thérapie comportementale l.f.
comportemental therapy, behavior therapies
Forme de psychothérapie reposant sur les lois de l'apprentissage et dérivée de données et démarches de la psychologie expérimentale.
La découverte des lois de l'apprentissage et du conditionnement a ouvert la voie à des thérapies dites comportementales dès lors qu'elles visent l'obtention d'un déconditionnement : l'objectif n'est pas de rechercher une cause du symptôme ou du trouble (réputé acquis par apprentissage ou conditionnement), mais de s'en défaire plus ou moins rapidement.
En situation clinique, le problème du patient est abordé en termes de comportements inadaptés, appris dans certaines circonstances puis maintenus par les contingences de l'environnement. Un nouvel apprentissage visera à remplacer les premiers par ceux clairement définis, de façon contractuelle, entre patient et thérapeute, avec construction d'une stratégie. Les caractéristiques de ces thérapies sont très précises : l'accent est mis sur les causes actuelles du problème plus que sur les causes historiques ou inconscientes ; le changement durable du comportement est considéré comme un critère majeur de réussite ; décrites objectivement, les procédures de traitement sont donc reproductibles par d'autres thérapeutes pour des patients ayant des difficultés similaires.
Le façonnement (en référence à un modèle), le renforcement (association d'un comportement souhaité à l'obtention d'une récompense) ou au contraire l'aversion (association d'un comportement non souhaité à un stimulus désagréable), l'exposition (par exemple si le sujet a peur de la piscine, ce sera un accompagnement en établissant au cours de plusieurs séances des étapes successives pour l'y faire entrer) sont les moyens classiques de ce type de traitement.
L'ignorance des composantes cognitives et émotionnelles a suscité de vives critiques à l'encontre de ces thérapies parfois assimilées à une forme de dressage transféré de l'animal (chez qui le conditionnement a particulièrement été étudié) à l'homme. C'est ainsi que les thérapies comportementales ont évolué vers une prise en compte de la pensée, des émotions, de l'activité cérébrale, donnant naissance, à partir des années 1970, aux thérapies cognitivo-comportementales.
apprentissage (théories de l') l.f.p.
learning theories
Processus par lequel un individu va acquérir une réponse ou un ensemble de réponses qu'il ne possédait pas dans son répertoire. Ces réponses "apprises" sont de types variés : comportementales, cognitives, émotionnelles, physiologiques.
Les nombreuses théories de l'apprentissage vont de modèles unidirectionnels (privilégiant les variables de l'environnement) aux modèles bidirectionnels (intégrant les variables cognitives et d'autorégulation entre l'individu et son environnement).
Principalement élaborées à partir de modèles animaux, les plus anciennes reposent sur les divers modèles de conditionnement (classique et opérant). Construites sur les bases de la psychologie expérimentale, les plus récentes sont constituées essentiellement de l'apprentissage social et de la psychologie cognitive.
L'ensemble de ces théories sert de base conceptuelle aux thérapies comportementales et cognitivo-comportementales, dont l'efficacité dans de nombreux troubles mentaux est un autre argument de poids en faveur de leur pertinence.
biothérapie n.f.
biothérapy
Ensemble des moyens thérapeutiques regroupant les thérapies géniques ou génothérapies, les thérapies cellulaires ou cytothérapies, les thérapies tissulaires.
Enfin, pour l’immunothérapie appliquée, certaines thérapeutiques innovantes, dont les médicaments biologiques, ont vu transformer en particulier dans les maladies rhumatologiques l’avenir, la qualité de vie des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, de spondylarthrite ankylosante, d’arthrite chronique juvénile, de rhumatisme psoriasique. Le concept de biothérapie s’est considérablement élargi au-delà de l’appareil locomoteur, vers l’hématologie, la cancérologie, la neurologie …
Syn. biomédicament
Édit. 2017
crise épileptique gélastique l.f.
gelastic epileptic fit, seizure, ictal laughter
Crise épileptique comportant comme seul signe, ou signe principal, un éclat de rire singulier, immotivé.
