Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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collagène injectable l.m.

Produit utilisé dans la technique de comblement servant à la correction temporaire des rides profondes du visage (sillon nasogénien, rides péribuccales, intersourcillères et de la patte d’oie) ou pour gonfler les lèvres.
Présenté en ampoules à usage unique, à concentrations différentes selon les rides à traiter et destiné à être injecté sous l’épiderme, seul le collagène américain, d’origine bovine et extrait du derme, est actuellement disponible sur le marché français. Jusqu’à ce que soit discutée l’éventuelle responsabilité du collagène bovin dans la transmission de l’encéphalite spongiforme, la principale complication connue de cette intervention cosmétologique était le possible déclenchement de réactions allergiques, d’où l’obligation de réaliser un double test préalable dont la positivité contrindiquait l’injection. Quelques effets indésirables transitoires peuvent néanmoins survenir, tels que érythème ou réaction granulomateuse. Le comblement obtenu persiste de 3 à 9 mois.

hyaluronique (acide)

[G5]

coloration de Gram l.f.

Gram's stain

Technique de coloration différentielle des bactéries et premier stade de leur identification.
Le frottis est coloré par un colorant d'aniline mordancé par l'iode puis décoloré par l'alcool éthylique ou l'acétone. Certaines bactéries restent colorées (bactéries à Gram positif), d'autres sont décolorées puis mises en évidence par un colorant de contraste (bactéries à Gram négatif).

H. C. Gram, bactériologue danois (1884)

Abrév. Gram

[D1]

coloration de Ziehl-Neelsen l.f.

Ziehl- Neelsen's stain

Technique de coloration destinée à mettre en évidence les bactéries acido-alcoolo-résistantes, en particulier le bacille de Koch et les autres mycobactéries.

F. Ziehl, bactériologiste allemand (1882) ; F. Neelsen, anatomopathologiste allemand (1892)

Ziehl-Neelsen (coloration de)

[A2,A3]

coloration négative l.f.

negative staining

Technique microscopique dans laquelle le fond de la préparation est coloré ou rendu opaque pour mettre en évidence une structure (capsule) ou une particule (bactérie, virus).

[A2]

coloscopie radiologique par imagerie volumique l.f.

virtual coloscopy

Technique radiologique non effractive d’exploration du côlon combinant l’utilisation du scanner hélicoïdal ou de l’IRM, au traitement informatisé des images afin d’obtenir des représentations tridimensionnelles du côlon, simulant ainsi les images observées en coloscopie.
Elle a pour objet d’éviter les désagréments de la coloscopie.

capsule vidéoscopique

[B2,L1]

Comberg (méthode géométrique de) l.f.

Comberg’s geometric method

Méthode géométrique de localisation des corps étrangers intra-oculaires qui repose sur l’utilisation du verre de Comberg placé après anesthésie topique sur l’œil malade ; deux clichés sont réalisés : un cliché de profil strict perpendiculaire à la cornée, et un cliché de face.
La position du corps étranger par rapport aux repères est reportée sur une épure qui permet de le localiser à l’intérieur ou à l’extérieur du globe.
C’est une technique qui va devenir de plus en plus désuète au fur et à mesure de la facilité d’obtention d’une tomodensitométrie en coupes millimétriques selon le plan neuro-oculaire.

G. Comberg, médecin vétérinaire allemand (1978)

Comberg (verre de)

[P2,B2]

Comberg (verre de) l.m.

Comberg’s contact lens

Coque plastique, à appui scléral, à l’intérieur de laquelle existe un anneau métallique et comprenant une tige métallique perpendiculaire à cet anneau.
Ainsi l’anneau et la tige, tous deux radio-opaques, représentent les repères par rapport auxquels le corps étranger radio-opaque est localisé (à l’intérieur ou à l’extérieur de l’œil).
Cette technique va devenir désuète avec la facilité d’obtention d’une tomodensitométrie en coupes millimétriques selon le plan neuro-oculaire.

D. Comberg, ophtalmologiste allemand (1929-2002)

Comberg (méthode géométrique de)

[P2]

commissuroplastie n.f.

commissuroplasty

Technique de chirurgie cardiaque qui vise à restaurer la continence d’une valve insuffisante par refixation, raccourcissement, ou remodelage d’une ou plusieurs de ses commissures.
La commissuroplastie peut s’appliquer à l’une quelconque des valves cardiaques mais elle a surtout été développée pour la valve mitrale.

