Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

116 résultats 

médicament homéopathique l.m.

homeopathic drug

Médicament fabriqué à partir de 2 500 « souches » d'origine végétale, animale, minérale ou chimique obtenu par dilutions successives d'une solution initiale d'un principe actif donné, il renferme des quantités infinitésimales sinon indécelables du produit de base.
Ces médicaments sont habituellement désignés par le nom latin de la « souche » suivi de l'indication de la dilution.

Étym. gr. homoios : semblable ; pathos : maladie

médicament orphelin l.m.

orphan drug

1) Médicament potentiellement utile, mais non disponible sur le marché en raison d’un manque de financement nécessaire à la fabrication ou dont le prix de revient doit être amorti par une autre source que celle de leur vente.
2) Selon l’Orphan Drug Act (1983), médicament destiné au diagnostic, à la prévention ou au traitement de maladies rares.

maladie rare

médicament vagolytique l.m.

vagolytic drug

Médicament dont l'action s'oppose  à celle du nerf vague.
Il appartient à la famille des anticholinergiques. L'atropine en est le plus caractréristique

Réf. anticholinergique

atropine, anticholinergique, nerf vague

[G5]

Édit. 2019

péremption d'un médicament l.f.

expiry of a drug

Fin de validité d’un médicament qui a une date précisée sur le conditionnement risque d’être altéré, voire dangereux.
La date est fixée pour chaque médicament par la Commission d’autorisation de mise sur le marché, au cours de l’instruction de la demande du fabricant et au vu d’une expérimentation précisée par les textes réglementaires. Toutefois, cette garantie ne s’applique que pour un produit dont le conditionnement n’a pas été ouvert et qui est conservé dans des conditions convenables.

péremption d'un médicament (date de) l.f.

Fin de la durée de validité d’un médicament.
Une étiquette la précise sur chaque unité de médicament.

précurseur de médicament l.m.

prodrug

Substance inactive par elle-même, qui subit dans l'organisme des modifications chimiques la transformant en médicament actif.

Syn. promédicament

présentation d'un médicament l.f.

Forme d’emploi d’un médicament, telle qu’elle est délivrée à l’acheteur par l’officine pharmaceutique : poudre, comprimé, cachet, capsule, gouttes, suppositoire, etc.
Avant de recevoir son autorisation de mise sur le marché, la présentation du médicament a fait l’objet d’études quant au contenu pharmacologique de chaque unité et de chaque boîte, en vue d’une meilleure maîtrise du mode de libération du principe actif dans l’organisme, d’une régularisation de sa diffusion, compte tenu des avantages éventuels d’une présentation par rapport à une autre, des risques de la présentation en cas d’utilisation erronée, etc.

pharmacocinétique, pharmacodynamie

réverseur (médicament) l.m.

reverse drugs

Médicament tel que le vérapamil, capable de restaurer la sensibilité de souches de Plasmodium falciparum résistantes à certains antipaludiques en particulier à la chloroquine, comme il module la multirésistance aux antimitotiques de cellules cancéreuses de mammifères.
En fait, ces produits n’ont jamais eu de réelles applications pratiques dans le traitement du paludisme, pour diverses raisons, notamment liées aux risques d’effets indésirables.

Syn. médicaments anti-PfMFDR

thrombolytique (médicament) l.m.

thrombolytic agent

Médicament capable de lyser un thrombus. Les principaux sont la streptokinase, l’urokinase, l’activateur tissulaire du plasminogéne (rTPA : recombinant tissue plasminogen activator).
Le traitement thrombolytique constitue le traitement d’urgence de la thrombose coronaire. Il est en cours d’évaluation dans le traitement des accidents vasculaires cérébraux ischémiques.

vagolytique (médicament) l.m.

vagolytic drug

Médicament dont l'action s'oppose à celle du nerf vague.

Syn. anticholinergique

atropine, anticholinergique, nerf vague

[G5]

Édit. 2019

validité d'un médicament (durée de) l.f.

