Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

54 résultats 

ventilation par bouche à bouche l.f.

mouth to mouth ventilation

Procédé de ventilation artificielle le plus simple, toujours appliquable en urgence: le sauveteur insuffle directement son air expiré dans la bouche de la victime.
C'est la seule méthode utilisable par un sauveteur en mer. Pour être efficace le sauveteur doit pincer les narines de la victime afin que l'air insufflé ne ressorte pas par le nez. Chez le jeune enfant la bouche du sauveteur peut recouvrir le nez et la bouche. Une position défléchie de la tête en arrière est très importante pour maintenir la glotte ouverte, sinon l'air insufflé va dans l'estomac.
Comme l'air insufflé est plus riche en oxygène au début de l'insufflation (il provient de l'espace mort), il y a avantage à utiliser une fréquence rapide (20 à 25 /min). Des canules spéciales (formées par deux canules de Guedel juxtaposées, une dans la bouche du sauveteur, l'autre dans celle de la victime) permettent d'augmenter l'espace mort et d'éviter les risques de contamination du sauveteur lors d'un bouche-à-bouche direct.

A.E. Guedel, anesthésiologiste américain (1883-1956)

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

Guedel (canule de)

diagramme ventilation x fréquence l.m.

ventilation x frequency diagram

ventilation x fréquence (diagramme)

dommages dus à la ventilation mécanique l.m.p.

mechanical ventilation (damages caused by the)

ventilation mécanique (dommages dus à la)

jet ventilation l. angl.f.

Ventilation artificielle par jets pulsés, injectés directement dans la trachée avec une fréquence généralement élevée.
L'appareil, un tronçonneur de débit, fonctionne en principe à une fréquence ventilatoire de 80 à 150 par minute (HFJV : high frequency jet ventilation), c'est-à-dire au voisinage de la fréquence propre de la ventilation chez l'adulte, ce qui limite les barotraumatismes, laisse les poumons presque immobiles et évite la curarisation. Ce type de ventilation peut aussi se faire manuellement à une fréquence plus basse et, dans ce cas, on se rapproche d'une fréquence ventilatoire normale (mais le thorax n'est pas immobile). Chez l'enfant, compte tenu de la loi de similitude (la fréquence est inversement proportionnelle à la taille), il faut utiliser des fréquences plus élevées. Le mélange respiratoire est injecté par une petite sonde qu'on glisse dans la trachée un peu au-dessus de la carène, des sondes d'intubation spéciale avec un canal pour l'insufflation sont aussi utilisées. Primitivement, Sanders utilisait une aiguille rigide coudée dont il plaçait le bec dans l'axe se la trachée. Il faut installer cette petite sonde à l'intérieur d'une assez grosse sonde d'intubation pour assurer l'expiration sans risque de surpression pulmonaire dangereuse que le rétrécissement glottique risque d'entrainer.

R. D. Sanders, médecin anesthésiste américain (1967)

fréquence propre, similitude biologique, ventilation artificielle, ventilation à haute fréquence par oscillations

méthodes de ventilation artificielle l.f.p.

artificial ventilation (methods of)

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle (méthodes de)

scintigraphie pulmonaire par ventilation l.f.

pulmonary ventilation scintigraphy

Scintigraphie obtenue après inhalation soit d'un gaz radioactif (133xénon ou 81mkrypton), soit d'un aérosol (microgouttelettes ou grains de poussière ultrafins marqués en général au 99m technétium).
La scintigraphie par ventilation est en général couplée à la scintigraphie par perfusion pulmonaire. En effet, la dissociation entre une altération localisée de la perfusion et un aspect normal de la ventilation est très caractéristique d'une embolie pulmonaire.

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

scintigraphie, technétium, aérosol marqué

ventilation n.f.

