Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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syndrome du grêle court l.m.

short bowel syndrome

Le syndrome dit du « grêle court » est secondaire à une résection chirurgicale (par exemple après infarctus mésentérique) laissant en place moins de 150 à 200 cm d'intestin grêle chez l’adulte.
Il s'agit d'une maladie rare (environ 1 cas pour 1 000 000 de personnes en France). Elle est caractérisée par une diarrhée, une malabsorption des nutriments, des troubles hydroélectrolytiques. Le grêle court peut aussi être d’origine congénitale. L’évaluation de l’insuffisance intestinale tient compte du grêle restant, du type d’anastomose, de la longueur du colon restant et de la préservation de la valvule iléo-caecale. La longueur de l’intestin réséqué n’a que peu de valeur, variant si elle est mesurée fraiche ou fixée, mais surtout en raison de la variabilité anatomique l’intestin grêle allant de 3 à 7 mètres. La longueur de l’intestin restant est mesurée au bloc opératoire ou évaluée à partir des données de l’imagerie (scanner). Le côlon restant est estimé en pourcentages, en divisant le côlon en 7 parties, supposées de longueur égales, et correspondant chacune à 14 % de la totalité.
Le type de SGC est distingué par une classification anatomique : l’entérostomie terminale (type I anatomique), l’anastomose jéjuno-colique (type II anatomique) et l’anastomose jéjuno-iléocolique (type III anatomique). Les types II et III sont de meilleur pronostic car la malabsorption est moins sévère. Le côlon peut en partie pallier l’insuffisance intestinale, en particulier pour les glucides.
Les principales causes du SGC sont, chez l’adulte, l’ischémie intestinale, la maladie de Crohn, les cancers et les traumatismes. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, ce sont les conséquences de l’entérocolite nécrosante néonatale et le syndrome du grêle court congénital, trouble intestinal rare des nouveau-nés d'étiologie inconnue. Les patients naissent avec un intestin grêle court (moins de 75 cm de long) compromettant l'absorption intestinale se manifestant par une diarrhée chronique, des vomissements et un retard de croissance staturo-pondérale.
 Le taux de citrulline plasmatique (acide aminé produit par les entérocytes) est un marqueur d’insuffisance intestinale. Il est corrélé à la longueur de grêle restant et donc abaissé chez les patients atteints du SGC. La citrulline plasmatique permet de discriminer les patients pouvant être sevrés de nutrition parentérale  (> 20 μmol/L) de ceux qui restent dépendants de la nutrition parentérale deux ans après la résection intestinale, témoignant d’une insuffisance intestinale permanente.
Les troubles sont définitifs dans 50 % des cas. Ils peuvent régresser, au moins en partie, après une période d'adaptation intestinale de 6 à 12 mois. La prise en charge en centre spécialisé est très complexe et difficile pour les patients. Après une phase de réanimation hydro-éléctrolytique et une phase d’alimentation orale hypercalorique et hyperprotéique, en favorisant les solides par rapport aux liquides,  une autonomie nutritionnelle est possible. Dans 50 % des cas, la nutrition parentérale à domicile de longue durée reste le traitement de référence.
Les alternatives à la nutrition parentérale peuvent être l’utilisation des facteurs de croissance de la muqueuse intestinale, tel le téduglutide, polypeptide recombinant, analogue du GLP2 (Glucagon Like Peptide 2), qui diminue le débit des selles et augmente la citrullinémie, mais dont l'efficacité n'a été établie que sur la réduction des besoins en nutrition parentérale. Les données à long terme sont limitées. La surveillance d'éventuelles proliférations de cellules muqueuses digestives (polypes colorectaux, néoplasie gastro-intestinale ou biliaire, etc.) est recommandée. La transplantation intestinale est une alternative à la nutrition parentérale, isolée ou associée à la transplantation hépatique en cas d’insuffisance hépatique.
Les principales causes d’échec de la nutrition parentérale sont l’hépatopathie, les infections et les thromboses veineuses liées au cathéter,  le refus de la nutrition parentérale. Ces situations sont des indications potentielles à une transplantation intestinale.
 