Elle est en rapport avec une décharge de la région centrale (rire forcé, indépendant du contexte émotionnel), ou des régions temporales internes et cingulaires (rire accompagné d'autres manifestations comportementales traduisant la joie). Elle fait évoquer une lésion du plancher du troisième ventricule ou des ventricules latéraux. Elle peut être liée à un hamartome hypothalamique associant, chez l'enfant, une puberté précoce, une altération progressive des fonctions cognitives et comportementales, ainsi que d'autres types de crises épileptiques.
[H1]
aspects psychologiques des cancers l.f.
Problèmes psychologiques liés au cancer, tant en ce qui concerne son origine que ses conséquences
L'hypothèse d’un trouble psychique (dépression, stress) favorisant l'apparition d'un cancer, notamment par affaiblissement immunitaire, reste controversée. Une relation avec des traits alexithymiques a été également discutée.
Le diagnostic de cancer porté peut avoir des répercussions psychologiques. De ce bouleversement existentiel, dominent initialement les sidérations émotionnelles, puis les états dépressifs, surtout en cas de douleurs mal contrôlées, de handicaps fonctionnels, d'atteinte de l'état général, et aux stades terminaux. Divers troubles à type d'irritabilité, de déni de la maladie, d'anxiété souvent majeure, etc., s'y associent le plus souvent. Le repli et le retrait des adolescents dans la rêverie les font paraître plus "à risque" que les adultes, qui semblent réagir davantage par une recherche de l'information et par une attitude d'affrontement et d'action.
Les familles, notamment les parents d'enfants atteints, sont souvent touchées au plan psychique. Sera également cité l'effet pathogène des investigations ayant pour objectif le pronostic du cancer.
Une prise en charge globale, répondant à la personnalité du patient, notamment une information individualisée, progressive et cohérente, une utilisation mieux adaptée des soins palliatifs, au besoin des thérapies de groupe, comportementales et/ou l'appel à des psychotropes, principalement antidépresseurs, ont un effet bénéfique sur l'ajustement émotionnel du malade et même sur son évolution. La psycho-oncologie, discipline clinique qui lie oncologues et psychiatres, contribue à ces progrès.
→ cancer
[F2,H4]
comportementalisme n.m.
behaviourism, behaviorism
Théorie psychologique issue des travaux des psychologues expérimentalistes.
Le manifeste comportementaliste (J.B. Watson) du début du siècle affirmait que pour être scientifique, la psychologie ne pouvait s'intéresser qu'à des éléments observables et quantifiables (donc refuser le "mentalisme") et, en conséquence, faire des comportements son seul centre d'intérêt. Ce "béhaviorisme radical" a permis la mise en évidence de certaines lois d'apprentissage des comportements humains, tout particulièrement des principes du conditionnement, qu'il soit répondant (I.P. Pavlov) ou opérant (B.F. Skinner). Après cette position très réductionniste, d'autres processus d'acquisition des comportements comme l'apprentissage social (A. Bandura), mettant en évidence le rôle important de facteurs liés à l'individu et à son environnement, ont été étudiés. L'intégration des variables cognitives a beaucoup élargi son champ d'intérêt, au-delà des comportements moteurs.
Ce courant très diversifié, donnant lieu à de nombreuses stratégies d'intervention (les thérapies comportementales), se caractérise par la démarche scientifique classique, hypothético-déductive, qu'il préconise dans l'abord du fonctionnement psychologique humain : démarche aux applications nombreuses en psychiatrie.
I. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; B. F. Skinner, psychologue américain (1904-1990) ; J. B. Watson, psychologue américain (1878-1958) ; A. Bandura, psychologue américain (1969)
[H4]
exposition (thérapie par) l.f.
exposure therapy
Thérapie comportementale qui assure la confrontation structurée, répétée et progressive du sujet à des stimulus déclenchant habituellement des réponses comportementales ou émotionnelles inadaptées.
Ces méthodes reposent sur la constatation expérimentale, par exposition régulière au stimulus anxiogène, d'une diminution progressive de ces réponses, liée à un phénomène autant physiologique que psychologique d'habituation. Ces traitements de choix de la plupart des troubles anxieux (phobiques, obsessionnels et compulsifs, paniques), agissent :
- soit par la nature du stimulus utilisé (stimulus externes représentés par des situations ou des objets dans le cas de troubles phobiques, stimulus internes représentés par des signes physiques dans le cas de paniques) ;
- soit par le type d'exposition (in vivo ou en imagination selon qu'il s'est agi d'une confrontation à un stimulus réel ou imaginé) ;
- soit par la manière dont est conduite la confrontation (exposition graduée à des stimulus d'intensité croissante, ou "immersion", dans le cas d'une présentation d'emblée de stimulus assez anxiogènes).
