fragment tombé (signe du) l.m.
fallen fragment sign
Signe radiologique en faveur d'un kyste osseux simple compliqué d'une fracture.
Si le kyste (poche liquidienne métaphysaire intra-osseuse qui s'éloigne de la physe au cours de la croissance) est à l'origine d'une fracture pathologique, un fragment osseux pariétal peut tomber dans la cavité kystique. La situation constamment déclive de ce fragment pariétal, vu sur les radiographies de face ou de champ, témoigne de la nature kystique de la lésion et permet, de façon quasi-pathognomonique, de poser le diagnostic de kyste solitaire à l'origine d'une fracture pathologique.
→ kyste osseux solitaire, kyste essentiel de l'os, fracture pathologique
[I1, I2, O1, F5]
Édit. 2019
Franceschetti (signe de) l.m.
Franceschetti sign
Provocation, par le malade lui-même de phosphènes en réalisant un choc oculaire avec une main ou un doigt ou encore en introduisant le pouce et l'index entre l'oeil et le rebord orbitaire.
Ce signe est responsable de complications traumatiques et de kératocône. On le constate dans certaines affections oculaires très invalidantes comme l'amaurose congénitale de Leber et dans certains syndromes chromosomiques avec débilité.
A. Franceschetti, ophtalmologiste suisse (1939) ; T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1869 et 1877)
Syn. réflexe oculodigital
→ phosphènes, kératocône, Leber (amaurose congénitale de)
[H3, P2]
Édit. 2019
Franklin (maladie de) l.f.
Franklin disease, , heavy chain gamma disease
Désordre lymphoprolifératif de la lignée cellulaire B, marqué par la présence d’un pic monoclonal sérique composé de fragments de chaînes lourdes d’immunoglobulines gamma.
Affection rare de l’adulte (51 à 68 ans) à prédominance féminine accompagnée d’un état fébrile, d’une altération de l’état général, d’anémie, de poyladénopathies et d’une hépatosplénomégalie. Un signe caractéristique est un œdème palatin lié à une hypertrophie nodulaire de l’anneau de Waldeyer. Cette affection s’accompagne fréquemment de manifestations d’arthrite rhumatoïde et de complications infectieuses.
On reconnaît trois formes à cette maladie :
1. la forme disséminée (57 à 66 % des cas) faite d’une hypertrophie lymphoproliférative généralisée et de signes généraux;
2. la forme localisée (25 % des cas) liée à une mutation des chaînes d’immunoglobulines dans le tissu périphérique ou uniquement dans le tissu médullaire;
3. Une forme proliférative non apparente (9 à 17 %) marquée par des manifestations auto-immunes.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence dans le sérum d’un pic monoclonal composé d’un fragment de chaînes lourdes d’immunoglobulines gamma.
L’évolution, souvent défavorable, est marquée par des complications infectieuses fréquentes.
Le traitement des formes généralisées repose sur les alkylants et le rituximab.
E. C. Franklin, médecin interniste américain (1964)
Syn. maladie des chaînes gamma
→ immunoglobulines, maladie des chaînes lourdes, rituximab, alkylant
[F1]
Édit. 2019
Fränkel (signe de) l.m.
Fränkel test
En présence d’une rhinorrhée purulente, l’apparition de pus dans le méat moyen (préalablement nettoyé) lorsque le patient se penche en avant, signe l’existence d’une sinusite maxillaire.
B. Fränkel, otorhinolaryngologiste allemand (1836-1911)
[P1]
Édit. 2019
frémissement n.m.
thrill
Sensation tactile, perçue à la palpation d’un point quelconque du corps, faite d’un frémissement plus ou moins intense et plus ou moins continu.
Il est caractéristique de certaines lésions ou malformations cardiovasculaires, dont la plus typique est la fistule artérioveineuse mais qui peuvent être d’une autre nature (rétrécissements serrés congénitaux ou acquis, angiomes actifs, etc.). Le frémissement est un signe de grande valeur sémiologique.
