coagulation n.f.
coagulation
Transformation d’une substance organique liquide (sang ; liquide pleural, liquide d’ascite) en une masse de consistance plus ou moins molle, solide ou semi-liquide.
Étym. lat. coagulatio
[F4]
coagulation du col utérin l.f.
cervical cauterization, diathermy
Destruction par agent physique, électro-coagulation, vaporisation laser ou cryothérapie, de lésions dysplasiques du col de l'utérus.
→ cryothérapie, diathermocoagulation
[O3,G5]
coagulation du sang n.f.
blood clotting
Processus physicochimique amenant la formation du caillot cruorique à la suite de réactions enzymatiques en cascade dont l'étape terminale est la transformation du fibrinogène en fibrine qui forme alors un réseau de fibrilles.
Jouant un rôle essentiel dans l'hémostase, la coagulation comporte trois phases :
1) l'hémostase primaire, phase vasculaire mettant en jeu la vasoconstriction, l'adhésion et l'agglutination des plaquettes (formation du «clou plaquettaire»).
2) la coagulation proprement dite par voie extrinsèque (facteurs tissulaires) ou intrinsèque (activation des facteurs XII, puis XI et IX).
3) la fibrinolyse (lyse du caillot) sous l'action de l'activateur du plasminogène qui transforme cette dernière en plasmine.
Étym. lat. coagulatio : coagulation du lait (déverbal de co : ensemble, ago : pousser)
→ facteurs de coagulation, CIVD, activation de la coagulation, temps de coagulation, coagulopathie, coagulopathie de consommation, coagulopathie de dilution
[F4]
coagulation intravasculaire disséminée (syndrome de) l.m.
disseminated intravascular coagulation syndrome
Syndrome survenant lors d'affections diverses : accidents obstétricaux, carcinomes mucosécrétants, hémolyse aigüe, complications après intervention sur les poumons, la prostate, septicémie, choc, "coup de chaleur".
Il se définit par une coagulation aigüe dans le réseau capillaire et veinulaire, avec pour conséquence une consommation excessive de facteurs de coagulation, et de ce fait, un syndrome hémorragique. Il se caractérise par la présence de thrombus fibrineux purs, plaquettaires ou fibrinoplaquettaires, dans les reins, les surrénales, les poumons, la rate, le foie, le tube digestif, la peau et le cerveau. Une nécrose s'ensuit dans les reins : nécrose corticale, infarcissement des pyramides rénales ; micro-infarctus du cerveau, ulcérations du tube digestif. La fréquence des hémorragies est supérieure à celle des thrombus. Elles sont superficielles (ecchymoses, pétéchies), profondes, digestives ou cérébroméningées.
Sigle CIVD
→ coagulopathie de consommation, coagulation intravasculaire disséminée
[F4]
coagulation prostatique endoscopique par laser l.f.
visual laser ablation of the prostate (VLAP)
Méthode de traitement de l'adénome prostatique utilisant une fibre laser à tir latéral introduite sous contrôle endoscopique dans l'urèthre postérieur, visant à obtenir la destruction par coagulation du tissu prostatique.
[M2,G5]
coagulation tubaire l.f.
tubal coagulation
Destruction tubaire par électrocoagulation pour stérilisation.
[O3,G5]
facteurs de coagulation l.m.p.
coagulation factors
Ensemble de protéines plasmatiques participant au processus de coagulation du sang.
Ces facteurs sont numérotés en chiffres romains de I à XIII, certains ont un nom spécifique.
Leurs activités sont liées le plus souvent à une activation de type enzymatique.
I - Fibrinogène
II - Prothrombine
IIa - Thrombine
III - Thromboplastine
IV - Ions calcium
V - Proaccélérine
VI - Accélérine
VII - Proconvertine
VIII - Facteur antihémophilique A
IX - Facteur antihémophilique B
X - Facteur Stuart
XI - Facteur Rosenthal (plasma thromboplastin antecedent, PTA)
XII - Facteur Hageman
XIII - Facteur de stabilisation de la fibrine (fibrin stabilisation factor, FSF)
→ antihémophilique A (facteur), antihémophilique B (facteur), coagulation du sang
[F4]
Édit. 2018
laser interstitiel de coagulation prostatique l.m.
interstitial laser coagulation of the prostate (ILC)
Méthode de traitement de l'adénome prostatique utilisant l'énergie laser au moyen d'une fibre introduite directement dans le tissu adénomateux par voie transuréthrale, afin d'en obtenir la destruction par coagulation.
temps de coagulation l.m.
whole blood clotting time test
Temps nécessaire à la coagulation d'un échantillon de sang veineux disposé dans un tube à essai maintenu à 37°C.
