Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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doppler puissance l.m.

power doppler sonography

Mode de détection des flux sanguins en chaque point d'une image : un traitement approprié du signal doppler permet de présenter sur l'écran uniquement les cibles mobiles (hématies).
Dans ce mode, l'échelle de couleur ne code pas la vitesse mais l'énergie des échos provenant de ces cibles mobiles.
Cette technique privilégie la sensibilité afin de mieux étudier les parois vasculaires, les sténoses, les plaques d'athérome etc., sans analyser la direction ni la vitesse du flux sanguin.

Syn. doppler énergie

doppler pulsé l.m.

pulsed doppler, pulsed doppler flowmetry

Technique échographique d'exploration vélocimétrique du cœur et des vaisseaux utilisant l'effet doppler : l'émission des ondes ultrasonores est faite en mode pulsé et le signal doppler est obtenu par l'analyse des échos provenant d'une profondeur sélectionnée par l'utilisateur.
Une même céramique est alternativement émettrice et réceptrice. L’émission des ultrasons est discontinue et chaque brève impulsion est suivie d’une période d’écoute pendant laquelle la sonde recueille les échos qui lui parviennent. Une fenêtre de mesure réglable en profondeur permet de sélectionner de façon précise le volume de la cible à étudier, ce qui évite la superposition des informations.
Le mode doppler pulsé est couplé à l'échographie en mode B sur laquelle se fait le repérage de la zone de mesure.
Le résultat est représenté sur l'écran sous la forme du tracé du spectre doppler. Le signal doppler appliqué à un haut-parleur est également perçu sous forme audible.
La vitesse circulatoire est calculée par informatique suivant la formule V = FD.C / 2Fo.cos φ
où FD est la fréquence doppler; Fo, la fréquence des ultrasons émis; C, la vitesse de propagation des ultrasons dans le corps humain; φ, l'angle entre l'axe du vaisseau et l'axe du tir doppler.
Ce procédé permet une bonne résolution spatiale, mais il est limité par le phénomène d'aliasing en cas de vitesse circulatoire élevée.

Syn. doppler codé

analyse spectrale (en échographie), aliasing (en échographie)

doppler transcrânien l.m.

transcranial doppler ultrasound, transcranial doppler ultrasonography

Mesure par l’échographie doppler pulsé et doppler couleur de la vitesse circulatoire des artères du polygone de Willis de façon atraumatique et instantanée, grâce à des zones d’accès privilégiées comme les régions orbitaires, temporales ou sous- occipitale.
Exprimée en centimètres par seconde, la vitesse circulatoire se mesure sur le tronc de l'artère cérébrale moyenne (sylvienne) et à l'origine de la cérébrale antérieure. Comme cette vitesse varie à l'inverse du carré du rayon artériel, plus le diamètre se réduit, plus elle est élevée. Sa normale dans l'artère sylvienne est de 60 à 65 cm/s, avec une systolique maximale inférieure à 120 cm/s. Une accélération atteignant 100 cm/s pour la vitesse moyenne et 200 cm/s pour la systolique peut traduire une sténose ou un spasme.
Le doppler transcrânien utilise une fréquence de 2 Mhz de type pulsé et des fenêtres osseuses (os de faible épaisseur) : voies temporale, transorbitaire et sous-occipitale. L'apposition de la sonde sur la fenêtre osseuse temporale donne accès aux artères cérébrales moyennes, aux segments proximaux des cérébrales antérieures et postérieures, aux artères communicantes antérieures et postérieures. La voie transorbitaire permet d'enregistrer le siphon carotidien et l'origine de l'artère ophtalmique. La voie sousoccipitale explore les artères vertébrales intracrâniennes, le tronc basilaire et parfois les artères communicantes postérieures.
Cette technique initialement utilisée pour l'étude du vasospasme au cours des hémorragies sous-arachnoïdiennes, permet de détecter les sténoses artérielles intracrâniennes, le retentissement hémodynamique des sténoses et occlusions de l'artère carotide interne, les embolies cérébrales et les malformations artérioveineuses.

double contraste (technique du) l.f.

