Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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dissociation visuelle complète l.f.

full binocular dissociation

Dissociation obtenue par la suppression totale de tout stimulus visuel structuré sur l'un des deux yeux, ce qui empêche la fusion.
La dissociation est brève si on utilise un écran opaque ou translucide ; elle est prolongée si on utilise l'occlusion complète.
Sur le plan moteur, cette dissociation peut révéler une déviation latente de type phorique, phorotropique, ou une déviation verticale dissociée pouvant déclencher un spasme musculaire, un nystagmus latent, etc.
Sur le plan sensoriel, elle réalise une privation monoculaire et participe au traitement d'une amblyopie, d'une neutralisation, d'une mauvaise dominance, etc.
Quand on utilise le terme dissociation sans spécifier, il s'agit en général de la dissociation binoculaire complète.

Étym. lat. dissociatio : séparation

Syn. dissociation binoculaire complète

dissociation visuelle incomplète l.f.

partial binocular dissociation

Dissociation obtenue en modifiant de manière variable suivant les test utilisés, les facteurs de stimulation entrant en jeu dans la vision binoculaire habituelle.
Un test de vision binoculaire sera donc plus ou moins dissociant suivant la façon dont sont modifiés ces facteurs. Savoir utiliser des tests plus ou moins dissociants est à la base de l'examen et de la rééducation orthoptique. Ainsi, sur le plan moteur, les verres striés sont moins dissociants que le synoptophore ; une occlusion partielle en diminuant l'acuité visuelle d'un œil favorise la vision de l'autre œil sans rompre la vision binoculaire ou sans révéler un nystagmus latent ou une divergence verticale dissociée, etc. Sur le plan sensoriel, une dissociation partielle bien adaptée, en présentant des images différentes à chaque œil, peut favoriser la rivalité rétinienne et la fusion.

Étym. lat. dissociatio : séparation

oxyhémoglobine (dissociation de l') l.f.

oxyhemoglobin dissociation

Réaction limitée de fixation et de libération entre l'oxygène et l'hémoglobine.
Comme le nombre de molécules d'Hb dans un volume donné, celui du globule rouge notamment, est limité, celui-ci ne peut fixer qu'un nombre limité de molécules d’oxygène : même si la PO2 augmente, à partir d'un certain moment il y a saturation. Par contre s'il y a de nombreuses molécules d'Hb désoxygénées, la fixation des molécules d’oxygène est facile et linéaire à la PO2. La courbe traduisant ce phénomène (courbe de Barcroft) est une sigmoïde, asymptotique au voisinage de la limite de saturation (150 mm de Hg) tandis qu'elle est assez linéaire entre 40 et 20 mm de Hg). La P50 (de l'ordre de 3,6 kPa = 27 mm de Hg) est la pression partielle d’oxygène correspondant à la demi-saturation, c'est-à-dire que la moitié des molécules d'Hb ont fixé une molécule d’oxygène. Si l'affinité diminue, notamment parce que des molécules de CO2 sont fixées sur l'Hb, la P50 doit être plus élevée (cas du sang veineux), au contraire s'il y a peu de CO2 l'affinité augmente et la P50 peut être plus faible (cas du sang artériel). Ainsi, dans les capillaires de la grande circulation le CO2 venant des tissus chasse l’oxygène du globule rouge, tandis que dans les capillaires pulmonaires le CO2 s'échappant dans les alvéoles laisse une plus grande place pour la fixation de l’oxygène (l'affinité devient plus grande - effet Bohr). La dissociation de l’oxygène va en sens opposé de celle du CO; ces deux réactions se font à pH sensiblement constant mais l'entrée et la sortie du CO2 dans le globule rouge entraîne un passage d'eau et de chlore en sens inverse.
Les principaux facteurs modifiant l'affinité de l'Hb pour l’oxygène sont la concentration en ions H+, la PCO2, la concentration intraérythrocytaire en 2,3 DPG et la température.

C. Bohr, physiologiste danois (1904)

Bohr (effet)

Édit. 2017

coefficient de dissociation l.m

dissociation coefficient

Paramètre mesurant la dissociation d’une molécule d’un sel minéral dissout dans l’eau en ses composants cationiques et anioniques.
Lorsque la concentration d’un sel minéral en solution dans l’eau est faible, il se dissout complètement en anions et cations. Par exemple le coefficient du  NaCl est 2, ce qui  correspond à une dissociation totale. Lorsque la concentration augmente, le coefficient de dissociation diminue parce que les ions sont plus rapprochés et interagissent entre eux. Dans l’osmolalité du plasma à partir des concentrations des sels minéraux qu’il contient, on doit multiplier la concentration de sodium par 1,86 et non par 2. La formule admise, tenant compte des principales molécules dissoutes, est  1,86 x Na (mmol/L) + urée (mmol/L) + glucose (mmol/L) + 9 (sels autres que ceux de sodium), ce qui aboutit dans les conditions normales à des valeurs entre 275 et 300 mOsm/Kg eau.

osmolalité

[C1]

Édit. 2019

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