Ann Arbor (classification de) l.f.
clinical staging of Hodgkin’s disease, Ann Arbor’s classification
Système de classification utilisé dans le bilan d’extension des lymphomes malins (1971).
Sa valeur pronostique est moins importante dans les lymphomes malins non hodgkiniens que dans la maladie de Hodgkin.
Degré I : atteinte d’une seule aire ganglionnaire (I).
Degré II : atteinte de 2 aires ganglionnaires ou plus du même côté du diaphragme (II).
Degré III : atteintes ganglionnaires situées de part et d’autre du diaphragme (III), pouvant être accompagnées d’une atteinte splénique (IIIS).
Degré IV : localisation diffuse avec une ou plusieurs atteintes extraganglionnaires (IVE)
L’absence (A) ou la présence (B) de signes généraux comme fièvre prolongée, sueurs nocturnes et un amaigrissement notable complète la classification.
Étym. Ann Arbor, ville de l’État du Michigan des États-Unis.
→ lymphomes malins, Hodgkin (maladie de)
[F1]
Édit. 2017
Bado (classification de) l.f.
Bado’s classification
Classification des différentes formes des fractures de Monteggia associant une fracture de la diaphyse de l’ulna à une luxation huméroradiale en quatre types selon le déplacement de la tête radiale et l’angulation de la fracture de l’ulna.
Type I : la tête radiale est luxée en avant avec angulation saillante vers l’avant de la fracture de l’ulna à l’union du tiers proximal et du tiers moyen de la diaphyse.
Type II : la tête radiale est luxée en arrière avec angulation saillante vers l’arrière de la fracture de l’ulna. Dans ces deux types le radius est solidaire du fragment diaphysaire distal de l’ulna.
Type III : la tête radiale est luxée latéralement avec une fracture de la métaphyse proximale de l’ulna.
Type IV : association d’une fracture de type I avec une fracture de la diaphyse du radius au tiers moyen.
Cette classification n’envisage pas les cas d’autres fractures associées à la luxation de la tête radiale telles que la fracture de l’extrémité proximale de l’ulna, de l’olécrâne ou du poignet dont le mécanisme est comparable et qui peuvent être rattachées aux fractures de type Monteggia (A. Trillat, 1969).
C. Bado chirurgien américain (1967) ; A. Trillat, chirurgien orthopédiste français (1969)
Édit. 2017
Chomé (classification de) l.f.
Classification anatomopathologique et clinique des tumeurs de vessie.
Elle a été utilisée uniquement en France, et remplacée par la classification Tumour-Node Metastasis.
J. Chomé, anatomopathologiste français (1957)
[A3,M3]
classification n. f.
classification
Résultant d'une mise en ordre systématique de phénomènes ou d'objets de même nature, toute classification repose sur la recherche de ressemblances et de différences entre les éléments à classer.
En médecine, il peut s'agir, selon les cas, d'individus, de malades, de troubles ou de maladies. Cette mise en ordre est fondée sur des modèles de classification.
classification de Wood l.f.
Wood's classification
1) En cardiologie, classification des modifications du rythme cardiaque fœtal en quatre types.
On décrit quatre classes :
1 : rythme stable,
2 : ralentissements précoces avec un rythme de base moyen,
3 : ralentissements précoces et importants avec un rythme de base rapide,
4 : ralentissements tardifs avec un rythme de base rapide.
2) Analyse médicolégale du dommage corporel qui, conformément à la classification internationale des maladies (CMI) adoptée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), distingue trois stades évolutifs : le stade lésionnel (impairments), le stade fonctionnel ou des séquelles (disabilities) et le retentissement situationnel ou handicap en terme de droit commun (handicaps).
Le passage du stade lésionnel au stade fonctionnel est marqué par la consolidation médicolégale.
1. C. Wood, gynécologue obstétricien australien ( 1969, 1973, 1981) ; 2. P. H. N. Wood, épidémiologiste et rhumatologue britannique, OMS (1980)
→ stade lésionnel, stade fonctionnel, retentissement situationnel, handicap, consolidation médicolégale (date de)
[E3,K2,O3]
classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps l.f.
Elaboré à l’initiative de l’Organisation Mondiale de la Santé, manuel de classification des conséquences des maladies.
