niche n.f.
niche
Aspect radiologique constitué par une image d'addition sur le contour du tractus digestif, due à une ulcération remplie par l'opacifiant.
Ses aspects sont très variables, l'étude sous compression de sa morphologie et de ses alentours permettant une approche diagnostique entre ulcère et cancer. De nombreuses formes ont été décrites suivant les localisations.
1- niches œsogastriques : niche en ménisque ou à bourrelet, traduisant la présence d'une infiltration arciforme périlésionnelle; niche encastrée ou en plateau avec raideur pariétale plus ou moins saillante et ulcération centrale ; niche à radicelles, avec petites striations au sein du bourrelet ; niche de Haudek avec ses trois niveaux ;
2- niches bulbaires : image en cocarde ou en trèfle ;
3- niches post-bulbaires ou du cadre duodénal avec image en perle enfilée ;
4- niches coliques : images en spicule ou en bouton de col.
Ces descriptions ont perdu de leur intérêt avec la diffusion de l'endoscopie digestive.
ophtalmoscopie directe l.f.
direct ophthalmoscopy
Examen du fond d'œil à l'aide d'un ophtalmoscope à image droite donnant une image directe de la rétine.
L'œil de l'examinateur est au contact de l'ophtalmoscope, lui-même au contact de l'œil examiné. La netteté de l'image est obtenue grâce à un jeu de lentilles concaves et convexes interposées dans l'ouverture de l'appareil et permettant de corriger les vices de réfraction de l'examinateur ou du sujet examiné.
Édit. 2017
percept n.m.
percept
1) En physiologie, résultat d’une perception.
2) En ophtalmologie, produit du traitement perceptif d'une image, avant sa reconnaissance comme une image déjà perçue et conservée dans une mémoire sémantique (de significations) ou avant son identification comme appartenant à une catégorie d'image déjà connue.
réaction périostée l.f.
periosteal reaction
Réaction ossifiante du périoste sus-jacent à un processus pathologique intra-osseux (surtout au niveau d’un os long) visible en radiographie, dont la morphologie reflète l’activité du processus pathologique.
- Une réaction périostée unilamellaire continue accompagne un processus actif, mais en général bénin (infection, infarctus, fissure de contrainte, fracture…).
- Une réaction corticale plurilamellaire continue parallèle à la surface osseuse (« image en bulbe d’oignon »), perpendiculaire à elle (« image en feu d’herbe ») ou divergente (« image en rayons de soleil ») est en faveur d’un processus agressif, souvent malin : le plus souvent un ostéosarcome, mais aussi une infection…
- Une destruction de la corticale, remplacée par une coque périostée continue (« soufflure ») traduit un processus d’agressivité intermédiaire. Si la coque est discontinue, l’agressivité est plus importante.
- Une destruction corticale accompagnée d’une réaction périostée discontinue (« éperon de Codman ou triangle de Codman ») est en faveur d’une lésion agressive : sarcome osseux, kyste anévrysmal…
E. A. Codman, chirurgien américain (1869-1940)
Syn. apposition périostée, image en bulbe d'oignon, image en feu d’herbe, image en rayons de soleil, éperon de Codman
représentation 3D de surface l.f.
volume rendering
En scanographie moderne (mais aussi en échographie et en IRM) possibilité de montrer la surface des structures observées en créant l'impression d'une représentation en trois dimensions.
En TDM, la plus usitée, cette représentation inclut quatre phases :
1) Détermination d'un seuil de densité. L'impression tridimensionnelle est obtenue par un système d'ombrage qui simule l'existence d'une source lumineuse ponctuelle, la surface la plus proche de cette source étant la plus blanche sur l'image. Ainsi, l'échelle de gris n'est plus utilisée pour coder la densité des voxels, mais leur topographie. Cela suppose le choix d'un seuil de densité, les voxels ayant une densité supérieure à celui-ci étant les seuls à être représentés. Ainsi, pour représenter en 3D un massif facial, si l’on choisit un seuil assez élevé, l'image visualisera la surface du squelette. Si l’on choisit un seuil faible, elle représentera la peau du visage. Si l'on veut représenter les axes vasculaires, il faut choisir un seuil correspondant à la densité des vaisseaux opacifiés.
