Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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phosphopantéthéine n.f.

Ester 4'-phosphorique de la pantéthéine

Il entre dans la constitution du coenzyme A et forme également le groupement prosthétique de l'acyl-carrier protein (ACP). Dans cette protéine, il est uni à un résidu sérine par l'intermédiaire d'une liaison ester phosphorique.

phosphopénie n.f.

phosphopenia

Diminution du capital de phosphore de l'organisme, qui est estimé sous forme de phosphates à 800 g pour un individu de 70 kg.
L'élimination urinaire représentant 60 % de l'élimination du phosphore, la phosphopénie est le plus souvent la conséquence d'une hyperphosphaturie et ses causes en seront identiques : hyperparathyroïdie, ostéoporose, cancers avec métastases osseuses, etc.

phosphopentose n.m.

phosphopentose

Ester phosphorique d'un pentose.
Selon la nature aldéhydique ou cétonique de la fonction réductrice du pentose, on distingue les phospho-aldopentoses et les phosphocétopentoses.

Syn. pentose-phosphate

phosphopentose-isomérase n.f.

phosphopentose-isomerase

Enzyme catalysant l'isomérisation réversible d'un phospho-aldopentose en phosphocétopentose.
Le plus important de ces enzymes est la phosphoribose-isomérase.

phosphopeptone n.f.

phosphopeptone

Produit de l'hydrolyse incomplète de la caséine.

Syn. caséotyrine

phosphoprotéide n.m.

phosphoproteid

Hétéroprotéide contenant de l'acide phosphorique.

→ phosphoprotéine

phosphoprotéine n.f.

phosphoprotein

1) Ester phosphorique d'une protéine.
De nombreuses protéines enzymatiques se trouvent modifiées physiologiquement par phosphorylation et déphosphorylation.
2) Hétéroprotéide contenant de l'acide phosphorique.
La caséine du lait et la vitelline du jaune d'œuf en sont les exemples les plus classiques, mais des phosphoprotéines sont également des constituants normaux de la cellule animale, en particulier parmi les enzymes, tels que les flavo-enzymes, la phosphoglucomutase, etc.
Les hydrolysats acides mettent en évidence l'union des molécules d'acide phosphorique ou pyrophosphorique aux acides aminés alcools (comme la sérine et la thréonine) par des liaisons ester, ou à la fonction phénol des tyrosines par une liaison énol. A l'intérieur d'une molécule, les différentes chaines polypeptidiques des phosphoprotéines peuvent également s'unir par des liaisons diester phosphorique ou pyrophosphorique. Les phosphoprotéines ont la particularité d'être très sensibles à l'action des alcalis.

Syn. phosphoprotéide

phosphoramides anticholinestérasiques en médecine du travail l.m.p.

Les phosphoramides anticholinestérasiques,  bases d’un certain nombre de pesticides, sont responsables  de syndromes muscariniques avec céphalées, vertiges, confusion mentale accompagnée de myosis, d’amblyopie, en dehors des autres effets sur la peau, le système respiratoire et le tube digestif.
Sans traitement rapide il y a risque de passage à la phase nicotinique beaucoup plus grave, avec paralysie des muscles respiratoires et polynévrite diffuse.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 34 du RG tableau 11 du RA) avec un délai  de 3 jours sous réserve de confirmation du diagnostic par un abaissement significatif du taux de la cholinestérase sérique et de l’acétylcholinestérase des hématies.

Réf. acétylcholinestérase

→ pesticides, syndrome muscarinique, syndrome nicotinique, cholinestérase, acétylcholinestérase

[E2]

Édit. 2018

phosphore n.m.

