Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pneumomédiastin traumatique l.m.

traumatic pneumomediastinum

Épanchement d'air dans le tissu celluleux médiastinal, apparu à la suite d'un traumatisme thoracique.
Le pneumomédiastin peut être compressif s'accompagnant d'une détresse respiratoire avec polypnée, agitation, anxiété, sueurs et une cyanose variable. Dans un traumatisme thoracique, on évoque une rupture trachéobronchique. Ce pneumomédiastin s'associe souvent à un épanchement gazeux pleural compressif uni ou bilatéral dont le drainage montre le caractère massif de la fuite.
Parfois dans les suites d'une exploration endoscopique
trachéobronchique ou oesophagienne, sa découverte signe une perforation qui, pour l'œsophage, impose toujours une intervention d'extrême urgence après avoir localisé le niveau de la lésion traumatique.

Syn. emphysème médiastinal traumatique

pneumopéricarde n.m.

pneumopericardial effusion

Épanchement gazeux dans la cavité péricardique, qui peut être traumatique, par une plaie pénétrante du thorax ou par une intervention chirurgicale intrathoracique ou la conséquence et le signe d’une perforation dans la cavité péricardique d’un organe creux (œsophage, estomac, bronche, intestin, hernie).
Le pneumopéricarde est facilement diagnostiqué par l’examen radiologique. Il est rarement assez important pour créer une compression grave, mais annonce la possibilité d’une contamination péricardique.

poïkilocarynose n.f.

poikilokarynosis

Ensemble lésionnel représenté par des inégalités de taille, de forme et de colorabilité des noyaux des cellules malphighiennes avec perte de l'orientation habituelle de celles-ci lors de la maturation kératinisante, et augmentation du nombre des mitoses.
Cette lésion élémentaire histologique, décrite par Darier, représente le signe le plus évocateur de la maladie de Bowen.

Étym. gr. poikilos : varié; karyon : noyau

polyglobulie secondaire l.f. 

Augmentation de la valeur absolue du nombre d’érythrocytes circulant dans le sang, liée à une augmentation de l’érythropoïétine.
L’augmentation du taux sanguin d'hormones stimulant l'érythropoïèse, en particulier l'érythropoïétine (EPO), est le plus souvent secondaire à une hypoxie chronique ; l'hypoxie consiste en une oxygénation insuffisante des tissus ; l'ischémie tissulaire provoque une stimulation de la sécrétion d'EPO par le rein. L’hypoxie chronique se rencontre chez des habitants des hautes altitudes (Andes). Les états cliniques responsables d’une hypoxie chronique sont l’emphysème pulmonaire, la broncho-pneunopathie chronique obstructive, les cardiopathies cyanogènes, l’intoxication au CO.
D’autre part, certaines polyglobulies trouvent leur origine dans la sécrétion inappropriée d'EPO. Cette hypersécrétion d’érythropoïétine s’observe dans certaines tumeurs rénales, dans quelques cancers du foie, du cervelet, de l’ovaire. Signalons également le dopage à l’EPO chez les sportifs responsable d’une augmentation du nombre des érythrocytesuelle que soit l’origine de cette polyglobulie secondaire, les autres lignées hématologiques ne sont pas modifiées, l’examen médullaire ne révèle pas de signe de polycythémie et il n’existe pas de mutation de JAK2.

→ Monge (maladie de) ,JAK

polype de l'endomètre l.m.

endometrial polyp

Tumeur pédiculée du revêtement muqueux de la cavité utérine revêtue d’un épithélium cylindrique.
Elle peut saigner, se nécroser ou s’accoucher par le col. Bénigne le plus souvent, elle est parfois le siège d’un adénocarcinome ou le signe d’alerte, la « sentinelle », d’un adénocarcinome voisin de l’endomètre. Elle est retirée par curetage étendu à l’endomètre, à la faveur d’une hystéroscopie.

ponction amniotique l.f.

