Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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interface cerveau-machine (ICM) l.f

brain-computer interface

Système de liaison directe entre un cerveau et un ordinateur autorisant un individu à communiquer avec son environnement sans passer par l’action des nerfs périphériques et des muscles.
La structure d’une ICM inclut un système d’acquisition et de traitement des signaux cérébraux (langage neuronal ou ses dérivés), un système de classification de ces signaux dans un ordinateur et un système de commande de dispositifs externe ou interne. Enfin l’ICM comprend une boucle finale d’apprentissage par rétroaction (« machine learning » ) permettant à l’utilisateur de progresser dans sa maîtrise et aussi à l’ICM d’affiner l’interprétation des activités cérébrales enregistrées. Parmi les dispositifs externes citons : déplacement de curseur, bras robotique, fauteuil roulant, clavier sur écran pour la sélection de lettres ou de mots. Parmi les dispositifs internes mentionnons: la régulation d’une stimulation cérébrale profonde (SCP) en boucle fermée, cette SCP étant destinée à contrecarrer le dysfonctionnement électrique de certaines structures nerveuses ou l’injection de « patrons (patterns) » d’activité normaux dans des zones cérébrales capables de suppléer des régions qui ont perdu leur fonctionnalité.

cyborg

[H1]

Édit. 2018

lavage de cerveau l.m.

brainwashing

Technique de persuasion coercitive et de contrôle de la pensée.
Utilisé d'abord à propos des prisonniers de la guerre de Corée pour ensuite être étendu à certains groupes religieux, politiques ou à des sectes, ce terme s'applique plus généralement à toute technique destinée à manipuler la pensée et l'action contre le désir ou la volonté de l'individu, ou à son insu.
Ces méthodes tendent à une véritable programmation mentale, à l'inverse de laquelle des méthodes de déprogrammation, aux intentions thérapeutiques, mais peu différentes dans leurs modalités, ont été décrites pour tenter de soustraire les sujets aux conséquences du lavage de cerveau : privation de sommeil, surcharge sensorielle, dénigrement, éloignement, déplacement, usage de la force, etc.

maladie du cerveau de marbre l.f.

marble brain disease

ostéopétrose avec acidose rénale tubulaire

muscle-œil-cerveau (maladie) l.f.

muscle-eye-brain disease

Syndrome associant une dystrophie musculaire avec secousses myocloniques, une myopie sévère avec glaucome congénital, pâleur papillaire et hypoplasie rétinienne, une hydrocéphalie avec retard mental.
Pour Dobyns et col. (1989) ce syndrome semble correspondre au syndrome de Walker-Warburg.
L’affection est autosomique récessive (MIM 253280).

Christina Raitta, ophtalmologiste finlandaise (1978); A. E. Walker neurologue américain (1942) ; Mette Warburg, ophtalmologiste danoise (1971) ; W. D. Dobyns, neurologue américain (1989)

Syn. MEB (maladie)

Warburg (syndrome de)

régénération neuronale dans le cerveau adulte l.m.

neuronal regeneration in adult brain

Notion qui s'inscrit à l'encontre de la théorie hypothétique qu'on croyait bien établie d'un non-renouvellement neuronal, depuis les travaux de F. Nottebohm et coll. (1983), qui ont montré l'existence d'une neurogénèse saisonnière sous l'influence de l'œstradiol dans les centres vocaux du canari.
On connaît désormais, chez les mammifères adultes, un nombre limité de régions cérébrales où cette néoneurogénèse est possible : récepteurs olfactifs de la muqueuse nasale, interneurones GABAergiques du bulbe olfactif, du gyrus dentatus de l'hippocampe et du cortex associatif, enfin neurones glutaminergiques du cervelet.
Notamment, chez le macaque adulte, les aires associatives corticales préfrontale, temporale inférieure et pariétale postérieure, dont on connaît le rôle dans la cognition, reçoivent de nouveaux neurones qui peuvent jouer un rôle dans la plasticité comportementale (ce qui n'est pas le cas d'une aire corticale primaire comme le cortex strié). Une telle continuité dans les changements structuraux pourrait constituer un substratum pour l'apprentissage et la mémoire.
Malgré ces limitations dans la localisation et les types neuronaux, l'existence d'une telle régénération ouvre des perspectives sur de possibles thérapies de remplacement chez l'homme. L'idéal serait de pouvoir transformer les cellules souches in situ, sans recourir à des greffes avec leurs risques de rejet.

S. A. Goldman et F. Nottebohm, neurobiologistes américains (1983)

sillon central du cerveau l.m.

sulcus centralis cerebri (TA)

central sulcus of cerebrum

Sillon de la face latérale de l’hémisphère cérébral, s’étendant du bord supérieur de l’hémisphère qu’il encoche en empiétant sur la face médiale, jusqu’au sillon latéral dont il reste séparé par un pli de passage, l’opercule fronto-pariétal.
Il a dans l’ensemble un trajet flexueux oblique en bas et en avant. Il sépare le lobe frontal en avant du lobe pariétal en arrière.