phosphorus

Élément, de numéro atomique 15 et de masse atomique 30,974, très répandu dans la nature, sous forme de gisements de phosphate de calcium (apatite), et comme constituant important des végétaux et des animaux à l'état de phosphates minéraux et de combinaisons organiques plus ou moins complexes.
Il se présente sous plusieurs formes allotropiques, notamment : phosphore blanc, phosphore rouge et phosphore noir. Il est tri- et pentavalent formant un grand nombre d'oxydes, d'acides et de dérivés hologénés. Dans le règne animal, le phosphore est un constituant important du tissu osseux (sous forme d’apatite), du tissu nerveux et de la moelle osseuse (nucléoprotéines, lécithines, céphalines, sphingomyélines), du sang (sous forme de phosphate lié ou non à des matières organiques). Il joue un rôle important dans le métabolisme des glucides, des lipides et du calcium. Son métabolisme, étroitement lié à celui du calcium, dépend de l'état hormonal et de l'apport alimentaire en vitamine D. Il est éliminé par les urines sous forme de phosphates alcalins et alcalinoterreux. Le phosphore blanc est toxique

Étym. gr. phôsphoros : porteur de lumière

Symb. P

→ phosphorisme aigu, phosphorisme chronique, phosphatémie

phosphore 32   n.m.

32 phosphorus

Radioélément émetteur bêta- pur (1,7 MeV), de période 14,3 jours.
Son utilisation en ingestion dans le traitement des affections hématologiques (érythrémie, thrombocytémie,leucémies) a été détrônée par la chimiothérapie.
Incorporé dans une feuille de plastique il a été utilisé pour des irradiations cutanées de lésions superficielles.
Ces traitements sont pratiquement abandonnés.

Sigle  : 32P

→ bêtathérapie

phosphorémie n.f.

phosphoremia

Concentration de phosphore dans le sang ou dans le plasma.
Terme employé improprement pour phosphatémie.

→ phosphatémie

phosphoribose n.m.

ribose phosphate

Ester phosphorique du ribose, tel que le ribose-3 phosphate ou le ribose 5-phosphate.

Syn. ribose-phosphate

phosphoribose-isomérase n.f.

phosphoribose isomerase

Enzyme catalysant l'isomérisation réversible du phospho-5-ribose en phospho-5-ribulose.
Il est présent dans les tissus végétaux et animaux et fait partie de la voie des pentose-phosphates.

Syn. ribose-phosphate-isomérase

phosphoribose-pyrophosphokinase n.f.

phosphoribose pyrophosphokinase

Enzyme catalysant le transfert du radical pyrophosphoryle de l'ATP sur la fonction sémiacétalique du phospho-5-ribose, formant le phosphoribosylpyrophosphate, point de départ de la synthèse des nucléotides.

Syn. ribose-phosphate-pyrophosphokinase

phosphoribosyl-1-pyrophosphate n.m.

phosphoribosyl-1-pyrophosphate

Produit de l'action de l'ATP sur le ribose-5-phosphate.
Il s'agit du premier intermédiaire isolé au cours de la synthèse des bases puriques. En présence de glutamine et d'ATP, il conduit à la phosphoribosylamine. C'est également un précurseur de l'histidine chez les micro-organismes.

Sigle  : 5-PRPP

phosphoribosyl-N-nicotinamide n.m.

phosphoribosyl-N-nicotinamide

Nucléotide constitué d'amide nicotinique et de ribose-5-phosphate, entrant, avec l'adénosine-monophosphate, dans la constitution du NAD et du NADP.
Il ne représente pas cependant un intermédiaire de la biosynthèse de ces cofacteurs.

Phosphoribosyl-pyrophosphate-amidotransférase n.f.

phosphoribosylpyrophosphate amidotransferase

Enzyme catalysant la synthèse de la phosphoribosylamine à partir de phosphoribosylpyrophosphate et de glutamine.
C'est l'enzyme-clé de la voie de biosynthèse des bases puriques. Il est inhibé par les nucléotides puriques.

phosphoribosylamine n.f.

phospho-5-ribosylamine

Combinaison de l'ammoniac avec le ribose-5-phosphate.
C'est l'un des premiers intermédiaires apparaissant au cours de la synthèse des bases puriques.
Il est formé par action de la glutamine en présence d'ATP et d'une transammoniase sur le phospho-5'-ribosyl-1-pyrophosphate. L'azasérine se comporte comme un antagoniste compétitif de la glutamine et bloque ainsi la synthèse de ce composé. La combinaison de la phosphoribosylamine avec la glycine conduit au glycinamide-ribotide.