Partie de la respiration qui concerne qualitativement le renouvellement de l'air dans les poumons et, quantitativement, le débit global d'air assurant ce renouvellement.
1) Chez le sujet normal, les mouvements ventilatoires sont périodiques à une fréquence f. Chaque mouvement déplace un volume courant VT.
Ces mouvements produisent un renouvellement d'air ou ventilation, V' = f. VT, qu'on exprime en général en litres par minute, aux conditions alvéolaires.
La ventilation se mesure à l'aide d'un spiromètre.
En clinique, l'observation en respiration spontanée de l'expansion thoracique, forte ou faible, et de sa fréquence, rapide ou lente, permettent d'apprécier si la ventilation est normale. Une ventilation irrégulière avec des pauses est une oligopnée (ex. rythme de Cheyne-Stokes), une respiration forte, ample et régulière est une polypnée ou une hyperpnée.
2) En hygiène, la ventilation des locaux est un des moyens de lutte contre les infections liées à l’environnement dans lequel séjournent les malades.

L. Gréhant, physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1838-1910) ; J. Cheyne, médecin écossais (1818) et  W. Stokes, médecin irlandais (1854)

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

respiration, oligopnée, Cheyne-Stokes (respiration de), polypnée, hyperpnée, alvéolaires (conditions), hypercapnie, polypnée, oligopnée, spiromètre, ventilation x fréquence (diagramme), volume courant

ventilation alvéolaire l.f.

alveolar ventilation

Débit d’air qui assure le renouvellement de l’air alvéolaire.
Tout l’air d’un volume courant ne va pas jusqu’aux alvéoles, une partie reste dans l’espace mort sans prendre part aux échanges respiratoires. La différence entre le volume courant VT et le volume mort VD, représente le volume d’air VA, qui assure le renouvellement effectif de l’air alvéolaire : VT=VA+VD.
En terme de ventilation, la ventilation globale est la somme de la ventilation alvéolaire VA+f. VA et de la ventilation de l’espace mort, f.VD, soit V’=V’A+f.VD.
On calcule la ventilation alvéolaire à partir du rejet de l’anhydride carbonique, V’CO2  et de sa pression partielle dans le sang artériel, PaCO2, en utilisant l’hypothèse d’Enghoff (la pression partielle du CO2 dans les alvéoles est égale à celle dans les artères) et la formule de Rossier (la concentration alvéolaire du CO2 est égale au quotient du rejet de CO2 par la ventilation alvéolaire) soit avec B, la pression barométrique et en exprimant les débits V’A et V’CO2 aux conditions alvéolaires :
V’A=B. V’CO2 /PaCO2.
Si les centres respiratoires ne sont pas déprimés par un médicament ou un toxique, la ventilation alvéolaire est maintenue stable par les centres respiratoires bulbaires qui stabilisent la PaCO2.

P. H. Rossier, médecin interniste suisse  (1954) ; L. Gréhant, physiologiste françai, membre de l’Académie de médecine s (1838-1910)

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

Symb. V’A

gaz alvéolaire, espace mort, respiratoire (centre), ventilation x fréquence (diagramme), Enghoff (hypothèse d'), formule de Rossier

ventilation artificielle l.f.

artificial ventilation

Ventilation mise en œuvre lorsqu'un patient ne respire plus ou que sa ventilation est insuffisante.
On utilise en premier secours des ressuscitateurs, appareils manuels ou pneumatiques simples.
Au cours du transport à l'hôpital ou en clinique on utilise des ventilateurs à alimentation électrique ou pneumatique.

