Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hystérectomie extrafasciale l.f.

extrafascial hysterectomy

Ablation chirurgicale complète de l’utérus menée par voie abdominale, avec la particularité que le plan de clivage de l’utérus avec la vessie en avant et le péritoine antérieur du cul-de-sac de Douglas en arrière, passe en dehors des fascias pré et rétrocervicaux.
L’indication majeure de ce type d’hystérectomie est le cancer du corps utérin.

hystérectomie fundique l.f.

fundal hysterectomy

Technique d’hystérectomie partielle qui consiste à réséquer le fond utérin entre les deux cornes utérines, ce qui permet de conserver une fonction ovarienne non altérée.

hystérectomie par décollation antérieure l.f.

hysterectomy through anterior dissection

Ablation chirurgicale de l’utérus par voie abdominale, subtotale (procédé de Kelly) ou totale (procédé de Richelot), avec abord antérieur en premier, après décollement vésico-utérin et ouverture de la face antérieure du vagin.
La résection des annexes se fait de bas en haut et de dehors en dedans. Cette technique permet de réaliser l’hystérectomie lorsque les deux annexes sont bloquées.

L-G. Richelot, gynécologue français, membre de l’Académie de médecine (1886)

hystérectomie par section continue transverse l.f.

Kelly’s hysterectomy

H. A. Kelly, gynécologue américain (1898)

→ hystérectomie à l'américaine

hystérectomie sans conservation annexielle l.f.

hysterectomy with adnexectomy

Ablation chirurgicale de l'utérus avec les deux annexes de l'utérus (ovaires et trompes).
Intervention chirurgicale pouvant être réalisée par voie abdominale, par voie vaginale ou par voie combinée.

→ hystérectomie totale et hystérectomie vaginale

hystérectomie subisthmique l.f.

subtotal hysterectomy

Ablation chirurgicale susisthmique de l'utérus.

Syn. hystérectomie subtotale

hystérectomie totale l.f.

total hysterectomy

Ablation chirurgicale totale de l'utérus enlevant le col et le corps.

hystérectomie totale intrafasciale l.f.

total intrafascial hysterectomy, Aldridge’s hysterectomy

Ablation chirurgicale complète de l’utérus menée par voie abdominale, mais avec la particularité que l’exérèse du col s’effectue à l’intérieur de la gaine fibromusculaire que constituent en avant le fascia précervical et en arrière le fascia rétrocervical.
Elle semble présenter deux avantages par rapport à la technique extrafasciale : suppression du risque de blessure de la vessie et de l’uretère, conservation des attaches fibromusculaires de l’utérus, ce qui permet une fixation solide du moignon vaginal et une diminution du risque de chute secondaire.

A. H. Aldridge, R. S. Meredith, gynécologues américains (1950)

→ Aldridge et Meredith (procédé d')

[O3]

Édit. 2017

hystérectomie vaginale l.f.

vaginal hysterectomy

Ablation chirurgicale de l'utérus par voie vaginale.
Intervention proposée dans la cure du prolapsus utérovaginal ou en cas de lésions de l'utérus : elle peut être réalisée avec ou sans annexectomie.

hystérectomie vaginale élargie l.f.

Hystérectomie élargie par voie vaginale pour cancer.
L’hystérectomie élargie distale (Schauta-Amreich) et l'hystérectomie élargie proximale (Schauta-Stoeckel) par voie vaginale peuvent être précédées d'un temps de lymphadénectomie par voie cœlioscopique.

F. Schauta, gynécologue allemand (1891) ; W. Stoeckel, gynécologue allemand (1918) ; I. A. Amreich, gynécologue autrichien (1885-1972)

hystérie (histoire de l') l.f.

hysteria history

Concept dont la longue histoire et les avatars remontent à l'Antiquité, avec l'attribution de divers troubles à la migration de l'utérus vers le haut du corps (papyrus égyptien de Kahun, il y a environ 4000 ans).
Au cours des siècles, les femmes hystériques ont provoqué des controverses et des passions dont elles ont été souvent victimes (les hommes hystériques, moins). À leur encontre, persistent réticences, voire rejet. Actuellement, du moins en France, la grande hystérie de tous sexes semble être revenue dans le contexte de l'hôpital général, qui lui offre une belle scène.
Ce sont les psychanalystes, et tout particulièrement S. Freud, qui ont apporté la réflexion la plus riche, en montrant que l'angoisse est alors neutralisée par son déguisement, sa conversion en une "pathologie d'emprunt", surtout somatique. Dans ce processus de transformation du conflit psychique, intervient la dissociation, clivage entre une personnalité restée intacte et un état quasi hypnoïde, avec vécu intense d'images, de souvenirs, de fantasmes et fascination de la conscience, que la patiente réalise plastiquement : "elle agit ses idées fixes inconscientes" (P. Janet).
Ainsi sont réalisés à la fois des bénéfices primaires (liés à l'apaisement des tensions internes par le compromis défensif réalisé), et secondaires (procurés par le réseau d'interdépendance créé avec l'entourage et par les gratifications affectives, financières, voire statutaires, surtout si le symptôme a reçu du médecin un sceau d'organicité). C'est dire la fréquence de la chronicisation.

