Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hypochromie n.f.

hypochromia

1) Diminution de la coloration de la peau.
2) Diminution au sein des hématies de la concentration moyenne en hémoglobine qui est inférieure à 32 g/dL.
En microscopie optique, le centre des hématies apparaît clair pouvant, à l'extrême, donner une image d'annulocyte.
Cette anomalie se rencontre dans les cas d carence en fer, d’anémies inflammatoires, de thalassémies et de toute anomalie acquise ou constitutionnelle de la synthèse de l'hème.

hypocinésie utérine l.f.

hypokinetic uterus

Anomalie par défaut de la contraction utérine pendant le travail entraînant un ralentissement (inférieur à 1,2 cm par heure chez la primipare ou 1,5 cm par heure chez la multipare), voire un arrêt, de la dilatation cervicale.
On décrit des hypocinésies de fréquence et des hypocinésies d’intensité. L’hypocinésie utérine est une des étiologies de dystocie dynamique au cours du travail de l’accouchement.

→ dystocie dynamique, hypocinésie de fréquence, hypocinésie d'intensité

hypocinésie utérine d'intensité l.f.

lack of intensity of uterine contractions

Insuffisance de l’activité utérine dont les contractions utérines ne sont pas assez intenses pour assurer une dilatation normale au cours des différents temps du travail.

hypocinésie utérine de fréquence l.f.

scarcity of uterine contractions

Insuffisance de l’activité utérine pendant le travail, avec un nombre de contractions par dix minutes inférieur à la normale (habituellement 4 à 5), l’intensité étant conservée.

hypocinésie utérine mixte l.f.

hypokinetic uterus of mixed origin

Association d’une hypocinésie de fréquence et d’une hypocinésie d’intensité.

hypocoagulabilité n.f.

hypocoagulability

Diminution de l’aptitude du sang à coaguler.
Elle peut être le témoin d’une anomalie congénitale des mécanismes de la coagulation ou être induite par l’apport de médicaments anticoagulants au cours de certaines affections cardio-vasculaires.

→ hémophilie, Willebrand (maladie de), anticoagulant, antithrombine III, antithromboplastine, antithrombotique

hypocoagulable adj.

hypocoagulable

Qui se rapport à une hypocoagulabilité.

hypocondre l.m.

hypochondrium ; regio hypochondriaca (TA)

hypochondrium

L’une des neuf régions principales que distinguaient les anciens anatomistes au niveau de la paroi antéro-latérale de l’abdomen.
Chacun des deux hypocondres (droit et gauche) est situé de chaque côté de la région épigastrique, au-dessous du rebord costal correspondant. Ce terme, sans intérêt pour l’anatomie topographique abdominale, est couramment utilisé en clinique.

Étym. gr. hupokhondrios : situé sous les cartilages

hypocondrie n.f.

hypochondriasis

Sentiment pathologique d'une modification du corps avec estimation péjorative ou mise en question du fonctionnement, de l'intégrité, voire de l'existence ou de l'appartenance de tout ou partie de celui-ci, et qui recouvre une mosaïque clinique très composite.
Située à un carrefour névrotique et psychotique, inscrite généralement sur une personnalité paranoïaque ou obsessionnelle, la forme considérée comme "organique" est jalonnée, avec ses cénesthopathies et ses préoccupations, par une répétition constante de consultations et d'investigations médicales. Il s'agit notamment pour le patient d'obtenir, sur le plan conscient, une consécration officielle de la maladie dont il se croit atteint. À un niveau très archaïque (oral et anal), agressivité, culpabilité et conflit anxiogène s'investissent dans l'organe incriminé. C'est dire la résistance aux approches thérapeutiques. Pratiquement, ce trouble est inclus dans les troubles somatoformes par la CIM et le DSM.
En fait, depuis de banales rationalisations, l'hypocondrie se rencontre dans toutes les pathologies, notamment : dépressive (à formulation hypocondriaque), névrotique (formes nosophobiques), ou délirante.

