Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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circuit de Papez l.m.

Papez’s circuit

Dispositif hippocampo-mamillothalamique exerçant un rôle fondamental dans les traces mnésiques, l'évocation ordonnée des souvenirs et l'apprentissage.
Les axones de la corne d'Ammon, formation hippocampique, se réunissent pour constituer le fornix ou trigone, qui se termine dans le corps ou tubercule mamillaire ; il en part le faisceau de Vicq d'Azyr, destiné au noyau antérieur du thalamus ; celui-ci se projette vers le cortex frontal et vers le cortex cingulaire. La boucle se referme ainsi sur elle-même par l'intermédiaire des connexions cingulohippocampiques.
Persistent bien des inconnues concernant le rôle de ces divers éléments dans les processus mnésiques et comportementaux. Il apparaît cependant que ce circuit n'est pas le siège des traces mnésiques, puisqu'après sa destruction bilatérale, entraînant une amnésie antérograde absolue, un apprentissage de compétences nouvelles reste possible. Plus généralement, la mémoire sémantique, en tant que base du savoir acquis, est au moins relativement indépendante de l'hippocampe. En revanche, à propos de la mémoire épisodique ou mémoire des évènements, l'hippocampe permet la convergence des éléments sensoriels et affectifs, donc leur réapparition simultanée.

J. W. Papez, neuro-anatomiste américain (1937)

rhinencéphale, voies olfactives, circuit limbique

[H5]

Édit. 2015

clairance urinaire du lithium l.f.

lithium clearance

Clearance urinaire mesurée habituellement après administration au sujet d'un sel de lithium afin d'apprécier les parts respectives du tubule proximal et du tubule distal dans la réabsorption tubulaire du sodium.
Le lithium est un cation monovalent réabsorbé dans le tubule proximal de façon semblable au sodium mais, en revanche, échappant à la réabsorption distale. Sa clairance urinaire rapportée au débit de filtration glomérulaire est donc un index de la quantité de sodium disponible à la fin du tubule proximal.

[C2,M1]

cryptosporidiose n.f

cryptosporidiasis

Zoonose cosmopolite et maladie émergente en pathologie humaine, provoquée par des protozoaires intracellulaires du genre Cryptosporidium, en particulier par Cryptosporidium parvum.
La contamination est essentiellement hydrique. L’affection est habituellement bénigne chez le sujet immunocompétent avec quelques troubles digestifs (diarrhées liquides, parfois nausées et vomissements) et une fièvre inconstante. La régression est habituelle sans traitement après 8 ou 10 jours. En revanche, chez l’immunodéprimé (sida surtout) avec moins de 150 lymphocytes TCD4+/µL, les parasites se multiplient intensément et provoquent une diarrhée très abondante, volontiers cholériforme, avec un important retentissement nutritionnel et hydro-électrolytique. Il existe un risque de dissémination biliaire et respiratoire et la résistance habituelle aux traitements antiinfectieux rend le pronostic d’autant plus sombre.

Cryptosporidium, Tænia solium, cysticercose cutanée

[D1]

démence sous-corticale l.f.

subcortical dementia

Groupe encore imparfaitement délimité de démences qui surviennent plutôt dans le cours d'une affection neurologique affectant essentiellement les noyaux gris centraux (avec, en particulier, une traduction clinique extrapyramidale) ou la substance sous-corticale.
Il s'agit d'affections surtout dégénératives (maladie de Parkinson posant par cette démence le problème d'une diffusion corticale, paralysie supranucléaire progressive ou maladie de Steele-Richardson-Olszewski, chorée de Huntington), mais aussi inflammatoires (sclérose en plaques avec sa "démence de la substance blanche", sans atteinte des noyaux gris, et son déficit attentionnel fondamental, encéphalite à VIH) ou vasculaires (maladie de Binswanger, infarctus thalamiques, CADASIL, etc.).
Bien moins homogène que celui des démences corticales, le tableau neuropsychologique commun se caractérise par une lenteur intellectuelle avec réponses retardées (bradyphrénie), une apathie ou inhibition psychomotrice avec syndrome dépressif très fréquent mais aussi des troubles psychotiques non spécifiques d'une démence sous corticale, une perte mnésique portant sur les rappels plutôt que sur la reconnaissance, un langage peu altéré contrairement aux démences corticales, un syndrome dysexécutif de type frontal avec déficit de la programmation d'une séquence d'actes moteurs, de l'initiation (fluidité verbale) et difficultés à passer d'une tâche ou d'une consigne à l'autre, l'absence d'atteintes instrumentales (aphasie, apraxie, agnosie, etc.) contrastant avec de fréquentes altérations majeures des aptitudes visuoconstructives.
Ce concept a permis d'appeler l'attention sur les interrelations fonctionnelles entre les noyaux gris centraux et le cortex frontal, surtout préfrontal. En revanche, des investigations plus différenciées, comme l'imagerie cérébrale, devraient permettre de préciser s'il s'agit, ou non, d'un groupe univoque lésionnel et physiopathologique.

