crise en psychiatrie l.f.
crisis in psychiatry
Réponse à une demande excessive imposée par le milieu, et qui dépasse les mécanismes habituels d'adaptation de l'individu.
Les évènements éprouvants susceptibles de précipiter une crise en fonction de la personnalité du sujet et de son "seuil de résistance psychologique" (H.H. Garner), sont très nombreux : depuis les traumatismes psychiques de guerre jusqu'aux effets de la maladie et du travail de deuil. S'en rapprochent à un moindre degré les constantes rééquilibrations exigées par la vie. La relation étiologique est davantage circulaire que linéaire.
Si la crise représente un danger, elle est également considérée comme une occasion positive possible pour l'individu, avec l'aide de sa prise en soins. Dans la meilleure hypothèse, sont confortés son aptitude générale à résoudre ses problèmes, ainsi que son équilibre adaptatif.
H. H. Gartner, psychiatre américain (1945)
[H3]
crise épileptique l.f.
epileptic fit, seizure
Phénomène purement clinique, en rapport avec une décharge brutale et massive, excessive et hypersynchrone, d'une population de neurones organisés en réseaux plus ou moins complexes.
Ce dysfonctionnement correspond à une rupture de l'état d'équilibre existant entre les mécanismes excitateurs et inhibiteurs contrôlant le fonctionnement neuronal normal. Parfois aigu il est habituellement éphémère, la crise restant alors unique et ne représentant qu'un phénomène réactionnel face à une agression cérébrale. La répétition des crises définit l'épilepsie.
Sémiologiquement, les crises ont été classées sur des critères cliniques et électro-encéphalographiques. Elles peuvent être en rapport avec une affection cérébrale ou générale aigüe (crise symptomatique aigüe) ou une pathologie cérébrale plus ancienne, fixe ou évolutive (crise provoquée), ou bien sans cause démontrable (épilepsie idiopathique, cryptogénétique).
Les corrélations EEG sont inconstantes. Une décharge critique sans phénomène clinique apparent est quelquefois dénommée "crise infraclinique" (terme critiquable).
[H1]
crise épileptique abdominale l.f.
abdominal epileptic fit, seizure
[H1]
crise épileptique auditive l.f.
auditory epileptic fit, seizure
Crise épileptique partielle se traduisant exclusivement ou principalement par des manifestations auditives élémentaires sans objet (assourdissement des bruits, bourdonnements, sifflements), des perceptions auditives complexes sans objet (crise hallucinatoire), des perceptions auditives déformées (crise illusionnelle).
La valeur localisatrice de ces signes est grande : gyri de Heschl et aires associatives.
Étym. lat. auditio, de audire : entendre
crise épileptique clonique l.f.
clonic epileptic fit, seizure
Crise caractérisée par des secousses cloniques en principe généralisées, avec des variations de fréquence, d'amplitude et de prédominance au cours d'un même accès et d'un segment du corps à l'autre.
Chez l'enfant au-dessous de 3 ans, la crise est souvent asymétrique, voire unilatérale (dite alors également hémi-corporelle, hémi-clonique) ; la conscience est intacte ou peu altérée ; une hémiplégie post-critique de durée variable est habituelle ; les clonies peuvent changer de côté du corps lors d'un même accès (crise à bascule).
Chez le patient plus âgé, elles sont fréquemment symétriques et régulières ; la conscience est souvent abolie d'emblée ; des troubles végétatifs préoccupants s'installent rapidement.
Les crises cloniques sont observées essentiellement chez les jeunes enfants dans le cadre d'épilepsies généralisées idiopathiques et symptomatiques, ou comme forme d'expression d'une convulsion fébrile.
[H1]
crise épileptique cognitive l.f.
cognitive epileptic fit, seizure
Crise partielle comportant un état de rêve et une pensée forcée.
L'impression de rêve est secondaire à une altération des perceptions réelles ou à une adhérence à des hallucinations, du fait d'une baisse de la vigilance. Ces décharges sont en raport avec les structures temporales.
La pensée forcée s'impose au patient sous la forme de pensées parasites qu'il ne peut chasser. L'origine est constituée par les structures frontales internes ou inférieures.
Ces crises évoluent souvent vers une crise partielle complexe, dans le cadre d'une épilepsie partielle cryptogénétique ou symptomatique.
→ épilepsie, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique complexe l.f.
complex partial epileptic fit, seizure
Crise épileptique partielle s'accompagnant toujours d'un trouble de la conscience, soit inaugural, soit au cours — ou au décours — d'une crise.
→ crise épileptique, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique épigastrique l.f.
epigastric epileptic fit, seizure
Crise comportant souvent à son début une gêne épigastrique remontant fréquemment jusqu'à la gorge.
Il s'agit d'un début fréquent des crises partielles complexes. Elle est en rapport avec une décharge critique temporomésiale.