Étym. gr. hupokhondrios : situé sous les cartilages

hypocondrie délirante l.f.

delusional hypochondriasis

"Idées délirantes d'estimation péjorative de l'état d'intégrité ou de santé du corps" (H. Ey).
Elles se rencontrent principalement dans : les mélancolies délirantes (idées de ruine somatique, d'incurabilité méritées ; négation d'organes ou syndrome de Cotard, le plus souvent variante, voire survivance quasi paraphrénique d'un accès mélancolique) ; les délires paranoïdes (thèmes de transformation et/ou d'agression corporelle, de possession) ; certains délires de persécution (avec réactions agressives possibles).
Parmi les psychoses hypocondriaques monosymptomatiques, seront cités : la sinistrose, le délire de revendication postopératoire, le délire dermatozoïque, et aussi certaines dysmorphophobies et dysosmophobies (en fait plutôt transnosographiques, surtout si elles sont circonscrites).

J. Cotard, neuropsychiatre français (1882)

Étym. gr. hupokhondrios : situé sous les cartilages

[H3]

hypocontractilité vésicale l.f.

bladder hypocontractility

Insuffisance de mise en tension des fibres musculaires lisses de la vessie et donc de l'augmentation de la pression intravésicale au moment de la miction (inférieure à 30 cm d'eau).
Malgré cette anomalie, la miction peut s'effectuer parfois normalement si les résistances uréthrales sont faibles, cas fréquent chez la femme. Une hypocontractilité n'est donc pas toujours pathologique.

→ acontractilité, stop test

hypocorrection chirurgicale d'un strabisme l.f.

surgical undercorrection

Sous-correction par la chirurgie d'une déviation strabique.

hypocorrection prismatique l.f.

prism undercorrection

Sous-correction par des prismes d'une déviation strabique.

hypocrétine n.f.

hypocretin

Peptide neurotransmetteur de la famille des incrétines, sécrété par des cellules hypothalamiques.
La préhypocrétine synthétisée par les cellules donne naissance à deux hypocrétines (Hcrt 1 et Hcrt 2), qui sont constituées par les résidus d'acides aminés 28 à 66 et 69 à 97 de cette protéine.

hypodense adj

En tomodensitométrie, se dit d’une structure qui absorbe peu les rayons X.
P. ex ; l’air et la graisse sont hypodenses.

Ant. hyperdense

→ hyperdense

[B2]

Hypoderma bovis

Hypoderma bovis

Mouche velue, de couleur noire, commune dans toute l’Europe et en Afrique septentrionale.
Elle pond ses œufs sur les poils des bovidés, les larves provoquant des tumeurs sous-cutanées plus ou moins volumineuses. Accidentellement, ces larves peuvent se développer chez l'Homme.

Syn. varron (dénomination vernaculaire)

Hypoderma lineatum

Hypoderma lineatum

Mouche velue dont les larves sont habituellement parasites des bovidés mais qui peut contaminer accidentellement l’Homme et provoquer une myiase furonculoïde ou demeurer dans la profondeur des tissus où elle finit par mourir.

hypoderme n.m.

1) hypodermis ; tela subcutanea (TA)

subcutaneous tissue

Couche de tissu située au-dessous du derme profond. Elle consiste en un tissu graisseux banal cloisonné par des travées conjonctivo-élastiques qui délimitent des lobules remplis de cellules adipeuses.
2) Diptère myiasigène du genre Hypoderma.
Plusieurs espèces d'hypodermes parasitent, à l'état larvaire, les bovins et parfois l'Homme, entraînant alors une myiase furonculeuse ou ambulatoire (hypodermose).

Syn. tissu sous-cutané

→ Hypoderma bovis, Hypoderma lineatum, hypodermose

hypodermite n.f.