J. C. Steele, neuropathologiste J. C. Richardson, médecin interniste et J. Olszewski, neuropathologiste canadiens (1964) ; G. Huntington, médecin américain (1872) ; O. Binswanger, neuropsychaitre suisse (1894); M. L. Albert, neurologue américain (1974)

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

Syn. démence sous-corticofrontale

Sigle DSC

dermatite herpétiforme de Duhring l.f.

Duhring’s herpetiformis dermatitis

Dermatose bulleuse auto-immune acquise, survenant généralement chez des patients porteurs du groupe HLA B8, ce qui suggère l'existence d'une prédisposition génétique particulière, parfois associée à une entéropathie au gluten.
Les lésions élémentaires, à type de vésicule ou parfois de vésiculobulle, toujours de petite taille, survenant en peau saine ou encore papulo-urticarienne, extrêmement prurigineuses et rapidement rompues par le grattage, sont groupées en bouquet "herpétiforme" et siègent préférentiellement sur les faces d'extension des coudes, les fesses et le haut du dos.
L'examen histologique des lésions montre l'existence de bulles sous-épidermiques dont le toit est constitué par un épiderme intact sans nécrose ni acantholyse, avec à proximité, des microabcès interpapillaires de Piérard, Dupont et Fontaine. L'immunofluorescence directe montre la présence de dépôts d'IgA au sommet des papilles dermiques. L'immunofluorescence indirecte ne permet pas de retrouver d'auto-anticorps antipeau dans le sérum. En revanche, des auto-anticorps antiréticuline, antigliadine et antiendomysium sont fréquemment décelés, témoins d'une atteinte digestive de type entéropathie au gluten associée.
L'évolution est chronique, avec des alternances de poussées et de rémissions. Le traitement repose avant tout sur la dapsone avec ou sans régime pauvre en gluten. Le mot herpétiforme a été employé pour traduire une ressemblance clinique moins avec l'herpès, qui est d’origine virale, qu'avec l'herpès circiné trichophytique (obs.) qui est une épidermomycose.

L. Duhring, dermatologiste américain (1884) ; J. Piérard, A. Dupont, A. Fontaine, dermatologistes belges (1957)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. dermatite ou maladie de Duhring

diplégie brachiale (syndrome de) l.m.

brachial diplegia syndrome

Syndrome médullaire cervical avec tétraparésie très nettement majorée aux membres supérieurs, par traumatisme cervical, particulièrement en hyper-extension souvent sans lésion osseuse décelable.
L'amélioration des troubles sous-lésionnels (motricité et sensibilité des membres inférieurs, sphincters) est habituelle. En revanche, l'atteinte des membres supérieurs persiste, posant le problème de la topographie lésionnelle : portion interne des tractus corticospinaux ou zones médianes de la substance grise centromédullaire.

