KIT gene sigle angl. pour KIT proto-oncogene receptor tyrosine kinase ou v-kit Hardy-Zuckerman 4 feline sarcoma viral oncogene homolog
Le gène KIT, localisé sur le locus 4q12, agit sur la formation des protéines de la famille des récepteurs de la tyrosine kinase qui transmettent les signaux de la surface cellulaire à l’intérieur de la cellule grâce à un signal de transduction dont le récepteur, dénommé Kit, est exprimé à la surface de cellules hématopoïétiques aux phases initiales de leur développement.
Cette voie d’activation stimule de nombreux processus tels que la croissance, la prolifération, la migration des cellules germinales, celles du système hématopoïétique, les mastocytes, les cellules de Cajal et les mélanocytes.
Les mutations du gène KIT sont impliquées dans la leucémie myéloïde aigüe, les tumeurs stromales gastro-intestinales, le piebalbisme, la leucémie myéloblastique aigüe, le lymphome sinonasal à cellule naturelle tueuse T, des séminomes, la mastocytose systémique.
Syn. C-Kit, CD117, KIT_HUMAN, mast/stem cell growth factor receptor Kit, p145 c-kit, PBT, piebald trait protein, proto-oncogene c-Kit, proto-oncogene tyrosine-protein kinase Kit, SCFR, tyrosine-protein kinase Kit, v-kit Hardy-Zuckerman 4 feline sarcoma viral o
→ tyrosine kinase, leucémie myéloblastique aigüe (paysage génomique), mastocytose systémique, piébalbisme, tumeurs stromales gastro-intestinales, séminome
[Q1,L1,F1,J1]
Lahm-Schiller (test de) l.m.
Lahm Schiller’s test
Coloration par la solution de lugol du col utérin et du vagin qui teinte par l'iode en brun acajou les cellules normales riches en glycogène, les cellules iodonégatives indiquant une zone de transformation atypique qui doit faire l’objet d’une biopsie.
L'épithélium normal du col se colore en rouge-brun par l'application de lugol grâce à la réaction de cette solution avec le glycogène contenu dans ses cellules. La muqueuse néoplasique bénigne ou maligne, dépourvue de glycogène, ne fixe pas le lugol et reste blanchâtre ou prend la couleur peau de chamois. Le test précise les contours de la lésion, nets ou flous. Il reconnaît les états inflammatoires de la muqueuse.
W. Lahm, gynécologue obstétricien allemand (1889-1975) ; W. Schiller, gynécologue et anatomopathologiste américain (1933)
Syn. test de Schiller
léiomyoblastome n.m.
leiomyoblastoma
Tumeur musculaire lisse résultant d'une prolifération de cellules rondes ou polygonales, à cytoplasme clair et abondant, dites "cellules épithélioïdes".
Le terme de léiomyoblastome tient à l'aspect dit "embryonnaire" des cellules tumorales. La dénomination de léiomyome épithélioïde est maintenant souvent préférée.
Cette tumeur rare peut s'observer au niveau des parties molles, du corps utérin, du tractus gastro-intestinal. Dans ce dernier cas, la tumeur peut être localisée n'importe où sur le tube digestif, mais l'atteinte gastrique est de loin la plus fréquente. Le traitement de cette tumeur est chirurgical. Elle est généralement bénigne mais, histologiquement, le pronostic est difficile à établir. Des récidives ou des métastases peuvent survenir à distance du lieu de l'exérèse.
Étym. grec : leios: lisse ; mus : muscle ; blastos : germe ; ôma : tumeur
Syn. tumeur myoïde, léiomyome, léiomyosarcome épithélioïde.
léiomyome pulmonaire l.m.
pulmonary leiomyoma
Tumeur bénigne des cellules musculaires lisses.
Cette tumeur développée aux dépens des cellules musculaires lisses des parois trachéales et bronchiques est rare.
Une entité clinicopathologique bien à part est représentée par les léiomyomes pulmonaires multiples dits "bénins métastatiques". Il s'agit de tumeurs constituées de nodules parenchymateux pulmonaires de croissance lente survenant chez des femmes porteuses de léiomyomes utérins ou ayant des antécédents d'hystérectomie pour léiomyomes. Ces tumeurs sont constituées de cellules musculaires lisses d'apparence bénigne, mais ces lésions sont en réalité des léiomyosarcomes de bas-grade.
Étym. gr. leios : lisse ; mus: muscle ; oma : tumeur
leucémie aigüe lymphoblastique (LAL) l.f.
acute lymphocytic leukemia
L'une des deux grandes variétés de leucémie aigüe qui prédomine chez l'enfant et l'adulte jeune dont le diagnostic repose sur l'aspect morphologique des lymphoblastes, la cytochimie et le phénotype immunologique.