Syn. phosphoribofuranosylamine, phospho-5-ribosylamine

phosphoribosylamine synthétase n.f.

phosphoribosylamine synthetase

Enzyme catalysant une des  premières étapes de la synthèse des bases puriques.

→  purique (base)

phosphorine n.f.

phosphorin

Polypeptide lipophile de faible masse moléculaire (3 kDa) qui a été isolée de la bordure en brosse, classée parmi les protéolipides en raison de sa solubilité dans des solvants organiques, capable de fixer des ions phosphate et de les transporter à travers la membrane cellulaire.

phosphorolyse n.f.

phosphorolysis

Lyse d'un composé par l'acide phosphorique.
Par ex. l'étape de la transformation du glycogène en glucose dans l'organisme s'effectue par une phosphorolyse, qui rompt la liaison osidique 1-4 de la molécule de glucose située à l'extrémité de la chaine polyosidique du glycogène, et transfère le radical glucosyle libéré sur une molécule d'acide phosphorique, formant ainsi l'ester glucose-1-phosphorique.

phosphorurie n.f.

phosphoruria

Présence de phosphore libre dans l'urine.

phosphoryl-transférase n.f.

phosphoryltransferase

Enzyme catalysant le transfert d'un radical phosphoryle.
Par Ex. les kinases (glucokinase, hexokinase, etc.).

Syn. phosphotransférase

phosphorylase n.f.

phosphorylase

1) Enzyme qui catalyse la phosphorolyse d'un composé par l'acide orthophosphorique.2) Plus spécifiquement, enzyme catalysant la phosphorolyse des liaisons glucosidiques 1→4 des chaînes d'amylose (amylose-phosphorylase). Les phosphorylases existent dans la plupart des tissus animaux et végétaux. Elles catalysent le transfert du radical glucosyle sur l'acide orthophosphorique, formant un glucose-1-phosphate et laissant un polyglucoside amputé d'un glucose. L'action de l'enzyme se poursuit tant que la chaîne polyglucosidique 1→ 4 ne comporte pas de ramification (liaison 1→ 6).L'amidon et le glycogène ne sont donc pas complètement attaqués et il reste une dextrine-P à la fin de la réaction : la proximité d'un groupe glucose uni par une liaison 1→ 6 inhibe l'action de la phosphorylase, qui laisse une petite chaîne de 4 groupes glucose unis en 1→ 4 sur chaque point de ramification. Les phosphorylases catalysent aussi la réaction inverse, permettant d'attacher des glucoses en 1→ 4 sur un polyglucoside à partir de glucose-1-phosphate. Selon les tissus, les phosphorylases ont des structures un peu différentes : l'enzyme du muscle existe sous deux formes : phosphorylase a et b. La phosphorylase b n'est pas directement active, mais elle est activée par l'acide adénylique (qui est produit dans la rupture de l'ATP au cours de la contraction musculaire). Elle peut être trans­formée en phosphorylase a directement active, sous l'influence d'une phosphorylase-kinase et d'ATP, qui fixe 4 radicaux acide phosphorique, permettant la dimérisation de la phosphorylase phosphorylée : 2 phosphorylases b + 4 ATP→ 4 ADP + 1 phosphorylase a. La phosphorylase a est transformable en phosphorylase b par une phosphorylase-phosphatase qui hydrolyse les liaisons ester phosphorique de l'enzyme. Dans le foie, la phosphorylase existe aussi sous deux formes : phosphorylée, directement active, et non phosphorylée, inactive (déphospho-phosphorylase) ; celle-ci est phosphorylée par une déphosphophosphorylase-kinase dont l'action est déclenchée par l'adrénaline ou le glucagon (ou plutôt par l'acide adénylique cyclique qui se forme sous son influence). La phosphorylase est l'enzyme qui permet aux cellules animales d'utiliser les réserves de glycogène en les transformant en glucose-phosphate métabolisable.

Syn. glycogène-phosphorylase

phosphorylase (déficit en) l.m.

phosphorylase deficiency

→ McArdle (maladie de)

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