R. C. Schneider, neurochirurgien américain (1954)

Étym. gr. dis : deux ; plêgê : coup

dopamine n.f.

dopamine

Dihydroxy-phényléthylamine, neuromédiateur biosynthétisé par différentes cellules nerveuses dites dopaminergiques, de la médullosurrénale ou des cellules chromaffines de l'intestin.
Elle est classée parmi les hormones dites catécholamines.
Dans la maladie de Parkinson, son déficit est constant au sein du locus niger et du striatum. Administrée par voie générale, elle ne franchit pas la barrière hémato-méningée. En revanche son précurseur, la L-dihydroxy-phénylalanine (L-dopa) pénètre dans le système nerveux où la dopadécarboxylase la transforme en dopamine. Mais une décarboxylation en dopamine se produit dans la plupart des tissus, si bien que seule, une fraction de la dose ingérée est disponible pour le système nerveux et que des doses élevées de l’ordre de 3 à 4 grammes par jour sont nécessaires. Ces doses ont des effets seconds sur l'ensemble de l'organisme, en raison des productions digestives et cardiovasculaires de dopamine. L'association à la L-dopa d'un inhibiteur de la décarboxylase qui ne peut pas franchir la barrière hémato-méningée, prévient ces effets indésirables et réserve au système nerveux central l'action du médicament.
Son rôle dans la régulation de la LH-RH est discuté. Ses propriétés pharmacologiques en font un médicament adrénergique utilisé dans le choc cardiogénique et les anuries du choc.

A. Carrlsson, neuropharmacologiste suédois, prix Nobel de médecine en 2000 (1957)

[G3]

Édit. 2020

Duchenne (dystrophie musculaire progressive de)

Duchenne’s muscular dystrophy, muscular dystrophy Duchenne type

Myopathie congénitale liée à l’X, transmise par les filles et touchant les garçons, due à la mutation ou à la délétion des gènes d’une protéine musculaire, la dystrophine, caractérisée par une dystrophie musculaire progressive généralisée, mortelle avant 20 ans par défaillance cardiorespiratoire.
Cette dystrophinopathie, la plus fréquente des myopathies de l’enfant débute avant l’âge de cinq ans par une faiblesse musculaire progressive, symétrique, touchant surtout les muscles proximaux des membres, d’abord inférieurs : d’où des troubles de la marche, des chutes avec impossibilité de se relever, des rétractions musculaires et une fréquente pseudohypertrophie essentiellement des mollets. La perte de la marche se produit avant l’âge de 13 ans. Le ptosis est fréquent. L’atteinte cardiaque se rencontre dans 94 % des cas.
La teneur en créatine-kinase sérique (CPK) est élevée, surtout au début. L’augmentation de la myoglobine plasmatique témoigne de la myolyse. La biopsie musculaire confirme le diagnostic en mettant en évidence une absence quasi totale de dystrophine.
L’atteinte génétique correspond à une mutation de type Duchenne du gène codant pour la dystrophine situé en Xp21.2 ; ce gène est proche de celui de la rétinite pigmentaire liée au sexe (RP3) qui peut être associée à cette myopathie. Le conseil génétique se fonde sur l’identification des femmes conductrices : pseudohypertrophie des mollets ou déficit moteur, élévation des CPK dans environ les deux tiers des cas. Par suite du grand nombre de mutations, la mère d’un garçon atteint n’est pas toujours conductrice ; en revanche, elle l’est si, en plus de son fils, un autre parent mâle est touché. Le diagnostic prénatal est possible en biologie moléculaire sur les villosités trophoblastiques ou les amniocytes, voire sur une cellule prélevée sur l’embryon obtenu par fécondation in vitro. Un protocole de thérapie génique visant à introduire le gène normal de la dystrophine est à l’essai.
Une variété nosologique de début plus tardif et d’évolution plus lente est dite myopathie de Becker.
G. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1868)

dysautonomie n.f.