La multiplicité des combinaisons de confrontation au stimulus explique la grande diversité des thérapies d'exposition.
[H3]
Édit. 2018
flooding n. angl.
La méthode dite de flooding est l’une des trois méthodes de thérapies comportementales et congitives de Guthrie avec la méthode de tolérance et celle de contre-conditionnement ou inhibition réciproque.
La méthode de flooding consiste à présenter au sujet le stimulus déclenchant la réponse émotionnelle jusqu'à épuisement de la réponse. C’est ainsi que l’on fait écouter au même sujet des enregistrements d'avions pendant une ou deux heures, jusqu'à ce que son anxiété disparaisse, ainsi, généralement, la fatigue remplace la peur.
E. R. Guthrie, philosophe et psychologue américain (1886-1959)
[H3,H4]
Édit. 2018
jeu pathologique l.m.
pathological gambling
Besoin urgent et répété de jouer de l'argent, dominant l'existence, et qui se réalise en dépit de la conscience du sujet et de ses efforts, souvent de sa souffrance, au risque de transgression de valeurs et de devoirs socioprofessionnels, matériels, familiaux, voire légaux, de sorte que le rétablissement de la situation financière n'est envisagé essentiellement que par le jeu.
Fréquente, surtout masculine, cette "addiction sans drogue" est souvent rapprochée des toxicomanies, celles-ci en tant qu'instrument d'aléa, de jeu avec la vie et la mort, associé à la recherche de plaisir, d'anesthésie et d'oubli. Un rôle contra-dépressif est souvent relevé.
Comme ces dernières, et en dehors de troubles mentaux préexistants ou consécutifs possibles, on doit se demander si ces conduites complexes et encore insuffisamment cernées relèvent exclusivement, sinon principalement, de la psychiatrie. En tout cas, ce sont surtout les thérapies cognitivo-comportementales, plutôt pratiquées en groupe, qui sont retenues actuellement. Davantage que l'abstinence totale, l'objectif d'un "jeu contrôlé" est admis par beaucoup.
Syn. jeu compulsif (bien qu'il ne s'agisse pas d'un comportement compulsif proprement dit)
modeling (thérapie par) l.f.
modeling therapy
Technique utilisée en thérapie comportementale, visant à modifier le comportement d'un sujet par le biais de la mise en sa présence d'un modèle plus compétent (A. Bandura).
La dimension de l'identification au modèle détermine en grande partie l'efficacité de cet apprentissage vicariant par imitation. Le modèle est ainsi largement imité quand il existe une similarité de sexe et d'âge avec le sujet, et lorsque sa compétence n'est pas trop éloignée, permettant au sujet de se reconnaître davantage en lui.
Le "modeling" de participation est employé dans des indications variées, pour modifier les comportements inadaptés du sujet (évitements des troubles phobiques, rituels des obsessionnels-compulsifs, comportements passifs et agressifs). Rarement utilisées seules, ces thérapies nécessitent la plupart du temps l'association à d'autres stratégies comportementales.
A. Bandura, psychologue américain (1969)
névrose obsessionnelle l.f.
obsessional neurosis
Se dit de la plus fixe, la plus structurée et aussi la plus rare des névroses, forme majeure de l'ancienne psychasthénie de P. Janet.
Elle répond, sur le plan dynamique, à des moyens de défense successifs : déplacement de l'accent affectif, isolation, annulation rétroactive. Il y a régression à un stade "sadique-anal", et la problématique de l'agressivité mortifère en est l'élément central. Malgré l'absence de modèle parfait, les comportementalistes retiennent le rôle de l'apprentissage, de l'habituation, du pseudoconditionnement et d'un état d'activation pathologique. Jusqu'à présent, les données de l'imagerie médicale ne sont pas concordantes.