hypodermitis, panniculitis, nodular vasculitis

Groupe d'affections cutanées hétérogènes, de causes variées, dont la définition est anatomique, impliquant une atteinte prédominante mais non exclusive de l'hypoderme (ce sont en fait des dermohypodermites) dont les conséquences cliniques sont variables : lésions nodulaires érythémateuses ou cyanotiques, atteintes atrophiques ou sclérodermiformes, gommes.
Les hypodermites peuvent être cliniquement aigües, subaigües ou chroniques, nodulaires ou diffuses. Elles sont classées histologiquement de façon systématique suivant que les lésions touchent primitivement les lobules graisseux ou les travées conjonctivovasculaires septales qui les séparent, ou qu'elles représentent une atteinte initiale anatomique moins définie.
Le premier groupe, celui des panniculites vraies avec cytostéatonécrose, est composé d'affections rares : panniculite nodulaire non suppurative fébrile et récidivante de Weber-Christian, panniculites associées aux affections pancréatiques et panniculites provoquées par des agents physiques (froid, traumatismes), agents chimiques, etc).
Le deuxième groupe, celui des hypodermites ou panniculites septales, plus fréquent et touchant volontiers les membres inférieurs, comporte l'érythème noueux, l'hypodermite nodulaire subaigüe migratrice de Vilanova et Piñol, les vascularites nodulaires, dont l'érythème induré de Bazin n'est, stricto sensu, qu'une forme d'origine tuberculeuse, les périphlébites et les autres types de vasculites (leucocytoclasiques, périartérite noueuse hypodermique).
Dans le troisième groupe, on trouve des maladies hétérogènes dont l'atteinte anatomique primitive est plus difficile à préciser, comme le lupus érythémateux profond, la panniculite histiocytaire hémophagocytaire, la sarcoïdose hypodermique, l'hypodermite par injection de vitamine K, le granulome annulaire profond ou les hypodermites sclérodermiformes.
On distingue enfin les gommes, groupe cliniquement autonome d'hypodermites nodulaires d'origine infectieuse, aujourd'hui très rares, qui touchent l'hypoderme dans son ensemble, évoluent vers le ramollissement et l'ulcération et sont de cause variable : tuberculose, syphilis, mycoses profondes.
Les hypodermites, très hétérogènes sur le plan étiologique, ont une évolution allant de l'aigu au chronique et un pronostic dépendant de leur identité nosologique.

Syn. panniculite, vasculite nodulaire

[J1]

hypodermite nodulaire migratrice de Vilanova et Piñol l.f.

subacute nodular migratory panniculitis

X. Vilanova et J. Piñol Aguadé, dermatologistes espagnols (1959)

→ hypodermite nodulaire migratrice

hypodermite nodulaire subaigüe migratrice de Vilanova et Piñol l.f.

erythema nodosum migrans, subacute nodular migratory panniculitis

Hypodermite subaigüe très rare, de cause inconnue, touchant le sexe féminin, considérée par certains comme une variante de l'érythème noueux et définie cliniquement par des nodules hypodermiques des membres inférieurs d'évolution lentement excentrique et favorable.
L'évolution se prolonge pendant des semaines, des mois ou des années.

X. Vilanova et J. Piñol, dermatologistes espagnols (1956)

[J1]

hypodermite par injection de vitamine K l.f.

sclerodermiform reaction to vitamin K

Hypodermite de la région fessière secondaire à l'injection intramusculaire de vitamine K1, caractérisée par des plaques érythémateuses qui deviennent indurées puis sclérodermiformes et affectent une disposition en fer à cheval ou « en ceinturon de cow-boy avec un revolver ».

L. Texier, dermatologiste français (1972)

hypodermite scléreuse des jambes l.f.

sclerotic leg

Complication dégénérative fréquente d'origine ischémique caractérisée par un aspect scléreux engainant le tiers inférieur de la jambe.
Cette affection, qui est une complication des troubles vasculaires des membres inférieurs, est souvent associée à d'autres atteintes trophiques : eczéma, infection, ulcère, dermite ocre. Elle s'observe surtout dans l'insuffisance veineuse, variqueuse, ou post-phlébitique, mais aussi dans les capillarites et les artérites.

Syn. hypodermite sclérodermiforme

[J1]

hypodermite sclérodermiforme l.f.

sclerotic leg

Terme considéré comme synonyme d'hypodermite scléreuse des jambes.
D'autres hypodermites ont cependant un aspect sclérodermiforme, en particulier l'hypodermite par injection de vitamine K1. Le terme de dermohypodermite sclérodermiforme n'est plus guère utilisé aujourd'hui.

Syn. hypodermite scléreuse des jambes

hypodermose n.f.

hypodermosis

→ hypoderme

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