entéro-IRM l.f.
MRI enterography , MRI enteroclysis
IRM de l’intestin grêle après ingestion de produit de contraste (eau ou solution de polyéthylène glycol), ou injection de celui-ci par une sonde jéjunale (entéroclyse).
Les principales indications sont le bilan et le suivi d'une maladie de Crohn ou d'une maladie coeliaque, l'identification du niveau de l'obstruction de l'intestin grêle et de sa cause (tumorale en particulier), en évitant l’irradiation d’un entéroscanner.
→ entéroscanner, entéroclyse, maladie de Crohn, maladie coeliaque
[B2, B3, L1]
Édit. 2020
épidémiologie génétique l.f.
genetic epidemiology
Étude de facteurs génétiques intervenant dans le déterminisme d'une maladie ou d'un caractère particulier.
Les études familiales permettent d'évaluer statistiquement l'importance des composantes génétiques en comparant la fréquence de la maladie chez les sujets apparentés aux malades, à la fréquence dans la population générale.
Les études épidémiologiques utilisant des analyses de ségrégation visent à déterminer le mode de transmission des facteurs génétiques impliqués dans les maladies familiales.
Les études de jumeaux et d'adoption ont pour but de faire la part entre facteurs génétiques et environnementaux.
→ épidémiologie, génétique en psychiatrie
[E1, Q1]
Édit. 2020
épisclérite n.f.
episcleritis
Atteinte inflammatoire de l'épisclère.
Elle est soit de forme diffuse, soit de forme nodulaire, rencontrée au cours de nombreuses maladies systémiques inflammatoires, en particulier la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la maladie de Behçet.
H. Behçet, dermatologue turc (1937) ; B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)
Étym. gr. scleros : dur au toucher
→ épisclère, polyarthrite rhumatoïde, Crohn (maladie de), Behçet (maladie de)
[N3, P2]
Édit. 2020
Erysipelothrix rhusiopathiae n.m.
Erysipelothrix rhusiopathiae
Bacille à Gram positif, commensal chez de nombreux animaux : mammifères (Porc, gros bétail), poissons et crustacés.
Cette bactérie est responsable, chez l’Homme, du rouget du Porc, maladie professionnelle des bouchers, pêcheurs, vétérinaires, employés d’abattoirs. On en distingue deux formes cliniques : l’une cutanée (érysipéloïde de Rosenbach), l’autre, plus rare, systémique (bactériémie avec endocardite). L’identification de cette bactérie est obtenue par culture d’une biopsie cutanée ou par hémoculture. Erysipelothrix rhusiopathiae est sensible aux pénicillines, aux macrolides et aux fluoroquinolones. Le rouget du porc est une maladie professionnelle dans le régime général et le régime agricole de la Sécurité Sociale.
J. Rosenbach, chirurgien allemand (1842-1923)
[J1,D1,K2,D5]
Édit. 2018
érythème noueux l.m.
erythema nodosum
Forme typique d'hypodermite nodulaire aigüe débutant par un syndrome fébrile d'allure grippale qui précède l'apparition de nouures, douloureuses surtout lors de la station debout, chaudes, fermes, peu nombreuses, mesurant de un à quatre centimètres, et siégeant sur les faces d'extension des jambes et des genoux, moins souvent sur les cuisses et les avant-bras.
L’histologie montrerait une péricapillarite à polynucléaires neutrophiles au début, enrichie plus tardivement d’un infiltrat lymphohistiocytaire.
L'évolution se fait vers la disparition des nouures, spontanée ou sous traitement ; chaque élément passe par les teintes de la biligénie locale et disparaît sans séquelles. Les récidives sont fréquentes. Alors qu'autrefois l'érythème noueux était considéré comme une manifestation de la primo-infection tuberculeuse, les causes en sont actuellement nombreuses : sarcoïdose, yersiniose, suspectée en cas de syndrome pseudoappendiculaire précédant les nouures, infection à streptocoque bêta hémolytique, évoquée devant l'existence d'une angine précédant l'éruption cutanée, médicaments (aspirine, anti-inflammatoire non stéroïdien, œstroprogestatif), infection à Chlamydiae, maladie des griffes du chat, tuberculose, poussées de rectocolite hémorragique ou de maladie de Crohn, etc. Le traitement est celui de la cause.
Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau
[J1,D1,N3]
Édit. 2018
érythroblastopénie n.f.
erythroblastopenia
Absence ou rareté (moins de 5 % des éléments nucléés) des érythroblastes médullaires dans une moelle apparemment de richesse normale, où les lignées mégacaryocytaires et granulocytaires sont présentes.
Les causes principales sont chez l'enfant la maladie de Blackfan-Diamond, l'érythroblastopénie transitoire et l'érythroblastopénie aigüe liée au parvovirus B19 qui s'exprime surtout au cours des hémolyses constitutionnelles. Chez l'adulte, l'érythroblastopénie peut s'associer à un thymome, à une hémopathie lymphoïde ou à une maladie auto-immune.
K. D. Blackfan et L. K. Diamond, pédiatres américains (1938)
Étym. gr. eruthros : rouge ; blastê : germe, bourgeon; penia : pauvreté
→ Blackfan-Diamond (maladie de), parvovirus B19, thymome
[F1]
Édit. 2018
érythrodermie ichtyosiforme congénitale bulleuse l.f.
Brocq’s bullous erythroderma ichthyosiformis congenita
Éruption cutanée bulleuse, rougeâtre, à la naissance, puis secondairement hyperkératose avec aspect en "hérisson" secondaire aux squames.
Aspect à la naissance de bébé ébouillanté, puis lors de l'hyperkératose rigidité de la peau aux épaules, genoux et coudes avec importantes squames. Le renouvellement de ces squames est très rapide puisque le kératinocyte traverse l'épiderme de la membrane basale à la couche cornée en 4 jours. Les complications oculaires sont dues aux rétractions cutanées des paupières: ectropion, symblépharon, rougeur conjonctivale et lésions cornéennes. La maladie est due à une mutation dans le gène de la kératine en 12q11-13. La maladie de Leiner-Moussu correspond à la forme infantile de la dermatose. L’affection est autosomique dominante (MIM 113800).
L. Brocq, dermatologue français, membre de l’Académie de Médecine (1902) ; Sir E. W.J. Wilson, dermatologue britannique (1870) ; C. Leiner, pédiatre autrichien (1908), A. Moussous pédiatre français (1857-1926)
Étym. gr. eruthros : rouge ; derma : peau ; ichthus : poisson
Syn. érythrodermie ichtyosiforme bulleuse, hyperkératose épidermolytique, Wilson-Brocq (maladie de), Leiner-Moussus (maladie de)
[J1,O1,Q2]
Édit. 2018
établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires l.m.
establisment of preparation and response to health emergencies
Remplacé depuis le 1er mai 2016 par l’Agence nationale de santé publique, ses missions antérieures sont décrites ci-dessous.
Chargé de la gestion des moyens de lutte, cet établissement se tient en réserve, contre les menaces sanitaires graves ou majeures, telle une pandémie grippale, tant du point de vue humain - réserve sanitaire - que du point de vue matériel - produits et services.
La réserve sanitaire met en œuvre, suivant l’importance des évènements, une réserve d’intervention et une réserve de confort. La réserve d’intervention est composée de professionnels de santé. La réserve de confort fait appel à des professionnels de santé retraités, des étudiants en médecine ou paramédicaux et à d’autres professionnels répondant à des critères définis par arrêté ministériel. Tous les membres de ces réserves doivent souscrire un engagement d’une durée de trois ans.
Cet établissement doit également constituer et gérer une réserve de produits et de services comprenant tous les articles, appareils, médicaments, vaccins, biens et objets destinés à lutter contre les risques sanitaires encourus. Il doit tenir prêts tous les plans opérationnels nécessaires pour que l’État puisse se servir de l’ensemble de ces produits.
Institué par la loi du 5 mars 2007 relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur, l’établissement est placé sous la tutelle des ministères de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative. Son budget est financé, par moitié, par l’État et les caisses d’assurance maladie. Son conseil d’administration a, de même, une composition paritaire : sur ses 24 membres, 12 représentent l’État et les 12 autres, les régimes d’assurance maladie.
Sigle EPRUS
→ Agence nationale de santé publique
[E1]
Édit. 2018
Evans (syndrome d') l.m.