2) Segmentation spatiale. Cette étape permet de définir le volume à représenter et de supprimer les structures inutiles. Par exemple, lors de l'examen d'une hanche, on peut supprimer la tête fémorale pour visualiser l'arrière-fond de l’acétabulum ou, pour étudier le processus odontoïde en vue postérieure, supprimer les arcs neuraux des vertèbres cervicales. En acquisition hélicoïdale à visée angiographique, on peut supprimer toutes les structures autres que les vaisseaux.
3) Interpolation. Avec la plupart des appareils modernes, de nouvelles coupes peuvent être recalculées par interpolation linéaire à partir des coupes déjà reconstruites afin de générer un volume de données isotropiques (voxels cubiques).
4) Visualisation. Celle-ci permet de montrer l'image sur l'écran et de la faire pivoter dans l'espace sous tous les angles désirés, en supprimant certaines structures gênantes (fonction "cut scalpel" ou "scalpel électronique").
→ filtre de traitement d'image, reformatage
[B2,B3]
Édit. 2020
résolution n. f.
resolution
1) Dans un sens général, aptitude d'un système de détection à séparer des valeurs voisines.
2) En physique médicale, on distingue plusieurs types de résolution.
- Résolution spatiale : aptitude d'un système d'imagerie à restituer les petits détails. Elle correspond à la plus petite distance qui sépare deux points distinguables sur l'image. Les critères utilisés pour l'apprécier sont la largeur à mi-hauteur de la fonction de dispersion ponctuelle et la fonction transfert de modulation. En imagerie numérisée, elle est en pratique directement liée à la taille du pixel. En échographie, la résolution spatiale dépend des caractéristiques physiques de la sonde et de la focalisation du faisceau ultrasonore.
- Résolution en densité : aptitude d'un système de mesures à différencier la densité d'un voxel par rapport à celle de ses voisins sur une image numérisée. Habituellement, elle s'apprécie sur une échelle de gris.
- Résolution temporelle : aptitude d'une chaîne de mesure à compter séparément des informations se succédant rapidement. Celle-ci est liée à la notion de saturation qui peut se définir par le temps mort, délai nécessaire pour que le dispositif récupère ses caractéristiques après une première détection. Son insuffisance joue un rôle important dans la limitation de sensibilité de dispositifs comme les caméras et compteurs à scintillations, les chambres d'ionisations et les compteurs Geiger.
- Résolution spectrométrique : aptitude d'un détecteur à enregistrer séparément des rayonnements d'énergie voisine. On l'apprécie par le rapport à mi-hauteur d'un pic spectrométrique sur la valeur de l'énergie correspondant à son sommet. Sur les caméras à scintillations, l'élimination du rayonnement diffusé repose sur la séparation spectrométrique des interactions par effets Compton et photoélectrique.
3) En biologie, à la phase terminale d'une inflammation exsudative, réparation complète par une digestion enzymatique de l'exsudat et sa résorption par les macrophages.
La restitution de l'architecture antérieure est possible par la non-atteinte des cellules fixes du tissu impliqué.
4) En ophtalmologie, capacité d'une information à représenter deux éléments d'une autre information.
Dans le cas d'une image, la résolution s'exprime en points par unité de mesure par millimètre (ppm) et par centimètre (ppc). Dans les pays anglosaxons, elle s'exprime en points par pouce. Le terme est souvent utilisé comme synonyme de définition pour les images ou les écrans. En fait, la relation entre résolution et définition est donnée par la formule : définition = résolution x dimension.
5) En neurologie, diminution ou disparition du tonus et des contractions musculaires : résolution musculaire.
[B2,B3,C2,P2,H1]
Édit. 2018
TE effectif l.m.
effective TE
En IRM, lors d'une séquence d'écho de spin rapide à acquisition segmentée (fast spin echo ou turbo spin écho), temps d'écho médian avec lequel ont été acquises les lignes centrales du plan de Fourier (lignes correspondant aux basses fréquences à signal élevé, qui conditionnent le contraste de l'image).
Si par ex. l'acquisition des lignes centrales du plan de Fourier a été réalisée avec des TE allant de 80 à 100 ms, le contraste de l'image sera proche de celui d'une image d'écho de spin classique, acquise avec un TE de 90 ms : le TE effectif est de 90 ms.
J. Fourier, baron, mathématicien français (1768-1830)
[B2,B3]
Édit. 2018
voxel sigle angl. pour Volume Element
Élément d'une image en trois dimensions en imagerie 3D.