amniocentesis

Prélèvement de liquide amniotique à l’aiguille à travers la paroi de l’abdomen et de l’utérus gravide.
Elle se pratique sous contrôle de l’échographie à partir de 12-14 semaines d’aménorée jusqu’au terme de la grossesse. Son intérêt essentiel est de permettre une analyse du caryotype fœtal grâce à la culture des cellules contenues dans le liquide amniotique, venant de la peau, du poumon ou du tube digestif du fœtus. Dans cette indication, elle est systématiquement proposée et remboursée par l’assurance maladie, après l’âge de 37 années et onze mois au moment de la conception et chez les femmes susceptibles (du fait de leurs antécédents personnels ou familiaux) de transmettre une anomalie génétique. Elle l’est aussi sur signe d’alerte : une anomalie morphologique à l’échographie, des marqueurs sériques, gonadotrophine chorionique, œstriol, α-fœtoprotéine, indiquant un risque de trisomie 21. Elle permet aussi le dosage d’enzymes spécifiques en cas de malformation digestive ou du tube neural. Si elle est moins utilisée pour évaluer la maturité du poumon fœtal par le dosage des composants du surfactant, elle a par contre remplacé la cordocentèse pour identifier, grâce à la biologie moléculaire, les infections fœtales à cytomégalovirus ou toxoplasme par ex.

Syn. amniocentèse

ponction lavage du péritoine l.f.

diagnostic peritoneal lavage

Lavage destiné au diagnostic d'un hémopéritoine, d'une pancréatite aigüe ou d'une péritonite.
La technique consiste à injecter dans le péritoine une bonne quantité de liquide de dialyse (un litre chez l'adulte) et à en retirer des échantillons pour juger de leur aspect et les analyser.
La ponction est faite sous anesthésie locale après incision de la peau sur la ligne médiane à 2 cm en-dessous de l'ombilic après s'être assuré de la vacuité de la vessie. On introduit un cathéter de dialyse dirigé vers le cul-de-sac de Douglas. Le liquide injecté est évacué par gravité.
Un liquide franchement hémorragique (>100 000 hématies/ mL) ou contenant 500 leucocytes /mL ou encore 200 unités d'amylase / 100 mL signe une lésion intrapéritonéale indiquant l'intervention chirurgicale. Un liquide rosé ou ayant une concentration, soit de leucocytes, soit d'amylase plus faible incite à la prudence et à une surveillance ultérieure, c'est pourquoi le cathéter doit être laissé en place pour des prélèvements successifs.
Mais la ponction peut être cause de lésions abdominales (plaie du mésentère du péritoine, perforation intestinale) c'est pourquoi la ponction lavage du péritoine a été supplantée par l'imagerie (échographie, scanographie) qui est non effractive et anodine.

Popeye (signe de) l.m.

Tuméfaction du biceps sur la face antérieure du bras par rupture du tendon du long biceps : le muscle « tombe » sur la face antérieure du bras : c’est le signe de Popeye.

Étym. Popeye : personnage de fiction, doué d’une force extraordinaire, créé par l'Américain Elzie Crisler Segar dans des bandes dessinées.

[I2,N2]

Édit. 2017

pouces en adduction (syndrome des) l.m.

adducted thumbs syndrome

Syndrome associant microcéphalie, fente palatine, difficultés de déglutition et arthrogrypose.
On trouve une microcéphalie avec crâniosténose et dysmorphie faciale, un hirsutisme, des oreilles bas implantées, une bouche entrouverte et une fente palatine. Au niveau articulaire, il existe des pouces en adduction, le signe d'Archibald (brièveté du 4ème métacarpien), un pied bot et une raideur articulaire. Au niveau ophtalmologique, on trouve télécanthus et ophtalmoplégie. L’affection est cause de détresse respiratoire et de mort dans l'enfance, son hérédité est autosomique récessive (MIM 201550).

J. C. Christian, médecin généticien américain (1971)

Syn. pouces pliés congénitaux

pouls alternant l.m.

alternating pulse

Succession régulière d’une pulsation forte et d’une pulsation faible sans perte de la régularité (équidistance) des contractions cardiaques.
C’est un signe d’insuffisance ventriculaire gauche.

pouls de Corrigan l.m.

Corrigan’s pulse

Signe clinique caractéristique de la grande insuffisance aortique, il réalise un pouls ample, bondissant, puis soudainement défaillant, encore accentué par l’élévation du bras.

D. J. Corrigan, Sir, médecin irlandais, membre de l'Académie de médecine (1832)

pouls grimpant l.m.

accelerating pulse

Pouls s’accélérant progressivement sans fièvre.
Il a été décrit comme un signe de thrombose veineuse, surtout en obstétrique (pouls grimpant des accoucheurs).

Pourfour du Petit (syndrome de) l.m.