Il est allongé dans les syndromes hémorragiques.
centre de transfusion sanguine l.m.
blood transfusion center
Les centres de transfusion sanguine ont été remplacés par des établissements de transfusion sanguine.
Cependant le centre de transfusion sanguine des armées a conservé cette dénomination.
→ établissement de transfusion sanguine, établissement français du sang
[F1]
circulation sanguine l.f.
blood circulation
Système circulaire qui transporte le sang.
On distingue la grande circulation qui distribue le sang aux tissus et qui a un rôle nutritif : ventricule gauche, artères, artérioles, capillaires, veinules, veines et oreillette droite ; et la petite circulation qui sert à la réoxygénation du sang : ventricule droit, artère pulmonaire, capillaires pulmonaires, veines pulmonaires et oreillette gauche.
[A2,C2,F1]
compatibilité sanguine l.f.
blood compatibility
→ groupe sanguin, épreuve de compatibilité sanguine
[F1]
épreuve de compatibilité sanguine l.f.
blood compatibility testing, cross match
Test de laboratoire pratiqué pour détecter les anticorps irréguliers (en dehors des systèmes ABO et Rhésus), mettant en présence le sérum du patient et les hématies homologues qui doivent être transfusées.
Ce test personnalisé utilise sensiblement les techniques de la recherche des agglutinines irrégulières. L'épreuve de compatibilité est spécifique pour un patient donné. On réserve cette épreuve aux patients ayant un ou plusieurs allo-anticorps anti-érythrocytaires. Dans certains pays elle est faite avant chaque transfusion.
[F1, F3]
Édit. 2020
établissements de transfusion sanguine l.m.p.
establishments of blood transfusion
Les établissements de transfusion sanguine exercent une mission de santé publique dans le cadre du service public de la transfusion sanguine.
Seuls, les établissements agréés par l'Etat sont autorisés à collecter le sang et ses composants, à préparer des produits sanguins labiles (arrêté du 17 septembre 1993 relatif à la liste des produits sanguins labiles) et à les distribuer, sous la direction et la responsabilité d'un médecin ou d'un pharmacien. En outre, ils ont vocation à développer toute activité liée à la transfusion sanguine, au conseil et au suivi des actes de transfusion. Ils peuvent être aussi autorisés, d'une part, à distribuer des médicaments dérivés du sang, et d'autre part, à titre accessoire, à exercer d'autres activités de santé, notamment des activités de soins et de laboratoire d'analyses de biologie médicale.
41 établissements de transfusion sanguine sont agréés. Ils ont le statut de groupement d'intérêt public ou d'association régie par la loi de juillet 1901. Le centre de transfusion sanguine des Armées est placé sous la tutelle directe du ministère de la Défense.
Sigle ETS
→ établissement français du sang, institut national de la transfusion sanguine
[E1,F1]
Édit. 2018
hyperéosinophilie sanguine n.m.
hypereosinophilia
Augmentation du nombre des éosinophiles sanguins supérieur à 0,5 x 109/L, confirmée à plusieurs examens.
Il existe des variations physiologiques des éosinophiles dont le nombre est plus élevé chez la femme et le nourrisson. La découverte d’une hyperéosinophilie peut être fortuite à l’occasion d’un examen biologique de routine.
On classe les hyperéosinophilies en trois degrés : légère (mild) de 0,5 à 1,5 109/L, modérée (marked) de 1,5 à 5 109/L et sévère (massive) ˃ 5 109/L.
Une éosinophilie soutenue et supérieure à 1,5 x 109/L risque, quelle que soit son origine, d’entraîner des dommages aux tissus. L’activation des éosinophiles, et en particulier la libération du contenu des granules, s’avère cytotoxique, active les cellules endothéliales, favorise la formation de thromboses et est neurotoxique. Ces effets toxiques se répercutent sur la fonction de plusieurs organes. Les atteintes cardiaques (myocardite et cardiomyopathie dilatée, endocardite et fibrose endomyocardique, thrombus intracardiaque, péricardite constrictive) sont les plus redoutées et sont une cause majeure de décès dans le syndrome hyperéosinophilique idiopathique et dans le syndrome de Churg-Strauss. Les atteintes neurologiques sont variées et touchent autant le système nerveux central (encéphalopathie, méningite, atteinte cérébelleuse, épilepsie…) que périphérique (mononévrite multiple, polyneuropathie). L’hyperéosinophilie peut aussi se compliquer d’atteintes pulmonaires (infiltrats, fibrose, embolie pulmonaire), digestives et/ou cutanées (angiœdème, urticaire, ulcérations).