Le voxel est à l'image 3D ce que le pixel est à l'image 2D. En scanographie et IRM, volume élémentaire, ayant la forme d'un parallélépipède droit qui compose chaque tranche de l'objet examiné.
La hauteur du voxel correspond à l'épaisseur de la tranche examinée ; sa base correspond à un pixel.
Étym. angl. contraction de volume element, par analogie avec pixel
zoom n.m.
zoom
En imagerie numérique, fonction permettant d'agrandir une portion de l'image.
Deux types peuvent être effectués : soit un simple agrandissement optique, dont l'obtention est immédiate mais qui n'améliore pas la qualité de l'image (zoom optique) ; soit un agrandissement d'une partie de l'image reconstruite à partir des données brutes, en utilisant alors la totalité des pixels de la matrice (zoom électronique).
prothèse totale du genou l.f.
total knee arthroplasty
Dispositif remplaçant les surfaces articulaires fémorale, tibiale et parfois patellaire de l'articulation du genou.
Les prothèses totales du genou, dont existent de multiples modèles, sont composées d'une pièce métallique fémorale, d'une pièce métallique tibiale, avec, entre les deux, un patin polyéthylène. S'y ajoute souvent un insert patellaire polyéthylène fixé à la face postérieure de la patella.
Chaque composant peut être scellé (cimenté), impacté ou vissé (sans ciment). Le couple de friction est, dans la très grande majorité des cas, constitué de métal (nickel-chrome) sur du polyéthylène.
Les prothèses de genou se divisent en deux grandes catégories:
- les prothèses à glissement, où la pièce fémorale glisse sur la pièce tibiale par l'intermédiaire d'un insert polyéthylène. Ces prothèses peuvent
avoir un plateau fixe ou mobile, être ultracongruantes et/ou postéro-stabilisées.
- les prothèses contraintes, où existe une charnière entre la pièce fémoral et la pièce tibiale. Ces dernières sont en général des prothèses de reprise.Prothèse totale du genou cimentée
Prothèse totale du genou non cimentée
Sigle PTG
→ prothèse unicompartimentale du genou
[I2]
Édit. 2019
aliasing n. angl.
désigne en français une situation où un signal indésirable dérivé de celui qu'on a transmis apparaît mélangé à celui-ci.
1. En échographie doppler pulsé et en doppler couleur, ambigüité sur l'analyse spectrale des vitesses circulatoires qui peut faire croire à tort à une inversion de sens du courant sanguin (d'où l'expression utilisée de "vitesse faussement négative").
Elle est observée quand la fréquence de répétition des impulsions (PRF) est trop basse par rapport à la fréquence doppler à mesurer, en particulier en cas de vitesse circulatoire élevée.
Pour pallier cet inconvénient, la fréquence de répétition des impulsions doit être supérieure au double de la fréquence doppler maximale à mesurer.2. En IRM.
Artefact pouvant apparaître lorsque l'objet à explorer est plus grand que le champ de vue, caractérisé par la projection de la partie hors champ de l'objet sur la partie controlatérale de l'image (c'est le repliement de l'image).
Le phénomène peut exister dans les deux directions de codage, de phase et en fréquence.
1- Dans la direction du codage de phase, il apparaît si les spins situés en dehors du champ de vue accumulent un décalage de phase supérieur à un cycle de 360° (décalage de 360° + x°) : ces spins sont alors codés de façon erronée (comme si leur décalage de phase était de x°) et confondus avec des spins contenus dans le champ de vue. On peut éviter cet artefact soit en utilisant des matrices asymétriques, soit en réalisant un échantillonnage élevé en phase (si, par exemple, on double le pas de codage de phase, on double le champ de vue et il n'y a plus d'aliasing ; mais on ne reconstruit que la partie primitivement prévue de ce champ).
2- Dans la direction du codage en fréquence, le phénomène de repliement survient si la fréquence d'échantillonnage est inférieure à la fréquence de Nyquist. On peut éviter cet artefact, soit en utilisant un filtre "passe-bas" qui élimine les fréquences supérieures à la fréquence de Nyquist, soit en augmentant la fréquence d'échantillonnage.
Étym. angl. alias : se dit de quelque chose ou quelqu'un, faux ou dissimulé
Syn. ambigüité spectrale, repliement spectral
→ Nyquist (fréquence de), anti-aliasing
[B2,B3]
Édit. 2020
analogique adj.
analogic
Se dit d'un signal (ou d'une image) constitué par une grandeur physique (densité optique, tension électrique, etc.) variant d'une façon continue, sans paliers ni niveaux prédéfinis, pour représenter les modifications du paramètre étudié (à l'opposé de l'électronique numérique qui préfigure une série de « modèles ».
