Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

64200 entrées :

hémo-endothéliome n.m.

h(a)emoendothelioma

Syn. hémangio-endothéliome

→ hémangio-endothéliome

hémo-hydarthrose n.f.

bloody hydarthrosis

Epanchement sanguin dans une articulation.

[I1]

hémo-ovoculture n.f.

Inoculation d’ un œuf à partir d’une hémoculture.

M. Deparis, membre de l’Académie de médecine et R. Nativelle, bactériologistes français (1970)

[D1]

Édit. 2015

hémobilie n.f.

haemobilia

Présence de sang dans la bile.
La plupart des cas sont d’origine traumatique (accidentelle ou iatrogène).

Étym. gr. haïma : sang ; cholê : bile

[L1]

hémobiologiste n.m. ou f.

Spécialiste de biologie hématologique.

→ hématologie

[F1]

Édit. 2015

hémocathérèse n.f. Désuet

haemocatheresis

Destruction des éléments figurés du sang.

Étym. gr. haïma : sang ; kathaïrésis : destruction

[F1]

hémocholécyste n.m.

haemocholecystis

Epanchement sanguine dans la vésicule biliaire.

Étym. gr. haïma : sang ; kolê : bile ; kustis : vessie

[L1]

hémochorial adj.

hemochorial

Qualifie les placentations, dont celle des humains, où les villosités choriales sont au contact direct du sang maternel dans la chambre intervilleuse.

→ placenta hémochorial

[O3]

hémochromatose (arthropathie de l') l.f.

→ arthropathie de l'hémochromatose

hémochromatose de type 2 A l.f.

hemochromatosis type 2A

Hémochromatose liée à des mutations des gènes codant pour l’hémojuvéline.

Syn. : hémochromatose HFE 2 

→ hémojuvéline, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose de type 2 B l.f.

hemochromatosis type 2B

Hémochromatose liée à des mutations des gènes codant pour le gène de l’hepcidine.

→ hémochromatose génétique (mutations responsables de l'), hepcidine

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose de type 3 l.f.

hemochromatosis type 3

Hémochromatose liée à des mutations du gène du récepteur de la transferrine de type 2.

de l’)

Syn. : hémochromatose HFE 3,  hémochromatose par mutation TFR2

→ hepcidino-déficience (situation d'), hémochromatose génétique (mutations responsables

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose de type 4 l.f.

hemochromatosis type 4

Syn. : hémochromatose HFE 4 

→ maladie de la ferroportine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose génétique (mutations responsables de l') l.f.p. ]

- Hémochromatose HFE 1 : hémochromatose génétique de l’adulte

« Habituelle » ou la plus fréquente : la mutation porte sur le gène HFE en 6p21.3 Trois modifications sur la protéine sont décrites : C282Y, remplacement de la cystéine par la tyrosine en position 282, H63D, remplacement de l’histidine par l’acide aspartique en position 63 par substitution sur le chromosome d’une base cytosine par une base guanine dans l’exon 2 ; la forme S65C, remplacement de la sérine par la cystéine, est exceptionnelle. Il existe une forme composite C282Y/H63D où la surcharge en fer est faible. L’affection est autosomique récessive à pénétrance faible.
- Hémochromatose HFE 2 : hémochromatose juvénile. 
Il en existe deux formes : 2A par mutation du gène HJV (HemoJuVelin), locus en 1q21 codant pour l’hémojuvéline et 2B par mutation du gène HAMP (hepcidin antimicrobial peptide) en19q13 codant pour l’hepcidine. Ces formes autosomiques récessives sont rares.
- Hémochromatose HFE 3 : mutation du récepteur 2 de la transferrine.
Récessive, très rare, elle est due à une mutation du gène TFR 2 (Transferrin Receptor 2), locus en 7q22, codant pour le récepteur 2 de la transferrine. Ce trouble de l’absorption du fer entraîne une surcharge des tissus de l’organisme ; le phénotype clinique est proche de celui de l’hémochromatose HFE1.
- Hémochromatose HFE 4 : mutation de la ferroportine (gène SLC40A1, locus en 2q32).
Il s’agit d’une forme d’hémochromatose dont la transmission est autosomale dominante. Elle se caractérise par une accumulation de fer dans les cellules endothéliales ; biologiquement, la ferritinémie est élevée, Dans le phénotype A le fer sérique est normal ou bas, le coefficient de saturation de la transferrine (CST) est normal ou diminué. L’anémie est fréquente, majorée par les saignées. Dans le type B, l’action de la ferroportine n’est plus régulée par l’hepcidine et même en cas d’excès de fer, celui-ci est exporté hors de la cellule, le fer sérique et le CST sont élevés.
Il existe une quinzaine de mutations du gène SLC40AI (Solute Carrier family 40 member 1)
- Hémochromatose HFE 5 : mutation des chaînes H de la ferritine.
Cette forme, très rare, est à transmission dominante ; le locus du gène FTH (Ferritin Heavy chain) est en 11q12.3.

