risque anesthésique l.m.
anæsthesia risk
1) Pour le patient, risque couru à l’occasion d’une anesthésie.
Il dépend de plusieurs causes : état du patient (évalué par la classe ASA), celui du matériel, conditions opératoires, les techniques d'anesthésie et de réanimation, la compétence des personnels, etc.
En anesthésie générale, le risque mortel moyen pour le patient, selon l’enquête SFAR-INSERM 1996-1999, est actuellement de l'ordre de 1/145000 pour les décès totalement liés à l’acte anesthésique pour un patient de classe ASA 1 et dans les meilleures conditions techniques ; il est de 1/21000 pour les décès partiellement liés à l’anesthésie. Ce taux augmente avec le grade ASA ; il reste < 1000 en ASA 4. Il est seulement de 1/400 000 pour les actes mineurs chez un patient ASA 1. Le taux est comparable pour les anesthésies locorégionales.
2) Pour le personnel, risque d'accident par explosion, inhalation de vapeurs toxiques, etc.
→ accident d'anesthésie, ASA (classification), exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie, risque thermique en anesthésie
système anesthésique l.m.
anæsthetic systems
Assemblage de constituants (tuyaux annelés, valves, raccords, ballon, absorbeur de gaz carbonique éventuellement, etc.) permettant l'administration d'un mélange de gaz et de vapeurs anesthésiques.
On distingue les circuits, où les mélanges anesthésiques inhalés et expirés suivent un trajet séparé, des systèmes en va-et-vient où les mélanges inhalés et expirés passent par le même chemin. De même on distingue les systèmes clos ou fermés, où le mélange est ré-inspiré et reste confiné dans la même enceinte (le CO2 est très généralement éliminé par un absorbeur à chaux sodée), des systèmes ouverts, où le mélange expiré est rejeté à l'extérieur. Certains systèmes sont à réinspiration partielle (appelés improprement semi-ouverts ou semi-fermés) : une certaine partie du mélange est rejetée à l'extérieur à chaque expiration. Les schémas ci-dessous résument les principaux montages.
Étym. gr. sustêma : ensemble d'objets, de bêtes, d'hommes ou de doctrines
tuyauterie d'appareil d'anesthésie l.f.
anaesthesic machine gas piping
Ensemble des canalisations, y compris les raccordements, qui équipent l'intérieur d'un appareil d'anesthésie.
Schéma d’un système anesthésique en circuit fermé (le vaporisateur n’a pas été figuré) précisant la terminologie normalisée par l’AFNOR pour les tuyaux (vont de l’appareil au patient), les tubulures (sont à l’intérieur de l’appareil), les tubes flexibles (raccordent l’appareil à la prise murale) et la distribution en tubes rigides (de la centrale fournissant les gaz jusqu’aux prises murales). Pour un aspirateur mécanique le schéma est analogue, mais il y a une distribution d’air médical au lieu d’N2O.
vapeur anesthésique l.f.
anaesthetic vapour
[G1]
Édit. 2019
endoscopie trachéobronchique (anesthésie pour) l.f.
anaesthesia for tracheo-bronchial fiberscopy
L'endoscopie s’effectue sous anesthésie locale.
Eventuellement une anesthésie générale peut s’avérer nécessaire, en particulier en prévision d’actes thérapeutiques (p. ex. exérèse de tumeurs trachéobronchiques).
La ventilation artificielle peut être effectuée par jet-ventilation.
→ jet-ventilation, laser (anesthésie lors de l'emploi du)
[B3, G1, P1]
Édit. 2020
alcoolopathie et anesthésie l.f.
alcoolopathy and anaesthesia
Ensemble des précautions à prendre lors de l'anesthésie de patients souffrant d'alcoolopathie.
