Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1371 résultats 

éminence pyramidale l.f.

eminentia pyramidalis (TA)

pyramidal eminence

Petite saillie conique de la paroi postérieure mastoïdienne de la caisse du tympan.
Elle est située au-dessous de l’aditus ad entrum. Son sommet tronqué est percé d’un orifice d’où s’échappe le tendon du muscle stapédien.

Syn. anc. pyramide de la caisse du tympan

[A1]

Édit. 2019

émission thermoélectronique l.f.

emission thermoelectronique

Syn. émission thermo-ionique

effet thermoélectronique

[B1, B3]

Édit. 2019

encéphalomyélite aigüe disséminée l.f.

disseminated acute encephalomyelitis

Leucoencéphalomyélite aigüe caractérisée par la survenue de nombreuses lésions de démyélinisation disséminées, plus ou moins étendues.
Plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte, plus aigüe et sévère que dans la sclérose en plaques, comportant fréquemment une hypercytose du LCS, son évolution se fait sans poussées ultérieures vers la mort ou est suivie d'une stabilisation grevée de séquelles plus ou moins marquées. Elle s'apparenterait aux encéphalomyélites périveineuses secondaires des maladies infectieuses.

[H1]

Édit. 2019

encéphalopathie avec calcification intracrânienne, déficience en hormone de croissance, microcéphalie et dégénérescence rétinienne l.f.

encephalopathy with intracranial calcification, growth hormone deficiency, microcephaly, and retinal degeneration

Encéphalopathie héréditaire avec nanisme par déficit en hormone de croissance, calcification du noyau lenticulaire et dégénérescence rétinienne.
Deux familles ont été trouvées. Il faut ajouter une dysmorphie légère du visage, un retard mental léger, et une ataxie spastique apparaissant secondairement.
L’affection est autosomique récessive (MIM 225755).

Catherine Billard, neurologue française (1989)

[H1, O4, P2 , Q2]

Édit. 2019

encéphalopathies spongiformes subaigües transmissibles l.f.p.

transmissible subacute spongiform encéphalopathies (TSSE)

Affections nerveuses rencontrées chez l’Homme, les ruminants, le Chat et le Vison avec la possibilité d’une transmission inter-espèces, caractérisées par une dégénérescence du système nerveux central associée à une astrocytose, une perte neuronale et une spongiose diffuse et/ou intraneurale, avec une évolution toujours fatale.
C’est une zoonose, depuis la confirmation de la transmission de l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l’Homme à l’origine d’une crise sanitaire mondiale sans précédent en 1985.
L’agent étiologique, tout d’abord dénommé « agent transmissible non conventionnel », serait la conséquence de la transformation d’une protéine du soi (Protéine Prion cellulaire ou PrPc) en protéine résistante aux protéases et à la chaleur (PrPres ou prion), généralement identifiée dans les cerveaux des sujets atteints et admise comme marqueur spécifique de ces maladies. Elle a été découverte et identifiée par Stanley Prusiner en 1981.
Chez l’Homme il s’agit principalement de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), qu’il s’agisse des formes sporadiques, familiales ou transmises (transmission iatrogène ou alimentaire), du syndrome de Gertsmann-Sträussler-Scheinker  décrit en 1936, du Kuru (transmis par cannibalisme), de la maladie d'Alpers (développée dans l'enfance) ou de l’insomnie fatale familiale (IFF).
Chez l'animal, on connait depuis longtemps la tremblante ou « scrapie » du Mouton et de la Chèvre, l’encéphalopathie transmissible du Vison d’élevage, la maladie du dépérissement chronique des cervidés (en Amérique du Nord) et, depuis 1985, l’ESB ou "maladie de la Vache folle". Dans ce dernier cas il s’agissait d’une contamination intra-espèce par le recyclage de bovins morts de l’ESB dans la fabrication de farines animales, avec franchissement de la barrière d’espèce observée naturellement chez le Chat (encéphalopathie spongiforme féline) en 1990 puis chez l’Homme en 1996. 

