Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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chromomycose n.f.

Dermatomycose chronique cutanée et souscutanée, volontiers hyperplasique, sans tendance à l’envahisement des tissus profonds, sévissant surtout dans les régions tropicales ou subtropicales.
Les micromycètes responsables appartiennent à sept espèces différentes : Fonsecaea pedrosoi, Fonsecaea compacta, Cladosporium carrionnii, Phialophora verrucosa, Rhinocladellia cerophila, Wangiella dermatitidis et Exophiala spinifer.
Cette infection touche surtout l'adulte masculin ayant des activités rurales. Le champignon, parasite du bois et du sol, est sans doute inoculé à l'occasion d'un traumatisme cutané. La lésion, généralement unilatérale, siège sur les zones découvertes, surtout les membres inférieurs. Il s'agit d'abord d'une petite lésion papulo-nodulaire localisée qui évolue lentement en un placard verruqueux, végétant, bourgeonnant en chou-fleur, indolore mais malodorant et invalidant par l'éléphantiasis provoqué. Une transformation carcinomateuse est possible mais il n'y a pas d'atteinte osseuse sous-jacente. Le diagnostic repose sur l'histologie et surtout l'examen mycologique qui précise l'agent responsable. Le traitement comprend l'exérèse chirurgicale d'une lésion débutante ou bien des antifongiques.

C. G. Lane, dermatologiste américain (1915) ; E. M. Medlar, anatomopathologiste américain (1915), A. Pedroso, bactériologiste brésilien (1920)

Syn. chromoblastomycose (obs.), maladie de Lane et Pedroso (obs.)

[D1,J1]

chromosome Philadelphie l.m.

Philadelphia chromosome, Ph chromosome

Anomalie chromosomique identifiée par l'analyse cytogénétique des cellules médullaires et sanguines montrant un raccourcissement du bras long du chromosome 22.
En fait, l'anomalie n'est pas due à une délétion de matériel chromosomique, mais à une translocation entre le chromosome 9 et le chromosome 22, désignée selon la nomenclature internationale de 1991 par t(9 ;22) (q34 ; q11). Cette translocation standard est observée dans plus de 95% des leucémies myéloïdes chroniques (LMC). L'analyse moléculaire montre que la conséquence de cette translocation est la juxtaposition du proto-oncogène ABL du chromosome 9 sur le gène BCR du chromosome 22, donnant ainsi naissance à un gène de fusion qui code pour une protéine chimérique fonctionnelle P210 bcr/abl, qui a la propriété d'être leucémogène. Chez les rares cas de LMC sans translocation détectable, l’analyse moléculaire identifie cependant la présence du gène de fusion bcr/abl. Dans la leucémie aigüe lymphoblastique (LAL) 5% des enfants et 25% des adultes ont un chromosome Philadelphie. Une méthode de biologie moléculaire par RT-PCR plus sensible que l'étude cytogénétique montre en fait que plus de 25% des LAL de l'adulte sont Ph positives. Le point de fusion du gène ABL sur le gène BCR est ici différent de celui des LMC, donnant naissance à un gène hybride dont le produit final est une protéine p190, également leucémogène. La présence d'un Ph confère à la LAL un pronostic péjoratif.
La dénomination Philadelphie (Ph) est liée à l’origine des chercheurs américains qui ont observé, en 1960, cette anomalie chromosomique dans les cultures des cellules hématologiques de malades atteints de leucémie myéloïde chronique. Et quelques années plus tard, par une coloration des bandes chromosomiques, J. Rowley, généticienne de Chicago, découvrit une translocation - ou échange de matériel génétique - entre les chromosomes 9 et 22.

P. C. Nowell et D.A. Hungerford, scientifiques américains de l’Université Pensylvania (1960) J. D. Rowley, médecin généticienne américaine (1973)

Étym. gr. chrôma : couleur ; sôma : corps

[Q1,F1]

chylopéricarde n.m.

chylopericardium

Épanchement aigu ou chronique de chyle dans la cavité péricardique, dont l’origine peut être traumatique ou tumorale.