L'usage abusif et prolongé d'alcool lèse de nombreux organes de façon indépendante et variable. Il ne peut y avoir de règle générale pour l'anesthésie d'un tel patient : lors de la consultation pré-anesthésique on doit évaluer les différentes atteintes et en tenir compte pour prendre les précautions nécessaires lors de l'anesthésie et de la réanimation postopératoire. Toutefois, l'inhibition ou l'induction de certains enzymes hépatiques peut modifier l'action de certains médicaments anesthésiques : on peut observer une certaine «résistance» au thiopental ou au propofol et la demande en médicaments analgésiques est augmentée dans la période postopératoire. Le risque principal, bien qu'actuellement faible, est le syndrome de sevrage alcoolique (delirium tremens) dans les suites opératoires.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie
→ alcoolopathie, delirium tremens
[G1,G3,G4]
Édit. 2017
analgésie rachidienne l.f.
spinal anaesthesia
Anesthésie régionale consistant en l’injection dans le liquide cérébrospinal, après ponction de l’espace sous-arachnoïdien par rachicentèse, d’un anesthésique local ou, plus rarement, de dérivé morphinique.
L’injection est responsable, avec les anesthésiques locaux, d’un blocage d’abord des afférences sensitives puis des afférences motrices. Le niveau de l’anesthésie obtenu dépend de la position du patient et de la densité du mélange injecté par rapport à celle du liquide cérébrospinal. Cette technique est utilisée essentiellement en chirurgie et très peu en obstétrique du fait de l’impossibilité d’injections itératives et du bloc moteur. La mise au point d’un microcathéter implantable en position sous-arachnoïdienne permettra probablement d’élargir les indications.
Étym. gr. an, privatif; algos: douleur
Syn. rachianesthésie
[B3,G1,G3,G5]
Édit. 2017
anesthésie ambulatoire l.f.
ambulatory anaesthesia, day-case anaesthesia, outpatient anesthesia
Anesthésie réalisée chez un patient devant quitter la structure médicale le jour même.
Elle est utilisée pour des actes chirurgicaux ou médicaux, diagnostiques ou thérapeutiques (radiologie interventionnelle, endoscopie, etc.). Elle doit être réalisée dans des structures adaptées, hospitalières ou extrahospitalières.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
→ exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie
[G1]
Édit. 2017
anesthésie caudale l.f.
caudal anaesthesia
→ analgésie caudale, anesthésie locale et locorégionale
[G1]
Édit. 2017
anesthésie électrique l.f.
electro-anaesthesia
Anesthésie générale provoquée par le passage d’impulsions électriques de très basse fréquence appliquées entre le front et les régions rétro-mastoïdiennes.
C'est une anesthésie très légère, de profondeur comparable à celle que donne l'inhalation d'un mélange à 80% de N2O et 20% de O2. Le courant de Limoge, actuellement utilisé, (quelques mA) est formé d'impulsions rectangulaires brèves suivies d'impulsions inverses plus larges de faible intensité (pour neutraliser l'électrolyse aux électrodes). L'application de ce courant peut être prolongée pendant des heures sans inconvénient. Mais l'installation des électrodes et leur bonne fixation prennent du temps, il faut encore surveiller un appareil supplémentaire, de telle sorte que ce mode d'anesthésie peu efficace est inusité.
St. Leduc, médecin français (1903)
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
[G1]
Édit. 2017
anesthésie et alcoolopathie l.f.
alcoolopathy and anaesthesia
[G1,G3,G4]
Édit. 2017
anesthésie extradurale l.f.
extradural anaesthesia
[G1]
Édit. 2017
anesthésie intra-arachnoïdienne l.f.
intra arachnoid anaesthesia
→ analgésie intra-arachnoïdienne, rachianesthésie
[G1]
Édit. 2017
anesthésie intradurale l.f.
intra dural anaesthesia
Syn. analgésie intra-dure-mérienne
[G1]
Édit. 2017
anesthésie intra-dure-mérienne l.f.
intradural anaesthesia
→ analgésie intra-dure-mérienne
[G1]
Édit. 2017
anesthésie locale l.f.
local anaesthesia
1) Disparition de la sensibilité douloureuse dans un territoire limité, par atteinte neurologique.
2) Technique d'insensibilisation locale dans le but de supprimer la douleur lors d'une intervention ou d'un prélèvement biopsique sur une zone localisée ou superficielle, principalement cutanée. Le médicament le plus utilisé en France est la xylocaïne en injection transcutanée in situ
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
Sigle AL
[G1]
Édit. 2019
anesthésie locale et locorégionale l.f.
local and regional anaesthesia
Anesthésie d'action locale ou portant sur une région limitée du système nerveux, qui se fait par injection soit intravasculaire, soit sur un gros tronc nerveux (bloc) ou sur une partie des racines médullaires (épidurale, extradurale, péridurale, rachianesthésie).
