Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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déficit fonctionnel personnel temporaire l.m.

temporary personal functional deficit

Préjudice non économique subi par la victime d’un accident durant la maladie traumatique (stade lésionnel de Wood avant consolidation).
Il correspond aux périodes d’hospitalisation de la victime mais aussi à la « perte de qualité de vie et à celle des joies usuelles de la vie courante ». Il est évalué in abstracto mais sur une description précise de la part de l’expert commis. Il est d’ordre extrapatrimonial et hors du recours subrogatoire des tiers payeurs.

P. H. N. Wood, épidémiologiste et rhumatologue britannique, OMS (1980)

Syn. préjudice fonctionnel temporaire

incapacité temporaire totale, incapacité temporaire de travail, Wood (classification de)

démence traumatique l.f.

dementia due to head trauma

Démence secondaire à un traumatisme crânien, d'aspect clinique varié, tous les intermédiaires pouvant exister entre vie végétative et détérioration intellectuelle modérée.
La perte de conscience initiale est une constante, l'association à des signes d'atteinte pyramidale fréquente. Les troubles mnésiques (particulièrement le syndrome de Korsakoff) et les signes frontaux le sont également, de même qu'un "aspect caractériel" avec des périodes d'irritabilité et d'impulsivité interrompant l'inertie et l'apathie habituellles.
L'éventualité d'un hématome sous-dural chez le sujet âgé obnubilé et celle d'une hydrocéphalie à pression normale secondaire à une hémorragie méningée traumatique seront notamment éliminées.
Sur le plan neuropathologique, quatre grands mécanismes lésionnels sont incriminés : des lésions directes d'impact et/ou de contrecoup hémorragique (hématomes) ; des lésions encéphaliques diffuses (ischémie, étirement et dégénérescence axonale) ; une hydrocéphalie ; des lésions secondaires (œdème, anoxie, etc.).

S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887)

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

démence pugilistique

déportation (victime de la) l.f.

deportation (victim of)

Personne qui a survécu à des périodes souvent longues de soumission à des privations, à une déshumanisation, à des maladies et à la proximité de la mort pour elle-même ou à travers celle de ses camarades, et qui peut présenter des troubles mentaux majeurs.
À la répétition traumatique des évènements dramatiques vécus, autour de laquelle s'organise le "syndrome du survivant", s'associent avec une grande variabilité des manifestations psychosomatiques qui prolongent les troubles en relation avec la misère physiologique. Ceux-ci ont été décrits peu après la libération sous le nom de "syndrome du camp de concentration".

traumatisme psychique et générations suivantes

développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines) l.m.

human embryonic and fetal development ( weekly stages)

Le développement de l’embryon et du fœtus humain est décrit de façon détaillée sur 11 séquences de semaines, de la fécondation à la naissance dans l’ouvrage de L.B. Arey ; des correspondances chronologiques de développement peuvent être établies approximativement avec les horizons et périodes de gestation de Streeter, et avec les stades carnegie en fonction de la taille maximum atteinte à la fin de la période étudiée et des caractéristiques acquises.
Pour chaque séquence sont passés en revue les caractéristiques de développement de  la morphologie corporelle, la cavité buccale, le pharynx et ses annexes, le tube digestif et ses glandes, le système respiratoire, la cavité cœlomique et les mésos, le système urogénital, le système vasculaire, le système squelettique, le système musculaire, les téguments et leurs annexes, le système nerveux et les organes des sens.

L. B. Arey, anatomiste américain (1966)

Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé

Réf. L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)

stades carnegie, horizons de Streeter

[A4,O6]

échelle d'Amiel-Tison l.f.