Des symptômes obsessionnels de l'enfance sont habituels, transitoires et sans signification pathologique. Plus fréquente chez l'homme, la névrose s'installe au début de l'âge adulte. La clinique est dominée par des idées obsédantes avec activité compulsionnelle parfois ritualisée, jointes au doute et à la rumination mentale, dont le patient mesure l'absurdité, voire l'inutilité. Une personnalité de base anancastique ou obsessionnelle-compulsive, voire psychasthénique, est fréquente. Le pronostic est très réservé, avec un retentissement social souvent important, sans ouverture vers l'extérieur.
Les anxiolytiques peuvent calmer la tension anxieuse. Les antidépresseurs, Par ex. les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine, semblent efficaces, notamment sur les rituels conjuratoires. Parmi les psychothérapies, les thérapies comportementales paraissent les mieux adaptées.
persécution (délire de) l.m.
delusion of persecution
Délire chronique initialement dégagé des monomanies comme une entité, sur la base de son contenu de persécution, par Ch. Lasègue notamment (I852).
L'évolution du concept aboutira, après plusieurs aménagements successifs, à la description du "délire d'interprétation essentiel", donc sur la base d'un mécanisme d'élaboration, par P. Sérieux et J. Capgras. Les perspectives ultérieures s'attacheront surtout à classer les délires chroniques selon leur organisation, leur structure.
Électivement prévalentes dans les délires paranoïaques chroniques depuis E. Kraepelin, les idées de persécution peuvent se rencontrer, le plus souvent associées, dans d'autres groupes pathologiques. Elles comportent une dangerosité qu'il faut prendre au sérieux. Adjointes aux traitements habituels, les thérapies cognitivo-comportementales, appliquées dès que possible, auraient un rôle préventif.
La variété des persécutés persécuteurs peut poser des problèmes médicolégaux délicats.
P. Sérieux et J. Capgras, psychiatres français (1909)
→ délire chronique, interprétation délirante, préjudice (sentiment de).
phobie sociale l.f.
social phobia, social anxiety disorder
Crainte accentuée et persistante d'être exposé à l'observation attentive d'autrui, notamment dans des groupes restreints.
Aussi fréquente chez l'homme que chez la femme contrairement à la plupart des phobies, elle est parfois difficile à distinguer de l'agoraphobie. Le regard, l'opinion de l'autre sont anticipés au moins comme dévalorisants, malgré la critique de tels sentiments par le sujet. Il redoute en particulier de parler, manger en public, soutenir des regards, mais aussi de se mettre à vomir, avoir à uriner, être vu en train de rougir (éreutophobie). Des attaques de panique sont possibles.
Débutant généralement à la puberté ou plus tôt, fréquemment accompagnés d'évitement des situations sociales anxiogènes, ces troubles peuvent aboutir à un isolement presque total et s'associer à des épisodes dépressifs, voire suicidaires. Ils sont très souvent associés à d'autres pathologies psychiatriques.
Le traitement comporte surtout antidépresseurs et thérapies comportementales.
P. Janet, psychiatre et psychologue français (« Phobie des situations sociales 1909»)
Étym. gr. phobos : crainte
Syn. phobie de situation
schizophrénie (prise en soins) l.f.
schizophrenia (treatment)
Thérapeutique complexe, à la fois psychosociologique et pharmacologique, engageant d'emblée l'équipe interdisciplinaire et nécessitant une coordination qui se modifiera à la mesure des poussées évolutives ou des réactions du patient à certains évènements.
Le traitement initial est le plus souvent hospitalier. L'appréciation de sa durée tiendra compte à la fois de son rôle relatif de prévention des rechutes ultérieures (a fortiori du "syndrome de la porte tournante") et, a contrario, de l'"enkystement".
Sans les neuroleptiques, et dès lors que le diagnostic a été bien posé, les rechutes atteignent une forte majorité de malades. Si la tolérance aux psychotropes per os est bonne, on peut passer aux formes à action prolongée, plus fiables et moins contraignantes (une injection intramusculaire toutes les trois ou quatre semaines).
Une relation psychothérapique individuelle, au moins à type de soutien et d'adaptation à la réalité, sera régulièrement poursuivie, souvent associée à des entretiens familiaux non culpabilisants.