→ frémissement cardiaque, frémissement cataire, fistule artérioveineuse, angiome
[K1, N1]
Édit. 2019
frémissement cataire l.m.
purring
Signe de palpation perçu par la main appliquée sur la face antérolatérale du thorax, qui perçoit une sensation vibratoire rappelant celle qu’on ressent en caressant un Chat.
Le frémissement cataire est la traduction tactile d’un souffle vibrant (rétrécissement valvulaire ou shunt intracardiaque).
→ frémissementrétrécissement valvulaire, shunt
[K2]
Édit. 2019
frisson n.m.
chill
Sensation de froid avec tremblements involontaires par augmentation du tonus musculaire et contractions réflexes de nombreux muscles (claquement de dents, etc.), vasoconstriction cutanée et horripilation («chair de poule»), survenant par accès irréguliers soit lors de la lutte contre le froid qui entraîne un notable dégagement de chaleur (frisson thermique), soit comme signe d'un accès de fièvre (frisson infectieux).
Les frissons surviennent lorsque le centre thermorégulateur, situé dans la partie postérieure de l'hypothalamus, est stimulé, soit par les impulsions des nerfs sensitifs (frisson thermique) transmettant les stimulations des récepteurs de la peau, des muqueuses et vraisemblablement du cerveau, soit par l'action de certaines toxines dites pyrogènes (frisson fébrile ou toxique) qui modifient le réglage du « thermostat » de l'hypothalamus. Contrôlé par un centre hypothalamique inhibiteur situé un peu plus en avant, le centre thermorégulateur, lorsqu'il est excité, met en jeu une vasodilatation et stimule les glandes sudoripares : la crise de sudation de la fièvre survient après la phase de frisson.Dans les infections, les substances pyrogènes peuvent provenir de toxines microbiennes et les leucocytes pourraient peut-être en sécréter. Les liquides de perfusion peuvent accidentellement contenir des substances pyrogènes provenant de débris des microbes tués lors de la stérilisation.
Étym. lat. frictio : tremblement
→ fièvre, pyrogènes (substances)
[C2, D1]
Édit. 2019
fructosurie n.f.
fructosuria
Présence de fructose dans l'urine, qui est signe d'une anomalie métabolique du fructose, soit par défaut de fructose-1-phosphate-aldolase, soit par défaut de fructokinase.
Diagnostiquée comme une méliturie avec un test négatif à la glucose-oxydase, elle est affirmée grâce à la chromatographie des sucres urinaires.
[C1, C2, Q2]
Édit. 2019
Fuchs (hétérochromie de) l.f.
Fuchs heterochromic cyclitis
Syndrome associant :
- une cyclite sous forme de précipités translucides répartis sur toute la surface postérieure de la cornée, insensibles à toute thérapeutique, sans synéchie,
- une atrophie irienne,
- une cataracte corticale postérieure qui devient totale,
- une hémorragie minime à l'opposé du point de ponction de la chambre antérieure (signe d'Amsler).
E. Fuchs ophtalmologiste autrichien (1906) ; M. Amsler, ophtalmologiste suisse (1946)
Syn. cyclite hétérochromique
→ cyclite
[P2]
Édit. 2019
fuite des idées l.f.
flight of ideas
Emportement idéatoire sans suite logique, avec accélération et irrégularité du cours de la pensée que le sujet ne maitrise plus et dont l'inconsistance stérile, sans frein ni direction, contraste avec la richesse apparente.
Chaque thème est quitté sans retour, avec passage fréquent à un autre par une quasi-homophonie ou du fait de la saisie aigüe d'éléments de l'environnement. Signe essentiel de la manie, elle est un des aspects de la tachypsychie.
[H3]
Édit. 2019
fuseau paravertébral l.m.
paraspinal soft tissue mass
Sur une radiographie du thorax, déplacement latéral, localisé ou étendu de la ligne paravertébrale, uni ou bilatéral.
Cette image traduit une lésion du rachis (hématome, abcès) ou des parties molles adjacentes (tumeur, hématopoièse extramédullaire, etc.).
