Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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syndrome de Hartnup l.f.

Hartnup’s disease

Affection métabolique transmise sur le mode autosomique récessif associant des lésions cutanées sur les régions exposées à la lumière, une ataxie cérébelleuse, une instabilité émotionnelle et une aminoacidurie.
La maladie débute vers 10 ans avec une ataxie cérébelleuse intermittente, des mouvements choréiformes, une dysarthrie, un tremblement intentionnel. L’atteinte cutanée proche de la pellagre associe un érythème cuisant des régions photoexposées, une stomatite, des troubles phanériens. Lors des vertiges paroxystiques, on observe un nystagmus horizontal, une diplopie, un ptosis avec une faible convergence.
Le diagnostic repose sur la constatation d’une aminoacidurie, d’une indicanurie et d’une diminution de la teneur sérique du tryptophane.
Le traitement recourt à la vitamine PP à haute dose et à la protection solaire.
L’affection est due à un déficit enzymatique responsable d’un trouble de l’incorporation du tryptophane. Il existe un défaut de la réabsorption tubulaire des acides aminés neutres, monoaminés, monocarboxyliques, associée à un trouble similaire de la réabsorption intestinale.
L’affection est autosomique récessive (MIM234500) liée à une mutation du gène SLC6A19 (Solute Carrier family 6 member α 19), locus en 5p15.33, codant pour la protéine AT1 (neutral Amino-acid Transporter 1) transporteur membranaire d’acides aminés neutres, principalement du tryptophane.

D. Baron, médecin britannique (1956), qui a donné à ce syndrome le nom de la famille atteinte.

[R1,Q2,J1,H1,H4]

Édit. 2015

syndrome de Hausmanowa-Petrusewicz l.m.

Hausmanowa-Petrusewicz's syndrome

Neuropathie hypertrophique avec myotonie.
Elle se traduit par des myotonies vraies, sporadiques, localisées aux membres supérieurs et à la langue, associées à une neuropathie périphérique.

Irena Hausmanowa-Petrusewicz, neurophysiologiste polonaise (1976)

Syn. myotonie des neuropathies

→ myotonie

[H1,I4]

Édit. 2015

syndrome de Hess-Kaveggia-Opitz l.m.

R.O. Hess, pédiatre, Elizabeth G. Kaveggia, pédiatre généticienne et J.M. Oppitz, pédiatre généticien américains (1974)

→ Hess-Kaveggia-Opitz's syndrome

[.H4,P2,P1,M2,H1]

Édit. 2015

syndrome d'Ehlers-Danlos l.m.

Ehlers-Danlos’ syndrome

Groupe hétérogène de maladies héréditaires du tissu conjonctif regroupant plusieurs formes cliniques.

J.J. van Meekrin (Meekren ou Meekeren), chirurgien néerlandais (1611-1666) ; E. Ehlers, dermatologue danois (1900) (1863-1937) ; H. Danlos, dermatologue français (1908) (1844-1912), G. Sack, médecin allemand (1931), A.P. Barabas, chirurgien britannique (1972)

Syn. syndrome de Meekrin-Ehlers-Danlos

Sigle SED

→ syndrome d'Ehlers-Danlos classique, syndrome d'Ehlers-Danlos (variantes cliniques du)

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos associé à CHST14 l.m.

→ syndrome d'Ehlers-Danlos type musculo-contractural

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos classique (SED) l.m.

