens échodoppler et angiographiques (opacification du ventricule gauche après injection d'un produit opaque dans l'aorte ascendante).
Le pronostic dépend du volume et du mode d'installation de la régurgitation. Il est excellent si celle-ci est discrète. Il est grevé du risque d'insuffisance cardiaque dans les fuites volumineuses, surtout si elles sont d'installation rapide. Les causes les plus fréquentes de ces régurgitations sont : le rhumatisme articulaire aigu (dans les pays d'endémie rhumatismale), les lésions dégénératives des valvules avec ou sans anévrisme de l'aorte, l'endocardite bactérienne et plus rarement les aortites, la bicuspidie ou l'hypertension artérielle.
Une chirurgie de remplacement valvulaire est nécessaire dans les formes volumineuses avec retentissement sur le ventricule gauche (dilatation et altérations de sa fonction : prothèse artificielle ou bioprothèse).

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

Sigle  : IA

rhumatisme articulaire aigu, endocardite bactérienne, aortite, bicuspidie, hypertension artérielle

insuffisance basilovertébrale l.m.

basilar syndrome

vertébrobasilaire (insuffisance)

insuffisance cardiaque l.f.

cardiac failure

défaillance cardiaque

insuffisance cardiaque après remplissage vasculaire l.f.

cardiac failure secondary to fluid challenge

Choc cardiogénique révélé lors d'un remplissage vasculaire trop rapide au cours d'une réanimation et traduisant une insuffisance cardiaque latente.
Les signes sont une hépatomégalie douloureuse avec turgescence jugulaire, l'apparition d'un œdème aigu pulmonaire, d'une défaillance circulatoire ou seulement d'une modification nette des paramètres de surveillance hémodynamique (élévation des pressions veineuse centrale et capillaire bloquée, diminution du débit cardiaque).

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

choc cardiogénique, insuffisance cardiaque,  solution de remplissage

insuffisance cardiaque diastolique (à fonction systolique préservée) l.f.

diastolic heart failure

Forme d’insuffisance cardiaque congestive au cours de laquelle la contractilité du ventricule gauche semble préservée, et où l’essentiel de l’inadaptation du débit cardiaque est attribuable à un défaut de remplissage ventriculaire.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance carotidienne l.f.

carotid artery insufficiency

Diminution de débit, principalement au niveau de la carotide interne, responsable de syndrome d'ischémie oculaire ou d'accident oculaire aigu transitoire ou définitif.
L'exploration d'une insuffisance carotidienne repose sur l'examen clinique, l'échodoppler, voire sur l'artériographie lorsqu'une indication chirurgicale est envisagée.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance coronaire fonctionnelle l.f.

functional coronary insufficiency

Insuffisance de l’alimentation en sang oxygéné du réseau coronarien cardiaque, en l’absence de lésions organiques précises et localisées des artères coronaires.
Elle est liée soit à l’insuffisance de la perfusion coronaire dans certaines maladies (rétrécissement serré de la valvule aortique, insuffisance aortique importante, myocardiopathie obstructive) soit à l’augmentation des besoins métaboliques d’un myocarde pathologique (grandes hypertrophies ventriculaires, hyperthyroïdie, tachycardies paroxystiques). Comme l’insuffisance coronaire organique, l’insuffisance coronaire fonctionnelle se traduit par des douleurs d’angine de poitrine.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

rétrécissement aortique, insuffisance aortique, cardiomyopathie obstructive, hyperthyroïdie, tachycardie paroxystique

insuffisance corticosurrénalienne aigüe l.f.