ventilation artificielle : abréviations usuelles
Françaisanglais
VCVentilation Contrôlée Controlled VentilationCV 
VACVentilation Assistée-ContrôléeAssisted Controlled VentilationACV 
VCI Ventilation Contrôlée IntermittenteIntermittent Mandatory VentilationIMV 
VACIVentilation Assistée- Contrôlée IntermittenteSynchronized Intermittent Mandatory VentilationSIMV 
VPCVentilation en Pression ContrôléePressure-Controlled VentilationPCV 
 Ventilation en Pression ContrôléePressure-Controlled Inverse RatioPCIRV 
 avec rapport I/E supérieur à 1Ventilation  
AIventilation avec Aide InspiratoirePressure Support VentilationPSV 
VSVentilation SpontanéeSpontaneous VentilationSV 
VS-PEP Ventilation Spontanée avec Pression Expiratoire PositiveContinuous Positive Airway PressureCPAP 
PEPPression Expiratoire PositivePositive End Expiratory PressurePEEP 
 ventilation à haute fréquence par jetHigh-Frequency Jet VentilationHFJV 
 ventilation à haute fréquence par oscillationsHigh-Frequency OscillationHFO 
 ventilation à haute fréquence en pression positiveHigh-Frequency Positive Pressure VentilationHFPPV 
 ventilation à deux niveaux de pression expiratoire positiveBIphasic Positive Pressure ventilationBIPAP 
 ventilation avec soupape de sécurité en pressionAirway Pressure Release VentilationAPRV 

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ressucitateur, respirateur, ventilation artificielle (méthodes de), ventilation artificielle (réglage de la), ventilation artificielle : abréviations usuelles, ventilation assistée, ventilation assistée contrôlée intermittente, ventilation avec pression positive expiratoire, ventilation contrôlée, ventilation contrôlée intermittente, ventilation en pression assistée

ventilation artificielle à haute fréquence par oscillations l.f.

high frequency oscillation ventilation

Ventilation comprise entre 300 et 3 000 mouvements par minute.
On distigue, très arbitrairement, la ventilation mécanique en pression positive, à fréquence élevée (60 à 100 mvt/min), la jet ventilation (100 à 200 mvt/min) et la ventilation par oscillation (300 à 3 000 mvt/min). Ce dernier mode de ventilation est surtout utilisé chez le jeune enfant.
En fait toutes les ventilations, naturelles ou artificielles,  se font par oscillations et celles à haute fréquence utilisent des artifices pour réduire l'espace mort afin de permettre des volumes courants très réduits (ventilation en pression positive : 3 à 5 mL/kg) ; jet ventilation (2 à 5 mL/kg) ; ventilation par haute fréquence (1 à 3 mL/kg).

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

jet ventilation, volume courant

ventilation artificielle (méthodes de) l.f.p.

artificial ventilation (methods of)

Ventilation mise en œuvre lorsqu'un patient ne respire plus ou si sa ventilation est insuffisante.
Il est possible de faire face à la situation par diverses méthodes de ventilation artificielle que l'on peut classer schématiquement en méthodes externes ou internes (par insufflation).
En premier secours on n'utilise plus d'appareils mécaniques à action externe : on emploie en général des ressuscitateurs (appareils autonomes simples, manuels ou pneumatiques).
En clinique (à l'hôpital, à domicile ou en cours de transport), on utilise des respirateurs (ventilateurs) à alimentation électrique ou pneumatique.
Le tableau ci-dessous résume les diverses méthodes de ventilation artificielle classiques qui ont été proposées. Une * marque celles qui ont des indications spéciales, ** marquent  celles qui sont peu efficaces ou ont des indications très restreintes et *** celles qui sont pratiquement abandonnées. Actuellement,  les respirateurs simples so
nt de plus en plus remplacés par des appareils polyvalents qui, grâce au déclencheur et à des programmateurs, permettent d'assurer de nombreux modes de ventilation.