→ chylothorax

[K4,K2 ???]

chylothorax n.m.

chylothorax

Épanchement aigu ou chronique de chyle dans une cavité pleurale, dont la cause est le plus souvent une effraction traumatique du canal thoracique ou d’une de ses branches, soit par traumatisme thoracique fermé, soit par blessure directe (en particulier chirurgicale).
Plus rarement le chylothorax est lié à un processus pathologique, généralement tumoral. Le chylothorax peut s’assécher spontanément, après une ou plusieurs ponctions. S’il persiste, il devient nécessaire d’oblitérer chirurgicalement la brèche du canal thoracique, le point le plus difficile de ce traitement étant le repérage exact de la fistule

[K4]

cil immobile (syndrome du) l.m.

primary ciliary dyskinesia, immotile cilia syndrome

Affection héréditaire autosomique récessive, décrite par Afzelius en 1976, caractérisée par l'absence ou l'anarchie de mobilité des cils vibratiles des cellules ciliées de l'appareil respiratoire.
L'atteinte de ces cellules entraîne une gêne à l'épuration mucociliaire, avec rétention des sécrétions et tendance permanente aux surinfections. Elle peut entraîner, dès l'enfance, une bronchopneumopathie chronique obstructive avec dilatation des bronches et sinusites à répétition. L’immobilité du cil est due à l’absence du bras externe de la dynéine, protéine supportant l’activité ATPasique qui donne l’énergie nécessaire au mouvement du cil.
La fréquence de la stérilité est expliquée par une diminution de mobilité du flagelle du spermatozoïde dont la constitution est voisine de celle du cil vibratile.
La présence une fois sur deux d'un situs inversus associé réalise le syndrome de Kartagener.

B. A. Afzelius, chercheur suédois (1976) ; M. Kartagener, médecin interniste suisse (1933) ; B. Senior, pédiatre sud-africain (1961) ; A. C. Løken, neuropathologiste norvégien (1961)

Étym. lat. cilium : cil, paupière

Syn. dyskinésie ciliaire primitive

→ dyskinésie ciliaire primitive, cil vibratile (constitution du cil vibratile), ciliopathie, Kartagener (syndrome de), Senior et Løken (syndrome de)

[Q2]

cinacalcet n.m.

Calcimimétique qui se fixant aux récepteurs sensible au calcium, réduisent les taux circulants de parathormone.
Il est indiqué dans le traitement des hyperparathyroïdies et en particulier celle de l’insuffisance rénale chronique traitée par hémodialyse.

→ hormone parathyroïdienne, récepteur sensible au calcium, hyperparathyroïdie, insuffisance rénale chronique

[O4,M1]

Édit. 2018

cirrhose biliaire secondaire l.f.

secondary biliary cirrhosis

Cirrhose compliquant une obstruction chronique, complète ou non, des voies biliaires.
Les principales causes sont l'atrésie des voies biliaires, la dilatation kystique congénitale des voies biliaires extra-et/ou intrahépatiques, les sténoses postopératoires des voies biliaires, la lithiase de la voie biliaire principale, la cholangite sclérosante primitive. Les principales manifestations sont le prurit, l'ictère et l'angiocholite. La cause est identifiée par l'anamnèse et l'étude par imagerie des voies biliaires. Le pronostic est bon si l'obstruction peut être levée, mauvais dans le cas contraire.

→ paucité des canaux biliaires, cirrhose hépatique

[L1]

cirrhose posthépatite auto-immune l.f.

cirrhosis following autoimmune chronic hepatitis

Cirrhose compliquant une hépatite chronique auto-immune.

→ hépatite chronique auto-immune, cirrhose hépatique

[L1,F3]

cirrhose posthépatite virale l.f.

cirrhosis due to chronic viral hepatitis

Cirrhose liée à l'évolution d'une hépatite chronique due au virus de l'hépatite B, de l'hépatite C, et de l'hépatite D.
Le rôle d'autres virus compliquant une atteinte hépatique d'origine médicamenteuse ou toxique est possible. Les lésions peuvent ressembler à celles d'une cirrhose posthépatitique (isoniazide, papavérine, clométacine p. ex.), d'une cirrhose alcoolique (maléate de perhexiline, amiodarone p. ex.), d'une cirrhose biliaire (phénothiazine p. ex.), d'une cirrhose congestive (alcaloïdes du senecio, chimiothérapie antinéoplasique). Le diagnostic repose sur l'anamnèse.

→ hépatite B, hépatite C, hépatite D, cirrhose hépatique

[L1,D1]

cladosporiose n.f.

cladosporiosis

Infection rare due à un champignon du genre Cladosporium et rattachée aux chromomycoses.
Elle a une affinité particulière pour le système nerveux central, causant des abcès cérébraux uniques ou multiples, parfois une atteinte des cavités ventriculaires, voire une méningite aigüe ou chronique.