Dysplasie héréditaire autosomique dominante du collagène du tissu conjonctif (élastorrhexie), apparaissant en néonatal ou dans l’enfance et caractérisé par une triade symptomatique associant de façon diverse une hyperélasticité et une fragilité de la peau (cutis laxa), une hyperlaxité ligamentaire articulaire et une fragilité de l’ensemble du tissu conjonctif pouvant toucher tous les organes, notamment le système cardiovasculaire et l'œil.
Les principaux signes cliniques sont, selon les types, l'hypermobilité et la fragilité articulaire, l'hyper-élasticité et la fragilité de la peau, une grande fragilité des tissus vasculaires, l'apparition spontanée d'hématome, une propension à la fatigabilité.
Des douleurs chroniques très invalidantes rythment le quotidien de nombreux malades, avec parfois la survenue de crises de durée variable, allant de quelques jours à plusieurs mois.
La fragilité des vaisseaux cutanés et parfois des gros troncs artériels peut dans le type IV (syndrome de Sack Barabas) être à l’origine de ruptures artérielles spontanées engageant le pronostic vital (fistule carotidocaverneuse, anévrisme disséquant, anévrisme intracrânien).
Pour les yeux, on observe selon le type d'affection, retournement aisé de la paupière (signe de Métenier), luxation ou subluxation du cristallin, sclères bleues, kératocône, stries angioïdes, épicanthus, ptosis, myopie, hémorragies de vitré et remaniements maculaires avec possibles complications liées aux stries angioïdes. Le type VI, dit oculaire et scoliotique (fragilata oculi), est dû à un déficit en lysyl-hydroxylase.
Les critères diagnostiques mineurs comprennent des tumeurs molluscoïdes, des sphéroïdes sous-cutanés, des (sub)luxations articulaires, lune hypotonie musculaire ainsi qu'une histoire familiale positive.
La prévalence du type classique est estimée à 1 cas pour 30 000.
Les SED sont dus à des anomalies de la synthèse du collagène de type V, un collagène fibrillaire mineur fait le plus souvent de l'association de deux chaînes alpha1 (V), et d'une chaîne alpha2 (V) mises en évidence dans 35% des cas environ, et à des mutations effectivement détectées des gènes COL5A1 et COL5A2 codant pour l'une ou l'autre de ces chaînes.
Le diagnostic clinique peut être confirmé par des études moléculaires qui sont longues et difficiles du fait de la grande taille des gènes. Dans certains cas plus rares de transmission autosomique récessive, des mutations dans le gène de la tenascine-X ont été identifiées. La tenascine-X est une protéine de la matrice extracellulaire.
Les SED) sont un groupe hétérogène de maladies héréditaires du tissu conjonctif regroupant plusieurs formes cliniques. Le SED de type classique correspond aux anciens types I et II.
- SED type hypermobile (apparition statistique de 1 personne sur 10 000 à 15 000)
- SED type classique (1 sur 20 000 à 50 000)
- SED type vasculaire (1 sur 100 000 à 250 000)
- SED type cypho-scoliotique (1 sur 500 000 à 1 000 000)
- SED type arthro-chalasique (une trentaine de cas connus)
- SED type dermato-sparaxique (une dizaine de cas connus)

2 – P. Beighton, généticien sud-africain (1998)

Syn. EDS classique, SED classique, élastorrhexie (syndrome d')

Réf. . 1 – D. Germain, généticien français (2006) 2 – P. Beighton, généticien sud-africain (1998) 3 - J. Civatte, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (2000) 5 – L. Auquier, médecin rhumatologue et J. Cauchoix, chirurgien orthopédiste français, membres de l’Académie de médecine (2001)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos (variantes du)

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos-hétérotopie nodulaire périventriculaire l.m.

Syndrome variant récemment décrit du syndrome d'Ehlers-Danlos (SED), de prévalence faible (<1/1 000 000), associant un phénotype caractéristique du syndrome d'Ehlers-Danlos, incluant hypermobilité articulaire, fragilité cutanée et dilatation aortique mais également une hétérotopie nodulaire périventriculaire, caractérisée par une épilepsie focale débutant généralement dans la deuxième décennie de la vie.
En règle générale, l'intelligence est normale. Le diagnostic d'hétérotopie périventriculaire repose sur l'IRM, qui peut aussi révéler une grande citerne élargie. Certains patients présentent également des anomalies cardiaques comme une persistance du canal artériel, des valves aortiques bicuspides, ou un anévrysme du sinus de Valsalva.
La maladie est dominante liée à l'X, atteignant les femmes, étant probablement létale pour les foetus mâles. Comme la plupart des cas d'hétérotopie périventriculaire isolés, cette affection est due à des mutations du gène de la filamine A (FLNA), situé en Xq28 sur le bras long du chromosome X. Il s'agit donc d'une nouvelle cause de SED.

Syn. syndrome d'EDS-hétérotopie nodulaire périventriculaire, syndrome de SED-hétérotopie nodulaire périventriculaire

Réf. Orphanet, D. Germain généticien français (2006)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos classique

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos type 4 l.m.

→ syndrome d'Ehlers-Danlos type vasculaire

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos type 6 avec macrocéphalie l.m.