Elle distingue les concepts de déficience, incapacité et désavantage. Elle complète la classification internationale des maladies (CIM).
Elle sert de guide pour l’élaboration d’outils d’appréciation.
Sigle CIH
[E]
classification T.N.M. l.f. sigle angl. pour Tumeur Node Métastase.
T. N. M. classification
Classification proposée par l’Union internationale contre le cancer depuis 1954 qui permet de classer les tumeurs malignes suivant leur extension locale, régionale et générale, afin de comparer les différentes modalités de traitement en fonction de la diffusion de la tumeur.
Chaque organe constitue une région qui est divisée en sièges anatomiques. Le volume tumoral est défini par le T (tumeur). L’atteinte régionale correspond à la lettre N (node = ganglion). L’atteinte générale correspond à la lettre M (métastase).
[F2]
Dumoulin (classification de) l.f.
Dumoulin’s classification Méthode d'appréciation urodynamique de la gravité d'une instabilité urétrale.
La classification est la suivante :
- type 1 : variation de pression urétrale lente, supérieure à 20 cm d'eau, mais modérée,
- type 2 : variations successives et brutales de la pression urétrale qui atteignent 200 cm d'eau, sans instabilité vésicale (type 2a) ou avec instabilité vésicale (type 2b),
- type 3 : chute brutale de la pression urétrale supérieure à 20 cm d'eau sans contraction vésicale,
- type 4 : chute temporaire de la pression urétrale succédant à l'effort. Elle intéresse le col vésical ou l'urètre.
Chantal Dumoulin, physiothérapeute canadienne (2005)
Denhez (classification de) l.f.
Denhez’s classification
Classification échographique de la localisation du placenta prenant comme point de repère sa limite supérieure par rapport au fond utérin.
La classification est la suivante :
- groupe I : placenta dont la limite supérieure atteint ou dépasse le fond utérin,
- groupe II : placenta dont la limite supérieure est située entre la moitié et le fond de l'utérus,
- groupe III : placenta entièrement situé dans la moitié inférieure de l'utérus.
M. Denhez, gynécologue obstétricien français (1981)
Denver (classification de) l.f.
Denver's nomenclature
Classification des 23 paires de chromosomes humains d'après leur taille, la position de leur centromère et l'existence éventuelle de satellites.
Les chromosomes sont isolés sur des cellules en culture, au stade de prométaphase de leur mitose et microphotographiés. En ce qui concerne les chromosomes somatiques, ils sont classés du plus grand au plus petit de 1 à 22, les chromosomes sexuels gardant leur dénomination X et Y. La correspondance entre la nomenclature littérale de Patau et la classification numérale de Denver est la suivante : groupes A (1 à 3), B (4 et 5), C (6 à 12), D (13 à 15), E (16 à 18), F (19 et 20), G (21, 22).
K. Patau, médecin généticien américain (1960)
Étym. Denver : ville du Colorado
Dukes (classification de) l.f.
Dukes’ classification
Classification, à but pronostique et thérapeutique, du stade d’extension des carcinomes colorectaux, basée sur le degré d’infiltration de la paroi intestinale par la tumeur lors de l’examen histologique et la présence de métastases éventuelles ganglionnaires locorégionales et viscérales à distance.
Une modification de cette classification porte le nom d’Astler-Coller.
C. E. Dukes, anatomopathologiste britannique (1932, 1949, 1958) ; V. B. Astler, chirurgien et F. A. Coller, anatomopathologiste américains (1954)
érythroleucémie aigüe f.m.
acute erythroleukemia
Leucémie myéloblastique aigüe avec une composante érythroïde prédominante classée historiquement M6 par le groupe FAB.
Le diagnostic d’érythroleucémie repose sur un pourcentage de blastes sanguins ou médullaires supérieur à 20 et un pourcentage de précurseurs de la lignée érythroïde supérieur à 50. Une dysplasie d’une ou de plusieurs lignées hématopoïétiques est habituelle mais pas obligatoire au diagnostic ; par contre la dysplasie érythroïde est très habituelle. La cytochimie cellulaire objective les marqueurs érythroïdes de la prolifération néoplasique: myéloperoxydase et noir soudan.