dysautonomia

Dysfonctionnement du système nerveux autonome, dont le polymorphisme clinique est dominé par une hypotension orthostatique.
Son étude, relativement complexe, peut comporter l'exploration pupillaire de collyres, celle de la fonction sudorale, le réflexe cutané sympathique, des investigations cardiovasculaires à la recherche de modifications de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque au cours de différentes épreuves (hypotension orthostatique,table basculante -"tilt test"-, manœuvre de Valsalva à la station debout, à l'inspiration profonde, avec mesure de la variation de l'espace R.R. sur l'électrocardiogramme). Les dosages des catécholamines et de l'activité rénine plasmatique peuvent aussi être utilisés. En revanche, les études électrophysiologiques ne permettent pas, au niveau du système nerveux périphérique, d'explorer les petites fibres myélinisées et les fibres amyéliniques qu'emprunte le système nerveux autonome.
Il existe des dysautonomies par atteinte du système nerveux central ou périphérique. Les polyneuropathies dysautonomiques peuvent être isolées, idiopathiques ou secondaires, ou associées à des atteintes sensitives ou motrices. Les neuropathies dysautonomiques rencontrées au cours des polyneuropathies sont fréquentes : soit latentes, soit dominant le tableau clinique.
Les causes des dysautonomies secondaires sont surtout le diabète et les amyloses primitives ou familiales. Les dysautonomies des syndromes de Guillain-Barré ne sont pas rares, au contraire de celles survenant au cours des atteintes alcoolocarentielles, paranéoplasiques, etc. Il existe aussi des neuropathies dysautonomiques primitives ou idiopathiques, parfois aigües, qui ont été rapprochées du syndrome de Guillain-Barré.

G. Guillain et G. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916) ; C. M. Riley et R. L. Day, pédiatres américains (1949) ; R. R. Young, neurologue et R. D. Adams, neuropathologiste américains (1975)

neuropathie héréditaire sensitive, pandysautonomie aigüe, Riley-Day (syndrome de), Young et Adams (pandysautonomie aigüe de)

endoscopie virtuelle l.f.

virtual endoscopy

En scanographie, application de la représentation 3D de surface permettant de montrer la paroi interne d'une structure anatomique creuse et d'en apprécier les altérations.
Cette technique repose sur le choix judicieux du seuil de densité lors de la reformation de surface. Par exemple, pour l'exploration endoscopique virtuelle du larynx, seuls seront conservés, lors de la reformation de surface, les voxels dont la densité moyenne est supérieure à zéro unité Hounsfield : ceci fournit une vision tridimensionnelle de la filière aérique et permet d'étudier les altérations de la muqueuse.
On peut également, utiliser un double seuillage en conservant les voxels de très faible densité (par les voxels aériques dont la densité est inférieure à - 200 unités Hounsfield), qui apparaîtront en noir sur l'image reconstruite.
Actuellement, on réalise ainsi des endoscopies virtuelles des bronches, du côlon (précédemment évacué et insufflé), de certaines articulations (précédemment injectées), etc…
Bien que potentiellement moins informative que l'endoscopie classique, l'endoscopie virtuelle permet, de manière peu agressive, de voir des structures inaccessibles à celle-ci. En revanche elle n’autorise aucun acte thérapeutique.

coloscopie radiologique par imagerie volumique

[B2, B3]

Édit. 2020

excitabilité neuromusculaire

L’excitabilité neuromusculaire a été définie par Littré comme la capacité des muscles et des nerfs d’entrer en action sous l’influence d’un excitant artificiel ou physiologique.
Elle est régie par l’équilibre minéral entre calcium, magnésium, bicarbonates, auxquels s’ajoutent aussi les ions H+, Na+, K+. On la quantifie parfois par l’équation de Loeb (Na+ + K+ + OH-/ Ca2+ + Mg2++ H+, ou celle de Gyorgy : K+ + HPO43-+ HCO3-/ Ca2+ + Mg2+ + H+ ). En pratique un état d’hyperexcitabilité neuromusculaire ou tétanie s’observe en situation d’hypocalcémie, d’hypomagnésémie ou d’alcalose. Elle devrait en théorie être constatée aussi dans l’hyperkaliémie, mais n’apparaît pas car celle-ci coïncide pratiquement toujours avec une acidose. En revanche l’hyperexcitabilité neuromusculaire est possible au cours des alcaloses hypokaliémiques (comme au cours des hyperaldostéronismes primaires). Enfin l’hyperexcitabilité neuromusculaire peut survenir en l’absence d’anomalie métabolique basale, correspondant à la tétanie normométabolique ou spasmophilie (HP KLOTZ), dont l’expression est souvent démasquée par l’hyperpnée (syndrome d’hyperventilation).