Élaborée pour mesurer la douleur postopératoire nourrisson de 1 à 7 mois, utilisable de 0 à 3 ans.
-- Sommeil pendant l'heure précédente: 
0 sommeil calme de plus de 10 minutes ;   
1 courtes périodes de 5 à 10 minutes ;
2 aucun.
- Mimique douloureuse : 
0 visage calme et détendu ;
1 peu marquée, intermittente ;
2 marquée.
- Qualité des pleurs :
0 pas de pleurs ; 
1 modulés, calmés par des incitations banales ;
2 répétitifs, aigus, douloureux.
- Activité motrice spontanée :
0 activité motrice normale ;
1 agitation modérée ;
2 Agitation incessante.
- Excitabilité et réponse aux stimulations ambiantes :
0 calme ;
1 réactivité excessive à n'importe quelle stimulation ;
2 trémulations, clonies, Moro spontané.
- Flexion des doigts et des orteils :
0 mains ouvertes, orteils non crispés ; 
1 moyennement marquée, intermittente ;
2 très prononcée et permanente.
- Succion : .
0 forte, rythmée, pacifiante ; 
1 discontinue (3 ou 4), interrompue par les pleurs ;
2 absente ou quelques mouvements. 
-Évaluation globale du tonus musculaire :
0 normal pour l'âge ;
1 modérément hypertonique ; 
2 très hypertonique ;  
- Consolabilité : 
0 calmé en moins d'une minute ; 
1 calmé après 1 à 2 minutes d'effort ;
2 aucune après 2 minutes d'effort.
- Sociabilité (contact visuel, réponse à la voix, intérêt pour un visage en face) :
0 facile, prolongée ;
1 difficile à obtenir ;
2 absente.
Score total de 0 (pas de douleur) à 20 (douleur majeure).

Claudine Amiel-Tison, neuropédiatre française (1976)

[G1, H1, O1, O3]

Édit. 2019

Eisenmenger (complexe d') l.m.

Eisenmenger complex

Variété physiopathologique ou stade évolutif de certaines malformations congénitales, caractérisé par une élévation considérable et irréversible des résistances artérielles pulmonaires (qui égalise les pressions pulmonaires et systémiques) et annule ou inverse le shunt intracardiaque.
Pour cette raison la fermeture chirurgicale du défaut septal est inutile ou même nocive en supprimant la possibilité d’inversion du shunt. Souvent bien toléré pendant de longues périodes, le complexe d’Eisenmenger ne comporte pas de traitement simple sinon la transplantation cardiopulmonaire dans les cas extrêmes.
Cette anomalie cardiaque a été signalée la première fois par Hippocrate.

V. Eisenmenger, médecin autrichien (1897)

Eisenmenger (syndrome d')

[K2, Q2]

Édit. 2019

embryogenèse n.f.

embryogenesis (TE)

embryogenesis

Phase de développement de l’embryon, qui va, en principe, de la fécondation au 48ème jour qui suit la conception (horizons I à XIX de Streeter – stades Carnegie 1 à 23).
Ce processus peut s'accomplir selon des schémas très divers. L'embryogenèse peut être naturelle et dans ce cas elle s'effectue dans le gamétophyte femelle porteur du zygote et l'embryon est donc parasite ; elle sera suivie par l’organogenèse (au sens restreint) de la période fœtale. Elle peut être réalisée artificiellement en culture in vitro à partir d'un zygote ou encore d'une cellule somatique, on parle alors d'embryogenèse somatique ; elle est à l’origine de l’embryon préimplantatoire qui correspond aux horizons I à IV de Streeter et aux stades Carnegie1 à 4.
La classification de Streeter distingue deux périodes dans l’embryogenèse : la période pré-embryonnaire (horizons I à XII – stades Carnegie 1 à 12) et la période embryonnaire proprement dite (horizons XIII à XIX – stades Carnegie 13 à 21).

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

Syn. embryogénie

embryon, gamétogenèse, sporogenèse, stades Carnegie, horizons de Streeter, développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines), période pré-embryonnaire, période embryonnaire, fœtus, fœtogenèse, organogenèse, période fœtale

[A4]

Édit. 2019

embryon préimplantatoire l.m.