ventilation artificielle (méthodes de)
méthodes externes
manuelles victime couchée sur le dos*** victime couchée sur le ventre***SilvesterNielsen
par balancement brancard basculant**Eve
 lit basculant* 
par compression abdominale ceinture pneumatique*** 
par compression thoraciqueappareil de Cot*** 
par dépression sur le thoraxcuirasse thoracique*** 
par dépression sur le thorax et l'abdomencuirasse thoracoabdominale** 
par dépression sur tout le corps (sauf la tête) poumon d'acier* 
méthodes électriques par excitation des nerfs phréniques** 
méthodes internes (par insufflation) 
- en premiers secours : méthodes orales : bouche à bouche, bouche à nez 
ressuscitateurs manuels : ballons autogonflables ou soufflets pneumatiques 
ressuscitateurs pneumatiques : découpeurs de flux 
 semiautomatiques 
 à fréquence fixe 
 relaxateurs de pression* , relaxateurs de volume** 
 mécaniques à alimentation électrique** 
- en cours de transport : *  
ressuscitateurs (en secours) manuels : ballons autogonflables ou soufflets 
respirateurs pneumatiques : découpeurs de flux 
  relaxateurs de pression** 
  relaxateurs de volume** 
- en clinique ressuscitateurs mécaniques à alimentation électrique*respirateurs mécaniques à alimentation électrique ou pneumatiquerespirateurs à haute fréquence*  
ressuscitateurs (en secours) manuels : ballons autogonflables ou soufflets 
respirateurs pneumatiques : découpeurs de flux 
  relaxateurs de pression** 
  relaxateurs de volume** 
- en clinique ressuscitateurs mécaniques à alimentation électrique*respirateurs mécaniques à alimentation électrique ou pneumatiquerespirateurs à haute fréquence*  

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, ressucitateur, respirateur, ventilation artificielle (dommages causés par la), ventilation artificielle : abréviations usuelles

ventilation artificielle (réglage de la) l.m.

artificial breathing adjustement

Réglage qui doit être fait sur les volumes (volume courant, ventilation) et sur la pression de fin d'insufflation.
La ventilation artificielle doit être quantitativement réglée pour assurer des échanges respiratoires adaptés à l'équilibre du milieu intérieur et qualitativement administrée en tenant compte de la fragilité des poumons.
Réglage quantitatif : la ventilation (V', en litres par minute) du respirateur doit assurer la demande ventilatoire. Si les centres respiratoires fonctionnent normalement on peut s'assurer que cette demande est satisfaite par une épreuve d'apnée. Si les centres respiratoires sont déprimés soit par la maladie, soit sous l'effet de médicaments il faut se substituer au mécanisme naturel en ajustant au mieux l'équilibre des gaz du sang compte tenu de la pathologie (l'équilibre sur les valeurs normales ne convient pas dans beaucoup de situations).
Réglage qualitatif : les trop grands volumes courants insufflés peuvent être source de barotraumatismes. Le réglage doit toujours être fait sur un volume courant, VT, n'exigeant pas une pression trop élevée.
En ventilation contrôlée, on calcule la fréquence, du réglage du volume courant (en tenant compte du volume mort) et de celui de la ventilation :

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle,barotraumatisme, débranchement (épreuve de), volume mort, ventilation, ventilation (dommages causés par la), ventilation x fréquence (diagramme), volotraumatisme

ventilation assistée l.f.

assisted ventilation

Mode de ventilation artificielle consistant à laisser le patient respirer spontanément, en se contentant de compléter l'inspiration de manière à apporter l'appoint de ventilation jugé nécessaire.
En anesthésie ce mode de ventilation se fait très simplement en appuyant à la main sur le ballon pour accompagner le mouvement inspiratoire. En réanimation les respirateurs mécaniques munis d'un déclencheur détectent le mouvement inspiratoire du patient et insufflent une quantité d'air supplémentaire qui peut être prédéterminée. Les relaxateurs de pression fonctionnent naturellement sur ce mode de ventilation mais ils ne contrôlent pas le volume insufflé.
La ventilation assistée est le bon mode de ventilation artificielle avant le sevrage du respirateur car il oblige le centre respiratoire à fonctionner à chaque cycle respiratoire.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, trigger

ventilation assistée contrôlée intermittente l.f.

synchronized intermittent mandatory ventilation

Ventilation contrôlée dans laquelle les cycles respiratoires ne sont déclenchés qu'en présence d'une caractéristique spécifique de la respiration spontanée du malade, si, p. ex. le débit expiratoire tombe au-dessous d'une limite donnée.
Ce mode de ventilation est particulièrement intéressant pour faciliter le sevrage.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, sevrage, ventilation contrôlée, ventilation assistée

ventilation avec pression positive expiratoire l.f.