La classification FAB reconnaît trois sousgroupes : la LAL 1 faite de petites cellules souches de 10-15 nm de diamètre dont le noyau nucléolé est entouré d'une fine couronne de cytoplasme ; la LAL2 plus grande avec plus de cytoplasme, la LAL3 rare avec un noyau convoluté et un cytoplasme très basophile vacuolé. La LAL3 représente la forme leucémique du lymphome de Burkitt. Les cellules sont colorées dans la moitié des cas par le PAS (acide periodique Schiff), l'absence de granulations explique la négativité de la coloration par la peroxydase. Les marqueurs immunologiques (anticorps monoclonaux anti-CD) permettent de grouper les LAL, qui sont généralement TdT+ (désoxyribonucléotidyl-transférase terminale), CD34+, CD19+ et CD10+, immunophénotype qui correspond à des cellules immatures de la lignée B déjà engagées dans la différenciation dite pré B du fait du réarrangement des gènes des immunoglobulines. 20% des LAL sont de type T, CD2+, CD5+, CD7+ ou CD1+, se voient plus volontiers chez les garçons, une tumeur médiastinale volumineuse est fréquente. Les rares LAL exprimant des immunoglobulines à leur surface ont une morphologie de LAL3.
leucémie lymphoïde chronique (thérapeutique ciblée de la) l.f.
chronic lymphocytic leukaemia (therapeutic target of the)
Nouvelle classe d’inhibiteurs qui ciblent les voies de signalisation activées par la liaison aux antigènes se traduisant par des signaux de survie et de prolifération cellulaire ou impliqués dans la résistance à l’apoptose.
La leucémie lymphoïde chronique n’est pas seulement une maladie d’accumulation avec résistance à l’apoptose mais aussi une maladie de prolifération résultant d’une stimulation régulière des cellules tumorales. Ces nouvelles molécules inhibent des kinases impliquées dans la transduction après stimulation du BCR (B cell receptor) : l’ibrutinib et acalabrutinib inhibent la BTK (Bruton’s tyrosine kinase) et l’idelalisib inhibe la P13K (phosphatidylinositol-3-kinase). Une autre classe d’inhibiteurs cible le mécanisme impliqué dans la résistance à l’apoptose qui rend les cellules de la leucémie lymphoïde chronique quasi immortelles : il s’agit du venetoclax qui cible Bcl-2 (B-cell lymphoma 2), une protéine puissamment anti-apoptotique surexprimée dans ces cellules leucémiques.
Les premiers résultats cliniques avec ces nouvelles molécules fournissent en 2016 des résultats extrêmement encourageants. Cette nouvelle classe d’inhibiteurs est active chez des patients multitraités et qui ont développé des mécanismes de résistance à la chimiothérapie conventionnelle. Ces études montrent que les toxicités induites par ces inhibiteurs sont relativement limitées. Ces résultats favorables se voient confirmés par plusieurs études en 2019 et 2020 et tentent à montrer leur meilleure efficacité thérapeutique que la chimiothérapie conventionnelle.
E. Van Den Neste, hématologue belge (2016) ; A. W. Roberts, hématologue australien (2016) ; J. C. Byrd, hématologue américain (2016) ; N. Jain, hématologue américain d'origine indienne (2019) ; T. D. Shanafelt, hématologue américain (2019); J. A. Burger, hématologue américain (2020)
→ BCR, BTK, Bcl-2, ibrutinib, acalabrutinib, idelalisib, venetoclax. phosphatidylinositol-3-kinase
[F1, G5]
Édit. 2020
leucémies aigües myéloïdes (classification OMS des) l.f.p.
Révision en 2016 de la classification de 2008 ayant pour but l’intégration des informations récentes concernant la clinique, le pronostic, la morphologie, l’immunophénotype et la génétique.
1. LAM avec anomalies cytogénétiques récurrentes :
- LAM avec t(8;21) (q22;q22) ; RUNX1-RUNX1T1,
- LA promyélocytaire avec PML-RARA,
- LAM avec inv(16)(p13.1q22) ou t(16 ;16)(p13.1q22) ; CBFB-MYH11,
- LAM avec t(9;11)(p22;q23) ; MLLT3-KMT2A,
- LAM avec t(6;9)(p23;q34) ; DEK-NUP214,
- LAM avec inv(3)(q21q26.2) ou t(3;3)(q21;q26.2) ; GATA2, MECOM,
- LAM (mégacaryoblastique) avec t(1;22)(p13;q13) ; RBM15-MKL1,
- LAM avec mutation NPM1,
- LAM avec mutation bi allélique CEBPA,
- Entités provisoires : LAM avec BCR-ABL1 et LAM avec mutation RUNX1.