embryo implantationis (TE)

preimplantation embryo

Embryon obtenu par fécondation in vitro avant implantation dans l’utérus, dont le développement correspond aux stades Carnegie 1 à 4 et aux horizons I à IV de Streeter.
Durant ces périodes l’ovocyte fécondé subit une série de divisions mitotiques aboutissant à la formation des blastomères. Au 3ème jour la division cellulaire à 16 cellules donne la morula libre dépourvue de villosités (horizons I – III de Streeter). L’implantation de la morula libre dans la cavité utérine reproduit sa pénétration naturelle ; la morula libre devient villeuse et pénètre dans la muqueuse utérine au niveau des cellules trophoblastiques situées au pôle embryonnaire ; cette pénétration est favorisée par l’action de la muqueuse utérine (stade Carnegie 4 ; horizon IV de Streeter). Le zygote est alors appelé blastocyste.
En droit, l’embryon pendant sa phase préimplantatoire n’est pas une personne au sens habituel du terme. (Conseil de l’Europe, Documents de séance, 3-8 octobre 1988).

stades Carnegie, horizons de Streeter, blastomère, morula, cellules trophoblastiques, pôle embryonnaire, zygote, blastocyste

[A4]

Édit. 2019

endométriose cutanée l.f.

cutaneous endometriosis

Localisation cutanée ectopique de tissu endométrial.
Elle se manifeste par des nodules fermes, bleuâtres, devenant douloureux, pouvant saigner pendant les périodes menstruelles, que l'on peut observer sur la vulve, l'ombilic, l'abdomen, les régions inguinales et sur les cicatrices de césarienne ou d'épisiotomie.

endométriose

[O3,J1]

Édit. 2018

épidermolyse bulleuse acquise l.f.

epidermolysis bullosa acquisita, acquired epidermolysis bullosa

Dermatose bulleuse auto-immune, individualisée dès la fin du XIXe siècle, comme une dermatose bulleuse cliniquement proche des épidermolyses héréditaires congénitales mais apparaissant à l'âge adulte.
Elle survient préférentiellement chez les sujets porteurs du groupement génétique HLA-DR2, est fréquemment associée à une maladie de Crohn et pose des problèmes nosologiques avec le lupus érythémateux systémique bulleux.
Dans sa forme typique, elle se traduit par l'apparition de bulles en peau saine ou peu inflammatoire sur les zones de frottement ou de traumatismes telles que coudes, genoux, fesses, dos des mains, pieds, qui guérissent en laissant des cicatrices atrophiques parsemées d'un nombre variable de grains de milium. Le décollement se produit au niveau de et/ou sous la lamina densa, dans le derme superficiel. Des auto-anticorps de type IgG et parfois du complément sont présents dans la peau malade. Des périodes de rémission sont possibles : cependant, l'évolution habituelle se fait vers une extension lente responsable de cicatrices atrophiques, d'alopécie, de dystrophies unguéales et de complications rétractiles des muqueuses. Le traitement est difficile en raison de la faible réponse à la corticothérapie générale et aux immunosuppresseurs

maladie de Crohn

[L1, J1, Q2]

Édit. 2020

ergotisme n.m.

ergotism

Intoxication généralement aigüe due à la consommation de farines contaminées par des alcaloïdes polycycliques, dérivés de l’acide lysergique (ergotamine, ergométrine), qui sont produits par différentes espèces de micromycètes Claviceps sp. (Claviceps purpurea, surtout) parasites des épis de seigle.
Lorsque les grains parasités mûrissent, les filaments mycéliens s’agglutinent en un tissu dense recouvert d’une écorce violacée visible l’œil nu, le sclérote, qui rappelle l’ergot du coq, d’où le nom du parasite. La gravité de cette affection est liée à des vasoconstrictions périphériques (douleurs cutanées, nécroses pouvant aller jusqu’à la perte de parties gangrenées) et à des manifestations neuropsychiatriques (convulsions, délire, crises démentielles, hallucinations). Connue depuis la plus haute Antiquité, cette intoxication par des mycotoxines a causé de véritables hécatombes au Moyen Age ("mal des ardents", "feu Saint-Antoine"...°
Jadis très meurtrier de façon collective, survenant au cours de périodes de disette, l’ergotisme est maintenant exceptionnel depuis que le tri précis des semences de céréales s’est généralisé. Toutefois des formes mineures d’ergotisme pourraient survenir en cas d’intoxications par les alcaloïdes de l’Ergot utilisés à des doses excessives en thérapeutique

Syn. feu de Saint Antoine, feu sacré, mal des ardents

ergot de seigle, ergotamine, ergométrine, mal des ardents, feu Saint-Antoine

[G4]

Édit. 2018 

fièvre récurrente l.f.

relapsing fever

Maladie infectieuse causée par des bactéries du genre Borrelia (famille des Spirochaetaceae), caractérisée par une alternance de périodes fébriles et de phases d’apyrexie.
Parmi ces borrélioses, on distingue la fièvre récurrente cosmopolite à poux, due à Borrelia recurrentis et les fièvres récurrentes sporadiques à tiques, dues, selon les régions, à diverses espèces de Borrelia.