Les variations des données cytologiques des érythroleucémies ont conduit à répartir cette pathologie en deux catégories :
1. l’érythroleucémie typique ou leucémie érythroïde/myéloïde aigüe. Cette variété correspond à la sous-classe M6A de la classification FAB (French, American, British) ; elle représente à peine 5% des leucémies myéloïdes aigües; elle survient plus fréquemment chez des gens âgés et est précédée dans la moitié des cas par une myélodysplasie marquée de fréquentes anomalies cytogénétiques multiples ; leur pronostic est très réservé.
2. la leucémie érythroïde pure ou érythrémie aigüe. La leucémie érythroïde pure, terminologie proposée par l’OMS, correspond à la M6B de la classification FAB et, en partie, à la pathologie décrite en 1923 par Di Guglielmo. Dans cette variété la prolifération néoplasique des cellules jeunes est entièrement constituée de la lignée érythroïde ( > 80% des cellules médullaires) sans évidence de cellules myéloïdes. Ces cellules érythroïdes sont porteuses de marqueurs cytologiques de malignité et de fréquentes vacuoles. Cette pathologie est exceptionnelle, se rencontre à toute âge et est réputée de mauvais pronostic.
Les manifestations cliniques des érythroleucémies sont, au même titre que pour les autres leucémies aigües myéloblastiques, sous la dépendance du syndrome d’insuffisance médullaire ; cependant les symptômes d’anémie dominent le tableau clinique.
→ leucémie aigüe myéloblastique, Di Guglielmo (maladie de)
[F1,F2]
Édit. 2018
FIGO (classification) sigle f. pour Fédération Internationale de Gynécologie et Obstétrique
International Federation of Gynecology and Obstetrics FIGO classification ; FIGO groupings
Classification en quatre stades de malignité des tumeurs primitives de l’ovaire, allant de la seule atteinte ovarienne : stade I ; jusqu’à la présence de métastases à distance, en dehors de la cavité péritonéale : stade IV.
Cette classification, établie sur les données de l’examen clinique et de l’exploration chirurgicale, ne tient pas compte du grade histologique de la tumeur mais incorpore les résultats de la cytologie sur lavage péritonéal ou ponction d’ascite.
Sigle FIGO
[F2,O3]
Édit. 2018
fracture du col du fémur l.f.
femoral neck fracture
Fractures de l'extrémité supérieure du fémur, englobant ausssi les fractures du massif trochantérien.
On distingue de dehors en dedans: les fractures cervicotrochantériennes à deux ou plusieurs fragments (extra-articulaire) , les fractures basicervicales, les fractures transcervicales ou cervicales vraies et les fractures sous-capitales (intra-articulaires).
Très nombreuses (plus de 60.000/an en France), ces fractures affectent principalement la personne âgée, essentiellement les femmes ostéoporotiques dont elles peuvent mettre en jeu le pronostic vital.
Elles surviennent souvent au décours d’une chute, avec impotence fonctionnelle immédiate et complète. Le membre fracturé apparaît accourci, en adduction et rotation externe.
Il existe plusieurs classifications des fractures du col, la plus utilisée étant la classification de Garden, qui analyse le déplacement des travées osseuses de la tête fémorale sur le cliché radiologique de face. Cette classification, dont l'intérêt pronostique est majeur, guide les indications thérapeutiques. Elle va du stade 1, où le trait est horizontal et où la tête s'impacte sur le col sans se déplacer, au stade 4 où la tête est déplacée sans connexion avec le col, en passant par le stade 3 où le trait est vertical. Plus le stade de Garden est grand, plus le risque de nécrose de la tête du fémur est élevé.
Les deux traitements principaux sont l’ostéosynthèse et la prothèse de hanche.
R. S. Garden, chirurgien orthopédiste britannique (1961)
Étym. lat. frangere: rompre, briser
→ fracture, Garden (classification de), ostéoporose, ostéonécrose, ostéosynthèse
[I2]
Édit. 2018
frottis cervicovaginal l.m.
cervicovaginal smear
Prélèvement cytologique de dépistage des cancers du col utérin, réalisé par frottement au niveau de la région cervicale, à la zone de jonction squamo-glandulaire et de la région vaginale.
