apraxie magnétique l.f.
magnetic apraxia
Comportement irrépressible observé chez des patients porteurs de lésions frontales, dont la main semble suivre un objet présenté par l'examinateur, comme guidée par un aimant.
Si l'examinateur interrompt son mouvement, le patient saisit l'objet (comportement de préhension pathologique).
Trouble souvent associé au grasp reflex et au collectionnisme.
D. E. Denny-Brown, neurolophysiologiste américain d’origine néo-zélandaise (1958)
Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)
Syn. apraxie d'aimantation
apraxie mélokinétique l.f.
melokinetic apraxia
Apraxie caractérisée par la perte de la réalisation harmonieuse de la succession de gestes rapides et fins, comme la frappe dactylographique.
Elle est la conséquence de lésions frontales pré-motrices. Elle est fréquemment observée au cours de la dégénérescence cortico-basale.
A. R. Luria, neuropsychologue russe (1976)
Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)
apraxie motrice l.f.
motor apraxia
Troubles de programmation motrice les plus élémentaires, tels que ceux qui perturbent l'imitation des gestes simples, comme mettre le pouce en l'air.
Elle peut être observée dans certaines lésions frontales pré-motrices, ou bien dans le cours de certaines affections des noyaux gris centraux (comme les dégénérescences corticobasales).
Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)
apraxie oculomotrice l.f.
ocular motor apraxia
Incapacité congénitale d'obtenir une vision latérale sinon précédée d'un mouvement de la tête, qui serait due à une paralysie des saccades, avec intégrité des mouvements automaticoréflexes.
Elle entraîne des difficultés dans l'apprentissage de la lecture mais peut s'améliorer avec l'âge. Sporadique le plus souvent, son diagnostic différentiel avec le syndrome de Louis-Bar s'impose.
Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)
→ Balint (Syndrome de), paralysie psychique du regard
apraxie oculomotrice de Cogan l.f.
oculomotor apraxia, Cogan’s type
Ataxie à minima des mouvements latéraux des yeux avec diminution ou disparition des mouvements oculaires de la poursuite latérale, qui sont compensés par de brusques saccades de la tête du côté de la poursuite.
Il existe une lenteur d'initiation avec hypométrie des saccades oculaires horizontales, les saccades verticales sont normales. La maladie a été décrite sur deux générations par Vassella en 1972, mais il y avait consanguinité à la première génération. Le défaut des mouvements oculaires de poursuite apparait également dans l'ataxie télangiectasique de Louis Bar mais il concerne alors aussi bien les mouvements latéraux que les mouvements verticaux. L’affection est autosomique récessive (MIM 257550).
D. G. Cogan, ophtalmologiste américain (1952 et 1953)
Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)
Syn. apraxie oculomotrice
apraxie réflexive l.f.
reflexive apraxia
Variété d'apraxie idéomotrice dans laquelle le patient perd la capacité d'imiter avec le membre approprié des gestes sans signification, qu'il reproduit souvent en miroir.
Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)
apraxie troncopodale l.f.
trunk-feet apraxia
Apraxie idéomotrice lorsqu'elle est observée au niveau des membres inférieurs et du tronc.
Terme peu usité.
Cogan (apraxie oculomotrice de) l.f.
Cogan’s type oculomotor apraxia
D. G. Cogan, ophtalmologiste américain (1953)
→ apraxie oculomotrice de Cogan
[P2]
aphasie n.f.
aphasia
Trouble acquis du langage secondaire à une lésion cérébrale habituellement de l'hémisphère gauche.
L'aphasie doit être distinguée de la dysarthrie, atteinte acquise de la composante motrice de la parole, de la dysphasie, atteinte du langage conséquence d'une anomalie du développement, des troubles du langage secondaires à une altération globale du fonctionnement cérébral (confusion, démence) et des troubles du discours traduisant une altération de la pensée (paralangage schizophrénique).
Les aphasies sont classiquement distinguées en "motrices" et "sensorielles" selon que l'atteinte du langage prédomine, respectivement, sur l'émission ou la réception. De façon plus pratique, elles sont habituellement classées en "aphasies réduites" (ou "non fluentes"), où le langage est quantativement et qualitativement réduit, et en "aphasies fluentes", où le langage est atteint surtout qualitativement.