2. LAM avec anomalies associées aux myélodysplasies :
- soit faisant suite à un syndrome myélodysplasique (SMD) ou un syndrome myéloprolifératif/myélodysplasique,
- soit avec anomalie(s) cytogénétique(s) de syndrome myélodysplasique (voir le tableau ci-dessous).
3. Néoplasies myéloïdes post chimiothérapie :
Correspondent soit à une LAM-t soit à un SMD-t.
4. LAM sans autre spécification par ailleurs (NOS) :
- LA Myéloblastique avec différenciation minime,
- LA Myéloblastique sans maturation,
- LA Myéloblastique avec maturation,
- LA myélomonocytaire,
- LA monoblastique / monocytaire,
- LA mégacaryoblastique,
- LA Myéloblastique à composante basophile,
- LA avec myélofibrose (panmyélose aigüe.)
5. Sarcome granulocytaire :
6. Proliférations myéloïdes associées à la trisomie 21 constitutionnelle :
- réaction leucémoïde transitoire,
- LAM associée à la trisomie 21 constitutionnelle.
Ce sont souvent des proliférations mégacaryoblastiques, soit transitoires (découvertes à la naissance et persistant quelques semaines à quelques mois], soit une LAM (survenant souvent dans les 3 premières années de vie, précédées ou non d’une myélopoïèse anormale transitoire (Transient Abnormal Myelopoiesis, TAM) ; la blastose sanguine et médullaire est variable ; il y a fréquemment des mutations de GATA1 et de la voie JAK/STAT.
Modifications par rapport à la classification OMS de 2008 :
1. LAM avec anomalies cytogénétiques récurrentes
-LAM avec t(15 ;17) : dénommée maintenant : leucémie aigüe promyélocytaire avec PML-RARA,
- inv(3)(q21.3q26.2) ou t(3;3)(q21.3;q26.2) : ne correspond pas à un gène de fusion, mais à un repositionnement distal de l’enhancer de GATA2 pour activer l’expression de MECOM et simultanément entraîner l’haplo-insuffisance de GATA2,
- entité provisoire : LAM avec mutation RUNX1 :n’est pas associée à des anomalies liées aux myélodysplasies ; semble dotée d’un mauvais pronostic,
- entité provisoire LAM avec BCR-ABL1 : parce qu’il est parfois difficile, sans anamnèse ou renseignements cliniques, de séparer crise blastique de LMC et LAM de novo avec BCR-ABL1. La délétion de gènes de récepteurs d’antigènes (IGH, TCR), de IKZF1 et/ou de CDKN2A peut permettre le diagnostic différentiel entre la LAM de novo et la phase blastique de LMC.
2. LAM avec dysplasie multilignée.
- La présence d’une dysplasie multilignée ne suffit plus pour le classement dans ce groupe (pas de caractère pronostique isolé, mais seulement s’il existe des anomalies cytogénétiques de myélodysplasie),
- Si une mutation de NPM1 ou biallélique de CEBPA est retrouvée : classement dans les nouvelles entités correspondantes.
Tableau des anomalies cytogénétiques suffisantes pour diagnostiquer une LAM avec modifications liées aux myélodysplasies quand il y a plus de 20% de blastes dans le sang ou la moelle et qu’une thérapeutique préalable a été exclue :
| Caryotype complexe (3 anomalies ou plus) | |
| Anomalies déséquilibrées : -7/del(7q) del(5q)/t(5q) i(17q)/t(17p) -13/del(13q) del(11q) del(12p)/t(12p) idic(X)(q13) | Anomalies équilibrées : t(11;16)(q23.3;p13.3) t(3;21)(q26.2;q22.1) t(1;3)(p36.3;q21.2) t(2;11)(p21;q23.3) t(5;12)(q32;p13.2) t(5;7)(q32;q11.2) t(5;17)(q32;p13.2) t(5;10)(q32;q21.2) t(3;5)(q25.3;q35.1) |
| OMS 2008 | FAB |
| Groupe avec anomalies cytogénétiques récurrentesLAM avec t(8;21) (q22;q22) ; RUNX1-RUNX1T1 LAM avec t(15;17) (q22;q12) ; PML-RARA LAM avec inv(16)(p13.1q22) ou t(16 ;16)(p13.1q22) ; CBFB-MYH11LAM avec t(9;11)(p22;q23) ; MLLT3-MLL LAM avec t(6;9)(p23;q34) ; DEK-NUP214 LAM avec inv(3)(q21q26.2) ou t(3;3)(q21;q26.2) ; RPN1-EVI1 LAM (mégacaryoblastique) avec t(1;22)(p13;q13) ; RBM15-MKL1Entités provisoires : LAM avec mutation NPM1 LAM avec mutation CEBPA Groupe avec anomalies associées aux myélodysplasies- Faisant suite à un syndrome myélodysplasique ou un syndrome myéloprolifératif/dysplasique- Ou présentant des anomalies cytogénétiques identiques à celles des myélodysplasies- Ou présentant une dysplasie sur > 50% des