Borrelia, Borrelia recurrentis, Borrelia duttoni, borréliose, fièvre récurrente cosmopolite à poux, fièvre récurrente sporadique à tiques, Spirochaetaceae

[D1,D4]

Édit. 2019

fièvre rémittente l.f.

remittent fever

Fièvre caractérisée par des alternances de poussées et de défervescences fébriles, sans périodes d’apyrexie complète.

[N1]

Édit. 2018

filance de la glaire cervicale l.f.

cervical mucus elasticity

Viscosité de la glaire cervicale.
Elle est faible en phase folliculaire sous l’influence œstrogénique, et forte en phase lutéale sous l’influence de la progestérone. En pratique, on l’évalue en étirant de la glaire entre les mors d’une pince longuette, ce qui permet au cours d’un traitement de stimulation ovarienne, de juger de l’imprégnation œstrogénique donc de l’imminence de l’ovulation. L’autoévaluation de la viscosité de la glaire cervicale par simple toucher vaginal sert aussi de méthode de contrôle des naissances par abstinence, dont la périodicité se synchronise alors avec les périodes de filance élevée.

[O3]

Édit. 2018

flutter oculaire l.m.

lightning eye movements

Mouvements conjugués involontaires en salves, séparés par des périodes plus ou moins longues d'immobilité des globes oculaires.
C'est une forme de pseudonystagmus.

Étym. angl. flutter : pulsation rapide

nystagmus

[P2]

Édit. 2018

folie circulaire l.f.

Terme proposé par J. Falret (1854) pour désigner "... la reproduction successive et régulière de l'état maniaque, de l'état mélancolique, et d'un intervalle lucide plus ou moins prolongé".
Une longue et insoluble querelle opposa cet auteur à J. Baillarger qui, le 31 janvier de la même année, à la même tribune, avait publié : "Note sur un genre de folie dont les accès sont caractérisés par deux périodes régulières, l'une de dépression, l'autre d'excitation", qu'il avait intitulée "folie à double forme".
Ainsi se développait, en tout cas, la conception uniciste de la psychose maniacodépressive (E. Kraepelin, 1889), puis, celle d'une "régulation de l'humeur", ou "fonction thymique" (J. Delay, 1947).
Il s'agit en fait d'une très ancienne tradition médicale, avec notamment Arétée de Cappadoce au premier siècle de notre ère. En 1845, W. Griesinger, par exemple, a insisté sur cet entrecroisement dans le cadre plus général de la "psychose unitaire".

J-P. Falret, (1854) et J. Baillarger (1854) psychiatres français et membres de l'Académie de médecine ; E. Kraepelin, psychiatre allemand (1889) ; J. Delay, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1947) ; W. Griesinger, médecin interniste et psychiatre allemand (1845).

lypémanie, bipolaire (psychose, maladie, trouble)

[H3]

Édit. 2018

fréquence spatiale l.f.

spatial frequency

Grandeur inverse de la période d'un signal périodique fonction de l'espace (autrement dit, nombre de périodes spatiales par unité de longueur).
1. En imagerie, pour un signal périodique la fréquence spatiale présente de l'intérêt également pour un signal non périodique, comme celui d'une image, car on démontre que ce dernier peut se décomposer en une somme de signaux périodiques. Dans le cas du signal 2D constitué par une image, les fréquences spatiales sont à considérer selon toutes les directions du plan. Mesurées normalement en inverse d'unité de longueur (cm-1, mm-1), les fréquences spatiales sont parfois exprimées en nombre de paires de lignes par unité de longueur (pl/cm).