Evans syndrome
Maladie hématologique rare associant une anémie hémolytique auto-immune à une thrombopénie immune ; une neutropénie s’inscrit quelquefois dans l’affection.
Cette anémie s’accompagne de la présence d’auto-anticorps anti-érythrocytaires objectivée par un test de Coombs direct positif et la thrombopénie d’anticorps anti-plaquettes. Ces cytopénies auto-immunes peuvent être le signe d’une maladie auto-immune systématisée ou d’une connectivite.
R. S. Evans, hématologue américain (1951)
[F1,F3,N3]
Édit. 2018
éviction n.f.
eviction
Mesure légale de prophylaxie interdisant à des élèves ou à des membres du personnel enseignant, atteints d’une maladie contagieuse ou ayant été en contact avec une personne présentant l’une de ces infections, de se rendre dans un établissement d’enseignement ou un centre de loisirs pendant une durée définie.
La durée d’éviction varie selon la maladie infectieuse en cause.
[E1,D1]
Édit. 2018
examens médicaux en médecine du travail l.m.p.
Examens prévus par la réglementation française (code du travail, décret n° 2012-135 du 30 janvier 2012).
1-Examen d'embauche ( Art. R. 4624-10)-Le salarié bénéficie d'un examen médical avant l'embauche ou au plus tard avant l'expiration de la période d'essai par le médecin du travail.
L'examen médical d'embauché a pour finalité (Art. R. 4624-11.)-:
- de s'assurer que le salarié est médicalement apte au poste de travail auquel l'employeur envisage de
l'affecter ;
- de proposer éventuellement les adaptations du poste ou l'affectation, à d'autres activités ;
- de rechercher si le salarié n'est pas atteint d'une affection dangereuse pour les autres travailleurs ;
- de sensibiliser le salarié sur les moyens de prévention à mettre en œuvre.
2- Examens périodiques (Art. R. 4624-16.) :
Le salarié bénéficie d'examens médicaux périodiques, au moins tous les 24 mois par le médecin du travail.
Ces examens ont pour finalité de s'assurer du maintien de l'aptitude médicale du salarié au poste de travail occupé et de l'informer sur les conséquences médicales des expositions au poste de travail et du suivi médical nécessaire.
3-Examens de surveillance médicale renforcée (Art. R. 4624-18.) :
Bénéficient d'une surveillance médicale renforcée : les travailleurs âgés de moins de dix-huit ans, les femmes enceintes, les travailleurs handicapés et les salariés soumis à certaines expositions.
Ce sont les expositions à l'amiante, aux rayonnements ionisants, au plomb, au risque hyperbare, au bruit, aux vibrations, aux agents biologiques, aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction de catégories l et 2.
En vue de favoriser le maintien dans l'emploi des salariés en arrêt de travail d'une durée de plus de trois mois, une visite de pré-reprise est organisée par le médecin du travail à l'initiative du médecin traitant, du médecin conseil des organismes de sécurité sociale ou du salarié.
Au cours de l'examen de pré-reprise, le médecin du travail peut recommander (Art. R., 4624-22 ):
- des aménagements et adaptations du poste de travail ;
- des préconisations de reclassement ;
- des formations professionnelles à organiser en vue de faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle.
Le salarié bénéficie d'un examen de reprise du travail par le médecin du travail (Art. R. 4624-22) :
- après un congé de maternité ;
- après une absence pour cause de maladie professionnelle ;
- après une absence d'au moins trente jours pour cause d'accident du travail, de maladie ou d'accident non professionnel.
L'examen de reprise a pour objet (Art. R. 4624-23.):
- de délivrer l'avis d'aptitude médicale du salarié à reprendre son poste ;
- de préconiser l'aménagement, l'adaptation du poste ou te reclassement du salarié ;
- d'examiner les propositions d'aménagement, d'adaptation du poste ou de reclassement faites par l'employeur à la suite des préconisations émises par le médecin du travail lors de la visite de pré-reprise.
Dès que l'employeur a connaissance de la date de la fin de l'arrêt de travail, il saisit le service de santé au travail qui organise l'examen de reprise dans un délai de huit jours à compter de la reprise du travail par le salarié.
4- Examens de pré-reprise et de reprise du travail (Art. R. 4624-20.)