La prise en soins institutionnelle comportera un choix, à des degrés divers et de façon adaptée, notamment à la sortie, entre : d’une part, plusieurs approches et techniques (ergothérapie, thérapies corporelles, comportementales, art-thérapie, psychodrame, etc.) ;et d’autre part, un choix entre les formes d'environnement souhaitables et possibles (retour dans la famille sans forcer la main à celle-ci, hôpital de jour, appartement thérapeutique, centre d'aide par le travail).
L'allocation aux adultes handicapés est d'autant plus indispensable qu'une pleine réadaptation professionnelle est rarement réalisable chez ces patients, surtout en période de crise économique. Elle contribue à prévenir certaines "clochardisations".
Une continuité de soins optimale semble réalisée par le maintien de la relation à l'extérieur avec la même équipe hospitalière.
désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires
eye movement desensitization and reprocessing, EMDR
Méthode psychothérapeutique utilisant une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) se pratiquant par mouvements oculaires qui
s’adresse à toute personne (du bébé à l’adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques.
C’est un moyen très simple de stimuler un mécanisme neuropsychologique complexe présent en chacun de nous, qui permet de retraiter des
vécus traumatiques non digérés à l’origine de divers symptômes, parfois très invalidants. Il peut s’agir de traumatismes tels les violences
physiques et psychologiques, les abus sexuels, les accidents graves, décès, les maladies graves, les incendies, les catastrophes naturelles,
les situations de guerre et attentats. Il peut s’agir aussi d’événements de vie difficiles qui peuvent être la source d’émotions ou de
comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne (enfance perturbée, séparations, interruption de grossesse, deuils,
difficultés professionnelles, etc.)
Méthode psychothérapeutique tout particulièrement efficace, cette thérapie est la seule avec les thérapies comportementales et cognitives
dont l’usage est officiellement recommandé pour le traitement de l’état de stress post-traumatique par la Haute Autorité de Santé.
Francine Shapiro, psychologue américaine (1989)
Réf. www.emdr-france.org
[H4, G5]
Édit. 2021
létalité synthétique l.f.
synthetic lethality
La létalité synthétique est la mort cellulaire obtenue par la synergie d’action de deux évènements non létaux par eux-mêmes et liée à la combinaison concomitante de deux mutations de gènes différents.
Le mécanisme provient de l’accumulation de cassures d’ADN non réparées. Ces ADN défectueux conduisent à la mort cellulaire.
L’exemple de la létalité synthétique est particulièrement démonstratif dans le cas des tumeurs du sein et de l’ovaire mutées BRCA 1 (BReast Cancer 1) et BRCA 2 (BReast Cancer 2). Ces deux gènes participent à la réparation de l’ADN. L’existence d’une mutation au niveau d’une des voies de réparation des tumeurs BRCA peut déclencher une croissance incontrôlée et augmente fortement le risque de cancer du sein et de l’ovaire.
Dans le domaine thérapeutique, le développement de thérapies ciblées avec les inhibiteurs de PARP (poly-ADP-ribose polymérase) repose sur le principe de la létalité synthétique. Ces thérapies ciblées n’agissent pas sur les cellules normales, mais sur les cellules cancéreuses. Les inhibiteurs de PARP bloquent la réparation de l’ADN des cellules cancéreuses, les tumeurs n’ayant plus le moyen de réparer leur ADN, meurent. Autrement dit, les cellules tumorales ont leur matériel génétique endommagé, mais ne peuvent pas le réparer, ceci conduit à l’apoptose et ainsi à une nouvelle stratégie pour combattre le cancer.
→ cancer du sein, cancer de l'ovaire, BRCA gene, poly-ADP-ribose polymérase
[C1, F2, Q1]
Édit. 2018
voie de signalisation Sonic Hedgehog l.f.
La Sonic hedgehog est, chez les mammifères, l'une des trois protéines impliquées dans la voie de signalisation nommée Hedgehog ; la protéine SHH est le ligand de la voie de signalisation Hedgehog le mieux étudié ; il joue un rôle clé dans la régulation de l'organogénèse des vertébrés, tels que la croissance des doigts sur les membres et l'organisation du cerveau ; son gène est le SHH situé sur le chromosome 7 humain.