Étym. gr. haima : sang ; chrôma : couleur

Sigle HFE (High Fe)

→ hémochromatose génétique de type HFE1, ferritine, ferroportine, hémojuveline, hepcidine, transferrine

[L1,O4]

Édit. 2015

hémochromatose génétique de type HFE 1. l.f.

Maladie d'origine génétique transmise sur le mode autosomique récessif, caractérisée par une absorption duodénale excessive du fer responsable d’une surcharge en fer et d’une sclérose réactionnelle de différents organes notamment du foie.
C’est la plus fréquente des hémochromatoses génétiques, c’est aussi la plus fréquente des maladies héréditaires qui touche préférentiellement les sujets d'origine nord-européenne avec un taux de prévalence dans la population générale estimé entre 1 et 4 pour mille. L’affection apparaît plus tardivement chez la femme en raison des pertes en fer dues aux menstruations.
Après une phase de latence clinique, l'hémochromatose génétique se caractérise par un grand polymorphisme associant, à des degrés variables, une une hépatomégalie, un diabète sucré, une pigmentation cutanée (« diabète bronzé ») une cardiomyopathie, un hypogonadisme hypogonadotrope et des arthropathies.
Le diagnostic est très fortement suggéré par l'élévation de la saturation de la transferrine (supérieure à 45%) à laquelle s'associe une augmentation, à des degrés variables, de la ferritinémie.
Ces anomalies biologiques commandent la recherche de la signature génétique de la maladie. La mise en évidence de mutations homozygotes du gène HFE 1 localisé sur le bras court du chromosome 6 conduit au diagnostic. Trois mutations ont été décrites C282Y (plus de85 % des cas), H63D et S65C beaucoup plus rares.Seule la mutation homozygote C282 Y peut entraîner une surcharge en fer importante. L’homozygotie H63 D n’est pas responsable d’un excès de fer cliniquement significatif (la majorité des cas publiés se sont avérés être en rapport avec d’autres mutations non HFE 1). Il existe des formes hétérozygotes composites. Ces mutations empêchent l'élaboration par le foie de l'hepcidine, hormone dont l'action limite l'absorption du fer contenu dans l'alimentation par la muqueuse intestinale.
Le diagnostic d'hémochromatose génétique justifie une recherche systématique chez les parents au premier degré du sujet atteint. En revanche, malgré la fréquence élevée de la maladie et le bénéfice apporté par un diagnostic précoce, le dépistage de la maladie dans la population générale n'est pas préconisé actuellement. La question reste en débat.
Le traitement consiste, dans la plupart des cas en des saignées initialement hebdomadaires de 400 à 500 ml de façon à réduire le fer en excès. Son efficacité est évaluée par la ferritinémie qui doit tendre progressivement vers une valeur de 50 ng/ml, l'hémoglobine restant supérieure à 11 g/l. L'asthénie, la mélanodermie, les troubles cardiaques…s’atténuent et peuvent disparaître. En revanche, les douleurs articulaires et le diabète disparaissent plus difficilement lorsqu’ils sont installés. Les chélateurs du fer d’emploi astreignant, lourd et coûteux, d’effets secondaires non négligeables, ne sont utilisés que dans les rares cas de contre-indications aux saignées.
Les saignées (ou les dons-saignées) doivent être prescrits dès que la ferritine est supérieure à 300 µg/l s’il s’agit d’un homme et de 200 µg/l s’il s’agit d’une femme.
En l’absence de traitement la mort est la conséquence soit du diabète, soit de l'insuffisance cardiaque congestive (risque 300 fois supérieur à celui d'une population normale), soit du fait de la cirrhose et/ou d’un carcinome hépatiques.

A. Trousseau, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1865)

Étym. gr. haima : sang ; chrôma : couleur

Syn. cirrhose bronzée, diabète bronzé

Sigle HFE 1

→ arthropathie de l'hémochromatose, diabète bronzé, hémosidérose, hémochromatose juvénile, hepcidine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1,O4]

Édit. 2018

hémochromatose juvénile l.f.