Syn. syndrome  de l'intestin court

Réf. Nuzzo A, Corcos O, Joly F . Syndrome du grêle court: de la nutrition à la greffe intestinale. Post'U 2014.

citrullinémie, analogue du GLP2, transplantation intestinale, infarctus mésentérique, entérostomie, maladie de Crohn, entérocolite nécrosante, alimentation parentérale

[L1, L2]

Édit. 2018

syndrome du grêle court congénital l.m.

syndrome du grêle court

[L1, O1]

Édit. 2018

glandes intestinales du gros intestin l.f.p.

glandulae intestinales intestini crassi (TA)

Ensemble des glandes de la muqueuse du cæcum, du colon et du rectum

gros intestin l.m.

intestin (gros)

intestin glacé l.m.

ice-cold bowel

péritonite encapsulante

intestin (gros) n.m.

intestinum crassum (TA)

large intestine

Segment terminal du  tube digestif étendu depuis la valvule iléo-cæcale jusqu’à l’anus.
Il se subdivise en caecum, côlon et rectum. Sa longueur moyenne est de 1,50m. Son calibre, supérieur à celui de l’intestin grêle, diminue du caecum  (7cm) jusqu’au côlon iliaque (3 à 5cm), pour s’élargir à nouveau légèrement au niveau du côlon pelvien et surtout de l’ampoule rectale. Dans son ensemble, le côlon à une forme générale en cadre qui circonscrit dans l’abdomen la masse des anses de l’intestin grêle. Du cæcum à l’anus il occupe la fosse iliaque droite, la fosse lombaire droite, la région sous-hépatique droite, la partie moyenne de la cavité abdominale sous la grande courbure gastrique, la loge sous-diaphragmatique gauche sous la rate, la fosse lombaire gauche, la fosse iliaque gauche et la partie postérieure de la cavité pelvienne. Il est constitué de quatre tuniques superposées : séreuse, musculaire, sous-muqueuse et muqueuse.

intestin irritable (syndrome de l') l.m.

irritable bowel syndrome

colopathie fonctionnelle

intestin pancréatique l.m.

duodénum

intestin primitif l.m.

primary intestine

Partie dorsale du lécithocèle secondaire s’invaginant dans l’embryon au cours de sa délimitation à la quatrième semaine de vie.
Il communique avec la vésicule ombilicale par l’intermédiaire du canal omphalomésentérique. Sa partie antérieure est fermée par la membrane pharyngienne, sa partie postérieure par la membrane cloacale.

lécithocèle

lame musculaire de la muqueuse du gros intestin l.f.

lamina muscularis mucosae intestini crassi (TA)

Ensemble des fibres musculaires lisses qui, confluant en nappe, constituent une mince couche entre le chorion de la muqueuse et la sous-muqueuse de la paroi du gros intestin

Syn. anc.  musculaire muqueuse du gros intestin

maladies inflammatoires chroniques de l'intestin l.f.p.

inflammatory bowel disease

Regroupement des deux maladies inflammatoires du tube digestif : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Elles se caractérisent par des lésions inflammatoires  ulcéreuses pouvant atteindre tout le tractus digestif pour la maladie de Crohn et par la localisation au colon et au rectum pour la rectocolite hémorragique. En France l’incidence serait d’environ 5000 par an et la prévalence d’environ 200.000. Les troubles peuvent survenir dans l’enfance (15%), plus souvent entre 20 et 30 ans : douleurs abdominales, diarrhée pouvant être hémorragique, rectorragie, vomissements, perte de poids. Des poussées, souvent fébriles, sont séparées par des périodes de rémission. L’endoscopie digestive avec prélèvements biopsiques permettent le diagnostic. Des complications peuvent survenir : occlusion intestinale, perforation et cancérisation et des  manifestations périphériques  peuvent se voir en cours d’évolution (arthrite inflammatoire). Ces affections semblent liées à une perturbation du système immunitaire avec des gènes de prédisposition et pourraient être favorisées par des facteurs environnementaux.