double contrast

Technique de radiologie permettant de visualiser la muqueuse d'un organe creux, par l'utilisation successive d’un produit de contraste et une insufflation de gaz.
Elle persiste surtout pour l'examen du côlon après préparation alimentaire et médicamenteuse, permettant d'apprécier sa souplesse et d'avoir une bonne image de la muqueuse en vue de la détection des petites lésions, en particulier des polypes coliques.

couches minces, lavement baryté, mucographie

douleur (prise en charge globale de la) l.f.

multidiciplinary care of pain

Approche multimodale du traitement de la douleur chronique dans laquelle le médicament ne doit représenter qu’une partie de la thérapeutique.
J. Bonica créa la première « pain clinic » à Washington après la première guerre mondiale. En France, depuis la loi Neuwirth (1995), la prise en compte de la douleur est devenue un problème de société.
Appréhender la douleur chronique nécessite une prise en compte individualisée de ses composantes affectives, cognitives et comportementales, voire spirituelles, au-delà de la seule démarche étiologique somatique.
Dans ce but, trois types de structures pluridisciplinaires ont été définis par l'Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale (ANDEM) : consultations spécifiques, comportant au moins deux somaticiens de disciplines différentes et un médecin formé à la psychologie ; unités, disposant de lits d'hospitalisation et d'un plateau technique ; centres, avec une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche. Ces missions ont été reprises successivement par l’ANAS et l’HAS.
Le traitement initial vise à diminuer le symptôme douleur, à interrompre les cercles vicieux d'auto-entretien aux divers niveaux anatomiques (périphérique, médullaire, supramédullaire). Conjointement, le patient accède à une prise de conscience de ses réactions et comportements, de même qu'à leur meilleure maîtrise.
En dehors des mesures médicamenteuses, l'équipe peut faire appel à des blocs par les anesthésiques locaux (diagnostiques ou thérapeutiques), à diverses techniques physiques telles que la neurostimulation transcutanée, à la relaxation, aux thérapeutiques cognitivocomportementales et à diverses formes de psychothérapie.
Un placebo peut être efficace dans 30% des cas environ, probablement par la mise en œuvre d’endorphines.
Une suppression totale et constante de la douleur reste jusqu'à présent une utopie, mais son atténuation et un projet réadaptatif, si possible contractuel avec le patient et son entourage, peuvent être au moins mis en œuvre. Ainsi est évité également le "vagabondage médical", souvent préjudiciable au patient et source de "bilans" étiologiques redondants et coûteux.

J. Bonica, médecin anesthésiologiste américain (1917-1994)

Étym. lat. dolor : douleur

douleurs des amputés l.f.p.

pain in amputees

Paresthésies ou même parfois douleurs intenses du moignon chez un amputé et qui, à partir de huit ans (où le schéma du corps est suffisamment édifié), s'accompagnent quasi constamment d'une illusion persistante de présence et de mobilité du membre sectionné (membre fantôme, algohallucinose).
Les douleurs proprement dites ne sont pas univoques. On distingue :
- des formes diffuses atteignant l'ensemble du moignon, les plus fréquentes, évoluant par crises à déclenchement spontané, et qui, en cas d'échec des traitements médicaux (analgésiques, voire antidépresseurs), relèvent éventuellement de la neurostimulation transcutanée, technique simple, sinon médullaire ;
- des algies du membre fantôme, isolées ou associées aux précédentes, comportant des indications identiques ;
- une hyperesthésie (allodynie) au contact ;
- un névrome hypertrophique douloureux, qui peut être réséqué, sinon traité par neurostimulation ou même par drezotomie (DREZ : "dorsal root entry zone"), afin de diminuer en particulier les douleurs provoquées.

Dunlap (méthode de) l.f.

Dunlap’s method

Technique de mesure de l'angle d'antéversion du col fémoral, utilisant une radiographie de face et un profil (voisin de celui de Ducroquet), incidences exécutées selon des règles précises.
L'angle réel est lu sur une table à double entrée, à partir des mesures des angles projetés.

K. Dunlap, médecin colonel américain (1953)

Dunn (opération de) l.f.

Dunn’s procedure

Technique de réduction et de fixation chirurgicale d’une épiphysiolyse fémorale supérieure.
Essentiellement indiquée dans le traitement de l’épiphysiolyse à grand déplacement.