[E2]
Édit. 2018
expertise psychiatrique l.m.
psychiatric examination
Mesure d’instruction obligatoire lorsque le chef d'accusation est de nature criminelle (processus pénal) ou dans des situations de libération conditionnelle, facultative à toute étape du processus judiciaire en cas de délit.
La finalité première est de dire :
- si le sujet mis en examen présente une maladie mentale ayant participé à l'accomplissement des faits reprochés,
- si ces troubles mentaux sont de nature à abolir (article 122-1 du Code pénal) ou atténuer (article 122-2 du Code pénal) la responsabilité du sujet.
La finalité est aussi d'indiquer un pronostic c'est à dire le niveau de risque de troubles récurrents du comportement.
Les questions habituellement posées à l'expert sont:
- le sujet présente-t-il des troubles psychiques, si oui à quelle affection se rattachent ils ?
- les faits reprochés sont-ils en relation avec ces anomalies?
- le sujet présente-t-il un état dangereux ?
- le sujet est-il accessible à une sanction pénale ?
- le sujet doit-il être considéré comme ayant été au moment des faits sous l'emprise d'une force ayant aboli ou ayant altéré son discernement ou le contrôle de sa volonté ?
La mission d'expertise psychiatrique est confiée à un médecin psychiatre inscrit sur une liste d'experts établie tous les 5 ans par une Cour d'appel ou sur la liste établie tous les7 ans par la Cour de cassation (experts dits nationaux).Elle peut exceptionnellement être confiée à un psychiatre choisi pour une compétence particulière et ayant préalablement prêté serment pour l'accomplissement de la mission.
Le professionnel rédige un rapport écrit à l'intention de l'autorité judiciaire lui ayant confié la mission. La procédure pénale prévoit qu'il intervienne comme témoin devant la Cour d'assises si le procès à lieu (sujet déclaré responsable ou partiellement responsable de ses actes) ou devant la Chambre de l'instruction en cas de décision d'application de l'article 122-1du code pénal (sujet déclaré irresponsable en raison d'une maladie mentale)
[E3,H3]
Édit. 2018
Faenia rectivirgula
Faenia rectivirgula
Actinomycète thermophile, l’un des principaux agents de l’alvéolite allergique extrinsèque (maladie du poumon de fermier, maladie du poumon d’éleveur d’oiseaux).
→ maladie du poumon de fermier, maladie du poumon d'éleveur d'oiseaux
[D4]
Édit. 2018
Fanconi (syndrome de) l.m.
Fanconi's syndrome
Syndrome dont les manifestations habituelles qui peuvent faire longtemps défaut, sont un retard de croissance, des signes d'ostéomalacie avec déformations et fractures, une acidose métabolique des manifestations et hypokaliémie avec pseudoparalysies.
Lié à un défaut de la réabsorption tubulaire proximale il a pour conséquence une excrétion urinaire accrue des phosphates, des amino-acides, du glucose, des bicarbonates, de l'acide urique associée éventuellement à une protéinurie de type tubulaire. Ses causes sont multiples.
- Le syndrome peut être héréditaire de caractère autosomique récessif et dans ce cas reste souvent isolé. Il peut s'associer à d'autres anomalies et s'intégrer aux manifestations de la cystinose, de la galactosémie, de la drépanocytose, de la thalassémie, de la maladie de Wilson, au syndrome de Lowe, au syndrome de Luder-Sheldon.
Formes sans cystinose : infantile (MIM 227700), avec rachitisme résistant à la vitamine D aux doses habituelles, qui aboutit à un nanisme dysharmonieux. Adulte, qui débute vers 40 ans, sans dépôts de cystinose démontrables, et réalise une ostéomalacie douloureuse avec parfois une néphrocalcinose, dominante (MIM 134600) et récessive (MIM 227800).
Formes associées à une cystinose: cystinose infantile néphropathique (MIM 219800), autosomique récessive, apparait dans la première enfance. La cystinose juvénile néphropathique (MIM 219900) apparaît à l'âge de 10 ans assez lente et la maladie de Fanconi de l'adulte (MIM 219750) avec dépôts de cystine dans la cornée sans atteinte tubulaire rénale et sans dépôts de cystine.
Formes associées à une tyrosinémie de type I, II ou III, affections I et II avec cirrhose hépatique et altération rénale, (MIM 276700, MIM 276600.0001fff), et cirrhose hépatique et rachitisme vitaminorésistant dans le type III, (MIM 276710).