Il est pratiqué à l'aide d'une spatule d'Ayre en bois. L'étalement se fait sur lame et la fixation doit être immédiate. Au niveau cervical, on cherche particulièrement des dysplasies.
La classification de Papanicolaou des dysplasies est abandonnée au profit de la classification de Bethesda en lésion épithéliale de bas grade et de haut grade. La mise en évidence d’une dysplasie doit conduire à pratiquer une colposcopie et des biopsies du col utérin.
Cet examen peut également permettre la recherche d’agents infectieux, notamment papilloma virus.
Bethesda System cf. D. Solomon, anatomopathologiste américain (2002)
[B3, O3, A2]
Édit. 2019
Gell et Coombs (classification modifiée de) l.f.
Gell and Coombs’ classification
La classification des réactions allergiques de Gell et Coombs (1963 - 1975) répartit les réactions d’hypersensibilité en quatre types (I, II, III et IV), selon la forme d’action et le temps de réponse ; ceux-ci sont rarement individualisés et ne se développent pas séparément l’un de l’autre ; les trois premiers sont médiés par des anticorps, le quatrième par les cellules T et les macrophages ; à l’heure actuelle, la classification de ces deux immunologistes anglais sert toujours de référence, bien que la réalité soit plus complexe qu’elle ne le paraissait à leur époque.
Les quatre types sont les suivants.
- l’hypersensibilité de type I :
c’est le type le plus fréquent et le plus important du point de vue clinique ; il correspond à l’hypersensibilité immédiate (ex. : urticaire, rhinite, asthme ou choc anaphylactique) avec anticorps circulants qui sont des immunoglobulines de type I g E capables de se fixer sur les mastocytes tissulaires et sur les basophiles du sang circulant. Ces anticorps Ig E se trouvent à l’état libre dans le sang circulant, mais c’est la partie fixée sur les cellules qui est la plus importante, et qui est directement responsable des symptômes allergiques. Ceux-ci apparaissent quand les Ig E fixées à la surface des mastocytes et des basophiles réagissent avec l’allergène correspondant ; il en résulte la dégranulation de ces cellules qui libèrent dans la circulation des amines vasoactives qui sont les médiateurs chimiques de l’allergie (histamine, sérotonine, protéases, tryptase, prostaglandines, leucotriènes…). La caractéristique des réactions de l’allergie de type I est que les symptômes apparaissent très rapidement après l’exposition à un allergène, en règle générale entre 10 et 20 minutes, mais quelquefois moins d’où le nom d’hypersensibilité immédiate. Ce terme ne devrait pas être conservé, car on sait maintenant que les manifestations de l’allergie de type I se prolongent parfois bien au-delà du délai pendant lequel peuvent agir les médiateurs libérés.
Le mécanisme de la réaction allergique médiée par IgE se déroule en 2 étapes :
1-la sensibilisation : le système immunitaire de l’organisme va produire des IgE spécifiques lors du premier contact avec l’allergène. Cette première étape est muette cliniquement, on ne présentera donc aucun symptôme.
2-la réaction allergique proprement dite : lors d’un second contact avec l’allergène (ou d’un allergène de structure proche dans le cas des allergies croisées), le système immunitaire va reconnaître l’allergène et réagir contre lui (activation des mastocytes et basophiles et libération de médiateurs chimiques, notamment l’histamine, et des cytokines pro-inflammatoires). Le sujet va déclencher, lors de cette étape, une manifestation clinique allergique dont la gravité dépend de chaque individu.
-l’hypersensibilité de type II :
celle-ci est dite cytotoxique ou cytolytique. Dans ces réactions immunes, les anticorps sont libres dans le sérum alors que l’antigène est fixé à la surface de certaines cellules ou est un composant de la membrane cellulaire elle-même. Quand les anticorps réagissent avec l’antigène, il se produit une activation du complément qui aboutit à la détérioration de la cellule et même à sa lyse. Les maladies relevant de ce mécanisme sont essentiellement les accidents de transfusion incompatible, la maladie hémolytique du nouveau-né, les cytopénies médicamenteuses et les maladies auto-immunes, comme par exemple l’anémie pernicieuse ou encore la maladie d’Addison.