Ex. la représentation analogique du temps se fait par un cadran comportant des aiguilles ; la représentation numérique du temps se fait par un cadran comportant des chiffres.
En télécommunications audio et vidéo, qualifie un type de codage des informations qui s'opposent au codage numérique.
En radiologie classique, l'image est analogique.
[B1,B2]
Édit. 2020
angiographie numérisée l.f.
digital angiography
Procédé consistant, lors d'une angiographie, à enregister les images par le biais d'un amplificateur de luminance relié à un système de numérisation de l'image.
Ce mode d'enregistrement qui permet des post-traitements et un stockage des images, a complètement détrôné les films conventionnels.
Les images ainsi réalisées sont traitées d'une part de façon à effacer les structures osseuses et à ne laisser subsister que les vaisseaux (soustraction électronique) ; d'autre part, de manière à obtenir un contraste optimal ; puis elles sont restituées sous forme analogique.
La qualité des amplificateurs de luminance et des systèmes de traitement de l'image actuels, permet d'obtenir des documents d'une définition et d'un contraste supérieurs à la radiologie classique.
[B2, B3, K4]
Édit. 2020
angioscanner hélicoïdal l.m.
helical computed tomography (helical CT)
Technique d'imagerie utilisée pour l'étude des vaisseaux, reposant sur un principe de rotation continue du tube d'un appareil scannographique.
L'ensemble tube-détecteur tourne à vitesse constante autour du patient et dans un même sens, avec déplacement simultané de la table d'examen. Cela permet l'acquisition d'une image dite hélicoïdale, très rapide, en utilisant peu de produit de contraste iodé.
Le traitement de l'image en deux ou trois dimensions donne d'excellentes appréciations de la paroi et de la lumière des vaisseaux cervicaux. Cette technique est concurrencée par l'angiographie par résonance magnétique, mais elle peut en être complémentaire.
Syn. spiral CT
Sigle ASH
[B2,B3,K4]
Édit. 2017
antennes en réseau phasé en IRM l.f.
phased array coils
Combinaison de plusieurs petites antennes en lieu et place d’une grande antenne unique.
Le rapport signal/bruit d’une antenne étant inversement proportionnel à la taille de celle-ci, l’association de plusieurs petites antennes en réseau qui enregistrent de manière indépendante le signal RM permet de couvrir un espace suffisant en augmentant le rapport signal/bruit de l’image. Cette technique permet à temps égal une meilleure définition de l’image ou à définition égale un temps d’acquisition plus court, Elle implique pour chaque élément d’antenne une chaine séparée de traitement du signal (canal).
→ antenne
[B2,B3]
Édit. 2018
ARM par contraste de phase l.f.
phase contrast MRA, PC MRA
Méthode d'ARM dont le principe repose sur la soustraction vectorielle, pixel par pixel, des moments magnétiques de deux images sur lesquelles le déphasage des spins mobiles (spins du sang circulant) a été induit par deux gradients bipolaires de polarité inverse.
Une première acquisition est réalisée en appliquant un gradient bipolaire dont le premier pôle est positif et le second négatif. Les spins fixes, selon le principe même de l'écho de gradient, voient leur déphasage induit par le premier lobe entièrement annulé par le second. Les spins mobiles du sang circulant qui se sont déplacés conservent un déphasage phi proportionnel à leur vitesse, d'où un moment magnétique résultant dont la composante transversale est égale à sinus phi. Lors de l'application du second gradient dont le premier pôle est négatif et le second positif, il persistera un déphasage des spins mobiles phi’ égale à moins phi, d'où un moment magnétique résultant, dont la composante transversale sera égale à moins sinus phi. Après soustraction des deux images, les spins fixes qui constituent le fond de l'image n’auront pas de moment résultant, donc pas de signal. En revanche, les spins mobiles auront une aimantation transversale résultante égale à (sinus phi) - (- sinus phi) soit 2 sinus phi, d'où l'existence d'un signal sensible à la phase des spins mobiles et à leur vitesse. L'acquisition peut se réaliser en 2D ou en 3D. Pour visualiser l'image, on utilise un algorithme de type MIP. L'ARM par contraste de phase, contrairement à l'ARM par temps de vol, est bien adaptée à l'exploration des vaisseaux à flux lent. Elle ne visualise pas bien les vaisseaux comportant des zones de turbulence.