- Il est souvent acquis secondaire à une nécrose tubulaire aigüe, à une intoxication par divers produits chimiques tels que le lysol, le nitrobenzène, les salicylates, les tétracyclines périmées et par certains métaux lourds comme le bismuth, le cadmium, le plomb, le mercure, l'uranium.
- Il peut compliquer l'évolution d'une hypokaliémie sévère, d'une hyperparathyroïdie, d'un syndrome de Sjögren, d'un myélome multiple, d'un rejet de greffe.
Syn . syndrome de De Toni, Debré, Fanconi
G. de Toni, pédiatre italien (1933) ; R. Debré, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1934) ; G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1936) ; S.A.K. Wilson, neurologue britannique (1912) ; C.U. Lowe, pédiatre américain (1952) ; J. Luder et W. Sheldon, pédiatres britanniques (1955)
→ néphropathie tubulaire chronique
[M1,Q3]
Édit. 2018
fibromatose de l'aponévrose plantaire de Ledderhose l.f.
Ledderhose's syndrome
Affection caractérisée par la formation de nodules fibreux dans l'aponévrose plantaire et sur les tendons fléchisseurs des orteils.
Une déformation des orteils en griffe est beaucoup plus rarement observée que dans son équivalent palmaire, la maladie de Dupuytren, à laquelle elle peut être assimilée, ainsi qu'à la maladie de Lapeyronie, éventuellement dans le cadre de la polyfibromatose héréditaire de Touraine.
G. Ledderhose, chirurgien allemand (1894) ; G. Dupuytren , chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1831) ; F. Gigot de Lapeyronie, chirurgien français (1743)
Syn. maladie de Ledderhose
[A3,F5,J1]
Édit. 2018
fibrome n.m.
fibroma
Tumeur bénigne faite de faisceaux enchevêtrés de cellules fusiformes bien différenciées, fibrocytes et fibroblastes mêlés à des fibres de collagène d'abondance variable.
Certaines lésions, les pseudotumeurs, que l'on peut placer entre les proliférations cellulaires « réactionnelles » et les proliférations tumorales et dénommées fibromatoses, peuvent imiter cliniquement et histologiquement une tumeur conjonctive fibroblastique. Ces fibromatoses atteignent les aponévroses palmaires et plantaires dans la maladie de Dupuytren ; les cloisons conjonctives séparant les corps caverneux du pénis dans la maladie de
Lapeyronnie, ainsi que des structures musculo-aponévrotiques, abdominales principalement : tumeur desmoïde ou fibromatose agressive.
G. Dupuytren , chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1831) ; F. Gigot de Lapeyronie, chirurgien français (1743)
→ fibrome utérin, Dupuytren (maladie de), Lapeyronie (maladie de)
[F5]
Édit. 2018
fibrome molluscum l.m.
skin tag, cutaneous fibrous polyp
Petite formation bénigne pédiculée, de consistance molle, fréquente après la quarantaine, surtout chez la femme, siégeant dans le voisinage des plis génitocruraux et axillaires, dans les régions sous-mammaires, sur le cou et le haut du dos.
Elle est souvent unique ou limitée à quelques exemplaires; si les lésions sont nombreuses et plus volumineuses, l'existence d'une maladie de Recklinghausen doit être recherchée.
A l'examen histologique, on observe, sous un épiderme normal ou légèrement acanthosique, un tissu conjonctif lâche, riche en capillaires sanguins et lymphatiques béants. Dans les tumeurs accompagnant la maladie de Recklinghausen, la structure d'un neurofibrome peut être retrouvée. Le traitement consiste en l'application d'azote liquide ou en la section du pédicule.
F. D. von Recklinghausen, anatomopathologiste allemand (1882)
Syn. acrochordon, fibrome mou, molluscum pendulum
→ Recklinghausen (maladie de von)
[F5,J1]
Édit. 2018
fibroscan® n. angl.
Le fibroscan®, appelé aussi élastométrie impulsionnelle est un marqueur non invasif de la fibrose qui apprécie l’élasticité du foie et dont le résultat est exprimé en kiloPascal (kPa).