L. Rolando, anatomiste italien (1773-1831)

Syn. anc. scissure centrale, scissure de Rolando

sillon latéral du cerveau l.m.

sulcus lateralis cerebri (TA)

lateral sulcus of cerebrum

Profond sillon de la face latérale de l’hémisphère cérébral qui sépare les lobes frontal et pariétal en haut du lobe temporal en bas.
Il commence sur la face inférieure au niveau de l’angle latéral de la substance perforée antérieure dont il reste séparé par le seuil de l’insula. Il se dirige en dehors jusqu’au niveau de la face latérale où il change de direction en contournant le pôle de l’insula. Puis il devient oblique en haut et en arrière sur la face latérale de l’hémisphère. Il émet trois prolongements supérieurs en atteignant cette face latérale : un rameau postérieur, un rameau ascendant et un rameau antérieur ; ces rameaux du sillon latéral encochent le gyrus frontal inférieur qu’ils subdivisent en une partie orbitaire, une partie triangulaire et une partie operculaire. Le sillon latéral se termine sur la face latérale de l’hémisphère après un trajet de sept à huit centimètres. Le fond du sillon est occupé par l’insula.

F. de le Boë, dit Sylvius, anatomiste, physiologiste et médecin néerlandais (1614-1672)

Syn. anc. scissure de Sylvius

sillons interlobaires du cerveau l.m.

sulci interlobares cerebri (TA)

interlobar sulci of cerebrum

Sillons profonds de la surface des hémisphères cérébraux qui délimitent les lobes.

Syn. anc. scissures cérébrales

syndrome muscle-oeil-cerveau l.m.

muscle eye brain disease

Groupe de maladies musculaires génétiques, dégénératives, présentes dès la naissance, caractérisées par une faiblesse musculaire, une myopie, un glaucome et des anomalies cérébrales responsables d’un déficit intellectuel ainsi que d’une hydrocéphalie.
L’affection est due aux mutations du gène POMGNT1 de transmission autosomique récessive.

lissencéphalie, POMGNT1

veine profonde moyenne du cerveau l.f.

veine cérébrale moyenne profonde

[A1, H5, K4]

Édit. 2020

veine superficielle moyenne du cerveau l.f.

vena media superficialis cerebri (TA)

superficial middle cerebral vein

Veine simple, exceptionnellement dédoublée, qui longe superficiellement la scissure latérale puis le bord postérieur de la petite aile de l’os sphénoïde où elle constitue le sinus sphéno-pariétal, avant de se terminer dans l’extrémité antérieure du sinus caverneux.
Elle peut exceptionnellement se terminer dans le sinus pétreux supérieur. Le plus souvent elle s’unirait à la veine cérébrale profonde du cerveau et se terminerait avec elle dans la veine basilaire.

Syn. veine cérébrale moyenne superficielle
anc. veine sylvienne superficielle

[A1, H5, K4]

Édit. 2020

veines profondes du cerveau l.f.p.

venae profundae cerebri (TA)

deep cerebral veins

Veines qui drainent le sang veineux des structures profondes du cerveau par opposition aux veines superficielles qui drainent les structures corticales.
Elles sont centrées essentiellement sur le réseau de la veine basilaire et le réseau de la grande veine cérébrale.

veine basilaire, grande veine cérébrale

[A1, H1]

Édit. 2019

veines superficielles du cerveau l.f.p.

venae superficiales cerebri (TA)

superficial cerebral veins

Veines qui drainent les structures corticales du cerveau.
Elles se répartissent en trois groupes : les veines supérieures du cerveau, les veines moyennes du cerveau et les veines inférieures du cerveau.

veines supérieures du cerveau l.f.p.

venae superiores cerebri (TA)

superior cerebral veins

Groupe supérieur des veines superficielles du cerveau qui comprend les veines préfrontales, frontales, pariétales, temporales et occipitales.

veines temporales inférieures du cerveau l.f.p.

venae temporales inferiores cerebri (TA)

inferior temporal cerebral veins

Petites veines cérébrales inférieures du lobe temporal qui se jettent dans la veine basilaire.

veines temporales supérieures du cerveau l.f.p.

venae temporales superiores cerebri (TA)

superior temporal cerebral veins

Groupe des veines supérieures superficielles du cerveau qui drainent le lobe temporal.

facteur neurotrophique dérivé du cerveau l.m.

brain-derived neurotrophic factor

Polypeptide de 118 acides aminés, exprimé principalement dans le cerveau, favorisant la survie, la croissance,  et la différenciation des cellules neuronales.
Le facteur neurotrophique dérivé du cerveau présente de fortes analogies structurales et fonctionnelles avec le facteur de croissance du nerf (Nerve Growth Factor, NGF).

Sigle BDNF

facteur de croissance du nerf

[C1, C2]

Édit. 2019

interface cerveau-machine l.f.

brain-computer interface

Ensemble des techniques lisant l’activité corticale et la transformant en ordres portant essentiellement sur la motricité.
Lorsque le cerveau n'est plus connecté au corps, après un accident ou en raison d'une pathologie dégénérative, l'interaction avec le monde devient impossible . Les interfaces cerveau-machine sont des moyens technologiques destinées à surmonter cette situation. Elles permettent de capter directement ou indirectement l’activité électrique corticale issue du système nerveux central ou l’information présente dans l'environnement, de la décoder, de la traiter, puis de l'utiliser soit pour contrôler un membre artificiel, soit pour piloter directement un ordinateur par la pensée, soit encore, de renvoyer l'information vers
le système nerveux, par exemple pour remplacer un sens déficient. Les applications médicales sont innombrables, et permettront, à terme, de restaurer des fonctions motrices et/ou sensorielles partiellement ou totalement perdues. Leur développement pose des problèmes éthiques dont le principal est l’autonomie de décision du patient par rapport à l’algorithme dont les ordres peuvent provenir des données qu’il a précédemment accumulées. Dans ce cas, c’est la machine qui apprend, puis décide (« machine learning »).

[B3, H1]

Édit. 2020

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