Étym. gr. klados : branche ; spora : semence

Syn. blastomycose cérébroméningée

[D1]

clubbing angl.

clubbing

Au cours d'une urographie intraveineuse, dilatation en masse (ou en club de golf) du fond caliciel.
Il traduit avec le scarring une atrophie corticopapillaire et s'observe au cours d'une pyélonéphrite chronique ou d'une hypoplasie segmentaire.

[B2,M3]

cocaïnisme n.m.

cocainism

Intoxication aigüe ou chronique par la cocaïne.

[G4]

cœur pulmonaire l.m.

pulmonary heart

Ensemble des manifestations cardiaques droites secondaires à une maladie ou une lésion pulmonaire.
On distingue le cœur pulmonaire aigu du cœur pulmonaire chronique qui groupe toutes les conséquences pathologiques, physiologiques et chimiques d’une maladie pulmonaire de long cours.

[K2,K1]

cœur pulmonaire chronique l.m.

chronic pulmonary heart

Hypertrophie et/ou dilatation du ventricule droit, secondaire à une hypertension artérielle pulmonaire chronique dont la cause est une affection pulmonaire parenchymateuse ou vasculaire.
Il peut être associé à une insuffisance ventriculaire droite. Les principales causes sont les insuffisances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives, l’hypertension artérielle pulmonaire post-embolique, l’hypertension artérielle pulmonaire primitive et les vascularites pulmonaires.

[K2,K1]

colite aigüe l.f.

acute colitis

Maladie inflammatoire du côlon de début généralement brutal dont l'évolution n'excède par une durée de 4 à 6 semaines qui peut être d'origine infectieuse, bactérienne, virale ou parasitaire et aussi médicamenteuse (antibiothérapie) ou ischémique.
Elle peut correspondre à une première poussée de maladie inflammatoire chronique intestinale.

[L1]

colite collagène l.f.

collagenous colitis

Maladie inflammatoire colique atteignant le plus souvent la femme entre 40 et 60 ans, responsable d'une diarrhée chronique aqueuse résistant aux traitements anti-diarrhéiques conventionnels.
Le côlon est endoscopiquement sain. L'étude des biopsies montre un épaississement de la bande collagène sous-épithéliale colique supérieure à 10 mm associé à un infiltrat inflammatoire lymphoplasmocytaire du chorion.

[L1]

colite lymphocytaire l.f.

lymphocytic colitis

Atteinte inflammatoire diffuse du côlon, responsable d'une diarrhée chronique aqueuse.
Le côlon paraît sain à l’examen endoscopique et l’étude des biopsies montre une augmentation significative des lymphocytes intraépithéliaux associée à l’existence d’un infiltrat lymphoplasmocytaire du chorion.
Une colite lymphocytaire est parfois associée à la prise de médicaments comme les antiinflammatoires non stéroïdiens et certains veinotoniques. La possibilité d’une évolution de la colite lymphocytaire vers une colite collagène reste discutée

[L1]

colite radique l.f.

radiation colitis

Lésion rectale ou colique induite par une radiothérapie, généralement localisée au niveau du rectum (rectite radique), et provoquée par l'irradiation de cancers pelviens (col utérin, prostate, vessie, rectum).
On distingue une phase aigüe avec lésions survenant pendant ou au décours immédiat de l'irradiation, pouvant aller d'un simple œdème de la muqueuse à la survenue d'ulcérations superficielles, et une phase chronique qui peut survenir de 6 mois à plus de 15 ans après l'irradiation. Les lésions correspondent alors à des télangiectasies muqueuses, des ulcérations, des sténoses ou des fistules rectovaginales.

[L1,F2]

collagénose perforante réactionnelle l.f.

reactive perforating collagenosis

Dermatose caractérisée par une éruption posttraumatique de papules disposées de façon serpigineuse, dont l'histologie montre un phénomène d'élimination trans-épidermique de tissu collagène dégénéré.
Elle peut être familiale ou associée à une dystrophie élastique, à un syndrome de Down ou à une insuffisance rénale chronique traitée par dialyse. Décrite par Mehregan (1967), elle est très proche du collagénome perforant verruciforme de Laugier et Woringer.