cellules d’au moins 2 lignées myéloïdes Groupe des LAM post chimiothérapieUne seule entité quel que soit le traitement Groupe sans spécification particulièreLAM avec différenciation minime LAM sans maturationLAM avec maturation LA myélomonocytaire LA monoblastique / monocytaire LA érythroïde : LA érythroïde pureErythroleucémie : n'existe plus dans la classification OMS 2016 LA mégacaryoblastiqueLAM à composante basophileLA (panmyélose aigüe) avec myélofibrose | LAM avec maturation (LAM2 – FAB) LA à promyélocytes (LAM3 – FAB) LA Myélomonocytaire aiguë avecéosinophiles anormaux(LAM4eo – FAB) LA Monoblastique (LAM5 – FAB) LAM avec maturation et excès debasophiles (LAM2 – FAB) LAM avec mégacaryocytes anormaux(voir LA à mégacaryocytes) LA mégacaryoblastique(LAM7 – FAB) Divers types de LAM (souvent LAsans maturation, myélomonocytairesou monoblastiques) Divers types morphologiques :souvent LAM sans ou avec maturation,ou LA myélomonocytaires Divers types morphologiques : souventLAM sans ou avec maturation ou LA myélomonocytaires LAM 0 – FAB LAM 1 – FAB LAM 2 – FAB LAM 4 – FAB LAM 5 – FAB LAM 6 – FAB LAM 7 – FAB |
D. A. Arber. The 2016 revision to the World Health Organization (WHO) classification of myeloid neoplasms and acute leukemia (Blood 2016)
[On classe ici uniquement les sarcomes myéloïdes de novo sans évidence de maladie médullaire,les sarcomes myéloïdes s’observent soit de novo (présentation inaugurale unique de n’importe quelle leucémie aigüe myéloblastique (LAM),soit accompagnant une LAM]
leucostase n.f.
leukostasis
Encombrement circulatoire par l'accumulation dans les vaisseaux terminaux de leucocytes en grande quantité, responsable d'une ischémie des tissus ou des organes normalement irrigués par ces vaisseaux.
Les cellules responsables sont généralement des myéloblastes de leucémie aigüe myéloblastique, moins déformables que les cellules lymphoïdes ou les granulocytes mûrs. Cependant, les grandes hyperleucocytoses telles que celles observées dans la leucémie myéloïde chronique, peuvent entraîner une occlusion vasculaire des petits vaisseaux surtout dans le poumon, le cerveau, l'œil, l'oreille ou le pénis. La consommation accrue d'oxygène par les leucocytes séquestrés in situ augmente l'effet hypoxique de la gêne circulatoire. Une cascade d'effets nocifs s'ensuit par libération locale de produits toxiques des leucocytes et des cellules endothéliales. La leucostase constitue une urgence médicale, nécessitant leucophérèses et chimiothérapie sans délai.
lignée hématopoïétique l.f.
hematopoietic cell line
Ensemble des stades de développement des cellules issues de cellules souches hématopoïétiques conduisant à la production d'un type donné de cellules sanguines matures.
On distingue les lignées myéloïde, lymphoïde, érythrocytaire et mégacaryocytaire.
ligne primitive l.f.
primitive streak
Sillon médian creusant l’épiblaste épaissi et apparaissant au début de la phase de gastrulation, dès la fin de la deuxième semaine de la vie embryonnaire, au dos de la partie caudale du disque embryonnaire.
La migration en profondeur des cellules épiblastiques à partir de cette zone donnera le chordomésoblaste, 3e feuillet embryonnaire, entre l’ectoblaste et l’entoblaste lui-même issu de l’invagination de cellules épiblastiques qui envahissent et refoulent les cellules de l’hypoblaste. À son pôle crânial ou rostral se creusent le sillon primitif et la dépression primitive surmontée d'un relief épiblastique, le nœud primitif de Hensen. Elle établit l'axe longitudinal et par conséquent le plan de symétrie bilatérale du futur adulte.
→ épiblaste, gastrulation, disque embryonnaire didermique, disque embryonnaire tridermique, chordomésoblaste, ectoblaste, entoblaste, pôle rostral de l'embryon, nœud primitif de Hensen, axes corporels embryonnaires (établissement des)
[A4,O6 ]
lipoxygénase n.f.
lipoxygenase
Enzyme catalysant l'oxydation d'un lipide ou d'un acide gras polyéthylénique avec fixation d'une molécule de dioxygène.