D.M. Dunn, chirurgien orthopédiste britannique (1964)

Duplay (opération de) l.f.

Duplay's procedure

Technique d'uréthroplastie cutanée qui consiste à réparer l'urèthre par constitution d'un tube cutané taillé aux dépens des berges de la brèche uréthrale.
Ce procédé, parmi les plus anciens et toujours utilisé, s'applique aussi bien à la cure des rétrécissements uréthraux en deux temps qu'à la cure des hypospadias ou de l'épispadias continent.

S. Duplay, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1880)

uréthroplastie pour hypospadias

Duret (opération de) l.f.

Technique de proctopérinéorraphie postérieure

P. Duret, chirurgien  français, membre de l'Académie de médecine (1745-1825)

rectopérinéorraphie

Dwyer (opération de) l.f.

Dwyer’s opération

Traitement de correction et d’arthrodèse antérieure du rachis à l’aide d’agrafes et de vis solidarisées à un câble sous tension, employée pour le traitement des scolioses par voie antérieure.
Technique pratiquée surtout pour les courbures lombaire et thoracolombaire.

A. F. Dwyer, chirurgien australien (1969)

dysautonomie (anesthésie et) l.f.

anaesthesia of a dysautonomic patient

Aucune technique d'anesthésie générale et aucun anesthésique ne sont contrindiqués; les anesthésies rachidiennes sont possibles à condition de prévenir l'hypotension artérielle.
Dans les dysautonomies familiales, qui s'observent surtout chez les enfants, les scolioses peuvent entraîner des difficultés pour l'installation sur la table d'opération et surtout les troubles digestifs (troubles de la motricité œsophagienne, reflux gastroœsophagien) peuvent induire une déshydratation et justifient de commencer une perfusion intraveineuse avant l'arrivée au bloc opératoire. L'anxiété pouvant déclencher une crise de dysautonomie (vomissements, hypertension artérielle, tachycardie, œdème cutané) une prémédication par benzodiazépine est justifiée.
Les dysautonomies primitives acquises s'observent surtout chez les adultes de plus de 50 ans, surtout s'il y a une hypotension artérielle orthostatique.
Elles justifient un traitement préventif (notamment 9a-fluorocortisone, caféine, antiinflammatoire non stéroïdien, midodrine, desmopressine).
Les complications cardiovasculaires sont fréquentes pendant la période peropératoire : traiter l'hypotension artérielle avec des sympathomimétiques directs à doses titrées en raison de l'hypersensibilité de dénervation.
Dans les dysautonomies secondaires, l'attitude est différente selon la maladie en cause, mais les analgésiques centraux sont à éviter en raison d'une diminution de sensibilité à l'hypoxie et à l'hypercapnie. En ce qui concerne les diabétiques asymptomatiques, étant donné le risque de crise peropératoire, la prise en charge est à conduire comme pour les patients atteints de dysautonomie primitive acquise.
En période postopératoire les complications peuvent justifier le séjour en réanimation chirurgicale ::
- complications cardiaques, hypotension artérielle, troubles du rythme cardiaque par allongement de l'espace QT, infarctus du myocarde sans douleur, mort subite ;
- complications respiratoires, dépression respiratoire par hypersensibilité aux opiacés, apnées obstructives du sommeil.

dysautonomie végétative

dysfibrinogénémie n.f.

dysfibrinogenemia

Anomalie héréditaire, moléculaire et fonctionnelle du fibrinogène, congénitale ou acquise, caractérisée par un allongement du temps de thrombine et du temps de reptilase.
Depuis le premier cas décrit en 1963, 250 familles ont été rapportées. Les quantifications fonctionnelles du fibrinogène donnent l'impression d'une quantité inférieure à celle mesurée par technique immunologique, si bien que les dysfibrinogénémies ont été très longtemps confondues avec les hypofibrinogénémies. Des 250 dysfibrinogénémies héréditaires, 20% ont été diagnostiquées à l'occasion de l'exploration d'un état thrombophilie, 25% à l'occasion de l'exploration d'un état hémorragique et 55% par hasard.

dyskinésie n.f.

