Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

59 résultats 

plaie du cuir chevelu chez l'enfant l.f.

infant wound of the scalp

Particularité d’une plaie du cuir chevelu très vascularisé chez l'enfant et qui peut saigner abondamment.
De telles plaies doivent être très rapidement suturées pour assurer l'hémostase. Des anémies aigües, voire des évolutions mortelles ont été observées faute d'une hémostase précoce. Loin de tout moyen et faute de mieux, le pansement doit rapprocher les lèvres de la plaie pour permettre une hémostase provisoire, au besoin en se servant des cheveux pour rapprocher les lèvres de la plaie.

anémie aigüe

prépsychose chez l'enfant l.f.

prepsychosis in children

Notion floue, qui inclut tout ce qui est plus grave qu'une névrose et moins grave qu'une psychose, avec l'incertitude évolutive qui s'y rattache.
Un relatif consensus permet d'utiliser cette expression, bien que selon les auteurs, le même type d'enfant soit baptisé de : "atypic child", état pseudonévrotique ou prénévrotique, structure préschizophrénique, parapsychose, "borderline child", "faux self", personnalité "comme si" ("as if"), etc.

psychotropes chez l'enfant l.m.p.

psychotropes in children

Souvent discutée, leur utilisation est bien plus réduite que chez l'adulte.
Malgré l'emploi fréquent de substances parmi les plus connues et les plus anciennes, il est difficile de déterminer la dose utile, efficace et comportant un minimum de risques (cognitifs, portant sur le développement et la croissance, en particulier).
A fortiori, que penser par ex. de la prescription de méthylphénidate à des enfants seulement désobéissants ?
En pédopsychiatrie, le médicament a un rôle accessoire dans un contexte thérapeutique qui s'appuie essentiellement sur la psychothérapie et toutes les mesures psychoéducatives. L'information des familles, dont la collaboration est indispensable, pose des problèmes éthiques.

reflux gastro-œsophagien chez l'enfant l.m.

oesophageal reflux

Reflux gastroœsophagien qui se produit chez le nouveau-né, jusqu'à l'âge de 6 semaines environ, le sphincter du cardia n'étant pas efficace : il est alors quasi-physiologique.
Sa persistance ou son intensité doit faire rechercher un reflux gastroœsophagien qui accompagne presque toujours une atrésie de l'œsophage ou une hernie diaphragmatique (à cause des tractions qui s'exercent sur l'œsophage ou le diaphragme). En effet, une distension thoracique importante distend toujours l'orifice œsophagien du diaphragme (emphysème du poumon gauche, bronchodysplasie, paralysie ou éventration diaphragmatique, ventilation mécanique prolongée).

suicide (tentative de) chez l'enfant l.

suicide attempt in childhood

Habituellement confondue avec celle de l'adolescent, la tentative de suicide est rare mais non exceptionnelle : I0% des tentatives de suicide d'enfants et d'adolescents concernent des sujets de moins de 12 ans.
Par rapport à l'adolescent, la seule différence notable est la surreprésentation des garçons, d'autant plus grande que l'enfant est plus jeune (deux à trois pour une fille). Plus celui-ci est jeune et plus le moyen employé est brutal : strangulation, pendaison, précipitation sur un engin motorisé, noyade. L'intoxication médicamenteuse, première des méthodes utilisées à l'adolescence, n'apparaît qu'à l'âge de dix ans.
La signification de ces tentatives est variable : évitement ou fuite d'une situation vécue comme pénible, parfois anodine aux yeux de l'adulte (mauvaise note, banale réprimande) ; appel à une attention et à une affection estimées perdues. Névroses, psychoses typiques sont exceptionnelles. Le plus souvent, ne sont retrouvés que des traits d'immaturité, de labilité affective, d'impulsivité, sans qu'un tableau défini puisse être isolé.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide 

troubles du caractère chez l'enfant l.m.

child with character disorders

Ensemble des manifestations pathologiques qui distinguent l’enfant difficile ou inadapté.
Pendant longtemps, la clinique de l’enfant caractériel se fonda sur les thèses constitutionnalistes empruntées aux types classiques de E. Dupré: émotifs, anxieux, paranoïaques, cyclothymiques, etc. Admettre cette terminologie implique un déterminisme rigide qui conduirait de façon linéaire du trouble de l’enfant à celui de l’adulte (cf. le criminel-né de C. Lombroso).
Dans leur grande majorité, les psychiatres d’enfants n’acceptent pas ces théories et accordent aux facteurs affectifs, aux conditions éducatives, une importance au moins égale à celle des facteurs héréditaires.