Pour mesurer cette élasticité, le fibroscan® utilise l’élastographie impulsionnelle à vibration contrôlée qui permet de mesurer la vitesse de propagation dans le foie d’une onde de choc. En pratique, un capteur à ultrasons monté sur un système vibrant, crée une onde sismique de basse fréquence (50 Hertz) entre les côtes, à la surface de la peau. Cette technique est en effet la seule qui mesure l’élasticité à une fréquence prédéterminée et contrôlée (50 Hertz) ce qui est primordial puisque l’élasticité augmente avec la fréquence. La vitesse de propagation de l’onde sismique est mesurée par ultrasons par le transducteur et dépend de la dureté de l’organe qu’elle traverse.
La mesure obtenue permet de quantifier la dureté du foie : plus il est dur, donc fibreux, plus la propagation de l’onde est rapide.
Trois sondes sont disponibles : S pour les enfants, M pour les adultes et XL pour les obèses.
Le Fibroscan® est réalisé sur un malade couché, non à jeun, et le résultat est obtenu immédiatement. La sonde est positionnée par l'opérateur au niveau d'un espace intercostal en regard du lobe droit du foie (en pleine matité). Dix mesures valides sont nécessaires. Les résultats exprimés, compris entre 2,5 et 75 kPa, correspondent à la médiane de dix mesures valides. Lors de l'interprétation des résultats il faut prendre en compte deux éléments : l'interquartile range (IQR) qui apprécie la variabilité des mesures valides et qui doit être inférieur à 30 % de la médiane ; le taux de réussite (nombre de mesures valides par rapport au nombre de mesures effectuées) qui doit être supérieur à 60 %.
Initialement conçu pour l’appréciation de la fibrose du foie dans l’hépatite chronique C, ses indications se sont élargies aux autres maladies de foie (cause toxique comme l’intoxication alcoolique chronique, autres hépatopathies chroniques hépatite B, les stéatopathies non alcooliques etc…). L’interprétation du résultat doit être faite par un spécialiste hépatologue. L'analyse d'une population témoin a fourni des chiffres normaux autour de 5,5 kPa. Si un résultat supérieur à 8kPa permet de suspecter une fibrose avancée et un résultat supérieur à15 kPa est en faveur d’une cirrhose, les seuils varient en fonction de la cause de la maladie (différents entre une hépatite chronique virale C, B, une hépatopathie alcoolique, une maladie biliaire telle la cholangite biliaire primitive etc…) et une inflammation intrahépatique pouvant donner des résultats aberrants (ainsi il n’est pas recommandé de prescrire un fibroscan® en phase d’hépatite aigue lorsque les transaminases sont très élevées)
Les échographes actuels sont pratiquement tous munis de divers systèmes de mesure de l’élasticité tissulaire qui concurrencent le fibroscan®. Il s'agit ici d'une élastographie ultrasonique dynamique avec impulsion ultrasonique, shear wave elastography (SWE). La SWE est utilisée pour l'étude des nodules mammaires, thyroidiens, l'appréciation de la fibrose rénale et l'étude d'autres organes.
Syn. élastométrie impulsionnelle
→ marqueurs non invasifs de fibrose hépatique
[B3, L1]
Édit. 2019
fièvre boutonneuse méditerranéenne l.f.
mediterranean spotted fever, boutonneuse fever
Maladie infectieuse, due à Rickettsia conorii, transmise par des tiques de Chiens et de rongeurs, endémique dans le bassin méditerranéen, en Afrique et au Moyen-Orient, associant, après une incubation d'une semaine, une escarre d'inoculation ou tache noire, une fièvre élevée et un exanthème papuleux.
La forme classique est endémique dans le bassin méditerranéen. La transmission a lieu en été, en zone péri-urbaine, grâce aux larves et aux nymphes de la tique du Chien Rhipicephalus sanguineus. Des atteintes viscérales (hépatique, méningée, cardiovasculaire, rétiniennes) sont rares et responsables de la létalité qui est d'environ 2%. Le plus souvent, l'évolution est favorable en quelques jours sous antibiothérapie initiée précocement (cyclines ou fluoroquinolones). Sous des formes légèrement différentes, la maladie existe aussi en Afrique, au Moyen-Orient et dans le sous-continent indien. Cette rickettsiose touche également des animaux (Chiens).