Forme rare d'hémochromatose génétique qui débute avant l'âge de 30 ans et atteint de manière égale les deux sexes.
Sa gravité s’exprime par une insuffisance gonadotrope et une myocardiopathie évolutive nécessitant souvent une transplantation cardiaque.
Elle est liée à la mutation de l’hepcidine, produit du gène HAMP ou de l’hémojuvéline produit du gène HJV, à l’origine d’une expression anormalement basse de l’hepcidine et par conséquent d’une surcharge férique sévère.
Certaines formes sont secondaires à la mutation des deux copies du gène de l'hepcidine. La majorité des sujets atteints d'hémochromatose juvénile n'ont aucune des deux mutations C282Y et H63D du gène HFE, cependant des malades hétérozygotes pour la mutation C282Y ou pour la mutation H63D ont été identifiés.

→ hémochromatose génétique, hepcidine, hémojuvéline

[L,O1,O4]

Édit. 2015

hémochromatose néonatale l.f.

neonatal hemochromatosis

Affection hépatique néonatale sévère associée à une sidérose extra-hépatique de distribution identique à celle de l’hémochromatose constitutionnelle : le cœur, les glandes endocrines…
Il apparaît de toute évidence qu’il s’agit d’une affection gestationnelle dont l’atteinte hépatique s’avère le déterminant principal. Sa pathogénie est liée à un processus allo-immunitaire maternel dirigé vers le foie fœtal. Le pronostic est très réservé. Au vu de la pathologie hépatique et du mécanisme qui la détermine, l’hémochromatose néonatale devrait être classifiée comme un hépatite allo-immune congénitale.

P. F. Whitington, pédiatre américain (2007) ; S. Roumiantsev, pédiatre américain (2015)

→ hépatite allo-immune congénitale

[L1, O3, Q2]

Édit. 2018

hémochromatose secondaire l.f.

secondary hemochromatosis

Appelée aussi surcharge acquise.

→ hémosidérose

[L1]

Édit. 2015

hémochromatoses primitives l.f.

primitive hemochromatosis

→ hémochromatoses génétiques, hémochromatoses juvéniles

[L1,O4]

Édit. 2015

hémoclasie n.f.

Étym. gr. haïma : sang ; klan : briser

Syn. hémolyse

[F1]

hémocompatibilité n.f.

haemocompatibility

Compatibilité d’un matériel avec le sang.
L’absence de thrombogénicité est primordiale.

hémoconcentration n.f.

h(a)emoconcentration

Augmentation du rapport de la masse des hématies sur la masse plasmatique.
Elle se caractérise par une augmentation de l'hématocrite, elle induit une hyperviscosité sanguine préjudiciable à la nutrition tissulaire.

→ hyperviscosité plasmatique, hématocrite

[F1]

hémoconie n.f.

haemoconia

Eléments de 1µm, animés de mouvements browniens visibles à l’examen ultra-microscopique du sang en période digestive.
Ils seraient d’origine graisseuse.

Étym. gr. haïma : sang ; konis : poussière

[F1]

hémocrinie n.f.

haemocrinia

Passage sanguin des sécrétions des glandes endocrines.

Étym. gr. haïma : sang ; krinô : je sécréte

hémocult ® n.m

hemoccult

Réactif (ou procédé) permettant de déceler la présence de sang dans les selles.
Le dépistage organisé du cancer colo-rectal repose sur le recherche de sang dans les selles dans la population à risque moyen de cancer colo-rectal âgée entre 50 ans et 74 ans. Ce dépistage est répété tous les 2 ans. Lorsque la recherche est positive, les sujets doivent se soumettre à une coloscopie.
Sont exclus de ce dépistage les sujets à risque élevé ou très élevé de cancer colo-rectal qui doivent se soumettre à un dépistage par une coloscopie d’emblée sans passer par la recherche de sang dans les selles.
Sont à risque élevé, les sujets ayant des antécédents personnels de maladie chronique inflammatoire des intestins, d’adénome villeux ou d’adénome de plus de 10 mm de diamètre ou plus de 2 adénomes quelles que soient sa taille et sa composante histologique, ceux qui ont un antécédent de cancer du colon ou qui présentent une acromégalie. Sont à risque très élevé les sujets ayant un antécédent familial chez une ou plusieurs personnes de cancer colorectal au premier degré de moins de 65 ans ceux qui ont une polypose adénomateuse familiale ou un syndrome de Lynch (syndrome HNPCC : hereditary non- polyposis colorectal cancer).
Le dépistage a reposé sur la détection de l’hème dans les selles (hemoccult I®). Depuis 2015, le test est immunologique (hemoccult II®) ; il met en présence des anticorps dirigés contre des globines humaines. Il est d’utilisation plus simple que le précédent test ; un seul prélèvement suffit (au lieu de 6). Surtout, il est plus sensible, détectant 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes avancés.

| page précédente | /2568 | page suivante