[K3]

compression-décompression cardiaque active l.f.

active compression-decompression in cardio-pulmonary resuscitation

Technique de massage cardiaque externe au cours de laquelle un dispositif à ventouse appliquée sur le sternum permet de compléter la compression active par un retour du sternum en position de repos grâce à la traction exercée par la ventouse.
L'emploi de ce dispositif, monté sur un levier mû à la main ou par un moteur pneumatique, permet d'augmenter le volume d'éjection systolique lors du massage cardiaque externe. D'autres méthodes visant le même but ont été proposées, notamment la compression abdominale synchrone au massage. (Cette dernière méthode avait été essayée par C.-G. Engstrœm sur son respirateur, elle a été abandonnée après quelques années de pratique).

C-G. Engström, médecin suédois (1953)

massage cardiaque externe

[G1]

compression urétérale l.f.

ureteral compression

Technique utilisée au cours d'une urographie intraveineuse, consistant en une compression bilatérale et symétrique des uretères sur le promontoire, obtenue par divers artifices : sangle abdominale avec ballon unique ou ballonnets séparés, etc.
Son but est d'améliorer la réplétion des cavités hautes afin d'en obtenir une meilleure image. Ses indications ont fait l'objet de nombreuses controverses portant sur le moment de son installation et même sur son opportunité. Elle ne doit être installée qu'après s'être assuré de la bonne élimination bilatérale de l'urine, de la perméabilité des uretères et de l'opacification insuffisante des cavités pyélocalicielles sur les premiers clichés de l'examen. Il existe des contrindications : opération récente, grossesse, crise de colique néphrétique, traumatisme, etc.

urographie intraveineuse

[M3]

conduite n.f.

conduct

Manière d'agir, motrice, verbale et psychique, d'un individu en réponse à des circonstances déterminées, et qui se caractérise par son but, sa signification et sa fonction.
Elle résulte de l'interaction entre les capacités adaptatives, dans un contexte de repères sociaux et culturels, avec les représentations conscientes et inconscientes mobilisées en fonction de la structure psychique et de l'expérience vécue, dans une situation donnée. La conduite peut être adaptée, déviante, transgressive ou pathologique.
Alors que, dans le langage courant, et malgré une dimension morale plus fréquente, cette notion ne diffère pas significativement de celle de comportement, elle s'est beaucoup complexifiée et intentionnalisée sur le plan technique, depuis notamment H. Piéron, E. Claparède et P. Janet, s'éloignant nettement d'une psychologie dite objective. En effet, celle-ci repose essentiellement sur des données expérimentales et réflexologiques.
La tradition francophone, en particulier l'école de Piaget, a suivi la proposition de D. Lagache en vue d'utiliser seulement le terme de conduite. Cependant, sous l'influence anglo-saxonne, celui de comportement tend à l'être de plus en plus.

H. Piéron, psychologue français (1881-1964) ; E. Claparède, neurologue et psychologue suisse (1873-1940) ; P. Janet, philosophe, psychologue et médecin français (1859-1947) ; D. Lagache, psychiatre français (1903-1972)

[H4]

conférence de consensus l.f.

Colloque organisé sur le modèle d’un tribunal composé d’experts scientifiques, d’un jury et d’un public de médecins, destiné à définir la meilleure utilisation actuelle d’une technique ou d’une pratique médicale, compte tenu de l’état des connaissances scientifiques et des contraintes de l’environnement.
1) Les conférences de consensus se tiennent sur des questions controversées, ayant un intérêt de santé publique, ou à propos desquelles on constate un décalage entre les connaissances et les pratiques. Après des présentations scientifiques et des discussions, des recommandations pratiques qui doivent emporter l’adhésion de tous les membres du jury (consensus) indiquent la meilleure manière d’utiliser les techniques étudiées.
2) Pratiquées aux Etats-Unis, les conférences de consensus le sont aussi comme méthode d’aide à la décision médicale dans d’autres pays, notamment la Grande Bretagne et la France.

[E1]

coniotomie n.f.

coniotomy

Technique de trachéostomie qui permet d’introduire un tube dans la trachée par incision ou ponction du ligament cricothyroïdien médian dans l’espace inter cricothyroïdien.
La coniotomie est plus facile et plus rapide à faire qu’une trachéotomie sous-cricoïdienne. Elle est utile en extrême urgence lorsqu’une intubation trachéale n’est pas réalisable, en présence d’un volumineux œdème de la glotte ou d’un corps étranger par exemple.