-l’hypersensibilité de type III :
ces réactions sont dues à des anticorps circulants, les précipitines qui appartiennent à la classe des Ig G. Le système complémentaire est activé quand ces anticorps réagissent avec des antigènes pour produire un complexe antigène-anticorps. Cette activation du complément entraîne une accumulation de polynucléaires et une libération d’histamine, et aboutit à des lésions tissulaires analogues à celles du phénomène d’Arthus.
Ces réactions sont semi-retardées (> 6 heures). Le type clinique en est l’alvéolite immuno-allergique, se traduisant par une pneumopathie fébrile, avec expectoration et images floconneuses sur la radiographie pulmonaire
-l’hypersensibilité de type IV :
celle-ci se différencie des 3 autres en ce sens qu’elles ne sont pas produites par des anticorps mais par des cellules immunocompétentes, les lymphocytes. Ces réactions se caractérisent aussi par le délai de 24 à 72 heures nécessaire à l’apparition des manifestations après la réintroduction de l’antigène: d’où le nom d’hypersensibilité retardée à médiation cellulaire. De ce fait, cette hypersensibilité n’est pas transmissible par injection de sérum mais uniquement par injection de cellules vivantes, essentiellement des lymphocytes T. Les réactions de type IV entraînent des lésions tissulaires inflammatoires avec infiltration de cellules mononucléées (lymphocytes et macrophages). La réaction inflammatoire peut conduire à des lésions tissulaires irréversibles.
N’importe quel sujet peut développer une hypersensibilité retardée. La plupart des eczémas de contact allergiques sont de ce type.
G. P. Gell et R. R. Coombs, immunologistes britanniques (1963)
Réf. d’après CIRIHA - Centre d'Information et de Recherche sur les Intolérances et l'Hygiène Alimentaires (Département de diététique et de nutrition appliquée de l'Institut Arthur Haulot - Bruxelles)
[F3]
Édit. 2017
Gustilo et Anderson (classification de) l.f.
Gustilo-Anderson’s classification of open fractures
Échelle de classification des fractures ouvertes qui complète la classification de Cauchoix en détaillant le 3ème degré de ces fractures ouvertes.
R. B. Gustilo, J. T Anderson, chirurgiens orthopédistes américains (1976) ; J. Cauchoix, chirurgien orthopédiste français, membre de l’Académie de médecine (1957)
→ fractures ouvertes (classification des)
histopronostic d'une tumeur l.m.
grading
Appréciation ou évaluation, parfois chiffrée, du degré de malignité d’une tumeur, de son potentiel évolutif et donc de son pronostic.
L’histopronostic est notamment utilisé dans les tumeurs du sein (classification de Scarff et Bloom) ; du côlon (classification de Dukes, Astler-Coller). Ce procédé n’est cependant pas limité au seul domaine tumoral ; en effet, on utilise dans les hépatites infectieuses un score, dit de Knodell, d’évaluation du degré d’évolutivité des lésions, basé sur l’examen en microscopie optique.
R. W. Scarff, anatomopathologiste britannique (1968), H. J. Bloom, médecin radiothérapeute britannique (1957) ; C. E. Dukes, anatomopathologiste britannique (1932) V. B. Astler, chirurgien et F.A. Coller anatomopathologiste américains (1954) ; R. G. Knodell, gastroentérologue américain (1981)
Syn. gradage (à éviter)
→ Scarff et Bloom (score de), Dukes (classification de), Astler-Coller (classification d’), Knodell (score de)
[A3, F2]
Édit. 2018
Keith-Wagener et Barker (classification de) l.f.
Keith-Wagener and Barker’s classification
Classification historique de la rétinopathie hypertensive.
Les 4 stades de cette classification allant du rétrécissement artériel stade I aux signes du croisement stade II, aux hémorragies et exsudats rétiniens stade III et à l'œdème papillaire au stade IV, ont été largement utilisés, mais sont à présent source de confusion car ils mélangent les signes rétiniens liés à l'artériosclérose et ceux liés à l'hypertension artérielle proprement dite.
N. M. Keith, H. P. Wagener, N. W. Barker, médecins américains (1939)
Kistner (classification de) l.f.