Ehlers-Danlos syndrome VI with macrocephalia

→ kératoglobe, sclère bleue

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos type cyphoscoliotique l.m.

Le type cyphoscoliotique, très rare, de transmission autosomique récessive, apparaissant dès la naissance ou dans l’enfance, correspond à l'ancien SED de type 6 ou oculoscoliotique ; il est caractérisé dès la naissance par une scoliose d'évolution progressive, une hypotonie musculaire sévère, une hyperlaxité articulaire généralisée, et une fragilité du globe oculaire.
La fragilité oculaire peut causer des hémorragies de la rétine, un glaucome, une coloration des sclérotiques, voire une rupture du globe oculaire.
Le type 6A est dû à un déficit enzymatique en lysyl-hydroxylase, enzyme assurant normalement des modifications post-traductionnelles sur les résidus lysine des prochaînes alpha du collagène. Le gène LH1 (ou PLOD), codant pour cette enzyme, a été localisé sur le bras court du chromosome 1 (en 1p36) et cloné, et des mutations homozygotes ou hétérozygotes composites ont été caractérisées chez les patients atteints de SED de type cyphoscoliotique. Le type 6B est défini par une activité lysyl-hydroxylase normale mais des mutations des gènes LH2 ou LH3 ont été mises en évidence.
Il existe des tests diagnostiques biochimiques (absence ou diminution d'activité de la lysyl hydroxylase dans les cultures de fibroblastes) réalisés uniquement dans des laboratoires spécialisés. L'étude moléculaire du gène PLOD à partir d'un prélèvement de villosités choriales peut exceptionnellement être utilisée comme diagnostic prénatal.
Le pronostic du SED de type 6 est variable, parfois sévère, avec perte de la marche dans la deuxième ou troisième décennie de la vie.

Syn. EDS 3, HT-EDS, SED 3, SHAB, syndrome d'Ehlers-Danlos type 3, syndrome d'hypermobilité articulaire bénigne

Réf. Orphanet, D. Germain généticien français (2006)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos type cyphoscoliotique

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos type Kosho l.m.

→ syndrome d'Ehlers-Danlos type musculo-contractural

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos type musculo-contractural l.m.

Pouces en adduction - arthrogrypose (type Dundar) est un syndrome qui a été décrit chez cinq enfants (3 Turcs et 2 Autrichiens) dans la littérature (prévalence Ces cinq enfants sont nés de couples consanguins, et les deux sexes sont affectés, ce qui laisse penser que la transmission est autosomique récessive. Certains signes ont été retrouvés chez tous les cas rapportés : arthrogrypose distale sévère avec pouces en adduction irréductible, arachnodactylie et pieds bots. Les enfants ont un retard psycho-moteur et de développement sévère, et l'hypotonie peut parfois provoquer une détresse respiratoire. L'examen clinique révèle des anomalies de la chambre antérieure de l'œil ainsi qu'une dysmorphie faciale : front large avec bosses saillantes et télécanthus, retard de fermeture de la fontanelle, fentes palpébrales obliques en bas et en dehors, coins de la bouche tombants et oreilles en rotation postérieure. D'autres signes n'ont été observés que chez certains enfants : implantation basse des cheveux sur le front, ventriculomégalie cérébrale modérée et asymétrique, absence de septum lucidum, communication interauriculaire, coarctation de l'aorte ou rein en fer à cheval. Un cas de lithiase rénale, hernie inguinale et cryptorchidie bilatérale a également été rapporté. Ce tableau clinique est proche de celui du syndrome des pterygiums multiples, ou du syndrome d'Escobar, mais représente très probablement une entité distincte.

Syn. ATCS, EDS associé à CHST14, EDS musculo-contractural, EDS par déficit en D4ST1, EDS type Kosho, EDS type arthrogryposique, SED associé à CHST14, SED musculo-contractural, SED par déficit en D4ST1, SED type Kosho, SED type arthrogryposique, syndrome d'Ehle

Réf. Orphanet, Elisabet Robert-Gnansia généticienne française (2003)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos classique, syndrome d'Ehlers-Danlos (variantes du)

[A4,O6,Q2]

syndrome d'Ehlers-Danlos type vasculaire l.m.