Étym. gr. kônos : cône ; tomé : coupure

Syn. cricothyroïdotomie

œdème de la glotte, œdème de Quincke, trachéotomie, trachéostomie

[N2,G1]

conisation du col utérin l.f.

cone biopsy of the uterine cervix

Prélèvement biopsique du col utérin en forme de cône dont la base correspond à l'exocol et dont l'axe est représenté par le canal endocervical, dans le but d'identifier des lésions cancéreuses ou précancéreuses.
Une conisation correcte doit offrir à l'examen histologique toutes les lésions suspectées par l'examen colposcopique, éventuellement étendues jusqu'à l'orifice interne. La technique de conisation fait appel soit à un bistouri spécial, soit à une anse diathermique, soit à un rayon laser au dioxyde de carbone.

[O3,A3]

Conill (opération de) l.f.

Conill's procedure

Technique chirurgicale de cure des prolapsus génitaux féminins.
Elle réalise un avivement plus ou moins haut des parois vaginales par excision muqueuse, puis un adossement qui ferme l'orifice vulvaire plus ou moins complètement après mise en place de quelques larges sutures. Son intérêt tient à sa rapidité d'exécution sous anesthésie locale ou locorégionale.

V. Conill Serra, gynécologue espagnol (1957)

[O3]

constriction de l'artère pulmonaire l.f.

pulmonary artery banding

Technique de chirurgie cardiaque palliative destinée à réduire le débit excessif d’un shunt gauche-droit, à abaisser la pression artérielle pulmonaire et prévenir ainsi l’installation d’une résistance pulmonaire fixée.
Elle consiste à créer une sténose calibrée de l’artère pulmonaire en passant un lien autour de sa base puis en le serrant progressivement sous contrôle de la pression artérielle pulmonaire jusqu’à ce que celle-ci s’abaisse le plus près possible des chiffres normaux.
Elle peut constituer une opération d’attente chez des enfants trop jeunes pour une correction complète de la malformation cardiaque, ou une opération purement palliative si la malformation elle-même ne peut être corrigée.

[K3]

construction de Putti l.f.

Putti's construction

Sur une radiographie du bassin d'un nourrisson ou d'un nouveau-né, construction géométrique destinée à dépister une dysplasie ou une luxation congénitale de la hanche, avant l'apparition du noyau épiphysaire fémoral.
Elle consiste à tracer la ligne des cartilages en Y et sa perpendiculaire tangente au bord interne de la diaphyse fémorale (ligne de Putti). A l'état normal, cette dernière coupe l'image du toit cotyloïdien en son milieu et la métaphyse fémorale supérieure reste en dessous de la ligne des cartilages en Y, de manière symétrique. Technique en partie abandonnée au profit du repérage échographique.

V. Putti, chirurgien italien (1880-1940)

[B2,I2,O1]

consultation n.f.

Action de prendre ou de donner un avis

En procédure civile « lorsqu’une question purement technique ne requiert pas d’investigations complexes, le juge peut charger la personne qu’il commet de lui fournir une simple consultation » (article 256 du Code de procédure civile). Cette consultation comporte un examen contradictoire des faits en litige.

consultant

[E]

Contamin et Gueguen (procédé de) l.m.

Contamin and Gueguen’s procedure

Technique hémostatique portant sur les branches artérielles cervicovaginales au cours de l'hystérectomie totale intrafasciale en faisant appel à six ligatures étagées des artères cervicovaginales préalablement individualisées.

R. Contamin et Y. Gueguen, gynécologues français (1958)

[O3]

contraception n.f. 

contraception

Interruption temporaire et réversible de la fécondité naturelle d'un couple.
On distingue les méthodes physiques (barrière entre les gamètes, entrave à la nidation de l'œuf), les méthodes chimiques (inhibition de la gamétogénèse féminine ou plus rarement masculine), les méthodes physiologiques (abstinence périodique). On indique différemment la contraception selon que la femme est nulligeste, multipare ou accouchée, dans la période postabortum ou post-coïtale. Chez l'homme, le préservatif et la technique du retrait, le coït interrompu, sont les méthodes les plus répandues ; l'obtention d'une azoospermie par la testostérone retard est encore à l'étude.
L'évaluation des méthodes permettant leur comparaison a été codifiée par l'indice de Pearl.

