Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hépaticostomie n.f.

hepaticostomy

Abouchement à la peau du canal hépatique.

Étym. gr. hêpar : foie ; stoma : bouche

[L2]

hépaticotomie n.f.

hepaticotomy

Incision du canal hépatique.

Étym. gr. hêpar : foie ; tomê : section

[L2]

hépatite n.f.

hepatitis

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique dont il existe de nombreuses variétés selon la cause, l’évolution et le pronostic.

[L1]

hépatite A l.f.

hepatitis A

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l'infection par le virus de l'hépatite A (VHA) qui est à l'origine d'hépatites aigües ou plus rarement, prolongées.
Le virus est transmis par voie féco-orale (aliments et boissons souillés). Elle sévit dans le monde selon un gradient nord sud, les pays du nord étant plus épargnés que ceux du sud.. La période d’incubation est de 14 à 28 jours. A la phase symptomatique, elle se manifeste par une perte d’appétit, une diarrhée, souvent un ictère. Les manifestations cliniques sont plus marquées lorsque la maladie atteint l’adulte où elle peut revêtir une forme fulminante. Chez l’enfant de moins de 6 ans elle est souvent asymptomatique. Elle guérit habituellement au bout de 4 à 6 semaines, généralement suivie d'une immunité durable.
Les formes prolongées (15 %) des cas sont marquées par des rechutes. Le risque d’hépatite fulminante est de l’ordre de 1 % des cas, touchant le plus souvent les sujets de plus de 50 ans. Elle n’évolue jamais vers la chronicité. Le diagnostic est posé sur la présence des anticorps anti-VHA de type IgM. La positivité des anticorps anti VHA de type IgG témoigne d’un contact ancien avec le virus A et d’une immunité ou d’une vaccination. La prévention est possible par la vaccination.

virus des hépatites, vaccination contre l'hépatite A, hépatite fulminante

[L1,D3]

hépatite aigüe l.f.

acute hepatitis

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique entraînant la destruction des hépatocytes, avec ou sans infiltration inflammatoire et qui peut quand elle limitée, ne se traduire par aucun symptôme ou quand elle est étendue, provoquer une insuffisance hépatocellulaire plus ou moins sévère.
Elle peut être dues à une infection virale (virus hépatotropes ou virus du groupe herpès), à des médicaments, ou à des toxiques (en particulier l’Amanite phalloïde).

hépatite fulminante, virus des hépatites

[L1,D3]

hépatite alcoolique l.f.

alcoholic hepatitis

Atteinte aigüe du parenchyme hépatique, avec ou sans infiltration inflammatoire qui n'entraîne aucun symptôme quand elle est limitée, mais qui peut déterminer une insuffisance hépato-cellulaire plus ou moins sévère quand elle est étendue.
On en décrit plusieurs variétés cliniques : hépatites alcooliques aigüe et chronique ainsi que la forme aigüe sur cirrhose.

alcool, alccolisme

[L1]

hépatite C l.f.

hepatitis C

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) à l'origine d'hépatites asymptomatiques, aigües et chroniques.
La transmission du VHC est principalement parentérale et sporadique, à un moindre degré sexuelle et materno-fœtale. Le risque principal est la chronicité dont la fréquence est élevée (50 à 80%) tandis que le risque d'hépatite fulminante est très faible, voire nul.
L'hépatite C aigüe, rare, associe une hypertransaminasémie, la présence dans le sérum d’anticorps anti- VHC (parfois retardée d'une dizaine de semaines) et celle de l'ARN viral. La persistance de ces signes trois mois après le contage traduit habituellement l'infection chronique qui peut évoluer dans 20% des cas vers la cirrhose avec son propre risque de carcinome hépatocellulaire. Mais, l’hépatite aigue C n’est ictérique que dans une minorité de cas (20 %) et sans symptômes dans la plupart des cas (80 %). Ainsi, le diagnostic de l’hépatite aigue C est rarement fait. La guérison spontanée de l’hépatite C aigüe qui s’observe dans environ 30 % des cas est caractérisée par la positivité des anticorps anti-VHC et la négativité de la charge virale C.
L’hépatite C chronique beaucoup plus fréquente que l’hépatite C aigue (0,84 % de la population française) se traduit par une élévation modérée et fluctuante des transaminases et la présence d’anticorps dirigés contre le VHC. La quantification de la charge virale et la détermination du génotype sont nécessaires avant la prise en charge thérapeutique.
Des atteintes extra-hépatiques sont observées au cours de l'hépatite C : dysthyroïdie, cryoglobulinémie mixte, glomérulonéphrite membranoproliférative, etc.
Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C.
Jusqu’en 2014, les traitements antiviraux comportaient l’association d’Interféron Pégylé et de Ribavirine. Depuis 2014, de nombreux antiviraux à action directe, dont certains ont une activité pangénotypique et qui sont très bien tolérés ont obtenu l’AMM. Ces antiviraux, dont la durée du traitement est de courte durée de l’ordre de 12 semaines, permettent l’éradication définitive du VHC.