ventilation with positive expiratory pressure

Condition de ventilation dans laquelle la pression des voies aériennes d'un patient respirant spontanément ou non est plus positive pendant la phase expiratoire que pendant la phase inspiratoire.
La ventilation avec pression positive expiratoire se fait en maintenant une pression permanente dans le dispositif ventilatoire plutôt que par une simple résistance ou une soupape tarée à l'expiration.
Ce mode de ventilation est le contraire de la ventilation assistée qui laisse la pression expiratoire retourner à la pression ambiante. Il est intéressant en respiration spontanée avec un masque nasal, notamment pour le traitement des bronchopathies et des apnées du sommeil. Il peut aussi se faire par règlage d'un ventilateur mécanique notamment pour combattre un œdème pulmonaire. Il a l'inconvénient d'augmenter la pression veineuse et par là la pression intracérébrale.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, ventilation assistée, ventilation en pression assistée, CPAP

ventilation contrôlée l.f.

controlled ventilation, mandatory ventilation

Mode de ventilation artificielle consistant à prendre entièrement en main la ventilation, les centres respiratoires étant mis au repos (ils sont «en apnée»).
Ce mode qui impose de régler la grandeur de la ventilation suppose qu'on satisfasse à la demande ventilatoire du patient. Si cette demande n'est pas satisfaite (ventilation insuffisante) les centres respiratoires réagissent et déclenchent des mouvements inspiratoires incoordonnés avec les insufflations : il y a «lutte» contre le respirateur.
Les respirateurs modernes perfectionnés comportent des programmes permettant à l'appareil de s'adapter automatiquement à la demande ventilatoire.
Ce mode de ventilation s'impose quand les centres respiratoires sont déprimés (notamment au cours de l'anesthésie générale ou chez les patients comateux), mais il a l'inconvénient d'installer une certaine hyperventilation génératrice d'hypocapnie et d'alcalose. Les centres respiratoires moins sollicités ont alors beaucoup de difficulté à reprendre un fonctionnement normal lors du sevrage.
Avant d'arrêter une ventilation contrôlée il faut toujours passer en ventilation assistée ou du moins en ventilation contrôlée intermittente ou encore en ventilation imposée variable : on assure ainsi le sevrage dans de meilleures conditions qu'en faisant des essais de débranchement du ventilateur pendant un certain temps sous prétexte «d'entraîner le patient à respirer seul». Il y a là un risque non négligeable d'accident par oligopnée entraînant une hypoxie : le débranchement intempestif du respirateur peut entraîner un arrêt cardiaque.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, demande ventilatoire, ventilation assistée, ventilation assistée contrôlée intermittente, ventilation imposée variable

ventilation contrôlée intermittente l.f.

intermittent mandatory ventilation (IMV)

Combinaison de la respiration spontanée et de cycles respiratoires périodiquement engendrés par un respirateur.
Ce mode de ventilation est intéressant pour préparer le sevrage du respirateur en diminuant progressivement le réglage de la ventilation.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, ventilation contrôlée

ventilation en pression assistée l.f.

pressure assistance

Technique à utiliser lorsqu'un malade respire spontanément, afin que la pression des voies aériennes soit toujours positive à une valeur limite réglable jusqu'à la fin de la phase expiratoire.
Cette technique est utilisée notamment pour le traitement de certains insuffisants respiratoires à domicile avec l'emploi d'un masque nasal.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, masque nasal

ventilation x fréquence (diagramme) l.m.