E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1862-1921)

[H4]

adolescent n.m.

teenager, adolescent

Jeune homme ou jeune fille en période pubertaire.
Celle-ci va de 14 à 19 ans pour les jeunes hommes, de 11 à 16 ans pour les jeunes filles.

Étym. lat. adolescere : grandir, se développer

[E1,O1]

Édit. 2017

adolescent (délinquance de l') l.f.

adolescent delinquency

Ensemble de conduites qui concernent beaucoup d'adolescents dès lors qu'elles restent épisodiques et exceptionnelles. Pour un petit nombre, elles sont un mode d'expression ou d'adaptation prévalent, avec un risque de compromission de l'avenir social du sujet.
L'environnement social, économique et culturel pèse souvent plus lourdement sur cette évolution que les facteurs psychopathologiques proprement dits. Ces conduites peuvent signifier une hétéro- ou une auto-agressivité, avoir une dimension d'aliénation de soi et/ou projective. Rationalisées comme une révolte contre le "système", elles peuvent traduire le désir de se différencier du milieu familial en rejetant ses valeurs. Elles s'intègrent parfois dans un groupe qui affirme son identité par la transgression de la loi des adultes et fait de cette transgression une marque de l'appartenance des individus au groupe.

Étym. lat. adolescere : grandir, se développer

[E1,E3,O1]

Édit. 2017

dépression de l'adolescent l.f.

depression in adolescence

Manifestations dominées, comme chez l'adulte, par une souffrance morale, une importante tendance à la culpabilisation et une dévalorisation tant au plan intellectuel que physique ou esthétique et un ralentissement psychomoteur.
Cependant, peuvent s'adjoindre, voire se substituer : morosité hargneuse, agitation, passages à l'acte antisocial et réactions paradoxales à l'envahissement dépressif ; préoccupations centrées sur l'image corporelle et troubles somatiques (sommeil, comportement alimentaire, etc.) ; attitudes de déni, voire de mutisme oppositionnel. Autant de masques possibles de la dépression. C'est aussi la durée des troubles qui distingue ces états des moments de "cafard", de "déprime", d'ennui. On relève rarement une explication acceptable (deuil, problèmes familiaux, déception sentimentale).
De telles dépressions peuvent être à l'origine de conduites suicidaires.
Traitements médicamenteux et psychothérapies sont le plus souvent associés. Une action thérapeutique familiale est généralement indispensable.

morosité chez l'adolescent

tabagisme de l'adolescent l.m.

tabagism among adolescents

En Santé publique, cette notion est importante. L’âge de début du tabagisme se situe aux alentours de la onzième et douzième année. La moitié de ces jeunes ne parviendra pas à arrêter de fumer et un quart d’entre eux (la moitié de ceux qui resteront fumeurs) mourra de son tabagisme. si le nicotinisme est stable dans la population générale, c'est que les adultes fument moins alors que les jeunes fument de plus en plus tôt
Le tabac est la première drogue consommée par les jeunes Français : 26,3 % des jeunes de 15 ans sont des fumeurs réguliers. Parmi les raisons qui poussent ceux-ci à fumer, on retiendra la sociabilité. On fume en groupe par conformisme, par souci d'imiter les plus âgés. L'influence du tabagisme parental est grande. La première cigarette peut jouer un rôle initiatique dans le passage de l'enfance à l'adolescence. On fume pour se sécuriser, pour réduire la tension, l'agressivité d'un moment, pour combler un mal-être, remplacer ou masquer, pour se défouler, se décontracter .Les jeunes connaissent les méfaits du tabac, mais ils ne croient pas qu'ils les concernent. C'est parfois le premier pas vers l'utilisation d'autres drogues.

blessés (manifestations psychiques chez les) l.f.p.