On désigne les différentes lipoxygénases par le numéro du carbone sur lequel se trouve fixé l'oxygène sous forme d'une fonction hydroperoxyde -O-OH. Au moins 4 types de lipoxygénases ont été décrits dans les cellules de mammifères : la 5-lipoxygénase des leucocytes transforme l'acide arachidonique en 5-hydroperoxy-eicosatétraène-(6 trans, 8, 11, 14 cis)-oïque (5-HPETE) puis en leucotriène A ; la 12-lipoxygénase des plaquettes sanguines et celle des leucocytes le transforment en 12-hydroperoxy-eicosatétraène-(5, 8, 14 cis, 10 trans)-oïque (12-HPETE) ; la 15-lipoxygénase (ou les 15-lipoxygénases) de nombreuses cellules, telles que réticulocytes, leucocytes, monocytes-macrophages, cellules épithéliales trachéales, transforme l'acide arachidonique en hydroperoxy-eicosatétraène-(5, 8, 11 cis, 13 trans)-oïque 15-HPETE précurseur des lipoxines et l'acide linoléique en 13-hydroperoxy-octadécadiène-(9 trans, 11 cis)-oïque ; cette 15-lipoxygénase joue un rôle dans la disparition des mitochondries et des autres organelles des réticulocytes.
liquide interstitiel l.m.
interstitial fluid
Liquide issu du plasma et des cellules, formant un système de circulation dans la matrice extracellulaire, pour les matériaux nécessaires aux cellules, pour leurs déchets et pour les métabolites échangés entre cellules et microcirculation.
lymphome B l.m.
B cell lymphoma
Prolifération maligne de lymphocytes B, habituellement monoclonale, localisée dans un ou plusieurs tissus, ganglionnaires ou extra-ganglionnaires, et dont le diagnostic repose sur la confrontation des données histocytologiques, immuno-histochimiques et moléculaires.
Il en existe de nombreuses variétés, mieux identifiées grâce à des colloques internationaux sous l’égide de l’OMS, (2016), de présentation clinique et de pronostic variables. Le traitement repose essentiellement sur la chimiothérapie, l’immunothérapie et, dans quelques rares indications, à la radiothérapie. Des chimiothérapies lourdes suivies de perfusion de cellules souches hématopoïétiques sont réservées à quelques indications particulières. Certains de ces cas sont induits par le virus EBV et la prévalence des lymphomes est accrue dans l'infection VIH.
Cette pathologie recouvre différentes entités dont les principales sont : la leucémie lymphoïde chronique/lymphome à petits lymphocytes, le lymphome de la zone marginale extra-ganglionnaire ou MALT, le lymphome de la zone marginale ganglionnaire, le lymphome folliculaire, le lymphome du manteau, le lymphome diffus à grandes cellules, le lymphome de Burkitt et le lymphome médiastinal primitif à grande cellules
S. V. Swerdlow, hématopathologiste américain (2016)
→ leucémie lymphoïde chronique, lymphome lymphocytique, lymphome de la zone marginale, MALT (lymphome de), lymphome de la zone marginale ganglionnaire, lymphome folliculaire, lymphome du manteau, lymphome diffus à grandes cellules, lymphome de Burkitt, lymphome médiastinal (thymique) à grandes cellules B
lymphome de Hodgkin (classification) l.m.
Hodgkin disease (classification)
Tumeur maligne du système lymphatique, décrit par Hodgkin en 1832, caractérisée par la présence de cellules de Sternberg, d’origine lymphocytaire B.
Des études immuno-histo-pathologiques de cas de maladie de Hodgkin ont permis d’identifier à côté des formes classiques de maladie de Hodgkin un sous-type marqué par des lymphocytes malins différents des cellules de Sternberg ; il s’agit du lymphome de Hodgkin nodulaire à prédominance lymphocytaire.
Dans la forme classique de maladie de Hodgkin on distingue 4 types histologiques :
- type 1 à prédominance lymphocytaire, observé dans 10% des cas surtout chez l'enfant et l'adolescent,
- type 2 avec une sclérose nodulaire, observé dans 65% des cas surtout chez l'adolescent et l'adulte jeune, plus fréquemment féminine, sous forme d'atteinte médiastinale,
- type 3 avec une cellularité mixte, observé dans 20% des cas chez l'adulte, de début périphérique (cou, aisselle, aine),
- type 4 avec déplétion lymphocytaire, observé dans moins de 5% des cas chez l'adulte.
La maladie naît au niveau du médiastin dans 65% des cas. Le 2ème point de départ est cervical haut dans 25% des cas. L'extension se fait par voie lymphatique mais il existe parallèlement une dissémination par voie sanguine source des localisations viscérales. L'atteinte splénique est présente histologiquement dans 50% des cas.
Le diagnostic repose sur la biopsie ganglionnaire qui est indispensable aux pathologistes pour rechercher la cellule de Sternberg ou les cellules lymphocytaires malignes au sein d'un granulome inflammatoire plus ou moins important.