S. B. Prusiner, neurobiologiste américain (1981), prix Nobel de médecine en 1997 ; H. G. Creutzfeldt, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; J. Gerstmann, neurologue américain ; E. Sträussler, neuropsychiatre autrichien et I.M. Scheinker, neuropatholologiste (1924) ; B. J. Alpers, neurochirurgien américain (1931)

Étym. angl. spongiform : en forme d'éponge (du gr. spoggia : éponge)

Sigle ESST

prion, encéphalopathies spongiformes subaigües transmissibles, tremblante du Mouton, encéphalopathie spongiforme bovine, Kuru, Creutzfeldt-Jakob (maladie de), Gerstmann-Straüssler-Scheinker (syndrome de), Alpers (maladie de), insomnie fatale familiale

[ D1, H1]

Édit. 2019

endométrite disséquante puerpérale l.f.

dissecting puerpueral endometritis

Infection puerpérale de l'endomètre étendue à la jonction du muscle proche de l’endomètre.

endométrite puerpérale

[O3,D1]

Édit. 2018

endomyocardite du nourrisson l.f.

endomyocarditis of the infant

endocardite constrictive

[K2,O1]

Édit. 2018

endomyocardite fibreuse du nourrisson l.f.

fibrous endomyocarditis of the infant

endocardite constrictive, fibroélastose de l'endocarde

[K2,O1]

Édit. 2018

enfouissement de verge l.m.

burying of penis

Anomalie d'implantation et de rapport réciproque de la verge et du scrotum qui fait partiellement disparaître le pénis dans les plis cutanés d'un scrotum à implantation trop haute, accompagnant généralement les hypospadias postérieurs et pouvant nécessiter une correction chirurgicale spécifique.

hypospadias

[M2, Q2]

Édit. 2020

enrichissement n.m.

enrichment

1) En analyse chimique, procédé permettant d’accroître la proportion d’un des constituants d’un mélange.
2) En microbiologie, procédé qui vise à augmenter, dans une microflore mixte, la proportion d'un type particulier de micro-organisme.

[C1, D1]

Édit. 2020

épaisseur au centre géométrique l.f.

geometrical center thickess

Épaisseur d'une lentille de contact en son centre géométrique.

[B3, P2]

Édit. 2020

épaisseur au centre optique l.f.

optical center thickness

Épaisseur d'une lentille de contact en son centre optique.

[B3, P2]

Édit. 2020

épaisseur de coupe l.f.

slice thickness

Épaisseur de chacune des tranches de l'objet examiné en tomographie classique, en scanographie, en tomoscintigraphie ou en IRM.

épaisseur nominale de coupe

[B2]

Édit. 2020

épaisseur nominale de coupe l.f.

nominal slice thickness

En scanographie, épaisseur théorique de coupe choisie par l'opérateur au moment de l'examen, déterminée par la collimation à la sortie du tube,
En scanographie non hélicoïdale (actuellement dépassée) où la table est fixe pendant l'acquisition, l'épaisseur nominale de coupe est égale à l'épaisseur réelle et on ne parle que d'épaisseur de coupe.

En scanographie hélicoïdale (la seule en usage actuellement) l'épaisseur réelle des coupes est modifiée par la vitesse de déplacement de la table pendant l'acquisition et par le mode d'interpolation, de sorte qu'elle est légèrement inférieure à l'épaisseur nominale.

scanographie

[B2]

Édit. 2020

épaisseur radiale du bord l.f.

radial edge thickness

Épaisseur d'une lentille de contact mesurée en un point déterminé proche du bord, normalement à sa face antérieure.

[B3, P2]

Édit. 2020

épidémiologie descriptive l.f.

Etude de la mortalité et de la morbidité (reconnue ou ressentie) au sein d'une population.

Syn. connaissance des indicateurs de santé

épidémiologie, enquête transversale

[E1]

Édit. 2020

épilepsie myoclonique bénigne du nourrisson l.f.

benign myoclonic epilepsy of infancy

Syndrome épileptique rare de la petite enfance (débutant entre 4 mois et 3 ans), qui se manifeste par des accès myocloniques généralisés brefs, s'accompagnant sur l'EEG de pointes-ondes ou polypointes-ondes généralisées.
Cette forme précoce de l'épilepsie généralisée idiopathique, dont le caractère familial est prononcé, répond très bien au traitement (valproate de sodium).