→ épilepsie, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique focale l.f.
focal epileptic fit, seizure
→ crise épileptique partielle, épilepsie
[H1]
crise épileptique frontale l.f.
frontal lobe epileptic fit, seizure
Crise épileptique partielle simple ou complexe, ou rapidement généralisée, prenant son origine dans les différentes structures du lobe frontal. Habituellement de brève durée, elle s'accompagne rarement d'une confusion post-critique.
Selon le départ de la décharge, plusieurs types de crises ont été individualisés :
- crise de l'aire motrice supplémentaire : élévation tonique d'un membre supérieur en abduction, suivie d'une déviation tonique de la tête et des yeux du même côté, vocalisation et arrêt de la parole ;
- crises cingulaires : activités motrices simples s'organisant en automatismes gestuels plus ou moins élaborés, signes végétatifs, modifications de l'humeur et de l'affectivité ;
- cortex frontal mésial : vocalisation, rire incoercible, difficultés respiratoires, mouvements des mains et des pieds, mouvements axiaux variables ;
- cortex frontopolaire antérieur : pensée forcée ou rupture de contact initiale, mouvements adversifs de la tête et des yeux, évolution possible vers des mouvements contraversifs, secousses cloniques axiales, chute et signes végétatifs, avec généralisation secondaire fréquente ;
- cortex orbitofrontal : crises partielles complexes avec automatismes gestuels initiaux, hallucinations et illusions olfactives, signes végétatifs ;
- région operculaire : crises oropharyngées comportant hypersalivation, arrêt de la parole, hallucinations gustatives, mouvements de dégustation et de mastication, parfois un malaise épigastrique, une peur, des signes végétatifs, des clonies de l'hémiface. Plus rarement et plus tardivement, un engourdissement des mains peut être noté. Crises fréquemment rencontrées dans l'épilepsie à paroxysmes rolandiques ;
- cortex moteur : crises partielles somatomotrices, dont la topographie dépend du siège initial et du côté de la décharge. Certaines de ces crises peuvent avoir une marche jacksonienne. Elles sont observées dans le syndrome de Kojewnikow.
Les crises frontales se rencontrent dans les épilepsies partielles cryptogénétiques ou symptomatiques et dans l'épilepsie frontale bénigne de l'enfance.
A.Y. Kojewnikow, neuropsychiatre russe (1895)
→ épilepsie, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique gélastique l.f.
gelastic epileptic fit, seizure, ictal laughter
Crise épileptique comportant comme seul signe, ou signe principal, un éclat de rire singulier, immotivé.
Elle est en rapport avec une décharge de la région centrale (rire forcé, indépendant du contexte émotionnel), ou des régions temporales internes et cingulaires (rire accompagné d'autres manifestations comportementales traduisant la joie). Elle fait évoquer une lésion du plancher du troisième ventricule ou des ventricules latéraux. Elle peut être liée à un hamartome hypothalamique associant, chez l'enfant, une puberté précoce, une altération progressive des fonctions cognitives et comportementales, ainsi que d'autres types de crises épileptiques.
[H1]
crise épileptique gustative l.f.
gustatory epileptic fit, seizure
Crise épileptique comportant des manifestations gustatives soit de type illusionnel (hypergueusie), soit de type hallucinatoire (amertume, acidité, goût de fer).
Elle correspond à des décharges au niveau des cortex supra-insulaire, operculaire, rolandique ou pariétal.
[H1]
crise épileptique illusionnelle l.f.
illusional epileptic fit, seizure
Crise épileptique partielle simple, pouvant devenir complexe, qui comporte comme symptôme principal des illusions perceptives (appréciation déformée d'objets réels) : visuelles, auditives, gustatives, olfactives ou somatognosiques.
→ épilepsie, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique morphéique l.f.
morpheic epileptic fit, seizure
Crise épileptique qui survient uniquement ou préférentiellement durant le sommeil.
[H1]
crise épileptique partielle l.f.
epileptic partial fit, seizure
Crise épileptique dont les premières manifestations cliniques sont en rapport avec un système anatomique et fonctionnel de neurones, limitées à une partie d'un seul hémisphère et dont les signes ou symptômes dépendent de l'origine et de la propagation des décharges critiques.
Ces crises sont subdivisées en trois groupes :
- simples, avec signes moteurs (crises somatomotrices avec développement jacksonien, ou crises localisées toniques, cloniques ou tonicocloniques, ou crises dites versives, ou crises phonatoires), avec signes sensitifs ou sensoriels (crises sensitives extensives ou non, visuelles, auditives, olfactives, gustatives, vertigineuses), avec signes végétatifs (digestifs, cardiovasculaires, urogénitaux, respiratoires, oculaires intrinsèques, touchant la thermorégulation), enfin avec signes psychiques (crises cognitives, état de rêve, notamment) ;
- complexes, intéressant une partie suffisante du cerveau pour altérer la conscience, mais insuffisante pour provoquer une crise tonicoclonique généralisée ;
- partielles simples ou complexes, secondairement généralisées.
L'expression électro-encéphalographique est une décharge rythmique de pointes et/ou d'ondes lentes plus ou moins localisées, quelquefois bilatérales et alors symétriques et asynchrones. L'absence de traduction graphique est également possible.