On distingue l'anesthésie :
- locale topique sur la peau (gel ou crème), ou par pulvérisation sur les muqueuses, par infiltration sous-cutanée ou par instillation oculaire (cornée, conjonctive) ;
- locorégionale par injection intraveineuse après exsanguination de l'extrémité du membre supérieur puis pose de garrots (un proximal pour arrêter la circulation artérielle dans un premier temps, remplacé ensuite par un garrot distal en zone anesthésiée) ;
- régionale périphérique (bloc d'un nerf ou d'un plexus nerveux) ou infiltration sous-cutanée ;
- régionale centrale (extradurale ou intra-durale).
Dans la rachianesthésie (intra-durale) la densité de la solution anesthésique est choisie plus forte que celle du liquide céphalorachidien (solution hyperbare) pour localiser l'effet anesthésique vers le bas de la moelle et donc n'intéresser que la région inférieure si le patient est demi-assis ou en position proclive.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
→ anesthésie, anesthésie extradurale, anesthésique local, bloc anesthésique de nerfs ou de plexus, EMLA, rachianesthésie
[G1]
Édit. 2017
anesthésie obstétricale l.f.
obstetrical anaesthesia
Suppression de la conscience ou de la douleur chez la parturiente en travail.
Elle présente des spécificités liées au risque fœtal et à l'absence de vacuité gastrique chez la femme en travail. Elle associe habituellement l'usage d'un hypnotique et d'un curare. Les analgésiques centraux sont peu utilisés du fait du risque de dépression respiratoire néonatale. L'induction est la période dangereuse du fait du risque d'inhalation du contenu gastrique acide et nécessite une intubation orotrachéale dans des conditions particulières de neuroleptanalgésie. Les techniques spécifiques dites « à la Reine » ou « toulousaine » ne sont plus guère employées.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
[G1,O3]
Édit. 2017
anesthésie par inhalation l.f.
inhalation anaesthesia
Administration d'un mélange anesthésique gazeux par les voies respiratoires.
L'anesthésique volatil inhalé va dans les alvéoles d'où il est capté par le sang capillaire pulmonaire et distribué dans la circulation générale. Sa fixation, sa distribution et son élimination pulmonaire sont régies par la ventilation et la circulation, ils dépendent aussi des propriétés physicochimiques et du métabolisme éventuel de l'anesthésique.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
[G1]
Édit. 2017
anesthésie péribulbaire l.f.
peribulbar anaesthesia
Technique d'anesthésie locorégionale consistant en l'injection du produit anesthésique en dehors du cône musculo-aponévrotique.
L'injection d'une grande quantité de produit permet son passage à l'intérieur du cône, par diffusion, facilitée par une compression orbitaire. Les effets de l'anesthésie péribulbaire sont superposables à ceux de l'anesthésie rétrobulbaire, avec cependant une akinésie du globe moins constante, mais la présence d'une akinésie palpébrale (orbiculaire). Elle possède les mêmes avantages que l'anesthésie rétrobulbaire, tout en réduisant les risques locaux et généraux.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
Syn. anesthésie extracônique
[G1,P2]
Édit. 2017
anesthésie péridurale l.f.
epidural anaesthesia
Anesthésie rachidienne de conduction par injection d'une solution d'un anesthésique local dans l'espace extradural.
L'anesthésie péridurale agit au niveau :
- des nerfs rachidiens mixtes dans l'espace paravertébral ;
- du ganglion spinal postérieur ;
- des racines rachidiennes près de leur manchon dural et dans leur trajet intradural.
La ponction se fait par voie postérieure pour atteindre l'espace péridural cervical, thoracique, lombaire ou sacré. La pénétration de l'aiguille dans cet espace est indiquée par la perte de résistance sentie après la traversée du ligament jaune. L'utilisation d'une aiguille de Tuohy, dont l'extrémité est légèrement recourbée vers le haut, facilite la ponction. La mise en place d'un cathéter permet une anesthésie extradurale continue de longue durée (par ex. traitement antalgique).