Durée pendant laquelle un médicament reste stable, sans altération et peut être administré sans danger.
Elle est fixée pour chaque médicament par la Commission d’autorisation de mise sur le marché,au cours de l’instruction de la demande du fabricant et au vu d’une expérimentation précisée par les textes réglementaires. Toutefois, cette garantie ne s’applique que pour un produit dont le conditionnement n’a pas été ouvert et qui est conservé dans des conditions convenables.

péremption d'un médicament

médicament connecté l.m.

digital pill

Médicament contenant un micro-capteur qui permet, à distance, de savoir si un patient a ingéré ou non un traitement.
Habituellement, une puce informatique est contenue dans le médicament qui émet un signal lorsqu’ elle entre en contact avec le suc gastrique. Ce signal est recueilli par le récepteur d’un autocollant placé sur la peau du patient. Celui-ci transmet l’information à un smartphone qui  l’introduit dans une banque de données consultable par le médecin.

[B4,G5]

Édit. 2018

médicament-médecin l.m.

drug-physician

Dans la relation avec le malade, interprétation du rôle du médecin comme se prescrivant lui-même (M. Balint).
Par l'attitude qu'il adopte et qu'il cherche à faire accepter par le patient (fonction apostolique), celui-ci exerce une action psychothérapique, souvent inconsciente, en fonction de sa propre personnalité.
Bien que l'opportunité de la création d'une dépendance et éventuellement son degré souhaitable restent difficilement appréciables, il s'agit ici de s'opposer à l'anonymat d'une médecine exclusivement "scientifique". L'appel à divers spécialistes, sans synthèse ni décision par un seul médecin, est un des aspects de la "collusion de l'anonymat".

M. Bálint, psychanalyste hongrois (1956)

groupe Balint

[H3]

Édit. 2019

ant-, anti- préf.

Préfixe correspondant soit à une idée d’opposition, soit à un concept de lutte ou de protection.

anti-androgène n.m.

anti-androgen

Substance inhibant l'action des androgènes.
Selon leur formule chimique on distingue les anti-androgènes stéroïdiens et les anti-androgènes non stéroïdiens, dont les effets secondaires sont différents
Médicament progestatif de synthèse antagoniste de l'action des androgènes par inhibition compétitrice des récepteurs cytosoliques, par ex. l’acétate de cyprotérone utilisé pour traiter l’hirsutisme chez la femme
Les médicaments anti-androgènes sont, en urologie, utilisés principalement dans le traitement du cancer de la prostate.

cancer de la prostate, hirsutisme 

anti-androgène topique l.m.

topical antiandrogen

Produit dont l'application locale a pour but de freiner la sécrétion sébacée qui est androgénodépendante.
Ces produits agiraient en inhibant dans la cellule sébacée la 5-alpha réductase, enzyme de conversion de la testostérone en dihydrotestostérone, et sont ainsi parfois prescrits dans l'acné et l'alopécie androgénogénétique. On utilise des produits synthétiques qui sont des hormones comme la progestérone ou des dérivés œstrogéniques. Toutefois, leur efficacité n'est pas formellement démontrée.

5-alpha réductase, testostérone, progestérone, acné, alopécie androgénogénétique

anti-angiogénique adj.

antiangiogenic

Qui s'oppose à l'angiogenèse.

anti-angoreux n.m.

antianginal drug

Médicament utilisé pour traiter l'insuffisance coronarienne responsable de l'angor.
Ils sont représentés par la trinitrine et ses dérivés, les bêta bloquants et les inhibiteurs calciques.

anti-angineux (médicament)

anti-aromatases l.f.p.