→ angiographie IRM, ARM par temps de vol, MIP
[B2,B3]
Édit. 2018
artefact de repliement en IRM l.m.
aliasing
Artefact caractérisé par la superposition d’un objet situé à l’extérieur du champ de vue, du côté controlatéral de l’image (par ex. sur une IRM encéphalique en coupe sagittale, l’image du nez qui vient se superposer à l’occiput).
Cet artefact peut survenir quand le champ de vue est plus petit que la région étudiée, ou décentré par rapport à elle, dans le sens du codage de phase ou de fréquence. Il est du à une ambiguïté du codage spatial qui attribue à l’objet hors champ le même codage que celui des structures du côté opposé du champ de vue.
Pour l’éviter on peut augmenter la taille du champ de vue ainsi que celle de la matrice et/ou utiliser des séquences spéciales anti-repliement.
[B2,B3]
Édit. 2018
asomatognosie n.f.
asomatognosia
Atteinte globale ou segmentaire de l'image du corps.
Terme qui renvoie traditionnellement à l'hémi-asomatognosie, perte de conscience d'une partie plus ou moins importante d'un hémicorps, que le patient ne reconnait plus comme sienne.
Alors qu'il conserve la conscience de son corps composé de deux moitiés et qu'il situe habituellement bien la droite et la gauche, il est incapable de désigner sur lui-même certaines parties, pouvant ainsi reconnaître comme siennes celles d'un examinateur.
Ce trouble du schéma corporel est secondaire à une lésion pariétale le plus souvent droite, et peut dans ce cas s'intégrer dans un syndrome d'Anton-Babinski.
Parfois sont observés de véritables vécus délirants hallucinatoires à propos du sentiment d'absence. Il s'agit ici d'une conviction seulement locale, concernant des données de l'image spéculaire, et non d'une structure psychotique proprement dite. Dans ce contexte, le sentiment d'un membre surnuméraire (en plus ou en trop) et non d'une absence, est possible.
Étym. gr. a : privatif ; soma : corps ; gnôsis : connaissance
Syn. somato-agnosie (obs.)
→ somatognosie, conscience du corps
aspergillome n.m.
aspergilloma
Mycétome constitué par un enchevêtrement mycélien d’un Aspergillus (Aspergillus fumigatus, surtout) et se développant dans une cavité presque toujours préformée (ancienne caverne tuberculeuse p. ex).
Cliniquement, l’aspergillome se manifeste notamment par des hémoptysies. Le traitement en est surtout chirurgical.
La lésion est préalablement détergée par le traitement antibiotique et demeure en communication avec l'arbre bronchique, puis est colonisée.
L'enchevêtrement mycélien en couches concentriques est à l'origine d'une masse extensive, plus ou moins volumineuse : c'est la "truffe aspergillaire", ou mycétome, ou aspergillome. L'aspergillome est responsable d'hémoptysies, souvent récidivantes et parfois cataclysmiques. Le sujet est porteur d'anticorps anti-aspergillaires qui sont des IgG. L'image radiologique, caractéristique, est l'image en "grelot" : opacité homogène, arrondie, reposant au point déclive de la cavité et surmontée d'un croissant gazeux. L'espèce la plus fréquemment en cause est Aspergillus fumigatus, mais aussi plus rarement A. flavus, A. nidulans, A. niger.
L'Aspergillus peut aussi envahir les tissus, le plus souvent à partir des vaisseaux, donnant alors une aspergillose invasive qui est une complication redoutée des traitements immunosuppresseurs, plus rarement de l'immunodépression acquise dans l'infection par le VIH.
Les antifongiques sont peu actifs et le traitement est chirurgical d'hémoptysies récidivantes. Il est discutable en leur absence.
Étym. lat. aspergillum : goupillon
autoscopie n.f.
autoscopy
Représentation le plus souvent très brève, souvent sans parole, par le sujet, de l'image totale ou partielle de lui-même comme projetée en dehors de soi.
L'autoscopie externe (deutéroscopie, hallucination autoscopique ou spéculaire) présente au sujet l'image totale de son double, avec un vécu angoissant d'étrangeté. Située habituellement à la limite entre illusion et hallucination, normalement rencontrée dans le rêve et en période hypnagogique, elle s'observe surtout dans les états confuso-oniriques (notamment ceux dus aux hallucinogènes), démentiels, et dans certaines formes de psychose hystérique.