dyskinesia

Difficulté ou anomalie dans l’exercice d’un mouvement.
Ensemble de mouvements involontaires anormaux d'amplitude variable, irréguliers, parfois rythmiques, étendus ou localisés (sphère bucco-linguo-faciale), notamment).
Le terme d'hyperkinésie, qui signifie exagération du mouvement, devrait être préféré à celui de dyskinésie, étymologiquement entendu comme difficulté, voire diminution ou abolition de celui-ci. Au sens large, il s'agit de tous les mouvements anormaux : tremblements, chorée, hémiballisme, myoclonies, tics, athétose, dystonie, etc.
L'électromyogramme est désormais une technique courante pour préciser la nature et la physiopathologie de ce mouvement.
Seront seulement rappelées ici :
1) les dyskinésies médicamenteuses, qui sont surtout secondaires aux neuroleptiques : soit aigües, pouvant apparaître dans les 36 premières heures chez des sujets prédisposés et comprenant des accès hypertoniques souvent accompagnés d'hypersalivation et de troubles de la déglutition, parfois des accès d'akathisie ou d'hyperkinésie ; soit tardives, surtout buccofaciales (syndrome du lapin avec protraction et rétraction des lèvres et contraction tonique de l'orbiculaire, p. ex.). Celles-ci constituent le problème majeur des neuroleptiques après trois mois d'administration continue. L'emploi d'une posologie minimale est la meilleure prévention. La dopathérapie pour syndrome parkinsonien peut aussi se compliquer de dyskinésies. Dans ces deux cas, une hypersensibilité des récepteurs à la dopamine endogène est relevée ;
2) les dyskinésies d'intention et d'action ou dyskinésies volitionnelles d'attitude, modification évolutive du tremblement d'attitude parasitant le mouvement volontaire ou même interdisant tout mouvement précis. Elles disparaissent lors de l'interruption du mouvement.

Étym. gr. dus : difficile ; kinêsis : mouvement

Syn. dyscinésie

dyspnée n.f.

