Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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embolisation n.f.

embolization

Méthode thérapeutique consistant à obturer les vaisseaux d'une malformation (angiome, fistule artérioveineuse) ou d'une tumeur, voire d’une lésion hémorragique, d’accès chirurgical difficile ou impossible.
Elle est réalisée par mise en place d'un cathéter dans la ou les artères nourricières de la lésion à traiter. On introduit un ou plusieurs emboles faits de matière synthétique (billes de silicone, spires métalliques, coils, etc.) qui permettent à une thrombose de s'organiser et d'oblitérer le vaisseau. Dans certains cas (anévrismes artériels) l'embole peut être un petit ballonnet ou une spire (« coil ») qui vont obstruer la lésion.
Plus rarement, les embolisations peuvent être faites par voie veineuse.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embolie thérapeutique, embolisation de l'artère hépatique, embolisation vasculaire, angiome, fistule artérioveineuse

[B4, G5, K4]

Édit. 2019

embryofoetopathie à la phénylhydantoïne l.f.

Syndrome dysmorphique du fœtus induit par la prise par la mère de phénylhydantoïne au cours de sa grossesse.
« La diphénylhydantoïne est un antiépileptique commercialisé en France depuis plus de 40 ans. Environ 2% des femmes qui accouchent sont épileptiques et la diphénylhydantoïne est prescrite chez 5 à 10% de ces patientes. La prise du médicament pendant la grossesse est susceptible d'induire chez le nouveau-né un syndrome dysmorphique caractéristique regroupant un ensemble d'anomalies telles qu'une implantation basse des cheveux, un cou court ou palmé, un petit nez, une ensellure nasale, un épicanthus, un hypertélorisme, une grande bouche, des oreilles mal ourlées, une hypoplasie des phalanges distales, un triphalangisme du pouce, le tout associé à un retard de croissance et à des troubles du développement psychomoteur. Le risque d'altération du développement neurologique, estimé entre 1 et 11%, est 2 à 3 fois plus important que dans la population générale. Comme avec les autres anti-épileptiques, le risque de fentes faciales et de cardiopathies est multiplié par 5, sans que la part étiologique de la maladie épileptique de celle du traitement soit clairement établie. Quelques observations suggèrent également une augmentation du risque de survenue de tumeurs bénignes ou malignes, telles que les neuroblastomes ou autres tumeurs néonatales (épendymome, tumeurs ectodermiques, tumeur de Wilms). Le mécanisme d'apparition des anomalies foetales dépendrait du patrimoine génétique de la mère, c'est-à-dire de sa capacité ou non à détoxiquer des métabolites intermédiaires toxiques, issus de la dégradation la diphénylhydantoïne. Il s'agit d'un exemple caractéristique de l'interaction génétique-environnement dans l'étiologie des malformations. »

Elisabeth Robert–Gnansia, médecin généticienne française (2005)

Syn. embryofoetopathie à la diphénylhydantoïne, exposition anténatale à la diphénylhydantoïne

Réf. Orphanet, E. Robert-Gnansia (2005)

[A4, F2, G5, H1, O4, O6, P2]

Édit. 2019

embryofoetopathie au valproate l.f.

valproic acid embryopathia

Embryofoetopathie survenant à la suite de l’exposition du fœtus à l’acide valproïque, agent antiépileptique contre-indiqué chez la femme enceinte.
Elle associe une dysmorphie faciale caractéristique, des anomalies congénitales et un retard de développement, surtout du langage et de la communication. Le front est haut et large avec un rétrécissement bifrontal, une craniosynostose métopique, un épicanthus, une déficience médiane des sourcils, un sillon infraorbitaire, un nez retroussé, petit et large, un philtrum long et plat, une lèvre supérieure longue avec des bords vermillon fins, une lèvre inférieure épaisse et des coins de la bouche tombants.
Peuvent s’y associer un spina bifida ouvert, une communication interventriculaire, des fentes buccales, un hypospadias avec cryptorchidie et des anomalies des membres ; plus rarement une hernie ombilicale, une trachéomalacie, un mamelon surnuméraire, des côtes bifides et des malformations préaxiales des pieds.
Métabolisé par le foie, l’acide valproïque  atteint facilement le placenta où les concentrations sont plus élevées que chez la mère. La principale période de risque est le 1er trimestre de la grossesse. Chez 5 à 10% des utilisatrices enceintes peut survenir une non fermeture du tube neural. 30 à 40% des enfants nés de mères sous valproate ont un risque de déficit cognitif, d’autisme ou de troubles apparentés.