ventilation x frequency diagram

Diagramme utilisé en physiopathologie respiratoire pour préciser le sens du vocabulaire.
Une bonne définition des termes est utile pour guider l'observation clinique et permettre la conduite d'un traitement efficace avant d'avoir reçu les résultats du dosage des gaz du sang. Le diagramme ci-dessous montre que la vie ne peut être maintenue si la ventilation globale n'est pas supérieure à celle de l'espace mort (sauf oxygénation sous apnée ou jet ventilation) : si l'on n'entreprend pas tout de suite la ventilation artificielle, c'est l'asphyxie.
L'hyperpnée qui entraîne une hypocapnie et donc une alcalose gazeuse, témoigne souvent d'une compensation d'une acidose fixe (acidose lactique, diabète, intoxication) qu'il faut identifier et traiter. Contrairement à ce qui est dit dans la plupart des dictionnaires, «une petite respiration rapide et superficielle» n'est ni une polypnée, ni une hyperpnée. C'est une tachypnée avec oligopnée et donc avec une hypoxie et hypercapnie.
 
Diagramme ventilation x fréquence chez un sujet normal au repos.
Zone pointillée : situation zone impossible à atteindre par la mécanique ventilatoire (supérieure à la ventilation maximale).
Zone hachurée : le sujet ne ventile que l'espace mort, c'est l'asphyxie.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

espace mort, hyperpnée, hypocapnie, alcalose gazeuse, acidose métabolique, oligopnée hypoxie, hypercapnie

ventilation imposée variable l.f.

mandatory minute volume (MMV)

Ventilation préétablie dont le complément par rapport à la respiration spontanée est fourni par le ventilateur si besoin est.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, ventilation assistée

ventilation manuelle l.m.

manual ressuscitation

Ventilation artificielle effectuée avec un petit ressuscitateur mu à la main.
Différents dispositifs sont utilisés : ballon d'anesthésie, ballon autogonflable, soufflet à main, etc.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, ressuscitateur, système anesthésique, Waters (va-et-vient de)

ventilation maximale l.f.

maximum breathing capacity

Valeur maximale de la ventilation à une fréquence donnée obtenue par une excitation intense, volontaire ou toxique, des centres respiratoires.
Chez le sujet sain, la mécanique ventilatoire fonctionne comme un oscillateur à l'amortissement critique. Dans ces conditions, l'énergie musculaire maximale ayant la même limite constante pour chaque mouvement ventilatoire, le volume courant suit une loi exponentielle (à une approximation du deuxième ordre près), ce qui se vérifie bien expérimentalement : le volume courant maximal, Vmax, à la fréquence f est Vmax = Cv e- f/fo,
avec Cv la capacité vitale et fo la fréquence propre de la mécanique ventilatoire (environ 1,5 Hz = 90/min chez le sujet adulte normal). Elle a sa plus forte valeur pour la fréquence propre. Il en va autrement chez les malades atteints d'un syndrome obstructif (emphysème, etc.) parce que la résistance de la mécanique ventilatoire est plus grande à l'expiration. Cette augmentation des résistances expiratoires se voit par le signe du créneau, lors de l'exécution de l'épreuve de la ventilation maximale : le patient n'arrive plus à expirer normalement.
L'épreuve de ventilation maximale, très utilisée en Allemagne (Knipping) depuis plus de 60 ans, est pénible et difficile à faire exécuter correctement par les patients, mais elle correspond à une valeur essentielle pour l'évaluation de l'insuffisance ventilatoire. C'est pourquoi elle est remplacée par l'épreuve d'expiration forcée d'où l'on tire une valeur approchée dite «ventilation maximale indirecte».

L. Brauer, médecin allemand (1865-1951)

Étym. traduction de l'allemand Atemgrenzwert, «limite de la ventilation» (Brauer, 1932)

emphysème, insuffisance ventilatoire, VEMS, ventilation maximale indirecte, signe du créneau

ventilation maximale indirecte l.f.

indirect maximal breathing capacity

Calcul d'une valeur proche de celle de la ventilation maximale à partir de l'épreuve d'expiration forcée par la formule de Tiffeneau : 30 VEMS = V'max.
Cette relation donne une valeur approchée, dite «indirecte», de la ventilation maximale à la fréquence 30/min). Cette valeur est facile à obtenir par l'épreuve d'expiration forcée lorsqu'elle est exécutée correctement.