vascular Ehlers-Danlos syndrome

Le syndrome d'Ehlers-Danlos (SED) de type 4 (ou syndrome d'Ehlers-Danlos vasculaire) est une pathologie rare (prévalence estimée entre 1/100 000 et 1/250 000) du tissu conjonctif, héréditaire autosomique dominante, apparaissant dès la naissance ou dans l’enfance, et caractérisée par des traits particuliers (acrogéria) chez la plupart des patients, une peau fine et translucide avec des vaisseaux sous-cutanés nettement visibles par transparence au niveau du thorax et de l'abdomen, des ecchymoses et des hématomes et une prédisposition à la survenue de complications sévères - artérielles, digestives et utérines - qui sont rarement observées, voire absentes, dans les autres formes de SED.
Les complications vasculaires peuvent toucher tous les sites anatomiques, avec une prédilection pour les artères de gros et de moyen calibre. Les dissections des artères vertébrales et des carotides dans leur portions extra- et intracrânienne (fistules carotido-caverneuses) sont une complication classique du syndrome. Il y a un risque élevé de perforations intestinales récurrentes. La grossesse augmente le risque de rupture utérine ou vasculaire.
Le syndrome d'Ehlers-Danlos type vasculaire résulte de mutations du gène COL3A1, codant pour le (pro)collagène de type 4.
Le diagnostic de SED de type 4 repose sur l'examen clinique, les techniques d'imagerie non invasives et l'identification d'une mutation du gène COL3A1.
Un diagnostic prénatal moléculaire est envisageable pour les familles où la mutation est caractérisée. Le prélèvement de villosités choriales ou l'amniocentèse, peuvent cependant, comporter des risques pour la femme enceinte atteinte de SED de type IV.

M. E. Lindsay, pédiatre américain (2021)

Syn. EDS type 4, SED type 4, Syndrome d'Ehlers-Danlos type 4, syndrome de Sack-Barabas

Réf. Orphanet, D. Germain généticien français (2007)

→ coagulopathie, syndrome de Silverman, sévices physiques à enfant, Marfan (maladie de), syndrome de Loeys-Dietz, COL3A1

[A4,O6,Q2]

Édit. 2021

syndrome d'Ehlers-Danlos (variantes cliniques du) l.f.p.

Vingt-six syndromes ont été décrits sous le vocable SED ou apparentés : - syndrome d'Ehlers-Danlos - syndrome d'Ehlers-Danlos avec déficit en fibronectine Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 10; syndrome d'Ehlers-Danlos avec dysfonctionnement plaquettaire par anomalie de la fibronectine - syndrome d'Ehlers-Danlos classique - syndrome d'Ehlers-Danlos lié à l'X Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 5  -syndrome d'Ehlers-Danlos par déficit en tenascin-X Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type classique-like  - syndrome d'Ehlers-Danlos type 1 - syndrome d'Ehlers-Danlos type 11 - syndrome d'Ehlers-Danlos type 2 - syndrome d'Ehlers-Danlos type 7A - syndrome d'Ehlers-Danlos type 7B - syndrome d'Ehlers-Danlos type arthrochalasique Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 7  -syndrome d'Ehlers-Danlos type cardiaque valvulaire - syndrome d'Ehlers-Danlos type cyphoscoliotique Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 6A ; syndrome d'Ehlers-Danlos type oculo-scoliotique  -syndrome d'Ehlers-Danlos type cyphoscoliotique avec surdité Syn. syndrome d'Ehlers Danlos avec cyphoscoliose, myopathie et surdité ; syndrome d'Ehlers-Danlos type 6B  -syndrome d'Ehlers-Danlos type dermato-sparaxis Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 7C  -syndrome d'Ehlers-Danlos type hypermobile Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 3  -syndrome d'Ehlers-Danlos type musculo-contractural Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type Kosho; syndrome d'Ehlers-Danlos associé à CHST14; syndrome d'Ehlers-Danlos par déficit en D4ST1; syndrome d'Ehlers-Danlos type arthrogryposique  → syndrome d'Ehlers-Danlos type 6B  -syndrome d'Ehlers-Danlos type progéroïde -syndrome d'Ehlers-Danlos type périodontite Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 8  -syndrome d'Ehlers-Danlos type spondylo-cheiro-dysplasique -syndrome d'Ehlers-Danlos type vasculaire Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 4; syndrome d'Ehlers-Danlos type IV  -syndrome d'Ehlers-Danlos type vasculaire-like -syndrome d'Ehlers-Danlos-hétérotopie nodulaire périventriculaire -syndrome d'Ehlers-Danlos/ostéogenèse imparfaite -syndrome de la corne occipitale Syn. syndrome d'Ehlers-Danlos type 9  -syndrome de la cornée fragile →syndrome d'Ehlers-Danlos type 6B

[A4,O6,Q2]

Joubert (syndrome de) l.m.