A. Carducci, médecin interniste italien (1920)
Syn. fièvre de Marseille, fièvre du Kenya, maladie de Carducci
→ Rickettsia conorii, fièvre boutonneuse indienne, fièvre boutonneuse d'Astrakhan, fièvre boutonneuse d'Israël
[D1,D4]
Édit. 2018
fièvre catarrhale ovine l.f.
blue tongue
Maladie animale due à un virus à ARN du genre Orbivirus (famille des Reoviridae) transmis par des Culicoides, atteignant surtout les ovins.
Chez les ruminants, le virus infecte les cellules endothéliales vasculaires, les macrophages et les cellules dendritiques, entraînant des thromboses vasculaires et des nécroses ischémiques des tissus. La maladie est rarement observée et généralement bénigne chez les caprins et les bovins ; le mouton est l'animal le plus fréquemment atteint et le plus sensible. Chez ce dernier, après une incubation de 2 à 6 jours, sont observés, en cas de forme aiguë sévère : fièvre, anorexie, phénomènes congestifs et hémorragiques des muqueuses buccales évoluant vers l'ulcération, cyanose de la langue, pétéchies cutanées, perte de la laine, myosite dégénérative, complications pulmonaires ou digestives et, finalement, un taux de mortalité élevé. Il existe toutefois des formes légères et l'infection peut même parfois demeurer inapparente.
Ce virus infecte, de manière asymptomatique, de nombreux animaux sauvages.
Limité à l'Afrique sub-saharienne jusqu'en 1943, il et est aujourd'hui présent dans le monde entier entre 50° N et 40° S: Afrique, Moyen-Orient, bassin méditerranéen, Asie, Amériques, Australie. L'Europe fut autrefois (dans les années 1950) temporairement touchée par cette arbovirose qui s'y est à nouveau implantée sous forme enzootique à partir de 1999.
On connaît quelques 25 sérotypes viraux. Tous sont transmis par des Diptères Cératopogonides du genre Culicoides, en particulier C. imicola dans l'Europe méditerranéenne, C. obsoletus en Europe du Nord. Des vaccins vivants atténués ou inactivés sont disponibles contre certains sérotypes ; des vaccins recombinants sont à l'étude.
Syn. blue tongue, maladie de la langue bleue
[D1,D5]
Édit. 2018
fièvre de la Oroya l.f.
Oroya fever
Maladie infectieuse s’observant au Pérou et provoquée par Bartonella bacilliformis.
Cette bactérie à Gram négatif, de la famille des Bartonellaceae, est transmise à l’homme par un phlébotome. La fièvre de La Oroya, au cours de laquelle la bactérie colonise les érythrocytes, se traduit par une anémie hémolytique fébrile accompagnée d'ictère et d'hépatosplénomégalie, dont la mortalité est élevée en l’absence de traitement antibiotique (tétracyclines, macrolides). Plusieurs semaines ou mois après cette maladie, peuvent se développer des lésions verruqueuses cutanées (verruga peruana ou peruviana).
D. A. Carrión (1850-1885), étudiant en médecine péruvien, s'inocula un broyat de verruga et mourut de la forme septicémique de la maladie (dite aussi maladie de Carrión)
Étym. La Oroya : ville du Pérou
Syn. Carrión (maladie de)
[D1]
Édit. 2018
fièvre Q l.f.
Q fever
Infection par Coxiella burnetii, parfois transmise par la piqûre et les déjections de différents acariens (Amblyomma, Dermacentor, Rhipicephalus, Ixodes, Argas, Ornithodoros) et dont le réservoir est constitué par de nombreux animaux sauvages.
Il s'agit d'une maladie très polymorphe. L'incubation est en moyenne de 20 jours. Sous sa forme aiguë, elle se manifeste souvent par un syndrome pseudo-grippal, une hépatite ou une pneumopathie. Un exanthème est fréquent. Des manifestations neurologiques (méningite, encéphalite, névrite, diplopie…), rénales (protéinurie), hématologiques (thrombopénie, anémie), cardiovasculaires (péricardite, myocardite) s'observent parfois. La forme chronique se manifeste généralement par une endocardite chez des patients déjà porteurs d'une anomalie valvulaire. En cas d'infection lors de la grossesse, un accouchement prématuré ou une mort fœtale peut survenir. Le traitement repose sur l'antibiothérapie par doxycycline ou fluoroquinolones. Les infections inapparentes sont certainement fréquentes. Elle est cosmopolite et peut sévir par épidémies saisonnières ou sous forme de cas sporadiques.