2. En ophtalmologie, un réseau de fréquence spatiale égal à 30 cycles par degré (cpd) comporte 30 barres blanches alternant avec 30 barres noires de mêmes dimensions contenues dans un degré d'angle visuel, c'est-à-dire dans 1 cm si le stimulus est situé à 57 cm du sujet.

J. Fourier, baron, mathématicien français, membre de l'Académie de médecine  (1768–1830)

modulation, transformation de Fourier

[B1, B2, P2]

Édit. 2019

handicap psychique l.m.

La loi du 11 février 2005 a posé pour principe que le handicap correspond à une altération durable des aptitudes physiques, sensorielles, cognitives ou psychiques de l'individu entraînant une restriction d'activités ou une limitation de participation à la vie sociale.
Cette loi introduit la notion de handicap psychique conséquence d'un trouble psychique distinct du handicap mental conséquence d'une altération des capacités intellectuelles.
Le handicap mental décelable dès les premières phases du développement intellectuel durant l'enfance est relativement fixé lors de l'entrée à l'âge adulte.
Le handicap psychique se révèle à l'âge de début des maladies psychiques ( le plus souvent entre 18 et 30 ans ) telles que schizophrénies , troubles obsessionnels compulsifs ou maladies bipolaires. Il se traduit par une perturbation du comportement et une altération des capacités relationnelles, d'adaptation et d'autonomie . Ce niveau d'altération peut être aggravé lors des phases processuelles de la maladie ou atténué dans les périodes de stabilisation symptomatologique permise par les thérapeutiques. La notion de handicap psychique inscrite dans la loi a donc établi la reconnaissance d'une déficience des habiletés sociales de l'individu porteur d'une maladie psychique majeure.

handicap

[H3,E3]

Édit. 2017

hospitalisation partielle l.f.

part-time hospitalization

Hospitalisation de malades mentaux pour des périodes limitées, ne couvrant pas le nycthémère.
Cette concentration de soins sur une durée limitée convient à des patients en voie de guérison, pour assurer leur réadaptation, ou à des malades chroniques disposant soit d'un hébergement nocturne (hospitalisation de jour), soit d'un travail normal ou protégé dans la journée (hospitalisation de nuit).

hôpital de jour, hôpital de nuit

hyperfolliculinie n.f.

hyperfolliculinism, hyperfolliculinaemia

Présence excessive dans le sang de folliculine, hormone déclenchant la prolifération de la muqueuse utérine avant l'ovulation.
Elle donnant lieu à des manifestations variables suivant les périodes de la vie : puberté précoce chez la fille jeune, exacerbation du syndrome prémenstruel, en période d’activité génitale, métrorragies après la ménopause.

Syn. hyperœstrogénie, hyperfolliculinémie

[O4,O3]

Édit. 2015

hypersomnie n.f.

Tendance pathologique à l'exagération du sommeil nocturne ou diurne, ce dernier survenant parfois par accès.
Une privation de sommeil, la prise de substances sédatives, un trouble psychique (notamment anxieux et/ou dépressif, avec essai de refuge dans le sommeil) peuvent en rendre compte. Sinon, une étude polysomnographique sera systématiquement pratiquée.
La classique encéphalite épidémique de von Economo avec notamment sa léthargie, en a été un exemple classique.
Dans l'hypersomnie idiopathique, le sommeil de nuit de longue durée, souvent suivi au réveil d'une "ivresse du sommeil", est de plus en plus tenu pour d'origine génétique.
Le syndrome d'apnées récurrentes du sommeil peut jalonner une somnolence diurne excessive et se terminer par un ronflement extrêmement sonore. Il est d'origine centrale, obstructive par hypotonie des voies aériennes ou mixte.
Les accès diurnes incoercibles du syndrome de Gélineau (narcolepsie-cataplexie, le plus souvent idiopathique), les périodes d'endormissement du syndrome de Pickwick (parfois intriquées avec l'apnée du sommeil), les épisodes d'hypersomnie du syndrome de Kleine-Levin (accompagnés, en particulier, de polyphagie et de désinhibition sexuelle), sont décrits séparément.
Diverses étiologies organiques sont en fait possibles. Le traitement fait appel au modafinil.