Kistner's classification
Classifïcation en quatre stades de l'endométriose pelvienne permettant, après un bilan d'extension poussé jusqu'à la cœlioscopie ou la laparotomie, d'évaluer l'étendue et la sévérité des lésions endométriosiques.
Son intérêt est pronostique et thérapeutique. Actuellement peu utilisée, cette classification a le mérite d'être très précise.
R. W. Kistner, gynécologue américain (1977)
Lancefield (classification de) l.f.
Lancefield’s classification
Système de classification des streptocoques, fondé sur une extraction antigénique par ébullition en milieu acide et sur une précipitation en tube capillaire au moyen d’une batterie d’antisérums.
Il existe ainsi une vingtaine de groupes, en particulier les groupes A (Streptococcus pyogenes) et B (Streptococcus agalactiae). La classification de Lancefield reste une référence même si les méthodes de détection ont changé.
Rebecca Lancefield, bactériologiste américaine (1933)
lèpre n.f.
leprosy
Maladie infectieuse due à Mycobacterium leprae (bacille de Hansen) ou à M. lepromatosis, encore fréquente aujourd'hui dans les pays tropicaux et subtropicaux.
La mycobactérie, à tropisme cutané et nerveux, pénètre probablement presque exclusivement par la muqueuse des voies aériennes supérieures et exceptionnellement par la peau à l'occasion d'une blessure. Le réservoir de bacilles est avant tout l'Homme et plus spécifiquement les patients lépreux atteints de la forme multibacillaire, dite « lépromateuse ».
La période d'incubation est longue, en moyenne de 3 à 6 ans, et les manifestations cutanées sont pratiquement toujours inaugurales. Son grand polymorphisme clinique a suscité de nombreuses classifications. La plus simple est la celle de Madrid (1953) qui distingue deux formes : tuberculoïde et lépromateuse. Mais la classification de Ridley et Jopling (1966), la plus souvent utilisée, individualise cinq formes : tuberculoïde polaire, borderline tuberculoïde, "borderline borderline", borderline lépromateuse et lépromateuse polaire. En 1982, l'OMS a proposé une classification plus simple en deux formes : paucibacillaire et multibacillaire. L'évolution globale de la maladie est lente. En réalité, la plupart des infections sont inapparentes et mettent en jeu une vigoureuse réponse des cellules T dirigées contre des peptides d’antigènes de Mycobacterium leprae.
La lèpre tuberculoïde est caractérisée par une forte réponse des cellules T (de type 1, lymphocytes Th1) avec lésions inflammatoires et granulomes à l’origine de lésions osseuses et de compression des nerfs périphériques.
Les formes lépromateuses ou nodulaires, au contraire, sont caractérisées par une réponse T de type 2 (Th2) avec intense prolifération mycobactérienne et production massive d’anticorps et de complexes antigène-anticorps. M. lepromatosis semble préférentiellement associé à ces formes. Le traitement repose sur une polychimiothérapie associant deux ou trois des antibacillaires disponibles (rifampicine, dapsone, clofazimine). Toutefois l’administration de rifampicine favorise le développement d’une réaction de type 1 avec réaction inflammatoire, puis dépigmentation cutanée.
A. Hansen, anatomopathologiste norvégien (1869-1874) ; D. S. Ridley et W. H. Jopling, médecins infectiologues britanniques (1966)
Étym. gr. lepra, de lepis : écaille
Syn. maladie de Hansen
→ Ridley et Jopling (classification de), réaction de dégradation, réaction de réversion, réaction lépreuse, Mycobacterium leprae, Mycobacterium lepromatosis
lèpre borderline l.f.
borderline leprosy
Forme de lèpre se situant, selon la classification établie à Madrid en 1953, avec la lèpre indéterminée, entre la lèpre tuberculoïde et la lèpre lépromateuse.
Depuis l'adoption de la classification de Ridley et Jopling en 1966, elle est décomposée en trois formes : borderline tuberculoïde, borderline borderline et borderline lépromateuse, auxquelles s'est ajoutée plus tard la forme indéterminée.
Étym. gr. lepra, lepis : angl. borderline : frontière
marqueurs non invasifs de la fibrose hépatique l.m.p.