« La voie de signalisation Sonic Hedgehog (SHH) est depuis longtemps connue pour jouer un rôle majeur au cours du développement embryonnaire, à la fois chez la drosophile et chez les vertébrés. Ces dernières années, son implication dans la cancérogenèse a émergé, et il est aujourd'hui admis que cette voie participe à la transformation maligne de multiples types cellulaires soit par mutation de certains de ses composants, soit par son activation aberrante. De nouvelles thérapies moléculaires ciblées inhibitrices de la voie montrent une activité certaine dans plusieurs tumeurs, dont le carcinome basocellulaire, le médulloblastome ou l'adénocarcinome pancréatique. L'évaluation de ces inhibiteurs dans d'autres types tumoraux est actuellement à l'étude et donne des résultats prometteurs, laissant présager que la voie de signalisation SHH pourrait représenter une des cibles thérapeutiques d'avenir. »
Ref. S. Watson, C. Serrate, S. Vignot - Voie de signalisation Sonic Hedgehog : du développement embryonnaire aux thérapies moléculaires ciblées - Bulletin du Cancer, volume 97, Issue 12, December 2010, Pages 1477–1483 (résumé)
électrochoc ( indications) l.m.p.
Cette modalité de stimulation électrique cérébrale à travers le scalp, pratiquée sous brève anesthésie générale et curarisation, est indiquée dans deux types de troubles psychiatriques : urgence vitale et résistance aux thérapies notamment médicamenteuses.
L’efficacité est globalement supérieure à celle des médicaments psychotropes (antidépresseurs et antipsychotiques).
Peuvent être des urgences vitales :
- l’accès dépressif sévère avec risque suicidaire imminent ou refus alimentaire, volontiers appelé mélancolique; les psychoses puerpérales avec note confusionnelle et risque d’infanticide;
- les formes de maladie dépressive et de schizophrénie non amendées par les thérapies médicamenteuses : ceci est plus fréquent dans les dépressions délirantes d’une part, dans les schizophrénies catatoniques d’autre part.
Une cure d’électrochoc suppose plusieurs séances, le plus souvent bi hebdomadaires, pendant au moins six semaines. Dans certains cas, il peut s’agir d’un traitement dit d’entretien, sous forme d’une séance bimensuelle ou mensuelle pendant plusieurs mois pour stabiliser le résultat acquis : l’électrochoc devient alors une thérapeutique préventive des récidives de la maladie notamment bipolaire.
Les mécanismes sous tendant l’efficacité thérapeutiques de l’électrochoc restent mal compris. Les effets d’une telle stimulation sont nombreux : électrophysiologiques, neurochimiques. Il est probable que le relargage de neuropeptides cérébraux soit le déterminant de l’action thérapeutique.
L’image de l’électrochoc, en dehors des milieux médicaux, conserve un caractère négatif injuste, hérité des modalités de pratique de la première moitié du 20ème siècle. Alors qu’il est parfois cru qu’il est archaïque et en voie de disparition, l’usage de l’électochoc est au contraire, de plus en plus fréquent dans des conditions de confort suffisantes pour qu’il soit même pratiqué comme traitement ambulatoire.
Syn. sismothérapie, électronarcose, convulsivothérapie
→ électrochoc, psychotropes, dépression mélancolique, psychose puerpérale, schizophrénie, maladie bipolaire
[H3]
Édit. 2019
cancer broncho-pulmonaire primitif l.m.
primary bronchopulmonary carcinoma, primary bronchopulmonary cancer
Affection maligne liée à une prolifération cellulaire épithéliale anormale développée au sein du tissu bronchique plus rarement au niveau des alvéoles pulmonaires.
Ce terme correspond à plusieurs maladies distinctes souvent regroupées sous le terme courant mais erroné de "cancer du poumon". Ce cancer doit être distingué d’une atteinte métastatique (dite encore secondaire) souvent d’origine digestive. Les cancers broncho-pulmonaires primitifs sont essentiellement de quatre types histologiques : épidermoïde, glandulaire ou adénocarcinome, indifférencié à grandes cellules (ces trois premiers types souvent réunis sous le terme de "cancers bronchiques non à petites cellules" (CBNPC) et représentent près de 85% des cas), et carcinome à petites cellules. Quelle que soit leur forme histologique, leur principal facteur étiologique est l'intoxication tabagique, mais d’autres facteurs peuvent en être en cause : amiante, cannabis, rayons X ou gamma...