A. Ornoy, neurobiologiste israélien (2015)

Syn. embryofoetopathie à l’acide valproïque

Réf. A. Ornoy - Orphanet, A. Ornoy (2015)

acide valproïque, embryofoetopathie, craniosynostose, suture métopique, philtrum, spina bifida, communication interventriculaire, hypospadias, cryptorchidie, autisme

[A4, G5, H1, H3, K2, P1, P2, P3]

Édit. 2019

encéphalomyopathie, acidose lactique et accidents vasculaires cérébraux l.f.

mitochondrial encephalomyopathy, lactic acidosis, and stroke-like episodes

Pathologie mitochondriale à transmission maternelle la plus fréquente, associant des épisodes d’accidents vasculaires cérébraux avant l’âge de 40 ans, une myopathie, une ataxie, de la myoclonie, de la démence et de la surdité.
La grande majorité des cas (80%) est liée à une mutation de MT-TL1 ; un petit nombre de cas provient d’une mutation du gène M-TND1 et MT-ND5.

S. G. Pavlakis, neuropédiatre américain (1984)

Sigle MELAS

myopathie, ataxie, myoclonie   

[H1, Q2]

Édit. 2019

endoprothèse vasculaire l.f.

vascular endoprosthesis, stent

Prothèse artificielle destinée à être placée à l’intérieur d’une artère ou une veine pathologique pour en assurer la perméabilité et en maintenir le calibre normal.
Mises en place par des techniques de cardiologie interventionnelle, les endoprothèses peuvent être utilisées aussi bien dans les artères les plus volumineuses (aorte) que dans des artères de petit calibre (coronaires). Elles s’adressent surtout à des artères sténosées comme complément d’une dilatation transluminale, mais elles peuvent également être utilisées dans le traitement de certains anévrismes.

stent,endoprothèse coronaire, endoprothèse artérielle périphérique, angioplastie transluminale percutanée

[B3, B4, G5, K4]

Édit. 2020

Enteromonas hominis n.m.

Petit flagellé intestinal, arrondi ou légèrement ovalaire, de 5 à 6 µm, non pathogène.
Les kystes, ovalaires et réfringents, ressemblent à ceux de Giardia intestinalis mais ils mesurent moins de 8 µm et ne contiennent pas de débris flagellaires internes.

Giardia intestinalis

[D1, L1]

Édit. 2020

épulis gravidique l.m.

epulis of pregnancy

Tumeur bénigne des gencives, apparaissant surtout chez les multipares du 3ème  au 5ème  mois de la grossesse, surtout sur le maxillaire supérieur.
Souvent pédiculée, de couleur rose, de consistance ferme, indolore, l'épulis est parfois révélé par un petit saignement. Il disparaît après l'accouchement.

épulis

[F5, O3, P3]

Édit. 2020

excavation pelvienne l.f.

pelvic cavity

Cavité du petit bassin entre le détroit supérieur et le détroit inférieur, franchie par le fœtus lors de l'accouchement.

[A1,O3]

Édit. 2018  

exercice aérobique l.m.

aerobic exercise

Activité rythmique caractérisée par la répétition de mouvements des muscles majeurs pendant une certaine période te temps ; mouvements répétitifs, pratiqués de nombreuses fois, sans ou avec faible résistance.
Ex. marche à bons pas, ou sur tapis de marche, pratique du cyclisme en salle sur bicyclette ergométrique, course à pied à petit trot ou mouvements aérobiques aquatiques.

[I3]

Édit. 2018  

explosion n.f.

explosion

Quand un apport rapide et important d'énergie est fait dans un petit volume (compression mécanique brutale, combustion avec déflagration, réaction chimique ou atomique, irradiation) la température et la pression croissent de façon excessive, une onde de choc ou un éclatement du récipient peut alors se produire et entrainer des dégâts considérables.
Certaines vapeurs anesthésiques ou d'alcool, p. ex., sont très inflammables et, dans des limites d'inflammabilité, leurs mélanges avec l'air, l'oxygène ou l'oxyde nitreux peuvent produire des explosions.