L'autoscopie interne, perception visuelle partielle de ses propres viscères ou d'une région du corps, reste controversée.
À côté du phénomène autoscopique proprement dit, intéressant la somatognosie, peuvent intervenir des hallucinations sensorielles, surtout visuelles ou olfactives.
J. Lhermitte, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1939)
Syn. héautoscopie
bruit n.m.
noise
1) En biophysique, son produit par la superposition de plusieurs vibrations acoustiques non harmoniques.
Le bruit est un son indésirable.
Par comparaison avec la composition de la lumière blanche,on appelle bruit blanc un bruit comprenant toutes les fréquences audibles. L’absence de tout bruit est le silence mais il n’y a jamais un silence absolu sans transmission d’aucune fréquence audible : il subsiste toujours un bruit de fond constitué d’ un ensemble de vibrations distribuées au hasard sur toutes les fréquences. Ce bruit de fond peut être d’origine extérieure (notamment dans une transmission téléphonique du fait de l’agitation des électrons) ou endogène au niveau de l’oreille interne. Quand le bruit endogène se fait par bouffées suffisamment intenses on parle d’acouphènes.
Il faut distinguer les bruits des sons purs (une seule fréquence vibratoire) et les sons musicaux plus ou moins riches en harmoniques.
Comme toutes les vibrations sonores, les bruits transportent une certaine énergie qui, si elle est trop forte (>150 décibels), provoque des lésions de l’oreille interne. Les sons , notamment les bruits, sont douloureux lorsque leur intensité atteint 120 décibels.
Les vibrations sonores se propagent facilement dans les milieux liquides et les tissus mous de l’organisme mais si elles abordent un milieu solide elles libèrent une partie de leur énergie. Ce phénomène est utilisé en lithotripsie extracorporelle : rafales sonores très brèves et très intenses appliquées pendant moins d’une minute sur la peau de la région lombaire et focalisées sur des calculs rénaux ou urétéraux ; arrivant au contact des calculs elles produisent des chocs sonores intenses qui provoquent l’implosion in situ des calculs sans intervention chirurgicale.
2) Dans la transmission des messages en général : élément perturbateur, transmis par le même canal et selon les mêmes modalités qu'un message mais ne lui appartenant pas.
On peut définir le bruit comme un signal formé de la somme d'un ensemble de fréquences aléatoires. Ce bruit ou "bruit de fond" est un phénomène général dans toute transmission de message et entraîne une certaine dégradation de l'information, soit en masquant le signal utile sous des variations dénuées de signification, soit en se substituant au message et en remplaçant l'information vraie par une information déformée, encore intelligible mais dans un sens parfois différent du message initial. Son élimination ou sa neutralisation aussi poussée que possible constitueront le but principal des techniques dites de "traitement du signal". On peut enfin déterminer la qualité de l'information véhiculée grâce à la mesure du rapport signal/bruit. Cette dernière notion est p. ex. essentielle dans l'obtention des potentiels évoqués visuels.
3) Concernant la transmission d’une image (swarming) anomalie d’une image dynamique qui, en chaque point, présente une variation aléatoire rapide de sa luminance.
Il peut être causé par un défaut électronique de l’imageur. Il peut aussi apparaître dans l’utilisation d’amplificateur de luminance à très faible débit d’exposition, dû à la fluctuation quantique de la densité des photons X.
Faible en radiologie traditionnelle, en raison de l’importance des flux de photons X utilisés, il est plus important en tomodensitométrie et surtout en scintigraphie où les flux de photons sont limités par des considérations radiobiologiques ; en IRM il est moyen, indépendant du signal en cause, et d’origine technique.
4) En psychiatrie : au sens figuré, tout ce qui altère ou perturbe la transmission d'un message.