hyperexcitabilité neuromusculaire, tétanie, spasmophilie, syndrome d'hyperventilation, hyperpnée, Loeb (équation de), Gyorgy (équation de), hyperaldostéronisme primaire

[C2,H1,I4]

Édit. 2018  

fatigue auditive l.f.

auditory fatigue

Diminution passagère de la sonie d’une stimulation acoustique prolongée.
La sonie augmente lorsque le son stimulant dure moins d’une seconde. En revanche, la sonie décroît durant la stimulation lorsque la durée des sons est plus longue. Cette diminution, nommée adaptation simple, est plus marquée pour les sons de fréquence élevée. Elle est négligeable lorsque le son stimulant a une intensité inférieure à 30 dB SL. Cette fatigue auditive perstimulatoire est nommée adaptation pathologique et témoigne d’une lésion rétro-cochléaire. Elle peut être recherchée par l’épreuve de détérioration du seuil tonal ou lors d’une audiométrie automatique de Békésy.
Reger et Kos ont constaté pour la première fois la disparition progressive de la perception sonore lors d’une stimulation acoustique continue chez un patient ayant un neurinome de l’acoustique.

G. von Békésy, otologiste américain, prix Nobel de médecine en 1961 (1947); S. N. Reger et C. M. Kos, otologistes américains (1952)

Békésy (audiométrie automatique de), neurinome de l'acoustique, sonie, fatigue

[P1]

Édit. 2018

fibrose pulmonaire interstitielle diffuse l.f.

interstitial pulmonary fibrosis, diffuse interstitial fibrosis

Affection caractérisée par l'épaississement de l'interstitium pulmonaire par une prolifération progressive de fibroblastes et de tissu collagène.
Les conséquences sont que le poumon devient rigide, peu distensible : la courbe pression-volume est aplatie et déplacée vers le bas (diminution de la compliance) ; par contre, la pression de recul élastique maximale qui peut être générée à la CPT est typiquement supérieure à la normale. Ceci explique la conservation du rapport VEMS/CV qui peut même être augmenté : poumon hyperélastique. Les résistances des voies aériennes sont normales, voire basses, car les forces de rétraction s'exercent aussi sur la paroi des voies aériennes ; les conductances des voies aériennes sont en revanche élevées.

Syn. pneumopathie interstitielle diffuse

fibrose pulmonaire, fibroblaste

[K1]

Édit. 2018

graminées n.f.p.

grasses

Grande famille végétale, présente sur toute la surface du globe, avec plus de 6 000 espèces.
Ce sont des plantes généralement herbacées, soit annuelles, soit vivaces par rhizomes. Elles constituent des associations végétales telles que prairies naturelles, steppes, savanes. Leur pollen anémophile, se répand en très grande quantité dans l'atmosphère au printemps ; il est pourvu d'une spore unique operculée. Les graminées céréales sont peu importantes au point de vue allergénique. En revanche, les graminées des prairies, des foins, sont les grandes responsables en Europe des accidents allergiques printaniers.
La floraison des graminées s'étale dans le temps ; les premiers paturins fleurissent en fin d'hiver (Poa annua) tandis que certaines espèces tel Cynodon dactylon peuvent poursuivre leur floraison jusqu'au début du mois d'octobre. La grande floraison des graminées occupe les mois de mai et de juin dans toute la zone tempérée. Les manifestations cliniques sont à la fois oculaires, nasales, bronchiques. Le traitement de désensibilisation spécifique peut avoir une réelle efficacité lorsque la sévérité des manifestations le demande.

Syn. poacées

hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né l.f.