acute adrenocortical failure

Caractérisée par la crise surrénalienne, intensification rapide et dramatique d’une insuffisance surrénalienne chronique, elle est provoquée par différentes circonstances, en particulier par une infection ou un stress chirurgical.
Elle peut être secondaire à la destruction hémorragique des deux glandes surrénales secondaire, chez l’enfant, à une septicémie à Pseudomonas ou à méningocoque (syndrome de Waterhouse-Fridericksen) et chez l’adulte à une anomalie de la coagulation ou à un traitement anticoagulant.
L’interruption intempestive  des corticoïdes par des patients ayant une atrophie surrénalienne provoquée par une administration chronique de stéroïdes est une cause fréquente. La crise peut aussi survenir chez les malades présentant une hyperplasie congénitale des surrénales et ayant une insuffisance de réserve corticosurrénalienne à la suite d’un traitement inhibant la stéroïdogenèse (mitotane, kétoconazole) ou augmentant le métabolisme des stéroïdes (phénytoïne, rifampicine).
La crise surrénalienne est caractérisée par des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales qui peuvent devenir incoercibles et parfois à une fièvre élevée. Un collapsus vasculaire par hypovolémie s’installe alors.
Le traitement consiste en une recharge en corticoïdes associée à une compensation des pertes en sodium et en eau.
La survie à long terme des malades présentant une insuffisance corticosurrénaliene chronique dépend de la prévention de la crise surrénalienne. La survenue d’une infection, de troubles gastro-intestinaux, d’un traumatisme, d’une intervention chirurgicale exige l’intensification du traitement hormonal substitutif.

R. Waterhouse, médecin britannique (1911) ; C. Friderichsen, pédiatre danois (1918)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance corticosurrénalienne chronique, Waterhouse- Friderichsen (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales

insuffisance corticosurrénalienne essentielle l.f.

essential adrenocortical failure

insuffisance corticosurrénalienne lente

insuffisance corticosurrénalienne lente l.f.

Slow adrenocortical failure

T. Addison, médecin britannique (1849).

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

Syn. maladie d’Addison, insuffisance corticosurrénalienne primitive, insuffisance corticosurrénalienne essentielle

[O4]

Édit. 2020

insuffisance corticosurrénalienne primitive l.f.

primitive adrenocortical failure

insuffisance corticosurrénalienne lente

insuffisance d'accommodation l.f.

accommodative insufficiency

Diminution physiologique ou pathologique de l'amplitude d'accommodation du cristallin.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance d'adhérence leucocytaire (syndrome d') l.f.

leucocyte adhesion deficiency

Maladies héréditaires ayant en commun une insuffisance d'adhérence des leucocytes à d'autres cellules telles que les cellules endothéliales, et à des composants du milieu extracellulaire.
Le type I de la maladie est dû à une absence partielle ou complète en β2-intégrine. Le type II est dû à une absence de facteur Lewis X, structure polysaccharidique membranaire se liant aux sélectines.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance de convergence l.f.

convergence insufficiency

Diminution de l'amplitude motrice de fusion en convergence.
À ne pas confondre avec la forme clinique d'exotropie intermittente, type d'insuffisance de convergence.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

[P2]

insuffisance de divergence l.f.

divergence insufficiency

Diminution de l'amplitude motrice de fusion en divergence.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance érectile l.f.

erectile failure, erectile insufficiency, erectile impairment

Anomalie de l'érection qui ne peut soit être obtenue soit être maintenue de façon suffisante pour atteindre une rigidité pénienne permettant l'intromission.
Pathologie très fréquente, les causes en sont multiples, organiques ou fonctionnelles. L'origine psychogène est de loin la plus fréquente (environ 70% des cas). Les étiologies organiques sont très diverses : vasculaires, artérielles (surtout les lésions athéromateuses du carrefour aortique), ou fuites veineuses érectiles ; métaboliques (diabète) ; hormonales (insuffisances hypophysaires ou gonadiques) ; neurologiques (lésions dégénératives, vasculaires ou traumatiques de la moelle) ; traumatiques (fracture de l'arc antérieur du bassin, par lésion du plexus honteux) ; iatrogènes et alors soit médicamenteuses (β-bloquants, anxiolytiques, traitements anti-androgènes du cancer de prostate) soit post-chirurgicales, suivant des interventions lésant ou enlevant les nerfs érecteurs (amputation abdominopérinéale du rectum, prostatocystectomie totale) ; enfin conséquences d'un priapisme trop tardivement traité.
Les moyens d'exploration sont, outre l'examen clinique et les dosages biologiques, la pléthysmographie pénienne, le doppler des vaisseaux péniens, éventuellement modifié par injection intra-caverneuse de prostaglandines, l'échographie, la cavernographie, plus rarement les artériographies aortiques ou hypogastriques.
Outre les thérapies attachées aux troubles psychogènes, le traitement peut être médicamenteux (sildénafil, hormonothérapie) avoir recours aux injections intra-caverneuses de produit vaso-actif (prostaglandines ou
α bloquants), utiliser des moyens physiques (vacuum), ou dans certains cas recourir à la chirurgie artérielle ou des fuites veineuses, ou enfin, dernier recours, à la mise en place de prothèses intra-caverneuses.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance fonctionnelle n.f.