Syndrome d’hérédité autosomique récessive, d’apparition pré- ou néonatale, de prévalence estimée d'environ 1/100 000, caractérisé par une malformation congénitale du tronc cérébral et une agénésie ou une hypoplasie du vermis cérébelleux entraînant des troubles respiratoires, un nystagmus, une hypotonie, une ataxie et un retard du développement moteur.
Au cours de la période néonatale, la maladie se manifeste souvent par une respiration irrégulière (tachypnée et/ou apnée épisodiques) et un nystagmus. Durant la petite enfance, une hypotonie peut se manifester. Une ataxie cérébelleuse (démarche titubante et déséquilibre) peut apparaître plus tard. Un retard du développement moteur est fréquent. Les facultés intellectuelles sont variables, allant d'un déficit intellectuel sévère à une intelligence normale. L'examen neuro-ophtalmologique peut révéler une apraxie oculomotrice. Des convulsions surviennent chez certains patients. Un examen attentif du visage met en évidence un faciès caractéristique : une grosse tête, un front proéminent, des sourcils hauts et arrondis, un épicanthus, un ptosis (occasionnel), un nez retroussé avec des narines évidentes, une bouche ouverte (au début de forme plutôt ovale, puis plutôt rhombique et finalement plutôt triangulaire avec les commissures inclinées vers le bas), une protrusion et des mouvements rythmiques de la langue et, occasionnellement, des oreilles bas implantées. Les autres manifestations peuvent inclure une dystrophie rétinienne, une nephronophtise et une polydactylie.
Le diagnostic repose sur les données cliniques (hypotonie, ataxie, retard du développement et apraxie oculomotrice) et la présence, sur les images d'imagerie par résonance magnétique (IRM), du « signe de la molaire » provenant de l'hypoplasie du vermis cérébelleux et des malformations du mésencéphale et du rhombencéphale.
Le diagnostic différentiel se pose avec les maladies associées au syndrome de Joubert, les malformations du vermis cérébelleux sans «signe de la molaire » telles que la malformation de Dandy-Walker, l'hypoplasie cérébelleuse liée à l'X, l'ataxie-apraxie oculomotrice de types 1 et 2 (AOA1, AOA2), les maladies congénitales de la glycosylation (CDG), le syndrome 3-C, les atrophies/hypoplasies pontocérébelleuses, les syndromes oro-facio-digitaux de types II et III et le syndrome de Meckel-Gruber.
Le syndrome est génétiquement hétérogène. Sept gènes, AHI1 (6q23), NPHP1 (2q13), CEP290 (12q21), TMEM67 (8q22), RPGRIP1L (16q12), ARL13B (3p12.3-q12.3) et CC2D2A (4p15) et deux locus sur les chromosomes 9q34 (JBTS1) et 11p12-q13 (CORS2/JBTS2) ont été, à ce jour, associés à la maladie.
Le pronostic est favorable pour les formes modérées de la maladie. Les patients avec une forme plus sévère doivent être pris en charge dans un centre spécialisé ou de référence.

Marie Joubert, neurologue canadienne (1969) : C. Espinós, F. Palau, médecins espagnols (2009)

Syn. syndrome de Joubert classique, syndrome de Joubert pur, syndrome de Joubert type A, syndrome de Joubert-Boltshauser

Réf. Orphanet, C. Espinos, F. Palau (2009)

→ nystagmus, ataxie, épicanthus, nephronophtise, Dandy-Walker (syndrome de)

[A4, H1, I2,M1, P2, O6, Q2]

Édit. 2018

syndrome de Joubert-Boltshauser l.m.]

→ syndrome de Joubert

[A4,O6,Q2]

syndrome de Kallmann l.m.

F. Kallmann, généticien américain (1944)

→ Kallmann (syndrome de)

[A4,O6,Q2,Q3]

syndrome de la corne occipitale (SCO) l.m.