dyspnoea

Sensation de respiration difficile et pénible, mais cette définition symptomatique décrit mal l’exagération des mouvements ventilatoires avec sensation pénible de « manque d’air » causée par une excitation plus ou moins forte des centres respiratoires.
Cette difficulté respiratoire provient soit de l’appareil respiratoire, soit de l’appareil circulatoire soit de la composition du sang.
Classiquement l’excitation périodique des centres respiratoires est imputée à la concentration du sang artériel en dioxyde de carbone. Plus exactement les centres respiratoires ajustent l’amplitude, (volume courant VT), et la fréquence, f, des mouvements respiratoires de façon à maintenir stable la pression partielle artérielle du dioxyde de carbone, Pa CO2, (soit 40 mm Hg chez le sujet normocapnique). Mais, les insuffisants respiratoires chroniques étant en général en hypercapnie compensée par une augmentation des bicarbonates, le réglage de la Pa CO2 est plus élevée sans qu’ils en ressentent une sensation de dyspnée).supprimer la parenthèse
Très schématiquement, le réglage de la Pa CO2 s’effectue dans les poumons par le jeu de la ventilation alvéolaire V’A, qui ajuste la pression partielle PA CO2 dans l’air alvéolaire aux besoins métaboliques du sujet. On a PA CO2 = Pa CO2 pour des échanges alvéolo-capillaires normaux. Plus faible que la ventilation globale V’= f VT, du fait de la présence de l’espace mort, VD la Ventilation alvéolaire est liée à la ventilation globale par la relation V’A= f (VT - VD). Ce débit expiratoire, proportionnel aux besoins énergétiques, effectue le rejet du gaz carbonique. Il représente la demande ventilatoire du sujet c’est-à-dire la ventilation alvéolaire qui serait nécessaire pour maintenir une Pa CO2 convenable face aux besoins énergétiques d’autant plus grands que la sujet effectue des efforts musculaires. Quand la demande ventilatoire n’est pas satisfaite la dyspnée se produit avec augmentations de l’amplitude et de la fréquence des mouvements ventilatoires d’autant plus fortes que la demande n’est pas satisfaite.
La dyspnée apparaît si l’un ou l’autre de ces facteurs ne suit pas la demande, en cas de paralysie respiratoire notamment. On peut rétablir la situation dans ce dernier cas en fournissant mécaniquement la ventilation nécessaire pour satisfaire la demande ventilatoire. Ce qui peut se faire de deux façons : par assistance ventilatoire, ce qui maintient une certaine activité des centres respiratoires ou en assurant totalement la ventilation, c’est le contrôle ventilatoire.
Ce dernier mode de ventilation artificiel n’est supporté par le patient que si le respirateur fournit la demande respiratoire, si non le patient essaye de toutes ses forces de prendre l’air qui lui manque : il lutte contre l’appareil ; la dyspnée est intense. Pour éviter cette dyspnée l’on a tendance à « sédater » le patient avec des opiacés, ce qui supprime les réactions des centres respiratoires et assure la tranquillité des soignants. Cette technique est un pis-aller ; on ne doit pas calmer une dyspnée mais il faut en traiter les causes. Régler approximativement un respirateur, généralement en hyperventilation, entraîne une hypocapnie qui rend ensuite difficile le sevrage de la respiration artificielle. Certes on peut pratiquer des prises de sang artériel pour surveiller le retour des gaz du sang à une valeur normale, mais nous avons vu que la valeur normale de la Pa CO2 ne convenait pas toujours : un malade n’est pas un sujet parfaitement normal et il arrive qu’il meurt avec des dosages conformes aux « valeurs normales » dites « évidentes ».
D’autre part le schéma classique que nous avons utilisé suppose non seulement l’intégrité de la mécanique ventilatoire mais encore le fonctionnement normal du coeur, des poumons, des reins et aussi des centres respiratoires qui sont sensibles aux toxiques convulsivants (lobéline) et aux « calmants » (opiacés).
La physiopathologie respiratoire ne peut être réduite à l’élimination du dioxyde de carbone par la respiration. D’abord ce gaz a des propriétés narcotiques qui dépriment la ventilation car ses fortes concentrations paralysent les centres respiratoires (phénomène de carbonarcose), ensuite le dioxyde de carbone est l’anhydride de l’acide bicarbonique et ses effets sont liés à l’équilibre acide base du milieu intérieur : l’acidose métabolique des diabétiques excite les centres respiratoires et produit une ventilation très ample (respiration de Kussmaul) forme très typique de dyspnée.
Enfin la respiration est une fonction qui comprend au moins trois maillons distincts, ventilation, circulation et respiration tissulaire. Cette chaîne permet des compensations d’un maillon à l’autre aussi la dyspnée entraîne-t-elle une réaction du coeur et inversement une insuffisance de débit cardiaque entraîne une réaction de dyspnée. De plus le manque d’oxygène (hypoxie) qui perturbe le métabolisme cellulaire, quelle qu’en soit la cause (exogène comme l’altitude, ou toxique par blocage de l’hémoglobine), est aussi une cause de dyspnée.
L’examen clinique d’un dyspnéique doit être soigneux ; un traitement palliatif inconsidéré est un pis-aller qui peut être dangereux.

A. Kussmaul, médecin interniste allemand (1877)

Étym. gr. dyspnoia : dyspnée

carbonarcose, carbone (dioxyde de), dyspnée d'effort, dyspnée d'origine cardiaque, dyspnée laryngée, dyspnée obstructive, espace mort, fréquence, gaz carbonique, Kussmaul (respiration de), Pa CO2, PA CO2, physiologie respiratoire (symboles pour la), respirateur, respiration, respiration assistée, respiration contrôlée, respiration paradoxale, respiratoires (centres), ventilateur, ventilation, ventilation alvéolaire, ventilation assistée, ventilation assistée en pression positive, ventilation à haute fréquence, ventilation bouche à bouche, ventilation manuelle, ventilation mécanique (dommages dus à la), ventilations artificielles (méthodes de), ventilatoire (demande), volume courant, volume mort, Bohr (effet)

Easterday (technique de) l.f.

Easterday technique

Méthode de cerclage du col par voie vaginale.
Proche de la méthode de Shirodkar et de la technique de Barter, elle consiste en un cerclage double ou triple, avec enfouissement des fils passés en deux temps, de la partie antérieure du col à la partie postérieure puis de la partie postérieure vers la partie antérieure où les fils sont noués.

