Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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psychologie médicale l.f.

medical psychology

Discipline scientifique qui étudie les processus cognitifs, émotionnels et les comportements face à la maladie aigüe ou chronique.
La psychologie médicale a pour objet d’appréhender le malade dans ses diverses composantes somatique, psychique, sociale en incluant l’analyse des résonances entre  le malade et sa maladie, le malade et son médecin.

Les spécialistes en psychologie médicale ont soit une formation en psychologie (psychologues cliniciens) soit une formation en médecine (médecins généralistes et psychiatres en particulier).
La psychologie médicale vise à comprendre les ressources psychologiques mises en jeu par la personne malade pour faire face à la rupture d’équilibre introduite par la maladie et construire un nouvel équilibre de vie.
Plusieurs réactions psychologiques face à la maladie peuvent être observées : dénégation ou déni pouvant conduire au refus de soins ; égocentrisme, dépendance avec recherche de bénéfices dits secondaires rendus accessibles  du fait de la présence de la maladie.
Des aspects pathologiques sont possibles : manifestations anxieuses ou dépressives en particulier.
Divers facteurs peuvent avoir un impact sur la relation soignant-soigné : individuels (traits psychologiques de la personne ) ; socioculturels (statuts du malade et du médecin, croyances de l’un et l’autre, appartenances culturelles).
Les travaux de Michael Balint ( 1896-1970 ) sur la formation psychologique du médecin ont connu un vif succès en soulignant  la nécessaire prise en compte du malade et non plus seulement de la maladie pour trouver le meilleur point d’équilibre entre les 2 pôles domination-soumission. Les notions psychanalytiques de transfert ( aspects affectifs conscients et inconscients du malade vers le médecin) et contre transfert (aspects affectifs conscients et inconscients du médecin vers le malade) ont inspiré ses travaux.
La loi du 4 mars 2002 a donné un nouveau cadre à la relation médecin-malade : droit du malade à l’information et devoir d’informer du médecin, consentement explicite et non plus implicite aux soins proposés. 

M. Bálint, psychanalyste hongrois (1896-1970)

Réf. M.Balint, Le médecin, son malade et la maladie, Payot édit. Paris, trad.1996, 418 p.

groupe Balint, rôles psychiatriques du médecin généraliste, médicament-médecin, psychologie médicale et maladie

[H3, H4, N3]

Édit. 2019

puéricultrice n.f.

nanny

Infirmière spécialisée dans les soins du nouveau-né et de l’enfant jusqu’à 15 ans.
La spécialité exige une année supplémentaire de formation pour les infirmières diplômées d’Etat.

randot . acr. angl. pour random dot stereogram

randot, random dot stereogram

Stéréogramme de points aléatoires qui permet de savoir si le sujet est capable de fusionner et de percevoir le relief, les deux images étant vues par les deux yeux alors que dans le stéréoscope chaque œil voit une image.
Ce nouveau type d'anaglyphe démontre que la fonction stéréoscopique n'exige pas d'indices monoculaires ou même de contours. La seule disparité des points du randot suffit à construire une image avec ses contours et sa profondeur, mettant à mal l'hypothèse que la stéréoscopie résulte nécessairement de l'analyse de la disparité des contours.

Syn. stéréogramme de points aléatoires

anaglyphe, stéréogramme de points aléatoires

reclassement professionnel l.m.

Ensemble des mesures destinées à favoriser la reprise d’une activité rémunératrice d’une personne, qui, à la suite d’un accident, d’une maladie ou d’une interruption de l’activité habituelle pour raisons économiques (licenciement, chômage, etc.), doit se réadapter à son ancien métier ou en apprendre un nouveau.
Le reclassement professionnel peut bénéficier de certaines aides : apprentissage gratuit, placement chez un employeur, etc. Le reclassement professionnel après maladie ou accident bénéficie souvent au préalable d’une réadaptation fonctionnelle. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque ce reclassement se fait dans l’entreprise où la personne travaillait antérieurement avec des aménagements de poste proposés par le médecin du travail et parfois avec l’aide financière et technique  d’organismes nationaux d’aide au reclassement.

recombiné adj.

recombined

1) En biochimie: se dit d'un mélange dont les parties ont été séparées puis associées à nouveau dans un ordre ou des proportions différentes.
2) En génétique, se dit d’un organisme ou une molécule d’acide nucléique porteur d’un ou des gène(s) recombiné(s).