H. J. Alter, virologiste américain (1989), H. Houghton, virologiste britannique (1989), C. M. Rice, virologiste américain (1989) : tous trois prix Nobel de médecine en 2020

virus des hépatites, hépatocarcinome, virus de l'hépatite C, Hepacivirus

[L1,D3]

Édit. 2020

hépatite chronique  l.f.

chronic hepatitis

Atteinte chronique du parenchyme hépatique, associée généralement à une infiltration inflammatoire du foie, pouvant entraîner une cirrhose après plusieurs années.
Les hépatites chroniques peuvent être dues à un mécanisme auto-immun (hépatites auto-immunes: de type I avec anticorps antinoyau et/ou antimuscle lisse, de type II avec anticorps antimicrosome), à une infection virale chronique (hépatite B ou C) et plus rarement à la prise prolongée de certains médicaments.

hépatite chronique auto-immune, hépatite C

hépatite delta l.f.

delta hepatitis

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l'infection par le virus delta (HDV), virus défectif à ARN (genre Deltavirus), dépendant du virus de l'hépatite B (VHB).
L'agent delta est responsable de deux types d'infections épidémiologiquement distinctes :
- la co-infection simultanée par le VHD et le VHB,
- la surinfection par l'agent delta, d’un porteur chronique, sain ou non, de l'antigène HBs.
La co-infection B-delta conduit habituellement à une guérison de l'hépatite aigüe, en l'absence d'hépatite fulminante (5% des cas). Elle entraîne une hépatite chronique d'activité marquée avec hypertransaminasémie, signes histologiques d'hépatite chronique (nécrose, inflammation, fibrose) et présence des marqueurs de multiplication virale delta (IgM antidelta, ARN delta détectable dans le sérum, antigénémie delta positive dans le foie) tandis que les marqueurs de multiplication virale B (ADN viral et antigène HBe) sont habituellement absents.
Le traitement de l'hépatite delta chronique est décevant. La guérison est affirmée par la présence des anticorps anti-HBs et anti-HBc du virus de l'hépatite B et la présence des anticorps antidelta de type IgG du virus delta. Les ADN viraux B et D ne sont plus détectables.
La vaccination contre l’hépatite B protège contre l’hépatite delta.

M. Houghton, virologiste britannique, prix Nobel de médecine en 2020 (1986)

Syn. hépatite D

delta agent, hépatite B, virus des hépatites, vaccination contre l'hépatite B, hépatite fulminante, Virus de l'hépatite D

[L1,D3]

Édit. 2020

hépatite G l.f.

hepatitis G

Le lien entre une atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique et une infection par un virus à ARN de la famille des Flaviviridae, appelée hépatite G, n’a pas été confirmé.

hépatite G (virus de l')

hépatoblastome n.m.

hépatoblastoma

Tumeur hépatique maligne de l’enfant , caractérisée par le développement anarchique des cellules hépatiques embryonnaires, conduisant rapidement à la mort en l’absence de traitement.

Étym. gr.hêpar : foie, blastos : germe

[O1,F2]

hépatocellulaire adj.

hepatocellular

Relatif à la cellule hépatique.

hépatocyte

[A2,L1]

hépato-cholangio-cysto-gastrostomie n.f.

hepatocholangiocystogastrostomy

Anastomose de la vésicule biliaire et de l’estomac pour pallier l’obstruction des canaux hépatique et cholédoque et permettre l’écoulement de la bile à partir des gros canaux intra-hépatiques.

[L2]

hépato-cholangiome n.m.

Hamartome, tumeur hépatique développée à partir des hepatocytes et des cellules des canalicules biliaires.

hamartome

[L1]

hépato-duodénostomie transvésiculaire l.f.

Anastomose du canal hépatique dans la vésicule biliaire, reliée elle-même au duodénum.