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

[H1, O1, Q2]

Édit. 2020

épilepsie myoclonique sévère du nourrisson l.f.

severe myoclonic epilepsy of infancy

Syndrome épileptique rare survenant dans la première année, se manifestant par des crises fébriles généralisées ou unilatérales, cloniques, fréquentes et prolongées, puis au cours de l'évolution par des accès myocloniques et des crises partielles.
À l'EEG, pointes-ondes et polypointes-ondes généralisées, souvent provoquées par la stimulation lumineuse intermittente ; présence d'anomalies focales.
Le tableau neurologique s'enrichit progressivement : ataxie, signes pyramidaux, myoclonies erratiques, parcellaires et segmentaires, plus tardivement déficit intellectuel et troubles de la personnalité. L'étiologie est inconnue, sauf à retenir des antécédents familiaux de convulsions fébriles et d'épilepsie dans 26% des cas.
Une résistance à tous les traitements est habituelle.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

myoclonie, ataxie, syndrome pyramidal 

[H1, H3, O1]

Édit. 2020

épiphysite vertébrale l.f

Scheuermann’s disease

Dystrophie spinale de croissance provoquant une cyphose thoracique douloureuse.
Affection, très fréquente, définie par la cunéiformisation antérieure d’au moins cinq degrés d’au moins trois vertèbres thoraciques adjacentes. Sa cause reste encore en partie obscure : prédisposition génétique, rôle de microtraumatismes répétés sur un complexe disco-épiphysaire fragilisé par une croissance rapide, faiblesse structurelle du complexe disco-vertébral…
La maladie peut être asymptomatique ou se révéler par des douleurs parfois associées à une hypercyphose throracique et une hyperlordose lombaire compensatrice. L’imagerie est caractéristique : irrégularité des plateaux vertébraux avec hernies intraspongieuses (le noyau discal pénètre en certains points dans le corps vertébral), hernies rétromarginales et déformation cunéiforme des vertèbres.
Le traitement repose sur la prise transitoire d'antalgiques quand nécessaire, et surtout la kinésithérapie tant que la maturation osseuse n'est pas acquise et que la cyphose reste réductible. Si la déformation s'avère importante, un corset peut être nécessaire.
Le pronostic est varaible en fonction de la sévérité de l’affection. Bon nombre de maladies de Scheuermann sont une découverte radiologique à l'âge adulte.

H. W. Scheuermann, chirurgien et radiologue danois (1920)

Syn. maladie de Scheuermann, ostéochondrose vertébrale de croissance

[I1, O1]

Édit. 2020

épisclère n.f.

episcleral tissue

Fin tissu conjonctif dense et vascularisé similaire à tout tissu conjonctif, adhérant au stroma scléral en dedans et à la capsule de Tenon en dehors.
Les fibrilles de collagène sont irrégulièrement disposées et moins compactes qu’au niveau du stroma scléral.

Étym. gr. scleros : dur au toucher

[A1,A2, P2]

Édit. 2020

épissage n.m.

splicing

En biologie moléculaire, soudure des deux segments d'ARN après excision d'un intron.

[Q1]

Édit. 2020

épissage alternatif l.m

alternative splicing

Mécanisme principal à l’origine de la diversité de nos cellules consistant à produire plusieurs ARN messagers avec des contenus en exons différents à partir d’un seul gène codant.
L’épissage alternatif touche la majorité (90%) des gènes codants incluant plusieurs exons avec, en moyenne, 6 à 8 transcrits différents par gène. En outre, l’épissage admet des variantes; d’où le nom d’épissage alternatif. Cela explique en grande partie le décalage entre le nombre de gènes codants (21000) et celui de protéines (plus de 100000). La première étape de la transcription est la formation d’un ARN prémessager. Une machinerie complexe, le splicéosome, faite de protéines, dont des ribonucléoprotéines, va reconnaître les sites d’épissage 3’ et 5’ sur la séquence des ARN prémessagers, assurer l’excision des introns et la ligature des exons et aboutir à la production de transcrits avec des contenus en exons différents. Lorsqu’un transcrit présente un codon stop prématuré, il est dégradé et ne produit pas de protéine. De nombreuses maladies rares sont dues à des altérations de l’épissage. Par exemple dans la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) touchant les garçons (1/3300), des mutations impliquant des sites 3’/5’ d’épissage aboutissent à la production d’une protéine tronquée. Les essais thérapeutiques consistent à fixer un oligonucléotide antisens sur un site d’épissage pour l’exclure et restaurer, ainsi, la production d’une protéine fonctionnelle.

