Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Mycobacterium leprae

Mycobacterium leprae
Bactérie classée parmi les mycobactéries atypiques à parasitisme intermacrophagique obligatoire, particulière par son tropisme pour la peau et les nerfs périphériques et constituant le principal agent responsable de la lèpre,
Bacille acido-alcoolo-résistant, M. leprae est coloré en rouge fuchsia par la coloration de Ziehl-Neelsen et apparaît comme un bâtonnet de 0,3 m de large, de 1 à 8 m de long, à extrémités arrondies. Lorsqu'il est coloré de façon uniforme, on parle de forme homogène, viable et contagieuse; coloré de façon fragmentée, il correspond à une forme granuleuse, non viable. Sa structure chimique et antigénique est connue : il possède un antigène spécifique qui le distingue des autres mycobactéries, le glycolipide phénolique 1. Il est classiquement recherché dans les frottis du mucus nasal et du suc dermique du lobule des oreilles et des lésions cutanées. Le nombre de bacilles vus en microscopie optique après coloration de Ziehl-Neelsen permet de déterminer l'index bactériologique selon l'échelle logarithmique de Ridley ; le pourcentage de bacilles homogènes colorés uniformément constitue l'index morphologique. Présent en faible nombre dans les formes tuberculoïdes, le bacille de Hansen est retrouvé en très grand nombre et dans de très nombreux tissus dans les formes lépromateuses.
Cette bactérie, qui n'est pas cultivable, infecte également certains animaux, en particulier les tatous en Amérique, mais aussi, peut-être, chez les écureuils en Grande Bretagne et en Irlande.

G. H. A. Hansen, anatomopathologiste norvégien, membre de l'Académie de médecine (1873)

Syn. bacille de Hansen, bacille de la lèpre

globi, lèpre, Virchow (cellule de), Mycobacterium lepromatosis

Mycobacterium lepromatosis

Mycobacterium lepromatosis
Bacille acido-alcoolo-résistant de la famille des Mycobacteriaceae, agent étiologique de la lèpre aux côtés de M. leprae.
Le séquençage du génome de cette bactérie, découverte en 2008 au Mexique, a montré sa grande proximité génétique avec M. leprae, jusque-là considéré comme le seul germe responsable de la lèpre. Comme M. leprae, M. lepromatosis est un parasite obligatoirement intracellulaire et n'est pas cultivable. L'infection de l'Homme par M. lepromatosis ne parait pas différente cliniquement de la lèpre due à M. leprae ; il en est de même pour ce qui est de la thérapeutique. Il semble toutefois préférentiellement associé à la lèpre lépromateuse diffuse dans les Caraïbes, au Mexique ainsi qu'à Singapour mais sa répartition géographique et sa prévalence ne sont pas connues. Dans la nature, M. lepromatosis est également retrouvé chez les tatous ainsi que, peut-être, chez les écureuils en Grande Bretagne et en Irlande.

Mycobacterium, lèpre, lèpre lépromateuse, Mycobacterium leprae

Mycobacterium microti

Mycobacterium microti
Bacille de la tuberculose du campagnol dont quelques souches ont été isolées chez l'homme.

Mycobacterium tuberculosis

Mycobacterium tuberculosis

Bacille aérobie de la famille des Mycobacteriaceae, acido-alcoolo-résistant, responsable de la tuberculose humaine.
L’Homme est le réservoir de ce bacille ; la contamination s’effectue le plus souvent par voie aérienne à partir d’un patient bacillifère. La précarité ou une immunodépression favorisent la survenue d’une tuberculose.
Après la primo-infection,
M. tuberculosis persiste à l’état quiescent dans les macrophages et peut être réactivé ultérieurement, provoquant alors une tuberculose pulmonaire, méningée, ostéoarticulaire, rénale, etc. Dans 5 p. 100 des cas, la primo-infection se complique d’une dissémination du bacille, par voie sanguine, à l’origine d’une miliaire pulmonaire avec ou sans méningite ou autres localisations (péritonite, érythème noueux, polyadénopathies, etc.).
Dans toutes les formes de tuberculose le diagnostic de certitude est apporté par la mise en évidence de M. tuberculosis, avant toute antibiothérapie, à partir de prélévements choisis en fonction du tableau clinique : examen direct (coloration de Ziehl-Neelsen), mise en évidence de l'antigène MPT64, amplification génique par PCR. Les cultures sur milieux enrichis (Löwenstein-Jensen, etc.) poussent lentement en trois ou quatre semaines.
M. tuberculosis est généralement sensible à la streptomycine, à l’isoniazide, à la rifampicine, à la pyrazinamide, à l’éthambutol mais de plus en plus de souches sont résistantes à un ou plusieurs antituberculeux.

R. Koch, médecin bactériologiste allemand, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1882)

Syn. bacille de Koch, bacille tuberculeux

tuberculose, MPT64, macrophage, miliaire pulmonaire, tuberculose méningée, tuberculose pulmonaire, coloration de Ziehl-Neelsen, PCR, mLöwenstein-Jensen, streptomycine, isoniazide, rifampicine, pyrazinamide, éthambutol

[D1]

Édit. 2019

Mycobacterium ulcerans 

Mycobacterium ulcerans
Agent de l’ulcère de Buruli, cette mycobactérie produit une toxine nécrosante et possède des effets immunodépresseurs.

Buruli (ulcère de)

Mycobacterium xenopi

Mycobacterium xenopi
Mycobactérie appartenant au groupe II à croissance lente et scotochromogène.
Cette espèce est souvent responsable d'infection pulmonaire chronique en Europe du Nord et en Australie. En France, elle est en troisième place derrière Mycobactérium tuberculosis et Mycobacterium bovis.
Elle colonise volontiers d'anciennes cavités pulmonaires détergées et guéries, p. par exemple d'anciennes lésions tuberculeuses excavées.
Xenopi n'est souvent pigmenté qu'à la primoculture. Il pousse plus vite à 42° qu'à 37°, donnant de petites colonies de longs bacilles.

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