B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)

Sigle MICI

Crohn (maladie de), rectocolite hémorragique

musculaire muqueuse du gros intestin l.f.

lame musculaire de la  muqueuse du gros intestin

plexus sous-muqueux de l'intestin l.m.

plexus nerveux entérique

sous-muqueuse du gros intestin l.m.

tela submucosa intestini crassi (TA)

submucosa of large intestine

sous-muqueuse

sous-séreuse du gros intestin l.f.

tela subserosa intestine crassi (TA)

subserosa of large intestine; subserous layer of large intestine

Tissu celluleux interposé entre la séreuse du gros intestin et la paroi musculaire.

gros intestin

tunique muqueuse du gros intestin l.f.

tunica mucosa intestini crassi (TA)

mucosa of large intestine

Couche profonde de la paroi du gros intestin.
Elle repose sur la lame musculaire muqueuse et contient les glandes intestinales.

tunique séreuse du gros intestin l.f.

tunica serosa intestini crassi (TA)

serosa of large intestine ; serous coat of large intestine

intestin (gros)

syndrome de l'intestin court l.m.

Syn. syndrome du grêle court

syndrome du grêle court

[L1, L2]

Édit. 2018

biopsie n.f.

biopsy

Prélevement d’un échantillon de tissu ou d’une lésion pour étude histologique, microbiologique, chimique ou immunologique qui doit, idéalement, comporter un fragment de tissu sain pour étude comparative et, par extension, la biopsie désigne également le fragment de tissu obtenu.
Le prélèvement peut être fixé (habituellement par du formol) et conservé après inclusion dans un bloc de paraffine ou mis en culture sur milieux appropriés, ou congelés dans l’azote liquide, sous cryoconservateur, pour analyse chimique ou immunohistochimique ou mise en banque. La biopsie constitue un document, dont la traçabilité doit être assurée par le laboratoire. Il appartient au malade et peut être l’objet d’échanges et de confrontations ultérieures. Le terme de biopsie vise à s’opposer à celui d’autopsie (dite aussi nécropsie), réservé aux études microscopiques et macroscopiques post-mortem. On distingue les biopsies faites à la pince coupante, s’adressant aux lésions superficielles (biopsie cervico-utérine par exemple) et les biopsies effectuées au trocart par aspiration s’adressant aux organes profonds (foie, rein). Ces dernières autorisent des corrélations anatomo-fonctionnelles et ont été utiles au démembrement et au classement des maladies de ces parenchymes. La biopsie extemporanée (en anglais : frozen section) consiste à exécuter le prélèvement et l’analyse diagnostique sur un échantillon de tissu congelé, prélevé en cours d’intervention, afin de limiter ou d’étendre les limites de celle-ci (biopsie d’un ganglion sentinelle).
Le prélèvement de la totalité d’une petite lésion est appelée biopsie-exérèse ; elle peut alors en assurer la cure.Par extension, la biopsie désigne également le fragment de tissu obtenu.
De nombreuses techniques modernes regroupées sous l’expression de « biopsie optique » peuvent guider le praticien en lui permettant d’observer en microscopie, au sens propre du terme, au cours d’une endoscopie ou d’une coelioscopie, des lésions suspectes en ajoutant des images induites par fluorescence ou des images construites grâce à des procédés optiques. 

E. Besnier dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1879)

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie biopsie bronchique, biopsie cérébrale, biopsie cutanée, biopsie cutanée exsangue, biopsie de la vulve, biopsie de l'endomètre, biopsie de l’intestin grêle, biopsie de l'ovaire, biopsie des ganglions préscaléniques de Daniels, biopsie du col utérin, biopsie du grêle (jéjuno-iléale), biopsie duodénale, biopsie du péricarde, biopsie du trophoblaste, biopsie endoscopique, biopsie extemporanée, biopsie-forage, biopsie gastrique, .biopsie hépatique, biopsie jéjuno-iléale, biopsie médullaire, biopsie musculaire, biopsie myocardique, biopsie nerveuse, biopsie optique, biopsie ostéomédullaire, biopsie per-opératoire, biopsie pleurale, biopsie pulmonaire, biopsier, biopsie rectocolique, biopsie placentaire, biopsie rénale, biopsie transbronchique, biopsie vaginale, biopsie liquide