J-M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)

Étym. gr. hustera : matrice

→ névrose hystérique, état hypnoïde, fantasmes

[H3]

Édit. 2018

hystérie d'angoisse l.f.

anxiety hysteria

Selon S. Freud, névrose phobique, offrant des analogies structurales avec l'hystérie de conversion.
Toutefois, l'hystérie d'angoisse diffère de cette dernière, où l'investissement libidinal d'une représentation refoulée conduit à un symptôme de type somatique. Ici, l'angoisse due à une représentation angoissante liée à la sexualité, apparaît en soi-même. Elle produit une fuite qui déplace l'investissement vers une représentation substitutive. Celle-ci joue à la fois le rôle de signal d'angoisse et d'écran devant la signification réelle de cette angoisse.

→ névrose hystérique

hystérie traumatique l.f.

traumatic hysteria

État pathologique consécutif à un traumatisme psychique, constitué de signes pseudoneurologiques et psychiques de la série hystérique, selon une conception assignant au traumatisme un rôle révélateur des terrains hystérique et neurasthénique (J.M. Charcot).
Ces tableaux cliniques comprenant une "période de méditation" (période de latence) et des cauchemars à répétition, sont maintenant intégrés dans le cadre de la névrose traumatique. Ils se distinguent de l'hystérie posttraumatique, développée à partir d'un point d'appel somatique à la suite d'un accident ou d'une blessure physique.

→ névrose hystérique

hystéro-anorexie n.f.

hystero-anorexia

Association d'une conduite anorexique et de névrose hystérique.
Touchant essentiellement des jeunes femmes, sa sémiologie est la même que dans l'anorexie mentale typique, mais elle prend une allure spectaculaire et provocante, en général dans un contexte de frustration affective. Le rejet de la nourriture peut s'accompagner de boulimie et d'éthylisme. Un des risques majeurs est la mort par inanition. La peur de l'excès pondéral est liée symboliquement aux fantasmes sexuels sous-jacents.

Ch. Lasègue, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1873).

hystéro-épilepsie n.f.

hystero-epilepsy

Au sens littéral, alternance de crises d'épilepsie authentique et de crises d'aspect névropathique.
Surtout chez les personnalités hystériques avec histrionisme, suggestibilité et dépendance affective, le problème est d'autant plus délicat que peuvent notamment se rencontrer : des formes épileptiques comportant une dissolution incomplète de la conscience ; à l'inverse, des crises de type vasovagal avec syncope, chute et dissolution fugitive de celle-ci ; l'imitation de crises comitiales par un épileptique bien contrôlé, à la suite d'une situation conflictuelle ; au sens large, le déclenchement de crises comitiales par un facteur psychogène ; enfin des formes de passage, en particulier sous-corticales (L. van Bogaert).
Les diverses investigations neuroradiologiques, surtout l'EEG de longue durée, sont utiles.

L. van Bogaert, baron, neuropathologiste belge, membre de l'Académie de médecine (1898-1989)

hystéro-épilepsie n.f.

hystero-epilepsy

Au sens littéral, alternance de crises d'épilepsie authentique et de crises d'aspect névropathique.
Surtout chez les personnalités hystériques avec histrionisme, suggestibilité et dépendance affective, le problème est d'autant plus délicat que peuvent notamment se rencontrer : des formes épileptiques comportant une dissolution incomplète de la conscience ; à l'inverse, des crises de type vasovagal avec syncope, chute et dissolution fugitive de celle-ci ; l'imitation de crises comitiales par un épileptique bien contrôlé, à la suite d'une situation conflictuelle ; au sens large, le déclenchement de crises comitiales par un facteur psychogène ; enfin des formes de passage, en particulier sous-corticales (L. van Bogaert).
Les diverses investigations neuroradiologiques, surtout l'EEG de longue durée, sont utiles.

L. van Bogaert, neuropathologiste belge (1898-1989)

hystéro-vestibulostomie n.f.

hysterovestibulostomy

Technique opératoire consistant en l'abaissement à la vulve de l'utérus, en cas d'aplasie vaginale isolée.

T. R. Kazancigil, gynécologue turc (1956)

Syn. opération de Kazancigil

hystérocèle n.f.

hysterocele

Hernie de l'utérus, trouble de la statique utérine ou vice de position de l'utérus, se traduisant par une extériorisation du col parfois à la vulve.

Syn. prolapsus utérin

hystérographie n.f.

hysterography

→ hystérosalpingographie

hystérographie manométrique l.f.

hysterography with manometry

Radiographie de l'utérus associée à la mesure de la pression de la cavité utérine.
Cet examen ne présente pas d'intérêt clinique et n'a pas de valeur pour la recherche sur la physiologie utérine.

hystérolabe n.m.

hysterolabe

Instrument non traumatisant, permettant de saisir l'utérus pour l'attirer vers le haut et latéralement, habituellement utilisé lors des laparotomies.

hystéromètre n.m.

hysterometer

Instrument en forme de tige graduée en métal, en gomme ou en plastique, permettant de cathétériser l'utérus et d'apprécier la longueur de sa cavité.

hystérométrie n.f.

hysterometry

Cathétérisme de l'utérus à l'aide d'un hystéromètre.

hystéropexie n.f.

hysteropexy

Intervention de fixation utérine dans le cadre de la cure du prolapsus utérin.
Elle peut être réalisée par voie abdominale selon divers procédés en utilisant les ligaments ronds, les ligaments utérosacrés, un matériel de prothèse ; elle peut être réalisée aussi par voie vaginale.

hystéropexie antérieure l.f.

anterior hysteropexia

Fixation de l'utérus en avant, par exemple, par l'intermédiaire des ligaments ronds ou par plicature du péritoine vésico-utérin.
Ce type d'intervention n'est pratiquement plus réalisé.

[O3]

Édit. 2019

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