Étym. déverval du lat. : explodo : rejeter avec violence

déflagration, onde de choc

[G1,G2]

Édit. 2018  

face glutéale de l'ilion l.f.

facies glutea ilii (TA)

gluteal surface of ilium

Face latérale de l’ilion, triangulaire, ondulée, convexe en avant et en arrière, concave dans sa partie moyenne.
Elle est parcourue par la ligne glutéale antérieure, la ligne glutéale postérieure et la ligne glutéale inférieure. En arrière de la ligne glutéale postérieure s’insèrent les faisceaux les plus élevés du muscle grand glutéal. Entre les lignes glutéales antérieure et postérieure s’insère le muscle moyen glutéal. Entre les lignes glutéales antérieure et inférieure s’insère le muscle petit glutéal.

Syn. anc. fosse iliaque externe

[A1]

Édit. 2017

face hippocratique l.f.

hippocratic face

Face profondément altérée et qui annonce une mort prochaine.
La description princeps est attribuée à Hippocrate dans un chapitre du tome « Pronostic », texte apocryphe de ses œuvres dont Émile Littré donne la traduction suivante : « Les traits ont atteint le dernier degré d'altération quand le nez est pincé, les yeux enfoncés, les tempes affaissées, les oreilles froides et contractées, les lobes des oreilles écartés, la peau du front sèche, tendue et aride, la peau de toute la face jaune noire, livide ou plombée…Si les yeux fuient la lumière, s'ils s'écartent de leur axe, si l'un devient plus petit que l'autre ; si le blanc se colore en rouge, s'il y parait des veinules livides ou noires, s'il se montre de la chassie autour de la prunelle, s'ils sont agités saillants hors de l'orbite, ou profondément enfoncés ; si les prunelles sont desséchées et ternes, l'ensemble de ces signes est de funeste augure ... On portera encore un augure funeste, si les lèvres sont relâchées, pendantes, froides et tout à fait blanchies ».

Hippocrate, médecin grec né en 460 avant J.-C., mort vers 377 avant J.-C. ; E. Littré, médecin, lexicographe français membre de l'Académie de médecine (1801-1881)

Syn. faciès hippocratique

[C2,E3]

Édit. 2017 

faisceau latéral du plexus brachial l.m.

fasciculus lateralis plexus brachialis (TA)

lateral cord of brachial plexus

Tronc nerveux formé par l’union des branches ventrales des troncs supérieur et moyen du plexus brachial.
Il se situe à la face latéro-ventrale de l’artère axillaire, au-dessus du niveau du muscle petit pectoral. Il se divise en nerf musculo-cutané et racine latérale du nerf médian. Ses fibres proviennent des racines C4, C5, C6 et C7.

Syn. anc. tronc secondaire antéro-externe du plexus brachial

plexus brachial

[A1,H1]

Édit. 2018

faisceau médial du plexus brachial l.m.

fasciculus medialis plexus brachialis (TA)

medial cord of brachial plexus

Tronc nerveux constitué par la branche ventral du tronc inférieur du plexus brachial.
Il vient se placer à la face médio-ventrale de l’artère axillaire, la séparant de la veine homonyme, au-dessus du niveau du muscle petit pectoral. Il donne le nerf cutané médial du bras et le nerf cutané médial de l’avant-bras, avant de se diviser en nerf ulnaire et racine médiale du nerf médian. Ses fibres proviennent des racines C8 et D1.

Syn. anc. tronc secondaire antéro-interne du plexus brachial

plexus brachial

[A1,H1]

Édit. 2018

faisceau postérieur du plexus brachial l.m.

fasciculus posterior plexus brachialis (TA)

posterior cord of brachial plexus

Tronc nerveux formé par l’union des branches dorsales des trois troncs supérieur, moyen et inférieur du plexus brachial.
Il reste à la face postérieure de l’artère axillaire et se divise, au niveau du muscle petit pectoral, en nerf axillaire et nerf radial. Ses fibres proviennent de toutes les racines du plexus brachial de C4 à D1.