Il peut s'agir de :

- manifestations directement liées à des lésions, notamment cérébrales
 (épilepsie post-traumatique, déficits intellectuels), ou deuil d'une partie du corps, réactionnel à un handicap ou une mutilation (anxiété ou dépression) ;
- troubles dits post-traumatiques, d'expression somatique mais purement fonctionnels,
dont le point d'appel est la région atteinte (syndrome subjectif des traumatisés crâniens, hystérie de conversion post-traumatique), et dont l'évolution peut se faire sur un mode hypocondriaque, avec attitudes de revendication (sinistrose) ;
- troubles psychotraumatiques engendrés par le traumatisme psychique,
 indépendamment de l'atteinte physique qui représente plutôt un facteur aggravant, caractérisés par le syndrome de répétition et les autres symptômes de la classique névrose traumatique

traumatisme somatique et névrose

Édit. 2017

boxeur (troubles psychiques chez un) l.m.

psychical disorders among boxers

démence pugilistique

Édit. 2017

cataracte totale congénitale avec opacités des sutures postérieures chez les femmes vectrices l.f.

congenital total cataract with posterior sutural opacities in heterozygotes

Cataracte nucléaire donnant une altération sévère de la vision chez les garçons.
Les femmes vectrices présentent également des opacités nucléaires mais n'ont qu'une légère baisse d'acuité visuelle. Le gène est en Xp. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 302200).

F. B. Walsh et M.E. Wegman, ophtalmologistes américains (1937)

[P2,Q2]

dégénérescence choriorétinienne avec reflet rétinien chez les femmes hétérozygotes l.f.

chorioretinal degeneration with retinal reflexation in heterozygous women

rétinite pigmentaire -3

feuillet ischio-bulbaire de Jarjavay (chez l'homme) l.m.

J. Jarjavay, chirurgien et anatomiste français (1852-54)

ligament périnéal transverse

[A1]

Édit. 2018

feuillet ischio-vulvaire de Farabeuf (chez la femme) l.m.

L. Farabeuf, chirurgien et anatomiste français, membre de l'Académie de médecine (1841-1910)

ligament périnéal transverse

[A1]

Édit. 2018

fibrocartilage médian de Blandin (impropre chez l'homme) l.m.

P. Blandin, anatomiste et chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1798-1849)

septum lingual

[A1]

Édit. 2018 

grossesse chez une patiente psychiatrique chronique l.f.

pregnancy in a chronic psychiatric patient

Conséquences de la grossesse sur une affection mentale préexistante.
Ce problème a été encore assez peu abordé.
Au cours des états psychotiques, surtout des troubles de l'humeur, une relative protection est admise mais discutée. L'influence de la gravidité sur l'anxiété et les névroses est variable. Sur leur installation, l'influence de la grossesse semble fréquente. Les rapports avec l'anorexie mentale ne sont pas clairs. La boulimie peut s'améliorer.
Comme ces patientes constituent un groupe à risque de complications obstétricales, une coordination est indispensable entre obstétricien, psychiatre, travailleur social et entourage éventuel, si possible dès la période préconceptuelle. Le risque tératogène du lithium est certain, au maximum pendant le premier trimestre, et il peut être remplacé par des neuroleptiques sédatifs ou par l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbazépine. Plus de 60% des malades chroniques non hospitalisées n'élèvent pas leur enfant.

grossesse et psychotropes

infections respiratoires chez l'immunodéprimé : diagnostic et causes l.f.pl.

- la sémiologie clinique et radiologique,

- l'examen de l'expectoration à la recherche de légionnelles, mycobactéries, aspergillus, etc.,
- le lavage broncho-alvéolaire et les prélèvements distaux protégés, méthodes de choix pour les recherches bactériologiques.
Les principales infections respiratoires opportunistes sont pour :
- les parasitoses : la pneumocystose, la toxoplasmose, l'anguillulose, plus rarement la leishmaniose et la cryptosporidiose,
- les mycoses : l'aspergillose, la mucormycose, les candidoses, la cryptococcose,
- les infections virales : le cytomégalovirus, les virus herpès zoostères et simplex, les virus de la grippe, le virus syncytial respiratoire.
- les infections bactériennes, les plus fréquentes : les pneumococcies, les bacilles gram—, les légionnelloses, la nocardiose, le rhodococcus.
- la tuberculose et certaines mycobactérioses atypiques (M. avium-intracellulare, M. xenopi, M. kansasii).

Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner

sida

infections chez les toxicomanes  l.f.

drug addition infections

Infections liées à l’usage de drogues intraveineuses (héroïne, cocaïne, etc.) et dont les sources sont la drogue elle-même, les seringues et les aiguilles, l’eau du robinet, la propre flore du sujet.
Outre le VIH, il peut s’agir d’infections superficielles au niveau du site d’injection, de bactérièmies, d’endocardites surtout tricuspidiennes, de pneumopathies, d’infections osseuses et articulaires, d’endophtalmies, d’hépatites (VHC, VHB, CMV, virus d’Epstein Barr). Les principales espèces bactériennes en cause sont les staphylocoques dorés, les streptocoques, les bacilles à Gram négatif, les bactéries anaérobies ; les levures (Candida) sont également incriminées.