épissage, Duchenne (dystrophie musculaire progressive de), ARN messager, exon, splicéosome, transcrit

[Q1]

Édit. 2020

Erdheim (nécrose aortique kystique médiane d') l.f.

Erdheim’s cystic medial necrosis of aorta

Anévrysme aortique disséquant, sans les signes de la maladie de Marfan, avec ectopie de la couche pigmentée de l'iris localisée sur la face antérieure de l'iris.
L'ectopie de l'épithélium pigmenté sur la face antérieure de l'iris donne par sa couleur sombre l’apparence d'un colobome irien. L’affection est autosomique dominante (MIM 132900).

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1929) ; R. Antley, pédiatre et généticien et D. Bixler, stomatologue et généticien  américains (1975) ; A. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896)

Syn. dissection aortique familiale, annuloectasiante de l'aorte (maladie)

anévrysme, Marfan (maladie de), colobome irien

[Q2,P2,K4]

Édit. 2018 

érectile (tissu) l.m.

erectile tissue

Tissu dont la structure histologique comporte de larges alvéoles vasculaires ou espaces lacunes, véritables éponges qui peuvent s’emplir de sang artériel, ce qui provoque une augmentation de leur taille, de leur dureté et leur redressement.
C’est essentiellement le cas des corps caverneux et du corps spongieux (d’où leur nom). A la suite de stimuli divers, plusieurs facteurs chimiques et le système nerveux autonome, via les nerfs caverneux, commandent le remplissage de leurs espaces lacunes par du sang artériel issu de branches de l’artère pudendale interne. Ce remplissage est favorisé par la contraction des muscles bulbo-caverneux et ischio-caverneux du périnée qui compriment la base des corps érectiles et par la compression des veines de drainage.
Ce mécanisme est responsable de l’érection.

Étym. lat. erigere, erectum : relever

érection

[A2, C2, M3]

Édit. 2020 

Ernst (angle de) l.m.

En IRM, valeur optimale de l'angle de bascule du vecteur d'aimantation des protons en fonction de TR et du T1 des tissus

Lorsque le TR est long par rapport au T1 du tissu examiné (séquence d'écho de spin), après l'impulsion de radiofréquence de 90°, l'aimantation longitudinale , devenue nulle, a le temps de repousser complètement avant l'impulsion suivante ; l'angle de bascule de 90° permet d'obtenir le signal maximum.
Lorsque le TR est court par rapport au T1 du tissu (séquence d'écho de gradient), après une impulsion de π/2, n'a pas le temps de repousser complètement avant l'impulsion suivante et le signal est faible.
Pour permettre d'atteindre un signal maximal, l'angle de bascule, inférieur à 90°, doit être d'une valeur optimale (angle de Ernst) qui correspond à une aimantation résiduelle après bascule de , telle que la repousse de aura le temps d'être complète. Par exemple, pour un tissu dont T1 = 500 ms (substance blanche), si TR = 2500 ms (écho de spin), l'angle de bascule sera de 90°; mais si TR n'est plus que de 100 ms, la valeur optimale de l'angle n'est plus que de 35°. C'est ce qui permet de diminuer le temps d'acquisition en réduisant le TR dans les séquences d'écho de gradient (réduction de TR par suppression de l'impulsion de 180°).

R. R. Ernst, physicochimiste suisse, prix Nobel de chimie en 1991 (1966)

[B2,B3]

Édit. 2018 

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