C. L. Easterday, gynécologue américain (1959) ; V. N. Shirodkar, gynécologue indien (1955) ; R. H. Barter, gynécologue américain (1958)

béance cervico-isthmique, Shirodkar (technique de), Barter (technique de)

[03]

Édit. 2019

écho de spin rapide l.m.

rapid spin echo

Séquence d'écho de spin dans laquelle chaque impulsion de 90°est suivie d'une série d'impulsions de 180° générant un train d'échos ; chacun de ceux-ci bénéficie d'un codage de phase spécifique qui aboutit à une ligne du plan de Fourier.
Une image peut être obtenue avec une seule impulsion de 90° (single shot) suivie de 128 impulsions de 180°, générant un train de 128 échos successifs sur la courbe de décroissance en T2, le plan de Fourier étant ainsi rempli en un seul "passage" : c'est la séquence RARE, initialement mise au point par J. Henning, qui permet d'obtenir très rapidement une image pondérée en T2. Cette séquence peut être combinée avec la technique d'imagerie en demiplan de Fourier, qui permet de réduire encore le temps d'acquisition. C'est la séquence HASTE ou SSFSE, qui trouve son application en myélographie, urographie ou cholangiographie par IRM. Plus souvent, l'image est obtenue en segmentant le plan de Fourier en paquets de lignes (acquisition segmentée) ce qui permet d’avoir des images pondérées en T2 de meilleure qualité : c'est la séquence Fast Spin Echo (FSE) ou Turbo Spin Echo (TSE). Si, par ex. après chaque impulsion de 90°, on exploite 8 échos, 8 lignes du plan de Fourier sont acquises lors de chaque impulsion de 90° et les 128 lignes du plan sont acquises en 16 passages. La coupe est réalisée 8 fois plus vite qu'en écho de spin classique. L'espace interécho (qui correspond à l'acquisition d'une ligne) est d'environ 10 ms.

Sigle ESR, angl. RSE

écho de spin

[B2, B3]

Édit. 2019

écho-endoscopie n.f.

echoendoscopy

Technique qui consiste à introduire un écho-endoscope dans une cavité naturelle afin d'étudier la paroi elle-même (pour la recherche d'une infiltration tumorale par ex.) et les organes voisins au travers cette paroi.
Cette méthode d'exploration s'adresse en particulier aux structures digestives profondes comme le pancréas et la voie biliaire principale (recherche de tumeur ou lithiase) car leur étude en échographie transpariétale est souvent gênée par les interpositions gazeuses digestives.

Syn. échofibroscopie

écho-endoscope

[B2, B3, L1]

Édit. 2019

échographie doppler l.f.

doppler ultrasound method, doppler flowmetry, doppler velocimetry

Technique échographique utilisant l'effet doppler pour mettre en évidence un flux, notamment sanguin, en déterminer sa direction et les caractéristiques vélocimétriques.
La variation de fréquence, proportionnelle à la vitesse circulatoire, peut être traduite dans une gamme de sons audibles et sous forme graphique (doppler à émission continue, doppler pulsé) ou colorimétrique (doppler couleur, doppler puissance ou énergie…). Le mode doppler (dont il existe actuellement de multiples variantes) est principalement utilisé en pathologie cardio-vasculaire et pour étudier la vascularisation d’une structure anatomique.

C. Doppler, physicien et mathématicien autrichien (1842)

échographie, analyse spectrale, fréquence doppler, effet doppler

[B2, B3]

Édit. 2019

échographie endocoronaire l.f.

endocoronary ultrasonography

Echographie utilisant une sonde de très faible diamètre (inférieur ou égal à 1,3 mm) introduite dans une artère coronaire après cathétérisme sélectif.
Cette technique complète éventuellement les données de la coronarographie.

coronarographie, échocardiographie, échographie intravasculaire

[B2, B3, K2, K4]

Édit. 2019

échographie intravasculaire l.f.

intravascular ultrasonography

Exploration endovasculaire par un transducteur ultrasonore miniaturisé fixé sur un cathéter et introduit dans un vaisseau.
Cette technique est réservée principalement aux traitements par angioplastie.