Pourfour du Petit’s syndrome

Syndrome oculaire unilatéral caractérisé par une mydriase avec conservation des réflexes pupillaires, une exophtalmie modérée, souvent contestée chez l’homme, et un élargissement de la fente palpébrale par rétraction de la paupière supérieure ipsilatérale, une vasoconstriction avec pâleur, froideur et sudation de l'hémiface du même côté.
Le syndrome de Pourfour du Petit résulte d'une irritation de la chaîne sympathique cervicale homolatérale.
Il est relativement rare dans sa forme complète mais il en existe des cas dissociés. La mydriase caractéristique qui est le signe quasi-constant et capital est en effet souvent isolée.
Ce syndrome est l’inverse de celui de Claude Bernard-Horner avec lequel il est souvent confondu ; pour achever la confusion, certains auteurs ont nommé la paralysie du sympathique cervical: syndrome de Pourfour du Petit-Claude Bernard.
Secondaire à des traumatismes cervicaux, il a été décrit au XVIIIe siècle par François Pourfour du Petit, chirurgien des armées de Louis XIV, comme complication des plaies cervicales par coup d'épée. Le syndrome peut aussi être une complication d'un goitre basedowien à prédominance unilatérale. Un cas ayant pour origine une lésion mésencéphalique ischémique a été rapporté. C'est une complication exceptionnelle de l'anesthésie locorégionale (bloc du plexus brachial par ex.), méconnue au départ et transitoire (elle régresse dans les trois mois).
Si la lésion de la chaine sympathique est définitive, l’évolution peut se faire vers un syndrome de Claude Bernard-Horner qui a les mêmes significations anatomiques et étiologiques ; il peut se compliquer de conjonctivite et d'épiphora (larmoiement).

F. Pourfour du Petit, anatomiste, chirurgien et ophtalmologiste français (1710 et 1727) ;S. Biffi, psychiatre italien (1846)  ; J. F.  Fulton: neurophysiologiste américain (1929) ;  M. Kipfer, médecin français (1938) ; F. Velter, A. Tournay, ophtalmologistes français (1927) ; Florence Angélique-Talbot, médecin français (1995)

Syn. (cf. Réf.6 - bibliographie) : syndrome d’excitation du sympathique cervical, syndrome d’irritation du sympathique cervical, suractivation des voies sympathiques cervicales, mydriase unilatérale réactive, mydriase unilatérale spasmodique, Bernard’

→ système nerveux autonome, système nerveux autonome (atteinte du), Claude Bernard-Horner (syndrome de), mydriase

pression veineuse l.f.

venous pressure

Pression régnant dans les grosses veines du système circulatoire de l’homme qui peut être mesurée et enregistrée simplement à l’aide d’une aiguille dans la lumière d’une grosse veine et reliée à un manomètre.
La pression veineuse normale est de 10 à 12 cm d’eau.
L’hypertension veineuse est habituellement un signe de défaillance du cœur droit, entraînant une stase veineuse. La pression veineuse est un bon moyen d’appréciation de la défaillance cardiaque, et de l’efficacité de son traitement. Beaucoup plus rarement l’hypertension veineuse est liée à d’autres causes (péricardites, constriction péricardique).
La pression veineuse est très dépendante de la position du sujet et de la pression hydrostatique. En décubitus, elle est de quelques mm de mercure.

→ pression artérielle

prévalence manuelle l.f.

manual prevalence

Utilisation préférentielle de l'une ou l'autre main.
C'est le signe le plus évident d'une asymétrie fonctionnelle hémisphérique.
Environ 90% des humains sont droitiers, c'est-à-dire utilisent préférentiellement la main droite dans les activités unimanuelles et se montrent plus adroits avec cette main qu'avec la gauche. Il existe en fait un gradient de gaucherie qui varie du droitier exclusif au gaucher exclusif.
La relation entre prévalence manuelle et latéralisation du langage est imparfaite. Le langage est latéralisé dans l'hémisphère gauche chez 96% des droitiers, et chez 70% des gauchers. Pour les 30% de gauchers restants, 20% ont une représentation bilatérale et 5% une représentation droite.