Le signe de l'iceberg indique si la lésion se prolonge ou non vers la région sous-diaphragmatique.
galop (rythme de) l.m.
gallop rhythm
À l’auscultation du cœur, triple bruit constitué par l’addition aux deux bruits habituels d’un troisième temps qui n’est ni un souffle ni un frottement, mais un bruit frappé qui traduit le brutal remplissage d’un ventricule anormal.
Le bruit de galop typique, perçu dans la diastole est un signe d’insuffisance ventriculaire. C’est un bruit sourd qui correspond souvent à un choc perceptible à la palpation. (Potain) Il existe d’autres variétés chronologiques de galop (présystolique, protodiastolique). Le galop de sommation, ou mésodiastolique est une combinaison des galops présystolique et protodiastolique.
P. Potain, médecin cardiologue français, membre de l’Académie de médecine (1876)
Syn. bruit de galop
gastrite chronique antrale (B) l.f.
chronic antral gastritis
Gastrite fréquente localisée à l'antre, diffuse et caractérisée par une augmentation de la population lymphoplasmocytaire du chorion et par la présence de polynucléaires dans les cryptes, ce qui signe l'activité de la maladie.
Une deuxième caractéristique est la modification des glandes qui peuvent être normales (gastrite superficielle) ou plus ou moins atrophiques.
On classe cette atrophie en légère, modérée ou sévère ; la métaplasie intestinale est fréquente. La gastrite chronique antrale accompagne très fréquemment l'ulcère duodénal. Elle se voit également dans l'ulcère et le cancer gastriques. On reconnaît maintenant qu'elle est liée à la présence d'Helicobacter pylori, germe dont la niche est le mucus gastrique.
glaçon (signe du) l.m.
polyhydramnios ice block sign
Signe clinique retrouvé chez la femme enceinte en cas d'excès de liquide ou d'hydramnios : la main abdominale ayant exercé une pression brusque sur le fœtus perçoit le choc du fœtus en retour.
glucagonome n.m.
Tumeur sécrétrice de glucagon se traduisant cliniquement par une diarrhée motrice et par une hyperglycémie due à une sécrétion inappropriée de glucagon par les cellules bêta du pancréas.
Un signe caractéristique accompagne la diarrhée et le diabète : l'érythème nécrolytique migrateur (macules, papules et bulles qui évoluent vers l'ulcération) qui se manifeste sur le tronc et les membres. Glossite et stomatite complètent le tableau digestif.
Le traitement est chirurgical ; sinon, on utilise les dérivés retard de la somatostatine, les sulfamides hypoglycémiants ou l'insulinothérapie.
→ érythème nécrolytique migrateur, glucagonome (syndrome du)
Gordon (signe de) l.m.
Gordon's sign
Équivalent sémiologique du signe de Babinski, mais de valeur bien moindre, caractérisé par l'extension du gros orteil à la pression du triceps sural au-dessous du creux poplité en cas de syndrome pyramidal.
A. Gordon, neurologue américain (1904)
Gowers (signe de) l.m.p.
Passage de la position accroupie, agenouillée ou assise à la position debout nécessitant l’appui des mains sur les cuisses et les genoux en cas de faiblesse musculaire des muscles proximaux des membres inférieurs,
Cette manœuvre favorise l’extension passive des genoux et l’ouverture du compas crurojambier et l’extension des hanches. Elle est constatée dans les myopathies où elle est un signe précoce.
W. Gowers, Sir, neurologue britannique (1895)
grandes fibres (neuropathie à) l.f.
large fiber neuropathy
Neuropathie par atteinte prédominante des grosses fibres myélinisées.
Elle induit une aréflexie généralisée, des troubles de la statique avec signe de Romberg, une main instable ataxique, des troubles sensitifs proprioceptifs et fréquemment un tremblement des extrémités. Les neuropathies axonales sont exceptionnelles, alors que les neuropathies démyélinisantes sont plus fréquentes, p. ex. : les neuropathies à IgM, les polyradiculonévrites chroniques inflammatoires idiopathiques. Il peut aussi s'agir de gangliopathies, telles que les neuropathies paranéoplasiques de Denny-Brown et certaines neuropathies toxiques.
granulome chalazodermique l.m.
granulomatous slack skin
Affection rare, surtout masculine, se présentant comme une infiltration érythémateuse des grands plis, suivie d'un relâchement cutané progressif avec, histologiquement, un infiltrat lympho-histiocytaire et granulomateux dermo-hypodermique associé à une élastolyse et à une lymphophagocytose.