Syn. échographie endovasculaire

échographie, angioplastie, échographie endocoronaire

[B2, B3, K4]

Édit. 2019

échographie mammaire l.f.

breast ultrasonography

Echographie de la glande mammaire.
Cette technique est bien adaptée à la détection des masses solides ou liquide, soit en complément d'une mammographie, soit en première intention chez la femme jeune aux seins denses. Elle n'est pas indiquée pour le dépistage du cancer du sein, mais reste indispensable pour la pratique des ponctions échoguidées ou les repérages biopsiques.
Elle est pratiquée en complément de la mammographie pour préciser la nature de certaines opacités radiologiques.

échographie, mammographie

[B2, B3, O5]

Édit. 2019

ektacytomètrie n.f.

Technique d'étude de la déformabilité des hématies en fonction du milieu dans lequel elles se trouvent.

Étym. gr. ektasis : allongement ; kutos : cellule ; metros : mesure

hématie, ektacytomètre

[B3, F1]

Édit. 2019

électrochoc n.m.

electroshock therapy, electroconvulsive therapy

Provocation d'un choc électrique par l'intermédiaire d'électrodes appliquées sur les régions temporales du cuir chevelu.
L'énergie, la charge et la durée du courant électrique sont réglées de façon à obtenir une crise convulsive de 25 à 30 secondes. La cure comporte deux à trois séances par semaine jusqu'à un total de 8 à 12.
Son image reste négative auprès du grand public, voire de certains médecins, malgré l'anesthésie générale ainsi que la curarisation destinée à prévenir les secousses musculaires induites. Certains effets indésirables sont réduits par la technique dite unilatérale (application du courant sur un seul hémisphère).
Les indications sont aujourd'hui bien codifiées : dépressions délirantes et mélancoliques, formes sévères comportant un risque vital (suicide, dénutrition), pseudodémentielles, résistant aux antidépresseurs ; états maniaques agités ou surtout mixtes ; schizophrénies dysthymiques ne répondant pas à la chimiothérapie, catatonies ; psychoses puerpérales graves avec risque de geste agressif (suppression de l'enfant) ; électrochoc de maintenance, surtout chez les dépressifs.
Les mécanismes d'action restent mal élucidés. Trois hypothèses sont avancées : neurophysiologique, fondée sur la notion de modifications du seuil épileptogène chez l'animal ; neuroendocrinienne, par libération de divers peptides cérébraux ; pharmacologique, par des modifications du fonctionnement synaptique de certains systèmes mono-aminergiques : diminution du nombre des récepteurs bêta-adrénergiques.

U. Cerletti, neuropathologue et psychiatre et L. Bini, neuropsychiatre (1938)

Syn. électroconvulsivothérapie, sismothérapie

électrochoc (incidents et accidents de l')

[B3,H1]

Édit. 2018

électrochoc (incidents et accidents de l') l.m.p.

electroshock (minor and severe complications)

Aléas iatrogènes expliquant que ce procédé thérapeutique a été critiqué avec une particulière véhémence ces dernières années, malgré son évolution technique.
Ses principales contrindications relèvent d'affections cardiocirculatoires majeures. Les lésions ostéo-articulaires (fractures, luxations) ont disparu avec la curarisation. Des accidents anesthésiques sont possibles (inhalation bronchique, notamment). La mortalité est estimée à deux décès pour 100 000 électrochocs.
Dans les suites, s'observent fréquemment des céphalées transitoires et des troubles mnésiques de type antérograde qui ne concernent que les quelques heures et évènements ayant précédé l'électrochoc. Les plaintes peuvent porter sur des troubles définitifs. La physostigmine, le piracétam, la triiodothyronine, la TRH, la caféine, la vitaminothérapie B1 et B6 ont été proposés pour leur prévention.
Sont déconseillées les associations avec des IMAO, des benzodiazépines, des thymorégulateurs ou des antiépileptiques. L'appel à des antidépresseurs non IMAO ou à des neuroleptiques ne semble pas influer sur l'efficacité de ce traitement.

électrochoc

[B3,H1]

Édit. 2018

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