Syn. manualité

→ dominance hémisphérique, gauchers

prodrome n m.

prodroma

Signe avant coureur d’une maladie.

protéinorachie n.f.

proteinorrhachia

Présence de protéines dans le liquide cérébrospinal.
La protéinorachie, normalement de 0,22 g d'albumine et de 0,067 g/L de globulines, s'élève dans de nombreuses affections du système nerveux central ; au-delà de 0,3 g/L elle est un signe de compression médullaire ou de méningite. Physiologiquement, on peut en trouver 1 g par litre chez le nouveau-né, celui-ci présentant une perméabilité méningée plus grande. La présence de protéines, même en faible quantité, prouve que le liquide céphalorachidien n'est pas seulement un simple dialysat plasmatique, mais qu'il intervient aussi dans la formation d'autres phénomènes, parmi lesquels une sécrétion de la part des plexus choroïdes aurait un rôle majeur. Le tracé électrophorétique normal du liquide céphalorachidien rappelle celui du plasma, à la différence près qu'il ne contient pas de fibrinogène. Les hyperprotéinorachies, notamment l'hypergammaprotéinorachie, s'observent essentiellement au cours des méningites (quelle qu'en soit la cause), de la compression médullaire, du mal de Pott, de la polyradiculonévrite curable, de la sclérose en plaques, etc.

prurit rénal l.m.

renal pruritus

Prurit diffus secondaire à une insuffisance rénale chronique.
Le prurit est un signe classique d'insuffisance rénale avancée; son mécanisme est sans doute multifactoriel. Certains cas sont améliorés par la dialyse mais d'autres non.

→ prurit des hémodialysés

pseudomigraine n.f.

pseudomigrain, PMP syndrome

Forme particulière de céphalée, d'origine virale possible.
Elle est caractérisée par : un ou plusieurs épisodes de céphalée diffuse ou hémicrânienne ; une association à des signes neurologiques transitoires et l'absence de tout signe ou symptôme entre les épisodes ; un état fébrile inconstant ; la disparition complète de la symptomatologie en deux mois ; la négativité des explorations neurologiques ; une pléiocytose lymphocytaire aseptique dans le LCR.

pterygium poplité de Trélat l.m.

Trélat’s popliteal pterygium

Repli cutané des creux poplités associé à une palmure intercrurale (signe majeur).
Il existe de nombreuses formes avec plusieurs types de transmission et pour les yeux soudure palpébrale plus ou moins marquée (ankyblépharon). De nombreuses autres anomalies associées peuvent être observées selon les formes, telles que microdontie, fente labiopalatine, agénésie des incisives centrales et latérales (si le prémaxillaire est hypoplasique), syndactylies, scoliose, anhidrose et anomalies génito-urinaires. L’affection est autosomique dominante.

U. Trélat, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1869)

Syn. ptérygion poplité

→ ptérygion poplité récessif et dominant

pyélite striée l.f.

pyelitis striata

Au cours d'une urographie intraveineuse, image de plissement linéaire du bassinet pouvant se prolonger sur l'uretère.
Elle traduit un œdème de la muqueuse d'origine congestive. Chez l'enfant, elle peut être un signe indirect de reflux vésico-urétéral.

pyrimidine-5'-nucléotidase (déficit en) l.m.

pyrimidine-5'-nucleotidase deficiency

Cause d'une anémie hémolytique régénérative, congénitale ou acquise, habituellement modérée.
Son signe biologique pathognomonique est l'accumulation d'ARN incomplètement dégradé dans le cytoplasme formant des ponctuations basophiles caractéristiques. La pyrimidine-5' nucléotidase est spécifiquement inhibée par les métaux lourds comme le plomb. Son déficit serait à l'origine de certains désordres hématologiques du saturnisme.

pyurie n.f.

pyuria

Présence de pus dans l'urine.
La pyurie est authentifiée par la présence dans l'urine de leucocytes altérés en grand nombre. C'est le signe de toutes les infections de la voie excrétrice urinaire, haut et bas appareil. S'y ajoutent le ou les germes responsables ; mais il existe des pyuries aseptiques.

→ pyurie aseptique, sédiment urinaire

queue du sourcil (signe de la) l.m.

Dépilation de l'extrémité externe des sourcils observée dans l'hypothyroïdie, assez voisine de l'alopécie sourcilière de la syphilis secondaire qui réalise le classique « signe de l'omnibus de Fournier».

J. A. Fournier, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1832-1914)

→ hypothyroïdie, syphilis secondaire, signe de l'omnibus

rabot (signe du) l.m.

plane sign

Frottement douloureux de la rotule sur la trochlée, recherché sur un malade en décubitus dorsal, genou relâché.
Ce signe s'observe dans l'arthrose fémororotulienne manifestée par un syndrome rotulien uni ou bilatéral.
2°- Sur une radiographie gastroduodénale, aspect en double contour, comme raboté, du bord interne du cadre duodénal, en faveur d'une lésion pancréatique.

R. A. Guttmann, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1932)

Syn. rabotage (aspect de), signe de Gutmann

→ fémoropatellaire (syndrome), patella

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