R. Tiffeneau, pharmacologue et physiologiste français (1910-1961)

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

VEMS, Tiffeneau (épreuve de), ventilation maximale, VEMS

ventilation mécanique en pression positive l.f.

mechanical ventilation in positive pressure

ventilation à haute fréquence par oscillations

ventilation mécanique (dommages dus à la) l.m.p.

mechanical ventilation (damages caused by the)

Dommages qui résultent des grands volumes courants et des fortes pressions d'insufflation en ventilation artificielle assurée par un respirateur.
Le système poumon-cage thoracique du patient subit les oscillations forcées que lui impose le respirateur quelle que soit sa fréquence. Il y a donc lieu de considérer l'énergie fournie par le respirateur et dissipée dans les poumons, énergie qui dépend de la résistance des voies aériennes, de la compliance pulmonaire et de l'inertie des masses en mouvement (notamment celle de l'air) qui constituent l'impédance ventilatoire. Celle-ci est minimale pour la fréquence propre de la mécanique ventilatoire qui est de l'ordre de 90 mvt./min chez l'adulte normal et plus élevée chez l'enfant : l'énergie dissipée dans les poumons est minimale pour cette fréquence et par conséquent les dommages causés par la ventilation artificielle (barotraumatismes) sont alors minimaux. La respiration artificielle au voisinage de la fréquence propre est donc particulièrement indiquée pour la ventilation des poumons fragiles.
L'énergie dissipée par cycle respiratoire est proportionnelle au produit : volume courant x pression d'insufflation.
Comme la compliance, c, est sensiblement constante pour les petits volumes autour de la position d'équilibre, (V = c. P), l'énergie par cycle est proportionnelle au produit : (pression d'insufflation)2 .c ou à celui équivalent (volume courant)2 / c. Ces formules montrent que la pression génératrice de barotraumatismes est rapidement dangereuse quand la pression ou le volume courant deviennent trop forts.
On peut assimiler l'énergie dissipée dans les poumons à un toxique inhalé dont la concentration serait équivalente à la puissance dissipée (puissance = énergie x fréquence). Cette puissance suit donc la loi de Haber : il y a un seuil au-dessous duquel il n'y a pas de dommage, la respiration physiologique le prouve, au-dessus du seuil les dommages croissent comme le carré du volume insufflé, de plus la pression d'insufflation (proportionnelle au volume insufflé), comprime les vaisseaux pulmonaires et retentit sur le travail du cœur, ainsi les dommages ne sont pas limités aux poumons, ils peuvent intéresser le cœur droit, en réduisant le débit de retour des veines pulmonaires et par là retentir sur tout l'organisme. C'est pourquoi il faut réduire le volume de chaque insufflation et éviter que l'on se place sur la portion inspiratoire non linéaire de la courbe de compliance.
Mais pour que la ventilation soit efficace il faut que le volume courant reste supérieur au volume de l'espace mort, toutefois, à ventilation alvéolaire égale, on réduit quand même de moitié environ le volume courant à la fréquence propre et par conséquent, à impédance constante, l'énergie dommageable peut être réduite au quart. Comme l'impédance est minimale à la fréquence propre, la réduction d'énergie nocive est beaucoup plus faible encore. On peut encore réduire l'impédance en utilisant les mélanges à l'hélium, ce qui élève la fréquence propre par réduction de la densité du mélange gazeux. Enfin l'injection de l'air insufflé par une sonde au voisinage de la carène réduit considérablement l'espace mort et permet donc de réduire le volume courant d'autant. Toutes ces améliorations permettent une ventilation mécanique efficace de poumons très fragiles.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, respirateur, compliance pulmonaire, barotraumatisme, Haber (loi de), espace mort, fréquence propre, impédance, ventilation à haute fréquence par oscillation, ventilation x fréquence (diagramme)

| /3 | page suivante