Édit. 2017

biopsie bronchique l.f.

bronchial biopsy

Prélèvement de tissus réalisé au moyen de pinces coupantes mordant le tissu bronchique pour faire un examen microscopique histologique.
La biopsie bronchique est un geste simple et de peu de risques, sinon une hémorragie minime. Elle est effectuée au cours d'une bronchoscopie, faite habituellement sous anesthésie locale. La petite pince est guidée à travers le bronchoscope ou le fibroscope bronchique. La biopsie porte soit sur un éperon de division, trachéal ou bronchique, soit sur une lésion anatomique, bourgeon, infiltration, sténose.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

biopsie cérébrale l.f.

cerebral biopsy

Prélèvement de tissu cérébral réalisé par intervention neurochirurgicale.
La technique classique comporte un trou de trépan après anesthésie locale et incision du cuir chevelu. Le fragment de cortex et/ou de substance blanche est prélevé au bistouri ou à la curette tranchante. Les risques opératoires et postopératoires sont ceux de toute intervention neurochirurgicale : hémorragie, œdème, infection, épilepsie. Les indications principales sont les encéphalopathies subaigües ou chroniques et les démences.
La biopsie cérébrale en condition stéréotaxique se fait à l'aiguille, dont la direction et la profondeur sont guidées par les coordonnées précises de la lésion, obtenues sur les images tomodensitométriques ou surtout d'IRM. L'intervention se fait sous anesthésie locale et légère prémédication, utilisant un cadre guideur. Les indications sont surtout les tumeurs cérébrales. Les risques opératoires sont faibles (hémorragie surtout). L'essentiel réside ensuite dans une bonne analyse neuropathologique. La suspicion de maladie transmissible (virale, prion) justifie d'importantes mesures de protection du personnel et du matériel.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

biopsie cutanée l.f.

skin biopsy, cutaneous biopsy

Manœuvre consistant à prélever un fragment de peau, pratiquée au bistouri ou au moyen d'un emporte-pièce ou « punch ».
Le fragment est ensuite traité pour examen histologique (généralement après fixation), et pour examen ultrastructural, pour étude en immunofluorescence ou immunohistochimique ; il peut être mis en culture. De petites lésions tumorales peuvent faire l'objet d'une biopsie-exérèse qui en assure à la fois le traitement et l'identification histologique.
Le mot biopsie a été forgé en 1879 par E. Besnier, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine qui insistait sur sa valeur diagnostique.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie, biopsie cutanée exsangue

Édit. 2017

biopsie cutanée exsangue l.f.

skin snip

Prélèvement cutané superficiel, exsangue, de un à deux millimètres de diamètre, généralement effectué avec une pince à sclérotomie (Holth) de deux millimètres.
Ce type de biopsie cutanée permet la mise en évidence et l’identification des microfilaires dermiques dont celles d’Onchocerca volvulus.

S. Holth, ophtalmologiste norvégien (1907)

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

Syn. "snip" ou "skin snip"

biopsie, biopsie cutanée

Édit. 2017

biopsie de la vulve l.f.

vulvar biopsy

Prélèvement d'un fragment de tissu vulvaire, pouvant être réalisé en territoire muqueux à l'aide d'une pince à biopsie et en territoire cutané à l’aide d'un bistouri, ou d'un trépan de Keyes (punch-biopsy).

E. L. Keyes, chirurgien urologue américain (1887)

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

biopsie de l'endomètre l.f.

endometrial biopsy

Prélèvement d'un fragment de tissu endométrial, nécessitant un geste intra-utérin, qui peut être obtenu à l'aide de différents instruments, tels qu’une canule de Novak ou, mieux, la pipelle de Cornier.
Ses principales indications sont la recherche d'une insuffisance lutéale, l'exploration de métrorragies, les cultures bactériologiques pour l'identification de germes pathogènes. Ses principales contre-indications sont la grossesse et toute infection cervicovaginale en cours.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

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