Les études en biologie moléculaire et en immunohistochimie ont démontré la présence d’un clone T ou d’une maladie de Hodgkin, permettant donc de penser que cette maladie n’est qu’un signe particulier d’une prolifération lymphoïde maligne.
Étym. gr. khalasis : relâchement ; derma : peau
Syn. dermatochalazie granulomateuse, dermo-hypodermie atrophique granulomateuse, lymphome chalazodermique
grosse côte (signe de la) l.m.
big rib sign
Fait que, sur un cliché thoracique de profil, les arcs costaux postérieurs les plus éloignés du film sont plus gros et plus flous que ceux du côté opposé.
Ce signe s'explique par l'agrandissement géométrique des images. Sur un cliché de profil gauche, la grosse côte droite permet de distinguer les deux gouttières costovertébrales et donc les deux coupoles.
grossesse abdominale l.f.
abdominal pregnancy
Rare grossesse extra-utérine avec implantation de l'œuf dans la grande cavité abdominale.
Elle peut être primitive lorsque la fécondation a eu lieu au cours de la migration intra-abdominale de l'ovule, ou secondaire à une rupture utérine après une ancienne césarienne corporéale, ou sur un utérus malformé, ou à une grossesse tubaire par rupture de la trompe, ou après migration de l'œuf fécondé dans la cavité abdominale.
La symptomatologie, très différente de la grossesse extra-utérine tubaire, est faite de douleurs pelviennes ou pelvi-abdominales associées à des troubles du transit puis à des métrorragies. Le diagnostic est souvent difficile et l'on s'aidera de l'échographie mais surtout de la radiologie : la radiographie de profil de l'abdomen X montre la projection osseuse du fœtus sur les vertèbres maternelles (signe de Weinberg).
A. Weinberg, gynécologue obstétricien américain (1956)
habituation n.f.
Phénomène de diminution progressive ou de disparition d'une réponse à la suite de la répétition d'un même stimulus
Il s’agit d’un phénomène physiologique des réflexes polygraphiques. L'extinction ou apprentissage négatif, qui concerne les réponses introduites par un expérimentateur (conditionnement), diffère de l'habituation, qui porte sur les réponses à des stimulus dont la signification préexiste à l'expérimentation (clignement palpébral à la menace, réaction EEG d'arrêt à un bruit, p. ex.).
La perte de l’habituation est un signe électrophysiologique recherché dans la pathologie extrapyramidale.
R. Dodge, psychologue américain (1923)
Étym. lat. habitus : manière d’être, de habituare : accoutumer
[H1]
Édit. 2015
hallucination olfactive l.f.
olfactory hallucination
Perception d’odeurs en l’absence de tout stimulus olfactif.
Elle survient sur un mode paroxystique et signe l’atteinte centrale.
Étym. lat. hallucinare : se tromper
→ parosmie
[H3]
Édit. 2015
Halmagyi (signe de) l.m.
Halmagyi’s sign
Signe clinique de déficit unilatéral du canal semi-circulaire horizontal.
G. Halmagyi, neurologue australien (1988)
[P1]
Édit. 2015
halo (signe du) l.m.
halo sign
1) En scanographie pulmonaire, aspect en "verre dépoli" entourant une opacité ronde.
Sans être pathognomonique, une telle image est évocatrice d'une aspergillose invasive.
2) Au cours de la grossesse, hyperclarté ou anneau clair siégeant autour de la tête fœtale qui apparaît sur des radiographies puis sur des échographies.
Il traduit un épaississement ou un œdème du cuir chevelu, signe fréquent d’anasarque qui peut se rencontrer également en cas de mort du fœtus in utero.
[B2,K1,O3]
Édit. 2015