La taxinomie "classique" des aphasies reconnait une pléthore de syndromes aphasiques, définis tantôt sur des critères anatomocliniques, tantôt sur des mécanismes linguistiques supposés. Toutefois, l'approche contemporaine est critique vis-à-vis de ces classifications du fait de la variabilité de leur efficacité en clinique (de 15 à 40% des aphasies seraient "inclassables") et de leur pertinence anatomoclinique.
A. Trousseau, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1864)
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie acquise de l'enfant avec épilepsie l.f.
acquired child aphasia with epilepsy
W. M. Landau et F.R. Kleffner, neurologues américains (1957)
→ Landau-Kleffner (syndrome de)
aphasie amnésique l.f.
amnesic aphasia
→ anomie
aphasie anomique l.f.
anomic aphasia
→ anomie
aphasie asémantique l.f.
semantic aphasia
aphasie colorée l.f.
coloured aphasia
Trouble de la perception colorée d'origine corticale au cours duquel le sujet ne peut évoquer verbalement une couleur.
Le patient voit et reconnait les couleurs mais il ne peut les nommer.
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie croisée l.f.
crossed aphasia
Aphasie secondaire à une lésion siégeant dans l'hémisphère ipsilatéral à la main dominante.
Il s'agit d'une forme d'exception parmi les sujets droitiers, dont moins de 4% présentent une aphasie après une lésion périsylvienne droite. Elle serait liée à une représentation fonctionnelle cérébrale atypique. La sémiologie peut être un "miroir" de ce qui serait observé pour une lésion similaire de l'hémisphère gauche, mais présente le plus souvent des atypies par rapport à la taxinomie classique observée. Les aphasies croisées sont en revanche la règle chez les gauchers, dont plus de 70% présentent une aphasie après une lésion périsylvienne gauche. Environ I5% des gauchers peuvent présenter une aphasie indifféremment après une lésion gauche ou droite, les 15% restants seulement après une lésion droite.
L'hémisphère gauche est donc dominant pour le langage chez la majorité des droitiers et des gauchers.
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie de Broca l.f.
Broca's aphasia
Forme prototypique des aphasies non fluentes, caractérisée surtout par la réduction quantitative et qualitative du langage oral, parfois associée à une composante dysarthrique ou anarthrique.
À un stade aigu, le langage peut être aboli ou limité à des stéréotypies (le "tan-tan" de Leborgne, patient de P. Broca, 1861). Lorsque le patient récupère une certaine fluence, on peut mettre en évidence le phénomène du "manque du mot" en dénomination et l'agrammatisme. La compréhension orale est le plus souvent considérée comme normale. Une discrète perturbation peut toutefois se manifester lors de l'interprétation des relations syntaxiques complexes. L'expression écrite présente une réduction similaire à celle du langage oral, associée à des troubles du graphisme et de l'organisation syntaxique. Le patient est habituellement conscient de ses troubles ou le devient rapidement.
Le siège des lésions responsables de l'apparition d'une aphasie de Broca est très variable : il peut être cortico-sous-cortical, intéressant de façon diverse l'opercule frontal et pariétal, la partie postérieure de F2 et de F3, l'insula et la substance blanche sous-jacente ; il peut aussi être sous-cortical isolé, sous-jacent aux régions précédemment citées.
P. P. Broca, pathologiste, neurochirurgien et anthropologiste français, membre de l’Académie de médecine(1861)
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie de conduction l.f.
conduction aphasia
Aphasie dont les perturbations essentielles se retrouvent au niveau de l'expression orale.
Fluente, celle-ci est caractérisée par de nombreuses transformations phonémiques dont le patient est le plus souvent conscient, ce qui l'amène à des conduites d'approche. Ces mêmes anomalies s'observent avec encore plus d'intensité dans les épreuves de transposition orale (répétition plus que lecture). Dans l'expression écrite, les troubles peuvent être de même nature ou se manifester par une dysorthographie et une dyssyntaxie discrètes. La compréhension orale et écrite est globalement préservée. Ce type d'aphasie peut survenir d'emblée ou constituer une forme évolutive d'aphasie de Wernicke.
Les lésions responsables impliquent habituellement le faisceau arqué et le gyrus supramarginalis, ou bien la région postérieure du gyrus insulaire, le cortex auditif proche et la substance blanche sous-jacente.
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie dégénérative l.f.
degenerative aphasia
Aphasie secondaire à une affection cérébrale dégénérative.