J. L. H. Down, médecin britannique (1866) ; A. H. Mehregan, dermatologue américain (1967) ; P. Laugier, F. Woringer, dermatologues français (1963)

→ collagénome perforant verruciforme

[J1]

collapsus de reventilation en réanimation l.m.

hypocapnia collapse

Collapsus cardiovasculaire par hypocapnie et alcalose respiratoire qui apparaît au cours de la réanimation si l'on hyperventile d'emblée le patient, surtout un hypercapnique chronique ayant une réserve alcaline élevée.
L'accroissement de la pression alvéolaire moyenne par l'insufflation, qui augmente les résistances des capillaires pulmonaires, et l'expansion volumique ou l'emploi de vasoconstricteurs sont des facteurs favorisants.

→ hypercapnie

[G1]

conidiobolomycose n.f.

conidiobolomycose

Mycose rhinofaciale chronique due à un saprophyte largement répandu dans le milieu extérieur, Conidiobolus coronatus, existant dans les pays tropicaux ou subtropicaux et atteignant préférentiellement les adultes.
Au départ, il s’agit d’un granulome endonasal qui s’étend progressivement aux sinus, au pharynx, aux tissus sous-cutanés de la face et, plus tardivement, au muscles et aux os du nez. À un stade ultérieur, le nez et la lèvre supérieure sont complètement infiltrés, simulant la forme d’un groin. Les formes disséminées, avec diverses localisations viscérales, sont rares mais ont été décrites en particulier avec Conidiobolus incongruus.

Syn. rhinophycomycose

[D1]

conjonctivite n.f.

conjunctivitis

Inflammation aigüe ou chronique de la conjonctive qui se traduit par une sensation de brûlure, de démangeaison ou de corps étranger, une hyperhémie, un œdème des paupières, une hypersécrétion, variable selon le type de conjonctivite, des follicules réalisant parfois un véritable aspect de pavage de la conjonctivite.

[P2]

conjonctivite allergique l.f.

allergic conjunctivitis

Réaction de défense de la conjonctive créée par un allergène mis à son contact soit par voie externe, contact direct ou diffusion de proximité (rhinopharyngite, paupières), soit par voie interne (allergie bactérienne, mycosique, etc.).
Elle est en général bilatérale.
Il y en a plusieurs types :
- aiguë type conjonctivite pollinique : larmoiement, photophobie, prurit, chémosis,
- subaiguë ou chronique : la conjonctive palpébrale a un aspect variable : papillaire, pseudofolliculaire, macropapillaire, pavimenteux ou seulement hyperhémié. Elle peut être associée à une kératite ponctuée superficielle ;
- allergique de contact : l'allergène en cause est très variable : cosmétiques, produits chimiques, médicaments, etc

[P2,N1,F3]

conjonctivite ligneuse l.f.

ligneous conjunctivitis

Conjonctivite chronique, non contagieuse, qui atteint plus souvent les filles que les garçons, avec fausses membranes très adhérentes sur les quatre paupières, complications cornéennes inéluctables (néovascularisation, ulcérations, évolution parfois vers l'opacification de la cornée).
Tiraillement, larmoiement, rougeurs, membranes et pseudomembranes sur la conjonctive tarsienne dont la consistance devient ligneuse par plages. D'autres muqueuses peuvent être concernées en particulier nasopharynx, bouche et vagin. Fréquente en Turquie, la maladie s'améliore spontanément et il ne reste que des cicatrices cornéennes (frottement). L’affection est autosomique récessive (MIM 217090).

J. Lijó-Pavia, ophtalmologue argentin (1924)

[P2]

conjonctivite printanière l.f.

vernal conjunctivitis

Conjonctivite chronique spécifique à l'enfant (surtout le garçon) avec photophobie et larmoiement marqués qui apparaissent dès le début du printemps, se majorent l'été pour s'atténuer l'hiver et disparaître en principe à la puberté.
Le diagnostic est évident sur la constatation de papilles (pavés) après éversement de la paupière supérieure. Elle peut se compliquer de kératites qui laisseront des cicatrices indélébiles. Son origine allergique est hautement probable. Son traitement associe antihistaminiques par voie générale, corticothérapie locale, désensibilisation prudente à doses faibles quand l'allergène a été trouvé, antibiothérapie locale (pour lutter contre la surinfection). La cryothérapie des papilles diminue considérablement les signes fonctionnels, mais n'évite pas les récidives.

Syn. conjonctivite vernale, kératoconjonctivite printanière de l'enfant

→ arthrite réactionnelle

[P2]

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