Au terme du bilan d'extension, on classe la maladie en stades cliniques :
- stade 1, atteinte d'un seul territoire ganglionnaire d'un seul côté du diaphragme (15% des cas)
- stade 2, atteinte de deux territoires ganglionnaires ou plus, d'un seul côté du diaphragme (60% des cas),
- stade 3, plusieurs territoires ganglionnaires de part et d'autre du diaphragme (20% des cas),
- stade 4 atteinte d'un ou plusieurs viscères non contigüe à une atteinte ganglionnaire (15% des cas).
En fonction de l’absence ou la présence de signes généraux tels que la perte de poids (˃ à 10% du poids du corps), la fièvre (˃ à 38° pendant une semaine) et des sudations nocturnes importantes on subdivise les patients en A (absence) ou B (présence).
La lettre E utilisée dans la classification signifie l’atteinte d’un organe non lymphatique par continuité.
T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1852) ; C. Sternberg, anatomopathologiste autrichien (1898) ; P. Carbone, oncologue américain (1971)
Syn. maladie de Hodgkin
Anc. dénom. maladie de Paltauf-Sternberg, lymphogranulomatose maligne
→ lymphome de Hodgkin nodulaire à prédominance lymphocytaire
lymphome de Hodgkin nodulaire à prédominance lymphocytaire l.m.
nodular lymphocyte predominant Hodgkin lymphoma NLPHL
Sous-variété rare de maladie de Hodgkin caractérisée sur le plan histologique par des cellules à prédominance lymphocytaire (PL) malignes et l'absence de cellules typiques de Reed-Sternberg.
L’affection survient surtout chez les hommes (80 %) jeunes (médiane d’âge : 30 ans) ; l’atteinte initiale
se limite aux ganglions lymphatiques périphériques (cou, aisselles ou région inguino-fémorale) et est habituellement indemne de signes généraux.
Le diagnostic repose sur l’examen immuno-histo-pathologique qui objective des cellules lymphocytaires malignes, négatives pour CD15, CD30 et positives pour CD20, BCL6 et EMA (dans la moitié des cas) au sein de nodules lymphocytaires.
Les rechutes tardives sont fréquentes de même que l’évolution vers des lymphomes agressifs.
Z. Fan, anatomopathologiste américain (2003)
lymphome épidermotrope l.m.
epidermotropic cutaneous T cell lymphoma
Prolifération, presque constamment faite de cellules CD4+, qui ont un tropisme électif pour l'épiderme et qui est responsable principalement du mycosis fongoïde et du syndrome de Sézary.
Toutefois, tous les lymphomes T cutanés peuvent présenter un degré variable d’épidermotropisme.
Le diagnostic repose sur l'examen histologique qui montre une infiltration de l'épiderme par des lymphocytes T, souvent groupées en thèques, en plus d'un infiltrat dermique de même nature plus ou moins important, souvent disposé en bande superficielle. L'immunohistochimie montre des lymphocytes T CD4+, avec parfois une perte de certains marqueurs pan T. Sans traitement, l'évolution peut se faire vers une aggravation progressive avec souvent le passage des cellules vers le sang, déterminant alors le syndrome de Sézary qui est un lymphome leucémique de cellules CD4+.
→ cellule de Sézary, Sézary (syndrome de), mycosis fongoïde, épidermotropisme, micro-abcès de Pautrier
lymphotoxine n.f.
lymphotoxin
Cytokine membranaire ou soluble produite par les cellules T activées, induisant l’activation ou l'apoptose de certaines cellules.
Les lymphotoxines sont des molécules hétérotrimériques de la famille du TNF formées de chaînes α (171 acides aminés) ou ß (223 acides aminés) ayant chacune un site de N-glycosylation. Les lymphotoxines sont produites par les lymphocytes T activés et les cellules NK. La forme prédominante est l’hétérotrimère LT2ß qui se lie au récepteur LTßR (TNF receptor related protein). La forme LT2ß exprimée précocément lors de l’activation des lymphocytes T se lie aux récepteurs de TNF de type I (p55) et de type II (p75). Les deux formes peuvent induire des signaux d’activation ou d’apoptose.
Syn. TNF β
maladie résiduelle l.f.
minimal residual disease
Dans l'évolution d'une hémopathie, persistance de cellules malignes résiduelles après obtention d'une rémission hématologique clinique complète.
La mise en évidence des cellules résiduelles indétectables par les techniques cytomorphologiques conventionnelles est possible par des méthodes plus sensibles reposant soit sur la cytométrie en flux, soit sur les techniques de PCR. Les techniques de fluorescence par hybridation in situ de sondes génétiques appropriées augmentent la sensibilité de détection des anomalies chromosomiques spécifiques de telle ou telle hémopathie maligne.