La fibrose anatomo-pathologique, élément pronostique essentiel dans les maladies chroniques du foie, justifie l’utilisation de marqueurs fournis initialement par la ponction biopsie et, depuis vingt ans, par des marqueurs non invasifs.
La classification métavir, fournie par la biopsie, comprend cinq grades : F0 (absence de fibrose), F1 (fibrose minime), F2 (fibrose caractérisée par des septas fibreux en pont reliant deux espaces portes ou un espace porte et une veine sus-hépatique) ; F3 (pré-cirrhogène avec une fibrose arciforme ne dessinant pas encore une fibrose annulaire), F4 (cirrhose histologique c'est-à-dire une fibrose annulaire qui entoure des nodules de régénération). La fibrose F2 est considérée comme « significative », grade à partir duquel un traitement est habituellement proposé alors que pour les grades 0 et 1, une surveillance est conseillée
Par extension, la classification a été proposée pour des marqueurs non invasifs qui permettent de réduire les indications de biopsie du foie en raison de ces risques et de ces effets indésirables. Elle peut être un obstacle à l’accès aux soins car les malades craignant cet examen peuvent ne pas consulter les hépatologues. Par ailleurs, la biopsie ne fournit pas toujours des fragments exploitables : il faut qu’ils aient une taille suffisante (plus de 10 à 15 mm de longueur) et contiennent un nombre satisfaisant d’espaces portes analysable (plus 10). Dans l’hépatite C la fibrose est surtout péri-portale.
Les marqueurs non invasifs de fibrose hépatique sont de deux ordres : un algorithme de marqueurs biologiques et une méthode physique : l’élastométrie impulsionnelle ou Fibroscan®. Plus d’une vingtaine d’algorithmes biologiques sont utilisables. les marqueurs non invasifs de fibrose ont surtout été validés dans l'hépatite chronique C. La Haute autorité de santé a retenu quatre marqueurs non invasifs de fibrose : les trois algorithmes biologiques que sont le fibrotest, le fibromètre et l’hépascore et l’élastométrie impulsionnelle. Depuis fin 2016, le traitement de l'hépatite C est disponible chez tous les patients virémiques qui le souhaitent, sans restriction de stade de fibrose. Néanmoins, une évaluation de la fibrose reste nécessaire pour diagnostiquer les fibroses sévères et les cirrhoses, qui doivent être suivies même après éradication virale afin de dépister le carcinome hépatocellulaire.
Les hépatopathies non alcooliques sont une cause de maladie de foie parmi les plus fréquentes pour lesquelles l'évaluation de l'inflammation qui caractérise l'hépatite stéatosique non alcoolique et surtout la fibrose sont importantes. Compte tenu de la prévalence élevée dans la population, il n'est pas possible de biopsier tous ces patients. Les marqueurs non invasifs par élastographie hépatique (fibroscan avec une sonde M ou XL spécialement développée chez les obèses) associée à différents tests sériques: NALD fibrosis score, FIB4, ELF, fibromètre S ... la plupart disponibles sur internet, sont utilisés. Les endocrinologues et nutritionnistes peuvent aussi apprécier la fibrose de la graisse blanche, bon reflet de la fibrose hépatique par la mesure à l'aide de l'Adiposcan, placé au niveau de la graisse située près de l'ombilic.
Les marqueurs non invasifs de fibrose peuvent aussi être utilisés dans les hépatites chroniques B et par extension aux autres maladies de foie avec moins de recul et de certitude quant à la fiabilité.
→ hépatite C, fibrotest, fibromètre, hépascore, élastomètrie, classification métavir, fibroscan®, hépatite stéatosique non alcoolique
[B3, L1, R1, R2]
Édit. 2019
Marshall (classification des tumeurs vésicales) l.f.
Classification anatomoclinique des tumeurs de vessie, basée sur le degré d'extension en profondeur de la prolifération tumorale.
Très utilisée aux USA, elle est remplacée en Europe par la classification TNM.
V. F. Marshall, chirurgien urologue américain (1956) ; H. J. Jewett et G. H. Strong, anatomopathologistes américains (1946)
Syn. classification de Jewett-Strong-Marshall
[M2]
Édit. 2018