intra-ventricular cerebral hemorrhage of the new-born

Forme clinique intraventriculaire de l’hémorragie cérébrale du nouveau-né, due à la grande prématurité ou à l’anoxie du perpartum.
Sa traduction clinique est bruyante, particulièrement chez le prématuré : malaise brutal, apnée, accès de cyanose réitérés, convulsions, mouvements anormaux, etc..
Le diagnostic est établi par l’échographie transfontanellaire ou la scanographie qui montrent l’hémorragie intraventriculaire et précisent en outre l’atteinte éventuelle du parenchyme
cérébral.
Le risque augmente si la tendance hémorragique du tout nouveau-né n’est pas corrigée par une administration efficace de vitamine K1. Il est aggravé par l’hypothermie, la dyspnée (par ex. d’un pneumothorax) ou si l’enfant est soumis à des manœuvres agressives (abords vasculaires douloureux, intubation). Quand il s’agit d’une hémorragie peu importante localisée aux seuls ventricules, le pronostic n’est pas toujours mauvais mais, en revanche, l’avenir est sombre si le parenchyme cérébral est touché, surtout des deux côtés.
Le meilleur traitement est préventif, en évitant les naissances prématurées ou traumatisantes, les gestes agressifs et douloureux, en respectant une stricte discipline d’asepsie, en conduisant la ventilation mécanique avec un régime de pression le plus faible possible.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

Syn. hémorragie ventriculaire du nouveau-né

[O1]

hippocampe n.m.

hippocampus

hippocampus
Saillie blanchâtre, en forme de croissant, du plancher de la corne temporale du ventricule latéral, appartenant au système limbique.
L'extrémité antérieure de l'hippocampe ou tête est renflée et se confond avec la substance blanche du lobe temporal. Son extrémité postérieure ou queue est unie à la fimbria et se continue par les piliers postérieurs du fornix ou trigone. Cette région est une circonvolution cérébrale située au-dessus de la 5e circonvolution temporale ou gyrus parahippocampique. L'hippocampe est bordé en dehors par l'éminence collatérale et en dedans par la fimbria. Il est recouvert par l'alveus de l'hippocampe. Il établit des rapports étroits avec les voies olfactives mais, chez l'homme, n'a pas de rôle dans l'olfaction.
Cette formation appartient au circuit de Papez, dispositif hippocampo-mamillo-thalamique exerçant un rôle fondamental dans les traces mnésiques, l'évocation ordonnée des souvenirs et l'apprentissage. Cependant, elle n'est pas le siège de ces traces, puisqu'après destruction bilatérale du circuit de Papez, entrainant une amnésie antérograde absolue, un apprentissage de compétences nouvelles reste possible. Plus généralement, la mémoire sémantique, en tant que base des circonstances acquises, est au moins relativement indépendante de l'hippocampe. En revanche, à propos de la mémoire épisodique ou mémoire des évènements, l'hippocampe permet la convergence des éléments sensoriels et affectifs (indication affective), donc leur réapparition simultanée. De nombreuses inconnues persistent.

Étym. lat. hyppocampus : cheval marin

Syn. corne d'Ammon

Papez (circuit de), rhinencéphale, voies olfactives

[A1]

Édit. 2015

histaminolibération l.f.

histamine release

Libération brutale de l'histamine contenue dans les mastocytes tissulaires, les basophiles circulants, ainsi qu'accessoirement dans les plaquettes et les éosinophiles sous l'influence d'un xénobiotique (médicament, substance chimique, aliment) introduit dans l'organisme.
La gravité des symptômes est fonction de la concentration plasmatique d'histamine, qui est normalement de 40 à 60 µg/L. Elle est classée de grade I (simple flush cutané) à grade IV (choc, arrêt cardiaque) ce qui correspond à une concentration d'histamine comprise entre 1 et 100 µg/L. Le dosage de l'histamine est réservé à quelques laboratoires spécialisés. En revanche la méthyl-histamine urinaire plus aisément dosable est un témoin indirect de l'intensité de l'histaminolibération.

histamine

[H1,G2]

Édit. 2015

hôpital local l.m.

local hospital

Etablissement public dont les services sont destinés à la pratique médicale courante.
Un hôpital local ne peut comporter de maternité ni de service de chirurgie ; en revanche il peut exercer des activités de moyen et de long séjour.
A l’hôpital local les médecins exercent dans les conditions d’activité de la médecine libérale.