recombinaison

[C1,Q1]

Édit. 2018

réentrée (phénomène de) l.m.

re-entry

Trouble électrique de la conduction cardiaque expliquant certaines anomalies rythmiques du cœur dans lequel une onde d’excitation, arrêtée par une zone myocardique encore en phase réfractaire, la contourne lentement et l’excite de manière rétrograde, puis, revenue à son point d’origine, se propage à nouveau de façon antérograde, déclenchant une contraction prématurée.
Le mécanisme de réentrée est à l’origine de la majorité des tachycardies auriculaires, jonctionnelles ou ventriculaires. La taille et la forme du circuit de réentrée sont déterminées par les propriétés électrophysiologiques, actives ou passives des cellules cardiaques.

réciproque

réflexe d'allongement croisé du nouveau-né 1.m.

cross extension reflex of the newborn

Chez le nouveau-né, allongement par réflexe archaïque d'un membre inférieur, extension de la cuisse, de la jambe et du pied avec écartement des orteils, après stimulation de la plante du pied du membre opposé.

réflexe de la marche automatique 1.m.

automatic walk reflex

Succession de pas posés bien à plat lorsque l'on maintient le nouveau-né sous les aisselles.

réflexe archaïque du nouveau-né

réflexe de préhension du nouveau-né 1.m.

grasping reflex of the newborn

Flexion automatique des doigts chez le nouveau-né par excitation de la paume des mains.

réflexe archaïque du nouveau-né

réflexe de redressement de la tête du nouveau-né 1.m.

reflex head extension of the neonate

Redressement automatique transitoire, par réflexe archaïque, de la tête du nouveau-né placé en position assise.

réflexe archaïque du nouveau-né

réflexe de succion du nouveau-né 1.m.

sucking reflex

Mouvement automatique de succion lors de la mise au sein du nouveau-né ou de la stimulation digitale.

réflexe archaïque du nouveau-né

réflexe des points cardinaux l.m.

cardinal points reflex

Après stimulation péribuccale, la langue et les lèvres du nouveau-né sont attirés par réflexe archaïque, vers le point excité et la tête est entraînée dans ce mouvement d'attraction.

réflexe archaïque du nouveau-né

reflux gastro-œsophagien chez l'enfant l.m.

oesophageal reflux

Reflux gastroœsophagien qui se produit chez le nouveau-né, jusqu'à l'âge de 6 semaines environ, le sphincter du cardia n'étant pas efficace : il est alors quasi-physiologique.
Sa persistance ou son intensité doit faire rechercher un reflux gastroœsophagien qui accompagne presque toujours une atrésie de l'œsophage ou une hernie diaphragmatique (à cause des tractions qui s'exercent sur l'œsophage ou le diaphragme). En effet, une distension thoracique importante distend toujours l'orifice œsophagien du diaphragme (emphysème du poumon gauche, bronchodysplasie, paralysie ou éventration diaphragmatique, ventilation mécanique prolongée).

région sacrée l.f.

regio sacralis (TA)

sacral région

Partie inférieure et médiane de la région dorsale, située au-dessous de la région vertébrale et répondant à la face postérieure du sacrum et du coccyx.
On y trouve inconstamment chez le nouveau-né une petite dépression cutanée répondant à l’apex du coccyx, la fossette coccygienne.

renforcement narcissique l.m.

narcissistic strengthening

Restauration de l'image de soi qui se produit dès les premiers entretiens avec le psychanalyste ou le psychothérapeute et qui se caractérise par une "élation" (1), produisant un sentiment nouveau de liberté intérieure.
C’est une démarche psychothérapique par laquelle le sujet est conforté dans une auto-évaluation positive. Il s'agit là de l'effet premier du dispositif, qui précède et permet l'instauration du transfert(2). Deux évolutions sont possibles : cette réparation narcissique reste marquée de "l'élation première" sans évoluer, et c'est ce qui est au principe des psychothérapies, particulièrement de celles dites de soutien ; ou l'évolution se fait vers une relation plus élaborée, de type objectal (entre le sujet et un objet extérieur), et c'est ce que permet l'orientation du transfert dans la cure analytique.
Le travail analytique doit débuter, avec des patients qui présentent des failles du moi (dépression, deuils, blessures narcissiques, etc.), par une "restauration de leur sécurité narcissique"(3).