A.D. Klion, médecin américaine (2015)
→ polynucléaire éosinophile, hyperéosinophilie sanguine (causes des), hyperéosinophilies sanguines secondaires, hyperéosinophilies sanguines primaires, hyperéosinophile sanguine idiopathique, hyperéosinophilie de signification indéterminée, Churg-Strauss (maladie de)
hyperéosinophilie sanguine (causes des) l.f.p.
Les causes d’hyperéosinophilie sont multiples et se répartissent en formes secondaires et primitives.
On différencie les éosinophilies secondaires à une stimulation cytokinique (notamment via l’IL-5) des éosinophilies primaires. Il existe des formes rares d’éosinophilie familiale.
Les éosinophilies secondaires ou réactionnelles sont de loin les plus fréquentes et représenteraient plus de 95% des cas. Elles sont induites par une stimulation des lymphocytes TH2 (parasitose, allergie…) ou par l’activation d’autres cellules immunitaires, dont les mastocytes. Elles peuvent également être paranéoplasiques en raison de la production de cytokines par les cellules lymphomateuses ou cancéreuses.
Le tableau détaille les causes principales d’éosinophilie sanguine dans les pays occidentaux :
→ hyperéosinophilie sanguine, hyperéosinophilies sanguines secondaires, hyperéosinophilies sanguines primaires, hyperéosinophile sanguine idiopathique, hyperéosinophilie de signification indéterminée, hyperéosinophile sanguine (variante lymphocytique), éosinophilie familiale, cytokine, éosinophilie familiale, mastocyte, syndrome paranéoplasique
hyperéosinophile sanguine idiopathique l.m.
idiopathic hypereosinophilic syndrome
Éosinophilie sanguine supérieure à 1,5 G/L d’une durée de six mois à l’exclusion d’une éosinophilie réactionnelle ou secondaire, une hémopathie clonale à éosinophile, un syndrome myéloprolifératif, un syndrome myéloprolifératif/myélodysplasique, une mastocytose systémique et en l’absence d’un excès de blastes.
En présence d’une atteinte d’organes en relation avec l’éosinophilie on évoque un syndrome hyperéosinophile idiopathique ; en l’absence d’atteinte d’organes on parle d’hyperéosinophilie idiopathique ou hyperéosinophilie de signification indéterminée
W. R. Hardy et R. E. Anderson, médecins américains (1968) ; M. J. Chusid, pédiatre américain (1975) ; P. Valent, hématologiste autrichien (2012)
Syn. syndrome hyperéosinophile essentiel
→ hyperéosinophilie sanguine, hyperéosinophilie sanguine (causes des), syndrome myéloprolifératif, mastocytose systémique
[F1]
Édit. 2018
hyperéosinophile sanguine (variante lymphocytique) l.m.
lymphocytic variant hypereosinophilic syndrome
Hyperéosinophilie secondaire à la sécrétion de substances éosinophilopoïétiques par les lymphocytes T responsables de sécrétion de IL-5.
Cette pathologie est marquée par des manifestations cutanées et exceptionnellement par des atteintes systémiques. Les marqueurs cellulaires identifient des cellules CD3- CD4+.
L’affection répond aux glucocorticoïdes. Il existe un risque accru de développer un lymphome T périphérique
F. Roufosse, médecin interniste belge (2005)
→ hyperéosinophilie sanguine, hyperéosinophilie sanguine (causes des), hyperéosinophilies sanguines secondaires
hyperviscosité sanguine l.f.
blood hyperviscosity
Augmentation de la viscosité du sang.
incompatibilité sanguine l.f.
incompatible blood group
→ incompatibilité transfusionnelle, incompatibilité sanguine fœtomaternelle
incompatibilité sanguine fœtomaternelle l.f.
materno-fœtal allo-immunization
Immunisation d’une femme enceinte contre les antigènes de son fœtus.
Lorsque le fœtus possède des antigènes érythrocytaires, leucocytaires ou plaquettaires différents de ceux de sa mère, leur passage dans la circulation maternelle peut susciter la production d’anticorps dont le transfert transplacentaire provoque des accidents fœtaux hématologiques.
