narcissisme n.m.
narcissism
Amour que le sujet se porte à lui-même.
Après l'application de ce terme par Havelock Ellis au choix de soi comme objet érotique, cette notion sera reprise par S. Freud, puis précisée par lui à partir de 1914 ("Pour introduire le narcissisme").
Le mythe figure d'abord une étape intermédiaire de l'évolution libidinale, entre l'auto-érotisme et l'amour d'objet, dans laquelle une première unification des pulsions sexuelles est réalisée. La libido est retenue et stockée dans le moi avant d'être dirigée secondairement, et dans des proportions qui pourront varier, vers les objets.
Le narcissisme entre initialement dans la compréhension par Freud des perversions homosexuelles. Puis il permettra l'élaboration d'une théorie psychanalytique de la psychose ("névroses narcissiques") : la libido reflue dans les objets pour s'investir tout entière dans le moi.
Dans la deuxième topique, Freud propose de distinguer un narcissisme primaire dans lequel les objets sont absents et le moi encore indifférencié du ça, et un narcissisme secondaire dans lequel la libido afflue vers les identifications inscrites dans le moi
J. Lacan souligne l'importance structurale du narcissisme primaire comme moment d'unification à travers l'image spéculaire, et la dimension mortifère du narcissisme secondaire dans lequel l'objet est le propre moi du sujet, l'image à laquelle il croit coïncider.
H. Ellis, médecin sexologue britannique (1898) ; P. Näcke, psychiatre allemand (1899)
Étym. terme créé par Näcke (1899), faisant référence à Narcisse, bel adolescent qui s'éprit de sa propre image en se mirant dans l'eau tranquille d'une fontaine et fut changé en la fleur qui porte son nom.