Syn. anc. tronc secondaire postérieur du plexus brachial, tronc radio-circonflexe

plexus brachial

[A1,H1]

Édit. 2018

faisceau unciné du cervelet l.m.

fasciculus uncinatus cerebelli (TA)

uncinate fasciculus of cerebellum

Petit faisceau archéocérébelleux efférent né du noyau du toit, croisé au niveau du cervelet qu’il quitte par le pédoncule cérébelleux supérieur controlatéral pour gagner les noyaux vestibulaires bulbo-pontiques opposés.

Syn. anc. faisceau en crochet de Russell, faisceau de Russell

[A1,H1]

Édit. 2018

fascia clavi-pectoral l.m.

fascia clavipectoralis (TA)

clavipectoral fascia

Fascia tendu du muscle subclavier au muscle petit pectoral.

Syn. anc. fascia coraco-claviculaire

[A1]

Édit. 2018

fasciola cinerea l.f.

 gyrus fasciolaris
fasciola cinerea
Petit ruban de couleur cendrée, qui unit l'hippocampe dorsal et ventral, au-dessous du bourrelet du corps calleux.

[D1]

Édit. 2018

fémur n.m.

femur, os femoris (TA)

femur, thigh bone

Os long qui forme à lui seul le squelette de la cuisse.
Le corps du fémur (diaphyse) est prismatique triangulaire et présente trois faces, une antérieure, une postéro-latérale, une postéro-médiale, et trois bords dont seul le postérieur forme un relief accentué, la ligne âpre. L’épiphyse supérieure est complexe et comporte la tête du fémur qui s’articule avec l’acétabulum, les grand et petit trochanters, et le col du fémur qui unit la tête aux deux trochanters et au corps du fémur. L’épiphyse inférieure, qui s’articule avec l’extrémité supérieure du tibia, est faite des deux condyles, médial et latéral ; ils sont séparés en arrière par la fosse intercondylaire et sont réunis en avant par la surface patellaire.

Syn. os fémur

[A1]

Édit. 2018 

Fenn (diagramme de) l.m.

Fenn's diagram

Diagramme cartésien (PO2 en abscisse, PCO2 en ordonnée) utilisé en réanimation pour régler l'oxygénothérapie au sol ou en médecine aéronautique (notamment au cours des évacuations aériennes) pour déterminer les pressions partielles des gaz de l'air alvéolaire et, par-là, celles des gaz du sang connaissant la pression barométrique (qui peut être estimée par l'altitude) et la composition du mélange inhalé.
L'axe des abscisses correspond à l'air inspiré, une horizontale à PACO2 = 40 mm de Hg représente l'air alvéolaire normal (en clinique cette horizontale doit être ajustée à la valeur habituelle du malade au repos). La droite qui joint le point de l'air ambiant à celui de l'air alvéolaire a une pente égale au quotient respiratoire, QR. Connaissant les PIO2 et PaCO2 ce diagramme permet de déterminer les gaz du sang du sujet normal et chez l'hypercapnique.
Ce diagramme permet de dégager plusieurs notions pratiques, notamment :
- il suffit d'un petit débit d'O2 additionnel pour normaliser la PAO2 d'un insuffisant respiratoire;
- l'exercice musculaire améliore l'oxygénation des poumons et du sang par augmentation du QR, inversement la baisse du QR au cours du sommeil par baisse de l'activité musculaire favorise l'hypoxie (phénomène net chez les patients sujets aux apnées du sommeil).

W. O. Fenn, H. Rahn, A. B. Otis, physiologistes américains (1946)

altitude, apnée du sommeil, hypercapnie, hypoxie, oxygénothérapie, quotient respiratoire

[G1,K1]

Édit. 2018 

fentes branchiales avec faciès caractéristique, retard de croissance, imperforation des canaux nasolacrymaux et vieillissement prématuré l.f.p.

branchial clefts with characteristic facies, growth retardation, imperforate nasolacrymal duct, and premature aging

Syndrome polymalformant de la tête avec fentes branchiales bilatérales, petit poids de naissance et retard de croissance.
Il existe également une ensellure nasale large, une protrusion de la lèvre supérieure, une bouche en carpe avec parfois pseudobec de lièvre, une obstruction des voies lacrymales, un strabisme congénital, d'autres anomalies sont possibles mais plus exceptionnelles comme un colobome, une microphtalmie, un palais ogival et des anomalies dentaires. L’affection est autosomique dominante (MIM 113620).