Syn. immunisation fœtomaternelle
institut national de la transfusion sanguine (INTS) l.m.
national institute of the blood transfusion
Structure indépendante des établissements de transfusion sanguine, constituée dans le prolongement de la loi du 4 janvier 1993, créant l’agence française du sang, il a pour objectif l’amélioration de la sécurité transfusionnelle.
Ses activités sont dévolues à l'analyse, à la maîtrise et à la prévention des risques transfusionnels ainsi qu'à l'évolution de la transfusion sanguine et de la médecine transfusionnelle en France et dans le contexte européen.
INTS a été créé sous la forme juridique d’un groupement d’intérêt public constitué par
- l’établissement français du sang (remplaçant l’agence française du sang),
- l’Etat représenté par le ministère de la Santé,
- la caisse nationale d’assurance maladie.
Il se situe comme un interlocuteur, un partenaire et un référent dans le domaine de la transfusion sanguine, non seulement auprès de chacun de ses membres constitutifs, mais aussi : des autres acteurs publics de la sécurité sanitaire, des acteurs de la transfusion sanguine en matière de mise à disposition des produits sanguins labiles (PSL) et des médicaments dérivés du sang, des structures en charge d’enseignement, de formation et d’évaluation, des acteurs en matière d’utilisation des PSL, des sociétés savantes engagées en transfusion sanguine et hémovigilance.
→ établissement français du sang, établissements de transfusion sanguine
transfusion sanguine l.f.
blood transfusion
Transfert de sang ou de produits sanguins humains, d'un donneur à un receveur par injection intravasculaire.
On distingue l'autotransfusion (transfusion autologue), injection au patient de son propre sang prélevé au préalable, la transfusion homologue, injection de sang compatible provenant d'un autre humain. La transfusion hétérologue, injection de sang provenant d'un animal, est interdite depuis 1668.
La découverte des groupes sanguins 1(A B O en 1900, rhésus en 1940) a permis d'éviter les accidents d'incompatibilité sanguine mais elle n'a pas évité ceux dus à la transmission d'agents infectieux, notamment viraux pour lesquels des précautions spéciales doivent être prises concernant les donneurs et la manipulation du sang.
Une réglementation stricte doit être observée pour le prélèvement du sang, sa conservation et son administration.
La voie d'injection est généralement intraveineuse, les voies intra-osseuse ou intra-artérielle ont des indications spéciales. L'injection sous-cutanée de sang prélevée au patient (autohémothérapie) a été utilisée pour traiter des états allergiques, elle est actuellement abandonnée.
1K. Landsteiner, biologiste et médecin autrichien, prix Nobel de médecine de 1930
Étym. lat. transfusio : action de transvaser.
→ agglutinines irrégulières, autotransfusion, groupe sanguin, transfusion du nouveau-né, transfusion sanguine (accidents de la), transfusion sanguine (infections transmises par la)
transfusion sanguine (accidents de la) l.m.
blood transfusion-related complications
Complications secondaires à l'administration de produits sanguins homologues ou autologues, dérivés du sang ou du plasma, qu'ils soient labiles ou stables.
De gravité variable, ces accidents peuvent mettre en jeu la vie du patient. Ils peuvent être immédiats (immunologiques, métaboliques, infectieux, xénobiotiques) ou retardés (immunologiques, infectieux). La transfusion massive comporte des complications particulières.
Les complications immunologiques immédiates peuvent toucher les éléments cellulaires ou plasmatiques. Une incompatibilité au niveau des antigènes des érythrocytes est à l'origine d'une hémolyse qui peut être intra- ou extravasculaire. Le conflit antigène-anticorps au niveau des érythrocytes peut être lié à une erreur humaine (transfusion hétérogroupe) ou à la présence d'allo-anticorps immuns (agglutinines irrégulières). On rencontre aussi des réactions anaphylactiques, dues à des immunoglobulines IgG ou IgE, dont les causes sont multiples et qui s'observent surtout avec le plasma et les dérivés du plasma (albumine). Les réactions générales (frissons, hyperthermie) peuvent avoir une origine immunologique chez des patients déficients en IgA.
Les complications métaboliques (hypocalcémie, hyperkaliémie, acidose métabolique, augmentation de la phosphorémie et de l'ammoniémie) sont moins fréquentes grâce à l'amélioration des techniques de conservation. Les complications infectieuses immédiates sont surtout d'origine bactérienne (contamination du produit).
→ transfusion sanguine (infections transmises par la), transfusion du nouveau-né
transfusion sanguine (organisation de la) l.f.
blood transfusion
→ établissement français du sang, établissements de transfusion sanguine, institut national de transfusion sanguine