De nombreuses espèces de tiques, appartenant à des genres variés, peuvent transmettre C. burnetii.
Cette bactérie infecte de nombreux animaux sauvages et domestiques. Le bétail représente la première source des contaminations humaines, surtout lors de la mise bas (maladie professionnelle) mais ce sont les rongeurs qui constituent le principal réservoir de germes.
E. H. Derrick, microbiologiste australien (1937) ; F. M. Burnet, Sir, virologue et immunologiste australien, prix Nobel de Médecine en 1960 (1937)
Étym. de query fever (fièvre étrange). A ne pas confondre avec la fièvre à tiques du Queensland
Syn. maladie de Derrick et Burnet
[D1,D4,L1,K1,E2]
Édit. 2018
fièvres typhoïde et paratyphoïdes l.f.p.
typhoid fever
Maladies fébriles sévères dues à Salmonella enterica sérotype Typhi (bacille d’Eberth) et Salmonella enterica sérotype Paratyphi A, B ou C, bacilles à Gram négatif de la famille des Enterobacteriaceae.
La maladie est liée à une bactériémie à point de départ lymphatique mésentérique. Le réservoir de germes est humain. La contamination se fait par les selles des malades ou de porteurs sains chroniques. La transmission est directe par contact avec des produits souillés, soit plus souvent indirecte par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. En France, les cas autochtones sont devenus très rares, la majorité étant importée de zones d’endémie (zones tropicales, Afrique du Nord, etc.).
L’incubation de la maladie dure de 7 à 15 jours ; le début est progressif le plus souvent ; la période d’état associe fièvre, prostration (tuphos), diarrhée et une symptomatologie extrêmement variable. Le diagnostic repose sur les hémocultures, éventuellement la coproculture, accessoirement sur le test sérologique de Widal et Félix. Les principales complications sont digestives (hémorragies, perforations), myocardiques, cérébrales, etc. Le traitement repose sur l’antibiothérapie, principalement les fluoroquinolones ou les céphalosporines de 3e génération, se substituant au chloramphénicol, à l’ampicilline, au cotrimoxazole. Une nouvelle vaccination (vaccin polyosidique capsulaire) a remplacé le vaccin TAB ancien. Elle ne protège que contre S. enterica sérotype Typhi. Les mesures d’hygiène restent essentielles dans la lutte contre les fièvres typhoïdes. En France, cette infection est à déclaration obligatoire.
Syn. dothiénenterie (obsolète)
[D1]
Édit. 2018
fistule vésico-intestinale l.f.
vesico-intestinal fistula
Communication anormale entre la vessie et un segment intestinal, grêle ou côlon, liée habituellement à l'évolution d'une affection digestive primitive : diverticulose colique, maladie de Crohn, cancer du côlon.
Elle se traduit par pneumaturie, fécalurie, infection vésicale, écoulement urinaire par le rectum. Les modalités de son traitement, chirurgical, varient avec la maladie causale.
B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)
Étym. lat. fistula : canal
[L1,M2]
Édit. 2018
folie n.f.
madness
Terme ancien, qui désigne encore un ensemble très varié de particularités et de dérèglements comportementaux ou psychiques, notamment : écarts plus ou moins prononcés des conduites, marottes, passions désordonnées ou excessives, troubles du jugement et, a fortiori, déraison dans ses formes majeures, les plus apparentes et les plus fixes, telles que celles-ci apparaissent à l'image populaire ou littéraire.
En psychiatrie, très utilisée autrefois, surtout à propos des états psychotiques, cette expression a été remplacée par celle d'aliénation mentale, puis d'affection ou de maladie mentale.
En France, on s'en tiendra au nom de Ph. Pinel qui, tout particulièrement, fit de la folie un objet d'étude scientifique et lui appliqua le concept de maladie méritant "tous les égards dus à l'humanité souffrante". Son livre princeps s'intitulait : "Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale" (1801).
Ph. Pinel, philosophe et psychiatre français (1801-1809)
[H3]
Édit. 2018