Syn. usagers de drogues intraveineuses (infections chez les)

porphyrie (anesthésie chez un patient atteint de) l.f.

anaesthesia for porphyria

L'anesthésie d'un patient atteint de porphyrie risque de déclencher des crises aigües car de très nombreux médicaments augmentent l'activité de l'acide delta-aminolévulinique-synthétase.
Parmi les anesthésiques les plus dangereux sont les barbituriques..
La difficulté principale en anesthésie est d'éviter ces médicaments qui peuvent déclencher une crise aigüe. En cas de crise, le traitement comporte l'administration d'hématine ou d'hémine.
Le propofol peut être utilisé.

psychoses chez un traumatisé cranioencéphalique l.f.

psychotic disorders and head trauma

États psychotiques au long cours rencontrés dans les mois ou les années qui suivent le traumatisme, à l'exclusion d'une psychose prétraumatique.
Problème clinique et médicolégal délicat en raison de la complexité et aussi de la rareté et de l'imprécision de beaucoup de données.
En sont retranchés les troubles immédiats ou rapprochés (états confusionnels, syndrome de Korsakoff), ainsi que les démences.
Ces états psychotiques concerneraient environ 1 à 4% des traumatisés crâniens graves. Aussi bien, le risque semble plus élevé que dans la population générale.
Par rapport aux schizophrénies (dont le diagnostic est souvent discutable), la relation étiologique serait moins difficile à établir dans certaines psychoses hallucinatoires ou paranoïaques. En pratique, même en l'absence de prédisposition ou de facteurs intercurrents, l'expert ne pourra le plus souvent formuler qu'un doute motivé.

sinistrose

syndrome postcommotionnel chez un traumatisé cranioencéphalique l.m.

post-concussional disorder

Syndrome au statut incertain, survenant à la suite d'un traumatisme crânien habituellement fermé mais accompagné d'une perte de connaissance puis d'une amnésie transitoire.
À l'expression de "syndrome subjectif des traumatisés du crâne" (P. Marie, 1916), est souvent substituée celle de "syndrome postcommotionnel" qui tient compte, à côté du choc émotionnel, de l'existence de microlésions encéphaliques, parfois traduites par des signes cliniques mineurs (légère asymétrie des réflexes, du tonus musculaire, etc.). Les investigations complémentaires (EEG, potentiels évoqués du tronc cérébral, imagerie, posturographie, etc.) sont souvent négatives.
La triade classique -céphalées, acouphènes, sensations vertigineuses et/ou étourdissements sans signes labyrinthiques- est habituellement complétée par une asthénie et une intolérance au bruit. On peut aussi relever divers troubles du sommeil, du caractère, de l'humeur et cognitifs, ces derniers précisés par des épreuves neuropsychologiques. Une réduction de l'activité socioprofessionnelle est possible.
Très variable, l'évolution de ces troubles apparus rapidement, dans les trois mois, est le plus souvent favorable, en tout cas ne dépassant pas la seconde année. Elle peut cependant aboutir à une organisation névrotique influencée par la personnalité prétraumatique et par le type de relation à l'entourage, avec création possible d'un cercle vicieux et d'une "survictimation".
Après élimination d'une simulation et prise en considération éventuelle de troubles factices ou d'une simulation, il semble qu'une indemnisation précoce, avant la "consolidation", contribue à éviter la chronicisastion.

P. Marie, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1916)

traumatisé cranioencéphalique (démence chez un) l.f.

dementia and head trauma

démence pugilistique, démence traumatique

traumatisé cranioencéphalique (troubles caractériels chez un) l.m.

character disorders after head trauma

Apparition, après le traumatisme et indépendamment de sa gravité, d'une tolérance caractérielle faible face à l'ensemble des stimulus extérieurs, p. ex. aux contacts avec autrui ou au bruit. Le sujet impute souvent au traumatisme sa propre agressivité.
Un cercle vicieux peut s'établir avec un entourage inquiet, volontiers dépassé, déséquilibré, voire hyperprotecteur, assumant mal une victimisation, une apathie ou de soudaines colères.
La fréquence des investigations complémentaires normales et, a contrario, de l'échec des soins, le glissement vers une relation médicolégale souvent conflictuelle, touchant en particulier à l'évaluation de l'état psychique antérieur, peuvent contribuer à induire des réactions paranoïaques, notamment une sinistrose.
Prolongée sur des mois, l'évolution reste assez imprécise.

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