aromatase inhibitors

Les anti-aromatases sont des produits entrant en compétition avec l'aromatase, enzyme qui permet à l'organisme de continuer à produire des œstrogènes par transformation des androgènes chez la femme ménopausée.
Leur action anti-œstrogène est utilisée dans le traitement des cancers du sein hormonosensibles c'est-à-dire porteurs à la surface des cellules cancéreuses, de récepteurs hormonaux. Les anti-aromatases sont utilisées uniquement chez les femmes ménopausées. Ils peuvent être administrés pendant plusieurs années en traitement adjuvant du cancer du sein non métastatique soit seuls soit suivis d’un traitement par tamoxifène. Dans les formes métastatiques elles sont utilisées soit de première intention soit après échec d’autres hormonothérapies.
La plus ancienne anti-aromatase est l’aminoglutéthimide nécessitant la prise d’un traitement substitutif corticoïde, abandonnée, au profit des nouvelles anti-aromatases ne nécessitant pas une corticothérapie. Deux catégories de ces dernières sont actuellement utilisés dans la traitement des cancers du sein les inhibiteurs stéroïdiens irréversibles, tels que l'exémestane ou le formestane qui forment un lien désactivant permanent avec l'aromatase ; les inhibiteurs non-stéroïdiens, tels que l'anastrozole, le létrozole, qui inhibent la Synthèse d'œstrogènes via une compétition réversible avec les autres substrats qu'utilise l'aromatase pour produire les œstrogènes.
Une résistance à l’une des familles de produits (stéroïdiens ou non stéroïdiens) n’implique pas une résistance à l’autre.
Ces médicaments ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, en particulier bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires et une diminution de la densité minérale osseuse, facteur de risque d'une ostéoporose. Chez les femmes atteintes ou à risque d'ostéoporose avant le début du traitement, une ostéodensitométrie osseuse est effectuée et réalisée à intervalles réguliers dans tous les cas si le traitement est prolongé.

Syn. inhibiteurs de l’aromatase

aromatase, cancer du sein, hormonothérapie, hormonothérapie du cancer du sein, récepteur hormonal

[F2, G5, O5]

Édit. 2018

anti-arythmiques (médicaments) l.m.

anti-arrhythmic drugs

Médicaments administrés per os ou intraveineux dans le but de supprimer ou de prévenir un trouble du rythme cardiaque.
On distingue plusieurs classes d’anti-arythmiques selon leur mécanisme d’action.
La classification de Vaughan-Williams, la plus souvent utilisée, distingue 4 groupes :
I) médicaments agissant par effet stabilisateur de membrane, ce groupe est subdivisé en trois sous-groupes, Ia (par ex. quinidine), Ib (par ex. lidocaïne), Ic (p.ex. flécaïne) ;
II) médicaments s’opposant à la stimulation sympathique, groupe des bêta-bloquants ;
III) médicaments allongeant la durée du potentiel d’action et de la période réfractaire, groupe de l’amiodarone et d’un bêta-bloquant aux effets voisins (sotalol) ;
IV) antagonistes calciques qui limitent le courant calcique lent responsable du plateau du potentiel d’action.
Certains anti-arythmiques agissent à l’étage supraventriculaire, d’autres à l’étage ventriculaire. D’autres enfin agissent simultanément aux deux niveaux.

anti-cétogène adj.

antiketogenic

Susceptible de s'opposer à la formation des corps cétoniques chez le diabétique.
Les acides aminés, dont le métabolisme est glucoformateur, sont anti-cétogènes dans la mesure où l'acide pyruvique, l'acide oxaloacétique ou l'acide glutamique permettent de dégrader l'acide acétylacétique par le cycle tricarboxylique.

anticorps anti-ADN l.m.p.

antibody anti-DNA

Auto-anticorps réagissant avec l’acide désoxyribonucléique (ADN) présents dans le sérum de la majorité des malades atteints de lupus érythémateux disséminé dont ils constituent un marqueur sérologique quasi-spécifique.
La plupart des techniques séro-immunologiques courantes permettent la détection dans le sérum des anti-ADN que ce soit l’immunofluorescence indirecte sur préparation contenant des noyaux entiers où les anti-ADN donnent une fluorescence périphérique des noyaux et surtout les techniques utilisant de l’ADN purifié : test radio-immunologique de Farr et immuno-essais en phase solide (RIA et ELISA). L’immunofluorescence sur préparation de Crithidia luciliae qui contient une mitochondrie géante riche en ADN natif permet la détection des seuls anti-ADN natifs. Les anti-ADN sont hétérogènes, réagissant les uns avec l’ADN natif bicaténaire, les autres avec l’ADN dénaturé monocaténaire et les derniers avec les deux types d’ADN. Seuls les sérums de lupus sont riches en anti-ADN natif, le taux de ces anticorps variant avec les poussées évolutives de la maladie. Les anti-ADN que l’on rencontre dans d’autres maladies (polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, syndrome de Gougerot-Sjögren, hépatite chronique active, lupus induits, etc.) sont essentiellement des anti-ADN dénaturés. Les complexes immuns ADN natif-anti-ADN jouent un rôle déterminant dans la pathogénie de certaines manifestations du lupus, en particulier les glomérulonéphrites lupiques.

anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles l.m.p.(ANCA)

anti-neutrophil-cytoplasmic antibodies

Auto-anticorps dirigés contre des antigènes présents dans les granules azurophiles des polynucléaires neutrophiles.
Ce sont des marqueurs diagnostiques des vascularites, dont ils ont changé le diagnostic et la classification. Ils sont également utiles au diagnostic de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et parfois d’hépatopathies auto-immunes.
Leur recherche s’effectue en immunofluorescence sur des frottis de polynucléaires humains fixés à l’éthanol et permet de définir trois types d’anticorps en fonction de la localisation de la fluorescence :
- c-ANCA (fluorescence cytoplasmique),
- p-ANCA (fluorescence périnucléaire),
- x-ANCA (ANCA atypique).
La cible des c-ANCA est dans 95 % des cas, la protéinase 3 (PR3), plus rarement l’antigène cap57 (ou BPI : bacterial permeability increasing protein). Les c-ANCA sont décelés à un titre élevé au cours de la maladie de Wegener mais ils peuvent être négatifs au début de la maladie, lorsque celle-ci est localisée ou peu active. Ils sont également détectés dans environ 30 % des polyangéites microscopiques, 10 % des syndromes de Churg et Strauss et moins de 10 % des périartérites noueuses. Ils ne sont pas trouvés dans l’artérite de Takayasu.
Les p-ANCA sont dans la majorité des cas dirigés contre la myéloperoxydase ou contre d’autres antigènes comme la lactoferrine, la cathepsine G ou l’élastase. Ils sont décelés au cours de diverses maladies, associés ou non à des signes de vascularites : polyangéite microscopique, glomérulonéphrites, syndrome de Churg et Strauss, périartérite noueuse, maladie de Wegener, lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde...
Les x-ANCA sont détectés dans 50 à 70 % des cas de rectocolite hémorragique  et dans 2 à 20 % de maladie de Crohn. Leur recherche participe, en association avec celle des anticorps anti-Saccharomyces cerevisae, au diagnostic différentiel entre la rectocolite hémorragique et la
maladie de Crohn.

Ils sont également présents dans 40 à 70 % des cas de cholangite sclérosante primitive.
auto-anticorps, antigène, vascularite, ELISA (technique), polyangéite microscopique, Churg et Strauss (maladie de), périartérite noueuse, rectocolite hémorragique Crohn (maladie de

Syn. anticorps anti-cytoplasme de polynucléaires (ACPN)

protéinase 3, myéloperoxydase, lactoferrine, cathepsine, élastase ; Saccharomyces cerevisiae, auto-anticorps, antigène, vascularite, ELISA (technique), polyangéite microscopique, Churg et Strauss (maladie de), périartérite noueuse, rectocolite hémorragique Crohn (maladie de)

[F3, N3]

Édit. 2019

anticorps anti-gliadine l.m.

anti-gliadin antibody

Anticorps dirigé contre la gliadine, protéine riche en proline et glutamine présente dans le gluten des farines de céréales, notamment du blé.
Ces anticorps sont détectables dans le sérum de la majorité des patients atteints de maladie cæliaque (intolérance au gluten).

anticorps anti-idiotype l.m.

anti-idiotype antibody

Auto-anticorps qui, en bloquant les récepteurs HLA-DR des immunoblastes maternels stimulés par les antigènes paternels, permettraient une tolérance immunitaire à l'égard de l'embryon.

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