hormone prolactinique l.f.(PRL)

prolactin

L’ hormone prolactinique ou prolactine est une hormone polypeptidique, produite pas les cellules lactotropes de l’antéhypophyse, intervenant dans la montée laiteuse, la régulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique et la libido.
Constituée de 199 aminoacides, la PRL est soumise surtout à un contrôle inhibiteur de l’hypothalamus par la PIH (Prolactin Inhibiting Hormone), identifiée comme la dopamine. Elle se lie à des récepteurs notamment présents au niveau de la glande mammaire, des gonades. La PRL intervient dans le déclenchement de la lactation sur une glande préalablement soumise à l’action des œstrogènes. Son effet sur le développement de la glande mammaire est discuté. En revanche l’excès de PRL détermine une inhibition des fonctions gonadiques et des altérations de la libido.
Physiologiquement la PRL s’accroît au décours de l’accouchement, en réponse à la succion mamelonnaire, et détermine la montée laiteuse. Elle explique aussi l’anovulation et l’hypo-œstrogènie, responsable de l’absence de réapparition des menstruations.
Chez la femme jeune, l’excès de PRL détermine typiquement un syndrome aménorrhée-galactorrhée, parfois une simple situation d’anovulation avec infertilité, ou une galactorrhée isolée, ou des troubles de la libido. Chez l’homme l’excès de PRL est responsable d’impuissance ou plus volontiers d’une franche diminution de la libido, mais se révèle souvent par un syndrome tumoral.
L’excès de PRL est en effet d’abord lié au développement de tumeurs hypophysaires (macro- ou microprolactinomes), accessibles au traitement dopaminergique (bromocriptine, cabergoline..), Mais l’excès de PRL est aussi lié à des médications (anti-émétiques, neuroleptiques, psychotropes, œstrogènes à fortes doses, vérapamil, réserpine, opiacés et cocaïne…), à des désordres généraux (hypothyroïdie, insuffisances hépatique et rénale), à des déconnections fonctionnelles au cours de pathologies hypothalamiques, hypophysaires ou de la tige pituitaire.

Étym. gr. hormaô : j'excite

Syn. prolactine, prolactin inhibiting facteur, prolactinome

[O4]

immunomarqueurs en dermatopathologie l.m.p.

immunological stains in dermatopathology

Anticorps utilisés pour l’immunomarquage, servant à reconnaître l’immunophénotype de certaines cellules et donc à apprécier le type de différenciation de processus tumoraux.
Surtout utiles pour identifier les tumeurs peu différenciées, ceux qui sont actuellement le plus utilisés appartiennent à plusieurs groupes.
Parmi ceux qui marquent la différenciation épithéliale les principaux sont ceux qui reconnaissent la cytokératine, composant structural du cytosquelette des cellules épithéliales, tels les anticorps CK7 et CK20, l’antigène épithélial de membrane (EMA) qui marque les éléments glandulaires eccrines, apocrines et sébacés, et l’antigène carcino-embryonnaire (CEA) qui identifie les tumeurs eccrines et la maladie de Paget extra-mammaire.
La mise en évidence d’une différenciation mésenchymateuse a recours à différents anticorps : aux CD31 et CD34 pour les tumeurs d’origine endothéliale ; à la desmine pour le tissu musculaire, aussi bien squelettique que lisse et cardiaque, à l’actine, plus sensible, qui marque aussi les cellules myoépithéliales et les myofibroblastes et dont une variété (HHF35) est spécifique du muscle tandis que l’autre (7GFA1) l’est du seul muscle lisse ; au CD34 qui est également utilisé pour identifier les lipomes à cellules fusiformes, certains sarcomes des tissus mous et le dermatofibrosarcome de Darier-Ferrand, ce qui permet de le différencier du dermatofibrome qui, lui, est CD34 négatif mais, en revanche réagit avec le facteur XIIIa.
Les marqueurs neuro-ectodermiques sont la Protéine S-100 qui reconnaît les tumeurs mélanocytaires et nerveuses, les cellules de Langerhans et les glandes eccrines et apocrines, ainsi que l’anticorps monoclonal HMB-45 utilisé pour identifier les mélanomes et certains types de naevus, de même que le MelaA et le MART-1 pour les mélanocytes.
L’identification des éléments du système hématopoïétique fait appel à plusieurs marqueurs : au CD3 ou antigène leucocytaire commun (ALC), au CD20 ou Pan-leucocyaire B, au CD43 (Leu-22) ou Pan-leucocyaire T, au CD30 (Ki-1) qui est utile pour identifier des lésions de maladie de Hodgkin, des lymphomes anaplasiques et la papulose lymphomatoïde, ainsi qu’au CD68 (Kp-1) qui reconnaît les macrophages et histiocytes mais peut-être aussi les mélanocytes tumoraux.