Selon le volume et la concentration de la solution anesthésique injectée, le blocage nerveux touche les fibres sympathiques, sensitives puis motrices.
On emploie plus communément le terme d'anesthésie péridurale pour les régions cervicales, thoraciques et lombaires. Les termes d'anesthésies épidurale ou caudale sont classiquement réservés à l'approche sacrée de l'espace extradural.
F. Pagés Miravé, chirurgien militaire espagnol (1921)
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
Syn. anesthésie épidurale, anesthésie extradurale
[G1]
Édit. 2017
anesthésie (profondeur de l') l.f.
depth of anaesthesia
Évaluation de la qualité de l'anesthésie eu égard aux facilités d'autant plus grandes que sa profondeur accorde au chirurgien.
Cette évaluation est comprise entre l'état d'éveil normal avec la vigilance normale du sujet éveillé et la mort. Comme pour toute évaluation de la qualité, on peut, en principe, coter la profondeur de l'anesthésie en cinq degrés de 0, état d'éveil normal, à 5, mort, qui correspond à une anesthésie définitive. Entre ces deux extrêmes se placent les quatre stades de l'anesthésie dont le modèle a été donné par Guedel en 1937 pour l'éther : 1- analgésie, 2- délire, 3- stade chirurgical, 4- coma aréflexique. Mais dans la pratique cette distinction clinique en stades est difficile à faire avec les techniques actuelles d'anesthésie, qui emploient plusieurs produits, dont les effets sont un peu différents, et du curare, qui masque les réactions musculaires de l'opéré.
Quoi qu'il en soit les stades sont appréciés sur des signes cliniques, insensibilité à l'incision de la peau (analgésie), perte de conscience (narcose), suppression des réactions neurovégétatives (protection» neurovégétative) et des évaluations neurophysiologiques (électroencéphalogramme, potentiels évoqués et, en expérimentation, micro-électrodes posées sur la réticulée, le thalamus, le circuit limbique, etc.). Le 2ème stade, période relativement brève, commence au début de la perte de conscience, il correspond à l'abolition du contrôle par les centres supérieurs avec libération des centres secondaires (hallucinations, désorientation et réactions très vives aux stimulus extérieurs), laissant passer des réflexes aux effets dangereux (risque de syncope vagale, de fibrillation ventriculaire). Des ondes lentes monomorphes remplacent peu à peu les activités rapides et les rythmes lents de l'éveil de l'électroencéphalogramme. Différentes modalités d'analyse de l'électroencéphalogramme facilitent l'interprétation des signaux : selon les anesthésiques l'évolution est variable. Avant le passage au stade chirurgical les ondes lentes prédominent dans les régions frontales et commencent à prendre un aspect irrégulier, dit «polymorphe».
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
→ profondeur de l'anesthésie, surveillance de la curarisation, éther (stades de l'anesthésie à l')
[G1]
Édit. 2017
anesthésie rachidienne l.f.
spinal anaesthesia
[G1]
Édit. 2017
anesthésie rétrobulbaire en ophtalmologie l.f.
retrobulbar anaesthesia
Technique d'anesthésie locorégionale consistant en l'injection du produit anesthésique à l'intérieur du cône musculo-aponévrotique, dans l'espace rétrobulbaire immédiat.
L'injection de l'anesthésique au contact direct des branches du nerf ophtalmique, du ganglion ciliaire, des nerfs oculomoteurs et du nerf optique, permet d'obtenir une anesthésie et une akinésie immédiate du globe oculaire, associées à une amaurose ainsi qu'une anesthésie cutanée (supra-orbitaire, paupière supérieure, racine du nez) et muqueuse (partie antérieure des fosses nasales, sinus ethmoïdal et sphénoïdal, conjonctive).
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
Syn. anesthésie intracônique
[G1,P2]
Édit. 2017
anesthésie sous-conjonctivale l.f.
subconjonctival anaesthesia
Anesthésie de la conjonctive et de l'épisclère, superficielle et très localisée, obtenue par injection de substance anesthésique directement sous la conjonctive.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
[G1,P2]
Édit. 2017