Le suivi de la maladie résiduelle minime après chimiothérapie ou après greffe de cellules souches hématopoïétiques permet de prévoir l'imminence d'une rechute et éventuellement d'intervenir pour l'éviter.
médiateur chimique de l'inflammation l.m.
inflammation chemical mediator
Médiateur plasmatique et cellulaire intervenant dans les manifestations locales et systémiques de l’inflammation, libéré dès la période initiale jusqu’au processus de réparation et de régénération.
Les médiateurs sont nombreux, interactifs, se complètent, peuvent s’amplifier ou maintenir leur réponse si un de leurs composants ou un autre système est déficient ; ces médiateurs sont plasmatiques et cellulaires.
Les premiers sont des systèmes d’activation tels que le système contact, les systèmes de la coagulation (fibrino-formation et fibrinolyse) et le complément.
Les seconds, médiateurs cellulaires, proviennent de cellules où ils sont préformés, stockés puis sécrétés par des cellules stimulées : polynucléaires, lymphocytes, monocytes, macrophages, plaquettes, mastocytes et cellules endothéliales.
Ils comprennent des médiateurs provenant d’un acide aminé précurseur (histamine et sérotonine), les amines vaso-actives, les protéases, les agents oxydants (myéloperoxydases, radicaux libres oxygénés et monoxyde d’azote ou NO), les médiateurs lipidiques tels que les eicosanoïdes métabolites de l’acide arachidonique (prostaglandines, thromboxanes et leucotriènes), les facteurs plaquettaires (platelet activating factor ou PAF), les cytokines, les molécules d’adhésion et les enzymes de destruction tissulaire. Tous ces facteurs sont impliqués dans le déclenchement du choc septique.
Étym. lat. mediator : déverbal de mediare : s’interposer
→ complément, cytokine, leucotriène, interleukine
méiose n.f.
meiosis
Division cellulaire se produisant au cours de la gamétogénèse de la plupart des cellules reproductrices eucaryotes, contenant chacune 2n chromosomes et conduisant à une réduction de moitié (n) du nombre des chromosomes ; de diploïdes les cellules deviennent haploïdes.
La gamétogénèse masculine et féminine amène le nombre de chromosomes de 46 à 23. Cette division cellulaire opère également une redistribution des gènes entre chromosomes homologues de telle sorte que chacun d'entre eux diffère ensuite du chromosome initial. La méiose comprend deux divisions cellulaires successives :
- la première (mitose réductionnelle) permet de passer de la diploïdie à l'haploïdie. Pendant la prophase, le rapprochement et l'accolement des deux chromosomes de chaque paire permettent l'échange de segments chromosomiques au cours du dédoublement des chromosomes. Elle est suivie de la métaphase et de l'anaphase ;
- la deuxième (mitose équationnelle) donne deux cellules haploïdes à partir d'une cellule haploïde. Elle comporte une séparation des chromosomes sans synthèse de nouveau matériel chromosomique. La chronologie de la méiose est différente dans les deux sexes.
Lors de la fécondation la réunion des gamètes assure la recombinaison génétique diploïde.
A. Weismann, biologiste allemand (1887)
Étym. gr. meiosis : réduction, de meiôn : moins
→ améiose, fécondation, mitose
mélanome n.m.
melanoma
Tumeur maligne fréquente, de cause inconnue, représentant 5%, mais le plus grave, des cancers cutanés et 1% des tumeurs malignes, se développant après la puberté, plus souvent chez la femme que chez l'homme, siégeant principalement aux membres inférieurs, mais s'observant aussi au tronc, à la tête ou aux membres supérieurs, et se développant à partir, soit de mélanocytes épidermiques, c'est-à-dire apparemment de novo, soit d'un nævus préexistant.
Son diagnostic, clinique comme histologique, est plus facile lorsqu'il s'agit d'une lésion pigmentée. Certains cas sont familiaux et l'exposition solaire est un facteur favorisant. On distingue plusieurs variétés dont la fréquence, l'évolution et le pronostic sont différents et dont les principales sont : a) le mélanome sur mélanose précancéreuse de Dubreuilh; b) le mélanome à extension superficielle; c) le mélanome nodulaire ; d) le mélanome des extrémités ou mélanome lentigineux acral ; e) le mélanome des muqueuses.
La structure histologique de la tumeur varie avec le type de lésion mais montre généralement une agression marquée de l'épiderme par les cellules tumorales, une intense activité jonctionnelle et, dans le derme, des amas de cellules volumineuses à noyau irrégulier, clair, boursoufflé et à cytoplasme abondant souvent rempli de mélanine; les mitoses sont nombreuses et l'infiltrat inflammatoire péritumoral important. Dans les cas difficiles, l'histopathologiste pourra s'aider de marqueurs des cellules tumorales tels que protéine S100, vimentine, HMB45.