1 – D. Lagache, psychiatre et psychanalyste français (1954) ; 2 – B. Grunberger, psychanalyste français (1975) ; 3 - D. Anzieu, psychologue-psychanalyste français  (1986)

élation, narcissisme

[H3]

Édit. 2019

repères d'Hilgenreiner l.m.p.

Hilgenreiner’s marks

Sur une radiographie du bassin de face d'un nouveau-né ou d'un nourrisson, repères et constructions destinés à dépister une position anormale du fémur par rapport à l’acetabulum avant l'apparition du noyau épiphysaire fémoral proximal.
Mesures faites pour le dépistage d’une luxation ou subluxation congénitale de la hanche : la
distance entre l'extrémité supérieure du fémur à la ligne des cartilages en Y d'une part, et au bord inféro-interne de l’acétabulum d'autre part, en tenant compte également des angles acétabulaire qui permettent d’apprécier l’obliquité du toit de l’acetabulum.
Cette technique est concurrencée par le dépistage échographique.

H. Hilgenreiner, chirurgien orthopédiste autrichien (1925)

Syn. construction d'Hilgenreiner

angle acétabulaire, ligne des Y, luxation congénitale de la hanche

[B2,O1,2015]

réplication n.f.

replication

1) Synthèse d'ADN qui reproduit exactement le patrimoine génétique d'un être vivant afin de préparer la division de la cellule.
2) Phénomène selon lequel une molécule d'acide nucléique, ADN ou ARN de certains virus, est copiée en séquences complémentaires ou identiques à elles-mêmes.
La réplication de l'ADN double-brin aboutit à la formation de deux molécules constituées chacune d'un brin nouveau et d'un brin parental qui a servi de matrice : c'est la réplication semi-conservatrice.

amorçage, polymorphisme génétique, polymorphisme mononucléotidique

[Q1]

Édit. 2018

reprogrammation cellulaire l.f.

Déclenchement artificiel d’un nouveau programme de différenciation cellulaire ou de développement

Déclenchement artificiel d’un nouveau programme de différenciation cellulaire ou de développement.
Ce processus fait appel à l’expression forcée d’un certain nombre de facteurs de transcription transforment les cellules somatiques en cellules souches. Il peut être suivi par un processus de différenciation induit par des facteurs de croissance.

cellule souche pluripotente induite, reprogrammation

[Q1]

Édit. 2019

rhésus (facteur) l.m.

Rhesus factor

Caractère sanguin dont l'antigène est commun à l'homme et au Macacus rhesus.
1) Les porteurs de ce facteur sur leurs hématies sont dits Rh+, les autres Rh-. Il n'existe pas d'anticorps naturels dans le système Rhésus.
2) Une mère Rh- porteuse d'un fœtus Rh+ peut s'immuniser en fabriquant des anticorps anti-Rh qui, passant dans le sang du fœtus avant ou pendant l'accouchement, déclenchent des phénomènes d'allo-immunisation fœtomaternelle, avec déglobulisation fœtale. La maladie hémolytique du nouveau-né comporte un risque de mort fœtale in utero, ou d'apparition après la naissance d'un ictère nucléaire grave.
Le système rhésus est une mosaïque contrôlée par un système polyallélique comprenant de nombreux antigènes parmi lesquels l'antigène D ou antigène RH classique, très immunogène, et les facteurs C, E, d, c, e. Dans la pratique, les humains sont soit rhésus+, c'est-à-dire que leurs érythrocytes sont porteurs d'antigènes rhésus, soit rhésus-.

K. Landsteiner, biologiste autrichien, prix Nobel de médecine en 1930 et A. Wiener, immunologiste américain (1940)

Étym. Macacus rhesus, singe sur le sang duquel ce facteur a été trouvé.

Symb. Rh

groupe sanguin, ictère nucléaire, immunisation foetomaternelle

Rouxiella chamberiensis

Rouxiella chamberiensis

Bactérie à Gram négatif, de la famille des Enterobacteriaceae, responsable d'infections sévères chez des nouveau-nés prématurés.
Cette bactérie présente des propriétés très particulières, notamment la capacité de se multiplier à 4°C et d'arrêter son développement à 37°C. Sa pathogénicité, sans doute due à une endotoxine, est très élevée chez les nourrissons (3 décès sur 4 contaminations).