Forme rare (prévalence <1 / 1 000 000) atténuée de la maladie de Menkès qui se caractérise par une neurodégénérescence progressive et une atteinte du tissu conjonctif dues à un défaut du transport du cuivre.
Le SCO peut se révéler de l'enfance jusqu'à l'âge adulte jeune. La transmission est récessive liée à l'X.
A la naissance, la peau est ridée et hyperlaxe, des hernies ombilicales ou inguinales peuvent être observées. Dans les jours qui suivent, une hypothermie, un ictère, une hypotonie ainsi que de troubles alimentaires peuvent se manifester. Les premiers signes peuvent être une diarrhée rebelle et des infections urinaires à répétition dues à des diverticules vésicaux. Il existe un retard du développement moteur dû à l'hypotonie musculaire associée à une maladresse gestuelle. La taille est en général normale, mais une discrète disproportion est fréquente, avec tronc longiligne, thorax et épaules étroites, cyphose ou scoliose dorsolombaire et déformation thoracique. Les articulations sont hyperlaxes. La mobilité du coude est limitée avec une tendance aux luxations. La physionomie devient progressivement caractéristique, avec visage allongé et mince souvent avec front haut, fentes palpébrales obliques en bas et en dehors, nez crochu ou proéminent,
philtrum long, palais ogival et oreilles proéminentes. Le degré d'hyperélasticité de la peau est variable et peut augmenter avec l'âge entraînant des replis de peau flasque autour du tronc. Il n'y a en général pas d'anomalie notable des cheveux, mais ils peuvent être ternes et inhabituellement drus dans certains cas. Des hernies inguinales récurrentes sont fréquentes. Des anomalies vasculaires telles que des varicosités sont souvent notées et des anévrysmes artériels ont aussi été décrits. Les capacités intellectuelles sont inférieures ou proches de la normale. Le développement pubertaire est normal.
Le SCO est dû à des mutations du gène ATP7A (Xq21.1) qui code une protéine de transport du cuivre, ATP7A (pour Cu2+-transporting ATPase-alpha polypeptide). Une forme atténuée de la maladie est observée chez les patients ayant un nombre élevé de mutations entraînent la production d'une protéine partiellement fonctionnelle ou de structure normale mais en quantité réduite.
Les radiographies montrent des cornes occipitales caractéristiques : ce sont des exostoses occipitales symétriques pointant vers le bas. Elles peuvent être détectées dès l'âge de 1 à 2 ans mais elles le sont en général vers 5 à 10 ans et continuent à croître jusqu'au début de l'âge adulte.
Syn.
cutis laxa liée à l'X, EDS 9, syndrome d'Ehlers-Danlos type 9

Réf. Orphanet, Lisbeth Møller et Z. Tümer, généticiens danois (2011)

→ maladie de Menkès, syndrome d'Ehlers-Danlos classique

[A4,O6,Q2]

syndrome de la crosse aortique l.m.

M. Takayasu, ophtalmologiste japonais (1908), F. Martorell-Otzet, chirurgien vasculaire espagnol (1944), R.S. Ross, médecin interniste et V.A. McKusick, membre de l'Académie de médecine, généticien américains (1953)

Syn. maladie de Takayasu

→ maladie de Takayasu

[K4, N3, P2]

Édit. 2019

syndrome de la veine cave supérieure l.m.

superior cava syndrome

Ensemble des manifestations cliniques liées à la compression et/ou à la thrombose de la veine cave supérieure.
Il témoigne d'une atteinte située dans la partie antéro-supérieure droite du médiastin.
Il se manifeste surtout par un œdème en pèlerine de la face, du cou et de la partie supérieure du thorax avec circulation veineuse collatérale sous-cutanée de la région. Il est presque toujours dû à une affection maligne (carcinome bronchique, lymphome ou tumeur maligne du médiastin).

[K4]

syndrome de l'œil de chat l.m.

→ syndrome du cat-eye

[A4,O6,Q2]

Loeys-Dietz (syndrome de) l.m.

Le syndrome décrit en 2005 associant des anévrismes aortiques, un hypertélorisme (élargissement de la distance interpupillaire), une fente palatine ou une luette bifide et une tortuosité artérielle généralisée.
Les autres signes du syndrome sont une craniosynostose, une exotropie, une hypoplasie malaire, une micrognathie, un rétrognathisme, des anomalies cérébrales, un retard mental, une peau fine, une hyperlaxité articulaire et des anévrismes disséquants le long de l'arbre artériel.
L'affection est de transmission autosomique dominante avec une expressivité variable et des mutations des gènes TGFBR1 et TGFBR2 localisés respectivement sur le chromosome 9q33 et le chromosome 3p22 ont été récemment identifiées.