functional insufficiency, functional failure

Syndrome dans lequel un organe n'assure pas entièrement la fonction à laquelle il doit faire face.
La notion d'insuffisance fonctionnelle ou d'incapacité peut être généralisée à tout système (matériel, humain, etc.) lorsqu'il devient incapable d'assumer la tâche qui s'impose à lui.
L'insuffisance peut être transitoire : tout rentre dans l'ordre après un court temps de récupération. P. ex. l'essoufflement après un effort intense ayant dépassé la capacité cardiorespiratoire. Mais quand la répétition de phases d'insuffisance transitoires n'est pas suivie d'une récupération suffisante de l'équilibre normal, l'insuffisance devient chronique : il s'établit un équilibre pathologique plus ou moins bien toléré. P. ex. quand le patient n'est plus à même de récupérer rapidement après les apnées du sommeil qui amènent de trop longues phases d'hypoxie-hypercapnie, il s'en suit une dérive progressive vers une insuffisance respiratoire chronique de plus en plus grave.
Bien souvent une grande fonction met en jeu plusieurs mécanismes «en série» (p. ex. compensation cardiaque et rénale d'une insuffisance respiratoire), dans ce cas l'insuffisance d'un organe peut être compensée par les autres mais ceux-ci font apparaître alors des signes de charge anormale (par ex. la compensation ventilatoire d'une insuffisance cardiaque ou d'une hypoxie exogène provoque une certaine hypocapnie).
L'insuffisance d'une fonction excrétrice (pulmonaire, rénale, etc.) devient manifeste lorsque l'organe n'élimine plus convenablement les déchets résultant de l'activité métabolique journalière. Leur accumulation, mesurable dans le sang, indique la nature et le degré d'insuffisance (hypercapnie, hypercréatinémie, etc.).
Pour traiter une insuffisance, les médecins essayent souvent de ramener les dosages sanguins à la normale. Cette conduite n'est pas toujours justifiée et peut même être dangereuse chez un patient présentant une insuffisance fonctionnelle importante en équilibre pathologique stable : une correction brutale peut faire évoluer dangereusement la situation, parfois le patient meurt alors que ses dosages sont redevenus normaux. Ainsi la correction d'une insuffisance fonctionnelle doit toujours être progressive vers l'équilibre antérieur, s'il était bien toléré, même s'il était pathologique.
En urgence, avant d'attendre le résultat des dosages, il faut d'abord se fonder sur la clinique, réduire les besoins métaboliques pour soulager la fonction et la renforcer artificiellement s'il y a lieu (assistance ventilatoire, massage cardiaque, compensation d'une hémorragie, etc.).

Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée)

Syn. déconseillé incompétence fonctionnelle

incapacité fonctionnelle, insuffisance hépatique, rénale, respiratoire

insuffisance hépatique aigüe l.f.

acute hepatic failure

Déchéance profonde de la plupart, sinon de l'ensemble des fonctions du foie.
On appelle acutisation une poussée se développant sur une insuffisance hépatique chronique.
Une insuffisance hépatique sans encéphalopathie est dite grave quand le temps de Quick est inférieur à 50%. Elle est dite très grave quand s'y ajoutent des troubles de la conscience, fulminante, quand il s'est écoulé moins de 15 jours depuis le début de la maladie et moins fulminante lorsque le délai est compris entre 15 et 90 jours.

Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée) ; gr. hepatikos : qui concerne le foie

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