[L2]

hépatocyte en verre dépoli l.m.

ground glass hepatocyte

Hépatocyte dont le cytoplasme apparaît, dans son ensemble ou en partie (inclusion ovalaire ou en croissant), peu éosinophile, homogène ou finement granuleux, voire oncocytaire.
Cet aspect des cellules du parenchyme hépatique est le plus souvent lié à la présence de matériel viral HBs (mis en évidence par l'immunohistochimie ou la positivité des colorations à l'orcéine modifiée et au bleu Victoria). Il peut être également rencontré au cours de l'encéphalopathie myoclonique (corps de Lafora), de certaines hépatopathies médicamenteuses (azathioprine, rifampicine, androgènes), de la glycogénose de type IV.

G. R. Lafora, neuropathologiste espagnol (1911); Dorothy Hansine Andersen, pédiatre et anatomopathologiste américaine (1956)

hépatocyte, virus des hépatites, encéphalopathie myoclonique précoce, Lafora (maladie de), hépatite toxique ou médicamenteuse, oncocyte, glycogénose, Andersen (maladie d'), azathioprine, androgénothérapie, rifampicine

hépato-érythrocytaire adj.

Qualifie une porphyrie dont l’origine est hépatique et érythrocytaire.

porphyrie cutanée tardive

[N3]

hépatogène adj.

hepatogenous

Caractérise ce qui est d’origine hépatique.

Étym. gr. hêpar : foie, génês : qui est engendré

[L1]

hépatographie n.f.

hepatography

Image radiographique du parenchyme hépatique opacifié par un produit de contraste iodé, introduit par voie artérielle ou veineuse.

Étym. gr. hêpar : foie, graphê : description

Syn. hépatogramme

artériographie mésentérique supérieure, artériographie splénique

[L1,B2]

hépato-lobectomie n.f.

hepato-lobectomy

Ablation d’un lobe hépatique.

[L2]

hépatomphale n.m.

Hernie hépatique ombilicale.

Étym. gr. hêpar : foie, omphalos : nombril

[L1]

hépato-pulmonaire (syndrome) l.m.

hepato-pulmonary syndrome

Association d’une cirrhose hépatique et d’une insuffisance respiratoire due à des anomalies vasculaires et à un trouble de la diffusion pulmonaires.

M. Flückliger, médecin interniste allemand (1884); T. C. Kennedy et R. J. Knudson, pneumologues américains (1977) ; M. J. Krowka et D. A. Cortese, pneumologues américains (1994)

[L1,K1]

Hers (maladie de) l.f.

Hers’ disease

Glycogénose de type VI due à un déficit en phosphorylase hépatique, caractérisée par une surcharge glycogénique, avec hypoglycémie, acidocétose, et hépatomégalie.
L’hépatomégalie relativement bénigne, s’améliore avec l’âge. Il existe un retard de croissance.

H-G. Hers, biochimiste belge (1959)

Syn. maladie de surcharge en glycogène de type VIb, glycogénose hépatique de type VIb

glycogénose, phosphorylase

[ L1, R1]

Édit. 2018

hexose-phosphatase n.f.]

hexose phosphatase

Enzyme catalysant l'hydrolyse d'un hexose-phosphate en hexose et acide phosphorique.
Par ex. la glucose-6-phosphatase hépatique qui libère le glucose sécrété par le foie.

hippocratisme digital l.m.

clubbing of the fingers

Déformation des doigts et souvent des orteils, associant une courbure très marquée, à la fois longitudinale et transversale des ongles qui ont un aspect bombé (en verre de montre), une hypertrophie des parties molles des phalanges distales (aspect en baguettes de tambour) et une cyanose locale inconstante.
Ce signe clinique est lié à l’ouverture de courts-circuits dans la microcirculation capillaire.
L'hippocratisme digital peut être idiopathique et héréditaire, d'apparition progressive. La pachydermopériostose dans sa forme mineure, peut se manifester par un hippocratisme et une cutis verticis gyrata.
Les formes acquises peuvent se rencontrer dans des circonstances très variées. Symétriques, elles correspondent à des affections, principalement thoraciques (cardiopathies congénitales cyanogènes, endocardites lentes, fistules artérioveineuses pulmonaires des cirrhoses, dilatation des bronches, fibrose pulmonaire, carcinome bronchique), et, plus rarement, à une pathologie extrathoracique (digestive néoplasique et inflammatoire, hépatique, endocrinienne, etc.). Les formes paucidigitales sont liées à des lésions neurovasculaires locales (anévrismes, fistules artérioveineuses). Certains le considèrent comme une forme mineure d’ostéoarthropathie hypertrophiante pneumique de Pierre Marie.

P. Marie, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1886)

Étym. Hippocrate l'a décrit au Vème siècle avant J.-C, lat. digitus : doigt

pachydermopériostose, cutis verticis gyrata, ostéopathie hypertrophiante pneumique de Pierre Marie

[I1]

Édit. 2015

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