E. Roux, bactériologiste français, directeur de l'Institut Pasteur de 1904 à 1933, membre de l’Académie de médecine (1853-1933)

Étym. Bactérie isolée, en France (à Chambéry) en 2013, à partir de poches de solution nutritive utilisée par voie parentérale en milieu hospitalier.

Enterobacteriaceae

[D1]

Édit. 2019

sage-femme n.f.

midwife

Femme diplômée qui pratique l'art des accouchements.
Il existe douze mille sages-femmes exerçant en France, une minorité d'entre elles à titre libéral. Elles appartiennent à la profession médicale, et non paramédicale, et ont le droit de prescrire des examens et des traitements ; mais leur compétence est limitée au diagnostic, à la surveillance de la grossesse, à la préparation à la naissance, à la pratique de l'accouchement eutocique sans manœuvre intrumentale, à la surveillance des suites de couches et des nouveau-nés normaux, à la contraception. La profession est ouverte aux hommes.
 SAG gene sigle angl. pour S-antigen visual arrestin
Gène situé sur le locus chromosomique 2q37.1 codant pour des membres de la famille protéique arrestine/bêta-arrestine qui participe à la désensibilisation agoniste-médiée des récepteurs couplés à la protéine G et cause un amortissement spécifique de la réponse cellulaire aux stimuli tels que les hormones, les neurotransmetteurs et les signaux sensoriels
Des mutations de ce gène sont responsables de la maladie d’Oguchi.

Syn. RP47, S-AG

Oguchi (maladie de), arrestine

salbutamol n.m.

salbutamol

Sympathicomimétique β2 exerçant une action relaxante sur les muscles lisses des voies respiratoires et de l'utérus, utilisé dans le traitement du bronchospasme et dans la menace d'accouchement prématuré.
Son action bonchodilatatrice fait que le salbutamol est utilisé en inhalations pour réaliser les épreuves de bronchodilatation en cas de trouble ventilatoire obstructif. Ses effets indésirables sont, pour la mère : tachycardie, agitation, tremblements, nausées, sudation, congestion faciale, hyperglycémie et, pour le nouveau-né : tremblements, hyperglycémie et acidocétose.

salle de travail l.f.

labour room

Local isolé où la parturiente effectue le travail d'accouchement comprenant les périodes de dilatation et d'expulsion.
Un service obstétrical doit disposer de deux salles de travail-accouchement pour vingt à vingt cinq lits d'obstétrique et d'une salle supplémentaire par fraction de 10 lits d'obstétrique en sus. La superficie minimale, de 16 m2 pour une salle de travail-accouchement, doit être portée à un optimum de 25 à 30 m2 pour permettre d'y inclure le poste de lavage des mains du personnel médical et les équipements de réanimation du nouveau-né si celle-ci n'est pas pratiquée dans un local contigu.

sclérème du nouveau-né l.m.

sclerema neonatorum, neonatal scleredema

Induration cutanée généralisée du nouveau-né, souvent prématuré, atteint d'une affection favorisante telle que septicémie, cardiopathie..., dont la peau est lisse, froide, dure, cireuse.
Histologiquement, les lésions diffèrent de celles de la cytostéatonécrose par l'importance de la sclérose collagène des septums hypodermiques.

M. Underwood, médecin obstétricien britannique (1784)

Étym. gr. sklêros : dur

Syn. sclérème oedémateux du nouveau-né, maladie d’Underwood

scléroedème

scolex n.m.

scolex

Extrémité antérieure des ténias (« tête » des vers du genre Taenia) adultes, à partir de laquelle apparaissent par bourgeonnement les anneaux constituant la chaîne.
Le scolex est pourvu de différents organes de fixation : ventouses, bothridies, rostre avec des crochets. Chez Echinococcus granulosus, les protoscolex (scolex invaginés) contenus dans les hydatides ont deux évolutions possibles. S’ils sont libérés dans une séreuse (péritoine, plèvre) après rupture du kyste initial, ils amorcent un phénomène de polyembryonnie et donnent naissance, avec les vésicules filles, à autant de nouveaux kystes (échinococcose secondaire). Au contraire, s’ils sont ingérés par l’hôte définitif (chien), ils se dévaginent et chacun d’entre eux produit, par bourgeonnement, un nouveau ténia échinocoque.

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