Plus particulièrement dans la perspective de la pathologie de la communication, plusieurs catégories de bruits sont distinguées :
- technique, par intrusion d'un élément exogène qui brouille un énoncé ;
- sémantique, par recouvrement seulement partiel des codes ou grilles de référence du soignant et du patient (surtout si ce dernier est délirant). De toute façon, un principe d'économie des informations anxiogènes, comportant donc des aménagements défensifs, intervient de part et d'autre ;
- pragmatique, du fait des inéluctables transactions entre vouloir dire, seul généralement explicite, et vouloir faire. Si l'écart est excessif entre implicite et explicite, il s'agira de l'aspect pathogène majeur de la communication. Avec sa double contrainte, l'injonction paradoxale chez le schizophrène a été décrite comme une de ses formes ;
- contextuel, lié aux contraintes imposées à la dyade communicante par un contexte systémique homéostatique, en particulier familial et groupal. Ainsi, le "patient désigné" est-il le symptôme révélateur identifié du malaise du système familial, incitant à traiter ce dernier plutôt que le seul sujet.
Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).
→ acouphènes, bel, lithotripsie extracorporelle, harmonique
Édit. 2017
bursite achilléenne l.f.
Achilles bursitis
Irritation mécanique ou inflammation, dans le cadre d'un rhumatisme inflammatoire, d’une des bourses séreuses qui jouxtent le tendon calcanéen (tendon d’Achille).
Il peut s'agir :
- d'une néobursopathie mécanique rétroachilléenne (néo-, car cette bourse n'existe pas normalement), entre la face postérieure du tendon d'Achille et la chaussure;
- d'une bursopathie préachilléenne (le terme -pathie, volontairement général inclut les lésions mécaniques et inflammmatoires). En règle, c'est un conflit entre le coin postéosupérieur du calcanéus, anormalement saillant (malformation de Haglund) , surtout en cas de pied creux associé qui verticalise le calcanéus et fait reculer ce coin, et la face ventrale du tendon d'Achille. Beaucoup plus rarement, il peut s'agir de la manifestation d'un rhumatisme inflammatoire.
Bursopathie préachilléenne mécanique dans le cadre d'une malformation de Haglund.
Néobursopathie rétroachilléenne mécanique.
[I1, I2, I3, B2]
Édit. 2020
cavité pulmonaire l.f.
lung cavity
En radiologie, hyperclarté du parenchyme pulmonaire, arrondie, variable de taille, de contours, de siège et de nombre.
Une cavité à paroi épaisse, à contours internes irréguliers traduit un foyer de nécrose de nature infectieuse (abcès après vomique), tumorale maligne (primitive ou secondaire) ou vasculaire (angéite nécrosante).
La tuberculose en fut longtemps la première cause, sa cavité ou caverne, résultat d'une fonte caséeuse, étant souvent reliée au hile par une bronche de drainage (image en rail).
Une cavité finement cerclée peut correspondre à un kyste aérien congénital, à des bulles d'emphysème, mais aussi à une caverne détergée.
Une cavité contenant un "grelot mobile" correspond le plus souvent à sa colonisation mycélienne (aspergillome).
Le kyste hydatique est caractéristique lorsqu'il est surmonté d'un croissant clair (image en ménisque) ou lorsque sa membrane, une fois rompue, flotte sur le niveau liquide (signe du nénuphar ou du soleil couchant).
Le pneumatocèle, dont les variations rapides de taille suggèrent un mécanisme de clapet, s'observe dans la staphylococcie et les dilacérations traumatiques du poumon.
[A1,K1]
Édit. 2015
cécité de changement l.f.
change blindness
Cécité ou absence de perception du changement intervenu dans l'image d'un objet ou d'une scène.
Ce phénomène est observé quand le changement de l'image est accompagné par une saccade oculaire, un éclair de lumière ou un masquage par un stimulus visuel.
[P2]
cellulite à éosinophiles de Wells l.f.
Wells’ syndrome, eosinophilic cellulitis
Dermatose d'étiologie inconnue caractérisée par un tableau clinique ressemblant à une cellulite infectieuse avec des placards érythémato-œdémateux, et par un aspect histologique comportant un œdème et un infiltrat éosinophilique du derme avec une image évocatrice en « flamme »; l'évolution se fait par poussées récidivantes de deux à six semaines et, sous corticothérapie générale, la guérison totale est la règle après une phase d'induration transitoire.
Histologiquement, l'image de « flamme » ou « flammèche » correspond à des dépôts amorphes de collagène entourés de leucocytes et de débris d'éosinophiles, notamment de leur protéine basique majeure (MBP) ainsi que d'histiocytes et de cellules géantes. Quoique très évocatrices du diagnostic de cellulite de Wells, des "flammes" peuvent être retrouvées dans d'autres maladies éosinophiliques.
G. C. Wells, dermatologiste britannique (1971)
Syn. syndrome de Wells
[J1]