C. von Economo, neurologue autrichien (1917) ; J-B. Gélineau, neurologue français (1880) ; C. S. Burwell, médecin interniste américain (1956) ; W. Kleine, psychiatre allemand (1925) ; M. Levin, neuropsychiatre américain (1936)

Étym. Pickwick, : personnage des romans de Dickens (1837)

hypersomnies organiques

interdit alimentaire l.m.

food prohibition

Interdiction de la consommation d’un aliment particulier, faite autoritairement, sans ou avec justification médicale.
1) Le tabou peut s’imposer à un groupe de personnes, à une collectivité, à un groupe ethnique, pour des raisons religieuses, éthiques, traditionnelles : p ex. interdiction du porc, du poisson, des boissons fermentées, etc. L’interdit peut être permanent, ou limité à certaines périodes, certains jours, etc.
2) Régime alimentaire restrictif imposé à un malade par un médecin p. ex. le régime sans sel.
3) Interdiction d’aliments que se fait à soi-même une personne, p. ex. dans un but d’amaigrissement

diète

Knaus (méthode de) l.f.

Knaus’ method

Méthode de contraception obsolète, fondée sur l'abstinence sexuelle périodique, dérivée de la méthode Ogino.
Le principe repose sur l'abstinence pendant les périodes de fécondité décrites par Ogino et Knaus. Cette période est déterminée en fonction de la date supposée de l'ovulation. Après avoir étudié la longueur des cycles des douze derniers mois, on calcule la limite inférieure en soustrayant 15 + 2 au nombre de jours du cycle le plus court. La limite supérieure se calcule en soustrayant 15 - 2 au nombre de jours du cycle le plus long. Cette méthode, un peu moins restrictive que celle d'Ogino, donne un taux d'échec entre 7% et 38%.

H. Knauss, gynécologue autrichien (1929)

maison d'accueil spécialisée (MAS) l.f.

specialized reception home

Institution spécialisée dans l'hébergement prolongé de sujets présentant de graves handicaps et sans autonomie, prévue par la loi du 30 juin 1975 d'orientation en faveur des personnes handicapées. La circulaire du 28 décembre 1978 précise que les malades mentaux évolutifs doivent rester à la charge des équipes de secteur.
Certaines de ces MAS semblaient donc pouvoir être réservées à des malades mentaux répondant aux critères ci-dessus et dont l'état, ne réclamant plus qu'une surveillance et des mesures d'assistance, ne nécessiterait plus un maintien en CHS.
Le manque de places a fait qu'elles ont été peu utilisées. Les psychiatres critiquent l'utilisation, suggérée par la crise économique, de ces véritables asiles au rabais, mal adaptés à la pathologie des psychotiques chroniques, rarement seulement déficitaires, et chez qui la persistance de troubles mentaux, avec des périodes plus ou moins aigües, le côté dynamique des troubles, imposent la permanence d'un appareil soignant, même réduit.

maladies inflammatoires chroniques de l'intestin l.f.p.

inflammatory bowel disease

Regroupement des deux maladies inflammatoires du tube digestif : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Elles se caractérisent par des lésions inflammatoires  ulcéreuses pouvant atteindre tout le tractus digestif pour la maladie de Crohn et par la localisation au colon et au rectum pour la rectocolite hémorragique. En France l’incidence serait d’environ 5000 par an et la prévalence d’environ 200.000. Les troubles peuvent survenir dans l’enfance (15%), plus souvent entre 20 et 30 ans : douleurs abdominales, diarrhée pouvant être hémorragique, rectorragie, vomissements, perte de poids. Des poussées, souvent fébriles, sont séparées par des périodes de rémission. L’endoscopie digestive avec prélèvements biopsiques permettent le diagnostic. Des complications peuvent survenir : occlusion intestinale, perforation et cancérisation et des  manifestations périphériques  peuvent se voir en cours d’évolution (arthrite inflammatoire). Ces affections semblent liées à une perturbation du système immunitaire avec des gènes de prédisposition et pourraient être favorisées par des facteurs environnementaux.

B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)

Sigle MICI

Crohn (maladie de), rectocolite hémorragique

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