R. Pearl, biologiste américain (1933)

abstinence sexuelle, coït interrompu, coït réservé, complications psychiques de la contraception

[O3]

contraste n.m.

contrast

1) Caractéristique qui différencie un signal de son environnement (contraste simultané) ou qui différencie deux états du même signal (contraste successif).
Le contraste permet de mesurer le degré de perception d'un signal. On parle de contraste pour la luminance, pour la couleur, pour le son, pour le toucher et plus généralement pour toute information. Le contraste seuil est le contraste minimum assurant la perception de l'information
2) En imagerie médicale, écart de luminance entre les différentes plages d'un document iconographique.
On le définit mathématiquement, pour deux plages homogènes caractérisées par des signaux SM et Sm par le paramètre C = définition identique à celle de la modulation d'un signal sinusoïdal ayant SM pour valeur maximale et Sm pour valeur minimale.


Le terme contraste est parfois employé à tort pour produit de contraste.
3) En technique microscopique le contraste de phase est utilisé pour séparer des structures peu contrastées dont les détails sont mal visualisés en microscopie ordinaire et qui ne se distinguent que par leur indice de réfraction.
4) La sensibilité au contraste est la plus petite variation de luminosité perceptible visible, rapportée à la lumière du fond.
D'après la loi de Bouvier-Masson, le rapport obtenu est pratiquement constant dans un grand intervalle de luminance.

atténuation, courbe sensitométrique, densité optique, fonction transfert de modulation, sensibilité aux contrastes lumineux, vision du contraste

[B2,B3,A2]

Édit. 2018

contre-immunoélectrophorèse n.f.

counter immunoelectrophoresis

Technique rapide d'électrophorèse appliquée à la méthode de double diffusion en plaque d'Ouchterlony.
La sensibilité et la rapidité sont augmentées en provoquant la migration l'un vers l'autre des deux réactants à l'aide d'un courant électrique.

Ö. Ouchterlony, bactériologue et immunologiste suédois (1949)

électrosynérèse

[C1]

contrepulsion aortique l.f.

intraaortic balloon counterpulsation

Procédé thérapeutique d’assistance circulatoire destiné à améliorer l'état circulatoire dans certaines défaillances myocardiques sévères résistant aux moyens pharmacologiques.
Elle consiste à monter par voie fémorale rétrograde, dans l’aorte descendante sous-isthmique un ballonnet dont le gonflement automatique intermittent synchronisé avec la diastole ventriculaire améliore la performance hémodynamique du cœur, en diminuant la postcharge et en facilitant la perfusion coronaire.
De technique et de contrôle relativement simple la contrepulsion diastolique a pris une place importante dans le traitement de la défaillance cardiaque aigüe.

S. D. Moulopoulos, médecin grec  (1962) ; A. Kantrowitz, chirurgien américain (1968)

Étym. contraction de contre et de pulsion (pouls cardiaque) pour marquer l'opposition de phase entre la machine et le cœur

Syn. assistance circulatoire

ballon intra-aortique

[G5,K2,B3]

contrôle croisé l.m.

cross-matching

Technique utilisée avant une transfusion sanguine pour tester la compatibilité entre le sang d'un donneur et le sang d'un receveur.
Elle consiste à mettre en présence le sérum du receveur avec des globules rouges provenant de donneurs différents : une agglutination des globules rouges indique que le sérum du receveur contient l'anticorps dirigé contre les globules rouges du donneur, il y a donc dans ce cas incompatibilité sanguine interdisant la transfusion.

[F1]

coordimètre n.m.

coordimeter

Appareillage haploscopique servant à l'étude de la motilité oculaire et à la mesure de la déviation strabique selon les directions du regard.
Sa principale indication est l'étude de la diplopie dans les paralysies oculomotrices. L'appareillage original de Hess comporte : un écran quadrillé en vision monoculaire, sur lequel le sujet déplace un repère en vision monoculaire par l'autre œil ; la séparation des stimuli des deux yeux se fait au moyen de lunettes rouge-vert ; la situation du repère mobile par rapport au quadrillage indique la déviation et ses variations dans les différentes directions. C'est l'angle subjectif qui est ainsi mesuré ; aussi n'utilise-t-on en principe cette technique que si la correspondance rétinienne est normale.

C. von Hess, ophtalmologiste allemand (1863-1923) ; W. B. Lancaster, ophtalmologiste américain (1939)

[P2,B3]

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