L'évolution se fait schématiquement en trois stades cliniques, le premier étant celui de la tumeur primitive, le second celui de métastases locorégionales et le troisième celui de la généralisation. Le pronostic est principalement fonction, d'une part, du niveau de Clark de la tumeur, reflétant sa pénétration intradermique, et de l'indice de Breslow correspondant à son épaisseur et, d'autre part, de la présence ou non de métastases. Le traitement consiste en l'exérèse précoce et large de la néoformation. La radiothérapie, l'immunothérapie et la chimiothérapie sont peu efficaces.
W. Dubreuilh, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1894) ; A. Breslow, anatomopathologiste américain (1970) ; W. H. Clark Jr, anatomopathologiste américain (1967)
Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur
Syn. mélanome malin (obs.), nævocarcinome (obs.), mélanosarcome (obs.), mélanoblastome (obs.)
→ Breslow (indice de), Clark (niveau de)
mélanotransferrine n.f.
melanotransferrin
Protéine qui fixe des ions ferriques et qui intervient dans la captation de fer par certaines cellules.
De masse moléculaire 97 kDa, elle est aussi appelée p97. Elle est en quantité plus élevée dans le sérum et surtout le liquide céphalorachidien des patients atteints de maladie d'Alzheimer où on la trouve sur les cellules microgliales associées aux plaques amyloïdes ; ce sont ces cellules qui pourraient la synthétiser et la sécréter.
Étym. gr. melas, melanos : noir ; nosos : maladie ; lat trans : à travers ; ferrum : fer
membrane épimaculaire l.f.
epimacular membrane, macular pucker
Prolifération fibrocellulaire prérétinienne dans la région maculaire, responsable de plis rétiniens, d'une déformation fovéolaire et d'un œdème maculaire à un stade avancé.
Les cellules les plus couramment retrouvées au sein d'une membrane épimaculaire sont des astrocytes, des cellules de Müller et des myofibroblastes dont les propriéts contractiles sont à l'origine du tableau fonctionnel et clinique. Ces membranes peuvent être soit primitives (syndrome de Jaffé), soit secondaires (syndrome de traction vitréomaculaire, prolifération vitréorétinienne, migrations de cellules épithéliales après photocoagulation, cryothérapie ou postcontusive, hyalites, choroïdites).
N. S. Jaffe, ophtalmologiste américain (1967)
Étym. lat. membrana : membrane ; gr. epi : sur ; lat. macula : tache
méningiome n.m.
meningioma
Tumeur intradurale histologiquement bénigne, développée à partir des villosités arachnoïdiennes, qui représente environ 15% de toutes les tumeurs intracrâniennes primitives et 12% des tumeurs intrarachidiennes.
Sa fréquence bien plus grande chez la femme que chez l'homme, notamment dans ses formes intrarachidiennes, a conduit à rechercher le rôle des hormones sexuelles.
Les méningiomes intracrâniens sont parasagittaux à la convexité, insérés sur le sphénoïde ou intraventriculaires, uniques ou multiples dans le cadre d'une maladie de von Recklinghausen. La plupart des méningiomes intrarachidiens sont de siège thoracique.
Histologiquement, il existe des formes méningothéliales riches en cellules formant des enroulements caractéristiques, des formes fibroplastiques aux cellules allongées avec une composante en fibres collagènes et des formes de transition. Dans tous ces cas, la vascularisation est d'importance variable. La présence de nombreuses calcifications au sein des enroulements caractérise les formes psammomateuses.
De nombreuses autres variétés ont été isolées : angiomateuse, microkystique, sécrétoire, à cellules claires, chordoïde, riche en infiltrats lymphoplasmocytaires, métaplasique. La variété hémangiopéricytaire est sujet à controverses, d'autant que son pronostic est plus défavorable.
Il arrive que ces tumeurs présentent un certain degré d'anaplasie qui s'extériorise surtout dans les formes récidivantes ou malignes. La perte d'un chromosome 22 parfois observée n'est pas toujours parallèle au degré de malignité.
Le traitement des méningiomes est principalement chirurgical. Ils peuvent avoir une évolution défavorable, notamment en cas d'extension intracrânienne.
Étym. gr. mêningx : membrane ; -ome : suffixe indiquant la tumeur
mésenchyme n.m.
mésenchyma
Tissu primitif d'origine mésodermique d'où dérivent tous les types de tissu conjonctif constitué de cellules indifférenciées ou cellules mésenchymateuses souches qui donnent naissance aux cellules différenciées de ce tissu conjonctif : fibrocyte, cellule musculaire, adipeuse, cartilagineuse, osseuse, etc.
Étym. gr. mesos : milieu : chymos : suc