J. Darier, membre de l’Académie de Médecine et  M. Ferrand, dermatologues français (1924) ; T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1932)

Étym. lat. immunis : exempt de

inflammation subaigüe l.f.

subacute inflammation

Inflammation aigüe qui traine en longueur, peut rétrocéder ou en revanche se transformer en une inflammation chronique.
L’anatomopathologiste la suspectera lorsqu'existe un hiatus entre l'agression-altération d'une part et la réaction-réparation d'autre part. Cette dernière est alors masquée par l'apparition de plasmocytes ou de lymphocytes et une défervescence de l'œdème et des granulocytes.

Étym. lat. flamma : flamme

intelligence artificielle l.f.

artificial intelligence

Tentative de création de programmes d'ordinateurs susceptibles de copier et/ou d'automatiser les compétences d'un expert humain.
Les algorithmes dits d'intelligence artificielle ont pour base l'étude approfondie des démarches d'un spécialiste humain de la question à traiter, de façon à dégager les voies de réflexion et d'analyse qui l'ont conduit à la solution. Une application possible pourrait être le diagnostic médical, mais pour l'instant les essais réalisés dans ce domaine n'ont été que relativement fragmentaires et parfois peu convaincants. Une autre application concerne l'enseignement, où des réalisations intéressantes ont en revanche vu le jour.

Étym. lat. intelligere : comprendre.

ischémique (neuropathie) l.f.

ischemic neuropathy

Neuropathie induite par des lésions des petits vaisseaux terminaux ou des capillaires, ou bien par une occlusion aigüe ou chronique des gros vaisseaux.
Les neuropathies ischémiques des petits vaisseaux déterminent des lésions focales axonales correspondant à des micro-infarctus. De tels aspects ont été décrits au cours d'affections comme le diabète et les vascularites nécrosantes, particulièrement la périartérite noueuse.
Dans le cadre des oblitérations artérielles aigües, les neuropathies sont bien plus rares. Leur diagnostic est fait moins souvent, compte tenu du caractère fréquemment dramatique des manifestations cliniques directement liées à l'atteinte artérielle. La symptomatologie en rapport avec des lésions nerveuses ne peut être étudiée de façon très détaillée et systématique. En revanche, d'intéressants travaux expérimentaux ont été réalisés, qui objectivent des lésions axonales, surtout au centre des fascicules nerveux. S'agissant des oblitérations artérielles chroniques, comme au cours de l'athérosclérose, les neuropathies périphériques sont exceptionnelles, du fait probablement du système vasculaire très riche, endo- et périneural.

Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang

lamivudine n.f.

lamivudine

Analogue nucléosidique de la cytidine (3-thiacytidine), antirétroviral anti-VIH, actif également sur la réplication du virus de l’hépatite B (VHB).
Absorbé au niveau intestinal, il a une biodisponibilité de 85%. Sa demi-vie intracellulaire est de 10 à 15 heures, celle de son élimination de 5 à 7 heures. Il diffuse médiocrement dans le liquide céphalo-rachidien. Il est très bien toléré. Il sélectionne, en revanche, rapidement en monothérapie, un mutant du VIH résistant (action sur le codon 184). Des résistances au VHB peuvent également apparaître. Il est utilisé en association, essentiellement dans le cadre de trithérapies.

Syn. 3TC

lipodystrophie insulinique l.f.

insulin lipoatrophy

Altération du tissu sous-cutané, à type d'atrophie ou d'hypertrophie, compliquant les injections sous-cutanées d'insuline, qui se produit aux lieux d'injection, plus rarement à distance.
On n'observe plus de lipodystrophie atrophique depuis que les insulines sont hautement purifiées. En revanche, les lipodystrophies hypertrophiques sont en rapport avec une technique d'injection défectueuse.

Étym. gr. lipos : graisse ; dus : difficulté ; trophê : nourriture

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