Syn. crise épileptique focale
[H1]
crise épileptique provoquée l.f.
provoked epileptic fit, seizure
Épilepsie partielle symptomatique provoquée de façon spécifique par un stimulus.
Sont décrites : l'épilepsie-sursaut à déclenchement auditif, les épilepsies provoquées par le mouvement, la lecture, la musique (crise musicogénique).
→ lecture (épilepsie primaire de la), épilepsie, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique réflexe l.f.
epileptic reflex fit, seizure
Crise épileptique partielle ou généralisée, déclenchée électivement par un stimulus spécifique simple ou complexe, dont le mécanisme n'est pas univoque.
De nombreux facteurs déclenchants ont été individualisés, pouvant être à l'origine de crises partielles ou de crises généralisées (crises toniques, myoclonies, absences) : la lumière, la fermeture des yeux, le bruit (crises audiogéniques), la lecture, le langage spontané, le mouvement (épilepsie-sursaut), l'alimentation, une distension gastrocolique, une immersion, l'habillement, un exercice physique, une activité cognitive (réflexion, prise de décision, jeux de cartes, jeu de dames, échecs, calcul mental).
→ épilepsie, crise épileptique partielle
[H1]
crise épileptique vertigineuse l.f.
epileptic vertiginous fit, seizure
Crise comportant des sensations vertigineuses vraies, giratoires le plus souvent.
Elle est en rapport avec une décharge temporale postérieure ou de la portion antéro-inférieure du cortex pariétal.
[H1]
crise génitale du nouveau-né l.f.
neonatal genital crisis
Ensemble des manifestations génitales physiologiques, gynécomastie, métrorragies muco
Elle est due à la privation brutale de l'imprégnation hormonale œstroprogestative.
[O1]
crise hallucinatoire l.f.
hallucinatory seizure
Crise comitiale partielle simple, pouvant devenir complexe, comportant comme symptômes principaux des perceptions sans objet, de natures visuelle, auditive, gustative, olfactive ou somatognosique.
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
crise hypertensive l.f.
hypertensive fit
[K2]
crise myoclonique l.f.
myoclonic fit, seizure
[H1,I4]
crise myoclonique astatique l.f.
myoclonus-astatic fit, seizure
→ myoclonique astatique (crise)
[H1,I4]
crise néonatale l.f.
neonatal fit, seizure
Crise de nature épileptique survenant pendant la période néonatale (quatre premières semaines de la vie).
Ces crises peuvent être : cloniques, localisées, lentes, contemporaines d'une décharge EEG des régions centrales, crises multifocales, migratrices, plus rarement hémi-convulsives ou axiales ; myocloniques, généralisées ou localisées ; toniques, généralisées ou localisées ; enfin d'expression plus discrète, avec ouverture simple des yeux, clignements des paupières, mouvements oscillatoires et rotatoires des globes oculaires, mouvements plus ou moins coordonnés des membres, mâchonnements, épisodes apnéiques, modifications du rythme cardiaque. Les états de mal généralisés ou localisés sont très fréquents.
Sur le plan nosologique, on distingue actuellement :
1) Des formes symptomatiques : l'encéphalopathie anoxo-ischémique responsable de 50 à 75% des convulsions néonatales ; les hémorragies intracrâniennes (15%) ; les hématomes et infarctus cérébraux, à l'origine d'états de mal focalisés ; les infections nerveuses centrales surtout bactériennes ; des causes métaboliques fréquentes et classiques comme l'hypocalcémie, l'hypoglycémie, les troubles hydro-électriques, l'hypo ou l'hypernatrémie (déficit en pyridoxine) et certaines erreurs innées du métabolisme ; des malformations cérébrales sévères ; des causes toxiques, rares (drogues, alcool) ; etc.
2) Des formes idiopathiques ou cryptogénétiques, ensembles syndromiques plus ou moins bien individualisés et reconnus par la classification internationale des syndromes épileptiques, parmi lesquelles sont différenciées : les convulsions bénignes idiopathiques, survenant autour du 5e jour de la vie, d'étiologie encore inconnue, d'évolution favorable, s'accompagnant le plus souvent d'un EEG inter-critique de type "thêta pointu alternant" ; les convulsions familiales bénignes, observées autour des 2e et 3e jours, avec des antécédents familiaux de convulsions néonatales ou d'épilepsie, un EEG habituellement sans anomalies et une évolution favorable, bien qu'une épilepsie secondaire puisse se développer dans 11% des cas.
crise névropathique l.f.
neurotic fit
Crise caractérisée, dans ses formes typiques, par un effondrement progressif, plus spectaculaire que brusque et traumatique, une perte de conscience incomplète, une agitation désordonnée, souvent de type expresso-émotif, sans morsure de la langue ni perte des urines.
Le diagnostic est plus difficile avec certaines comitialités partielles complexes. La notion de facteurs psychiques comme un afflux émotionnel ou une situation conflictuelle n'est pas décisive pour le diagnostic. Ainsi, une émotion peut faciliter la survenue d'une crise épileptique.
[H3]