W. K. Lee, pédiatre américain (1982)

Syn. BOFS, branchio-oculofacial (syndrome), pseudofente hémangiomateuse de la lèvre et kyste branchial

[P1,P2,P3,Q2]

Édit. 2018 

fente sténopéique l.f.

stenopeic slit

Petit écran noir du diamètre d'un verre d'essai percé d'une fente de 1 mm de large sur 20 mm de long qui, placée sur l'axe visuel, améliore l'acuité visuelle en diminuant les cercles de diffusion dans le méridien correspondant à la fente.
Elle permet dans les astigmatismes irréguliers de mieux déterminer l'axe et la puissance du cylindre.

[P2]

Édit. 2018

Fessler (hamartome pilaire de) l.m.

Fessler’s hair hamartoma

Tumeur congénitale exceptionnelle, présente dès la naissance et consistant en un petit nodule siégeant sur l'oreille, contenant de nombreux poils matures et épais, plus ou moins bien différenciés auxquels quelques glandes sébacées rudimentaires peuvent être annexées.

A. Fessler, dermatologiste britannique (1924)

Syn. nævus du follicule pileux, nævus pilaire (obs.)

hamartome

[J1,Q2,]

Édit. 2018

fibrochondrogenèse n.f.

fibrochondrogenesis

Chondrodystrophie rare ordinairement létale à la naissance caractérisée par un nanisme par brièveté des membres, des anomalies faciales, des anomalies d’ossification.
Le facies est caractéristique : yeux saillants, nez petit, plat et narines antéversées, petite bouche avec micrognatie et philtrum allongé, langue bifide, division palatine. Les os des membres et les côtes sont grêles et courts, leurs extrémités renflées, le point d’ossification postérieur du rachis est absent, un hydrops fœtal  est fréquent. L’affection est probablement autosomique récessive. Le diagnostic prénatal est possible par échographie.

Ferdinanda Lazzaroni-Fossati, pédiatre italienne et P. Maroteaux, médecin généticien français (1978)

Étym. lat. fibra : filament ; gr. khondros : cartilage, génésis : formation

[I1,Q2]

Édit. 2018 

fissure anale l.f.

anal fissure

Ulcération superficielle, longitudinale, au niveau des plis radiés de l'anus, caractérisée par des douleurs rythmées par la défécation et une contracture du sphincter interne.
La fissure anale, le plus souvent unique, polaire, postérieure sauf chez la femme et n'atteint pas la ligne pectinée. Elle est ovalaire à large pôle inférieur cutané. Dans sa forme évoluée, elle peut être surmontée, au pôle externe par une marisque et prolongée au pôle interne par une papille hypertrophiée (complexe fissuraire). Le fond de la fissure atteint les fibres circulaires du sphincter interne.
Son extrémité inférieure peut être œdémateuse et recouverte d'un petit condylome ou fibrome "sentinelle".
La traduction clinique de la fissure anale est la douleur déclenchée par la défécation. La contracture du sphincter interne et l'intensité de la douleur rendent l'exploration difficile sans anesthésie locale ou régionale. La fissure anale peut se compliquer d'une infection sous-fissuraire et sur les berges de la lésion.
Le traitement est basé sur la leïomyotomie (section partielle du sphincter interne) dans la majorité des cas.
Le problème diagnostique est de savoir distinguer la fissure anale, lésion bénigne souvent en rapport avec des difficultés de la défécation, des autres fissurations de la région : cancer de l'anus à forme fissuraire, maladie de Crohn, fissurations ou ulcérations vénériennes.
L'examen anatomopathologique des fissures anales excisées est impératif.

B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

condylome, cancer de l'anus, maladie de Crohn

[L1]

Édit. 2019

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