B. L. Loeys, généticien belge, H. C. Dietz, pédiatre généticien américain (2006)

Réf. 1 – Orphanet, D. Germain, généticien français (2006)
2 – B.L. Loeys, généticien belge, syndrome de Shprintzen-Goldberg,H.C. Dietz, pédiatre généticien américain (2006)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos, Marfan (maladie de), Goldberg- Shprintzen- (syndrome de), anévrysme de l'aorte, craniosynostose, exotropie, micrognathie, rétrognathisme

[A4, O1, O6, P2, P3, Q3]

Édit. 2019

syndrome de l'X-fragile l.m.

FX syndrome

Maladie génétique rare, dominante liée à l'X, qui associe un déficit intellectuel léger à sévère à des troubles du comportement et à des signes physiques caractéristiques.
Sa prévalence estimée est d'environ 1/2500 (prévalence de la mutation complète) à 1/4000 (cas symptomatiques) dans les deux sexes.
Le tableau clinique est variable. Dans l'enfance, les garçons ont un retard des acquisitions motrices et/ou du langage. Chez les garçons et 50 % des filles, les troubles intellectuels s'associent à des troubles du comportement et/ou à des signes dysmorphiques. Otites et sinusites récidivantes et convulsions sont possibles. Le déficit intellectuel va de troubles mineurs de l'apprentissage avec QI normal, à un déficit sévère pouvant toucher la mémoire immédiate et de travail, les fonctions exécutives, les capacités visuo-spatiales et mathématiques. Les troubles du comportement peuvent être discrets (humeur instable) ou sévères, de type autisme (battements de mains, contact oculaire pauvre, évitement du regard, morsures de mains, défense tactile et désinhibition). Troubles de l'humeur, anxiété et agressivité sont possibles. Chez les filles, les troubles intellectuels et du comportement sont en règle discrets, à type de troubles affectifs et de l'apprentissage. Dans les deux sexes les signes physiques sont discrets : visage étroit et allongé, oreilles et front proéminents, hyperlaxité des doigts, pieds plats et macro-orchidie chez le garçon après la puberté.
La plupart des garçons et environ 30 % des filles auront un déficit intellectuel significatif à l'âge adulte.
Le syndrome de l'X fragile est dû à l'inhibition de la transcription du gène FMR1 (Fragile Mental Retardation), (Xq27.3), causée par l'expansion de la répétition de triplets (CGG) n dans sa région 5' non traduite et les méthylations qui s'en suivent. Ces mutations complètes proviennent d'allèles instables, prémutés (55 à 200 répétitions de CGG). Les prémutations sont notamment associées à un risque d'insuffisance ovarienne précoce (IOP) chez les femmes au syndrome tremblement-ataxie lié à une prémutation de l'X fragile (FXTAS). De rares cas de mutations ponctuelles intragéniques de FMR1 sans expansion de répétitions CGG ont été décrits. Le gène FMR1 code pour la protéine FMRP, une protéine de liaison de l'ARN qui régule la synthèse protéique et d'autres voies de signalisation dendritiques. L'inhibition transcriptionnelle de FMR1 réduirait la plasticité et la modulation synaptique dans l'ensemble du cerveau, y compris l'hippocampe.

G. Turner (1978),Yingratana McLennan, médecin américaine (2011)

Syn. syndrome FRAXA, syndrome FraX, syndrome de Martin-Bell

Sigle FXS

Réf. Orphanet,  (2011) R. Hagerman

→ protéine FMRP, FMR1 gene, syndrome FXTAS, syndrome de Dravet, crises partielles migrantes malignes du nourrisson

[H1, H4, Q3]

Édit. 2019

syndrome de Meekrin-Ehlers-Danlos  l.m.

Meekrin-Ehlers-Danlos’ syndrome

J.J. van Meekrin (Meekren ou Meekeren), chirurgien néerlandais (1611-1666)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos

[A4,O6,Q2]

syndrome de Menkes l.m.

J. H. Menkes, pédiatre américain (1962)

→ maladie de Menkès

[A4,O6,Q2]

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