Les troubles aphasiques peuvent résumer la sémiologie, comme dans les aphasies progressives primaires, ou bien être un des éléments constitutifs d'un syndrome neuropsychologique plus complexe, comme dans les démences de type Alzheimer. La conscience des troubles est variable, le plus souvent préservée dans les aphasies progressives primaires, et altérée dans les aphasies faisant partie d'un syndrome démentiel.
Les aphasies dégénératives s'installent insidieusement, réalisant le plus souvent des tableaux atypiques. Elles évoluent habituellement vers un mutisme après un délai variable.
Trois tableaux d’aphasie dégénérative sont décrits :
- l’aphasie nonfluente progressive avec manque du mot, agrammatisme, désintégration phonétique, éléments d’apraxie buco-faciale fréquemment associés et compréhension préservée évoquant une dégénérescence de la région fronto-latérale et prémotrice de l’hémisphère dominant ;
- l’aphasie asémantique avec troubles majeurs de la compréhension des mots, de la dénomination avec un discours fluent voire logorhéique mais creux et vide de sens, renvoyant à une dégénérescence prédominant dans les régions temporales polaires et latéro-externes de l’hémisphère dominant
- l’aphasie logopénique avec déficit de la mémoire de travail verbale, troubles de la répétition avec effet de longueur, paraphasies phonologiques, liée à une atteinte pédominante de la région pariétale gauche.Les aphasies dégénératives s'installent insidieusement. Les troubles du langage vont rester au premier plan pendant plusieurs années mais une évolution vers la démence est la règle, témoignant d’une diffusion secondaire des lésions corticales.
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie de Wernicke l.f.
Wernicke's aphasia
Forme prototypique des aphasies fluentes, conséquence habituelle d'une lésion de la partie postérieure des deux premières circonvolutions temporales gauches et des fibres associatives qui leur sont connectées.
Il en résulte une altération sévère et diffuse de tous les secteurs du langage. L'expression orale est fluente, parfois de façon excessive (logorrhée), et se caractérise par de très nombreuses paraphasies de tous types (sauf phonétique). Le niveau de transformation est parfois si élevé que le discours est incompréhensible, réalisant un jargon qui pourra être qualifié, selon sa nature, de phonémique, sémantique ou mixte. Lorsque les paraphasies concernent les mots grammaticaux, il peut en résulter une dyssyntaxie ou une parasyntaxie. La compréhension orale est très perturbée, surtout en début d'évolution et si des éléments de surdité verbale sont présents. Les mécanismes de transposition orale (répétition, lecture) sont sévèrement altérés. Les perturbations observées au niveau de l'expression écrite sont le plus souvent similaires, voire supérieures, à celles de l'orale.
L'évolution peut se faire soit vers un tableau similaire de moindre intensité, soit vers une aphasie de conduction, une aphasie transcorticale sensorielle ou une alexie-agraphie.
K. Wernicke, neurologue et psychiatre allemand (1874)
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie dynamique de Luria l.f.
Luria's dynamic aphasia
A. R. Luria, neuropsychologue russe (1902-1977)
→ aphasie transcorticale motrice, aspontanéité verbale
aphasie-épilepsie acquise l.f.
acquired aphasia-epilepsy syndrome
→ Landau-Kleffner (syndrome de)
aphasie globale l.f.
global aphasia
Aphasie touchant avec sévérité tous les secteurs du langage.
Le déficit du langage expressif, oral et écrit, est similaire à celui observé dans les formes les plus sévères d'aphasie de Broca. Le déficit de compréhension, orale comme écrite, est celui des formes sévères d'aphasie de Wernicke. La sévérité de l'atteinte peut ne pas affecter d'une égale façon le langage oral et l'écrit, expliquant quelques variantes sémiologiques.
Les lésions concernent classiquement, de façon étendue, la région périsylvienne gauche. Il peut aussi s'agir de l'association de plusieurs lésions plus circonscrites.
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
aphasie léthologique l.f.
lethological aphasia
Aphasie caractérisée par la perte du souvenir des mots et la préservation de l'intelligence, ainsi que des capacités d'articulation (obs.).
J. Popham, médecin irlandais (1867)
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler ; lethê : oubli ; logos : langage
aphasie logopénique l.f.
logopenic aphasia
aphasie non fluente progressive l.f.
non fluent progressive aphasia