Le cancer bronchique primitif est l'un des cancers les plus fréquents. En France, son incidence annuelle est de 46 000 cas (67% masculins). Si elle a tendance à diminuer chez l’homme, elle augmente régulièrement chez la femme en raison de son tabagisme. C’est la première cause de mortalité par cancer en France responsable de 33 000 décès annuels. Son évolution, très sévère, est marquée par un développement intra-thoracique et par des métastases (cérébrales, hépatiques, osseuses…).
Son diagnostic et le plus souvent fait devant une symptomatologie broncho-pulmonaire (toux, hémoptysie..) et repose à la suite de l’imagerie sur une biopsie réalisée lors d’une endoscopie.
Les indications thérapeutiques se fondent sur le type histologique précis, essentiellement distinction entre CBNPC et cancers à petites cellules. La classification de l’O.M.S. de 2015, est un guide du traitement et un élément pronostique. Dans les CBNPC, il est idéalement chirurgical complété ou non par la radiothérapie et/ou la chimiothérapie ; certaines caractéristiques moléculaires, en particulier certaines mutations, observées dans près de la moitié des cas, vont peser sur l’indication des thérapeutiques médicamenteuses, thérapies ciblées entre autres contre l’expression de facteurs de croissance et/ou immunothérapie. Les cancers à petites cellules relèvent surtout de la radiothérapie et de la chimiothérapie.
Le pronostic dépend en très grande partie de l'extension (précisée par la classification TNM), de l'état général et la fonction respiratoire. Il reste très réservé dans les formes non opérables, avec environ 5% de survivants à 5 ans, d’autant que le diagnostic se fait le plus souvent (70% des cas) à un stade évolué lorsque la tumeur n’est plus opérable. Cependant, les thérapies ciblées et/ou l’immunothérapie permettent des rémissions inattendues avant leur utilisation dans certains cas de CBNPC, même évolués. A côté des formes invasives, il existe dans les CBNPC, des formes in situ de bon pronostic.
Syn. cancer bronchique, cancer des bronches, cancer du poumon, carcinome bronchique, carcinome broncho-pumonaire, carcinome pulmonaire
→ adénocarcinome broncho-pulmonaire primitif, cancer bronchique adénosquameux, cancer bronchique à grandes cellules, cancer bronchique à petites cellules, cancer broncho-pulmonaire in situ, cancer épidermoïde bronchique primitif, classification TNM
[A2, A3, B2, F2, K1, K3]
Édit. 2020
adénomite prostatique n.f.
prostatitis
Poussée congestive ou inflammatoire d'un adénome prostatique, liée à des phénomènes vasomoteurs au sein d'une lésion souvent très vascularisée, provoquant augmentation du volume de la glande, douleur, accentuation des troubles mictionnels pouvant aller jusqu'à la rétention aigüe.
Les causes en sont souvent diététiques et comportementales : repas festif, ingestion d'alcool, position assise ou immobilité prolongées.
[F5,M2]
Édit. 2018
amygdale cérébrale l.f.
Noyau situé dans la région antéro-interne du lobe temporal en avant de la formation hippocampique.
L’amygdale fait partie du système limbique. Elle est un relais dans l’évaluation de la valence émotionnelle des stimuli sensoriels et dans les réponses comportementales et végétatives déclenchées par les situations de peur. Elle représente un système d’alerte.
[A1,H5]
Édit. 2017
apprentissage social l.m.
social learning
Théorie de l'apprentissage soulignant l'interaction constante entre les comportements d'un sujet, son fonctionnement cognitif et les variables de l'environnement (A. Bandura).
Elle s'oppose aux théories psychodynamiques, au motif qu'elles placent toute la motivation à l'intérieur de l'individu en négligeant le rôle fondamental et permanent de l'environnement, mais aussi à celles du conditionnement, qui font de l'individu un organisme relativement passif face à cet environnement.
L'apprentissage social s'effectue sous le contrôle de variables cognitives comme l'attention du sujet, sa rétention mnésique (avec ou sans codage symbolique), ses attentes d'efficacité et de résultats, ses facultés d'autorenforcement, etc.
Une de ses formes est l'apprentissage vicariant, effectué par observation et imitation de modèles qui peuvent être réels, symboliques ou imaginaires. Il s'agit d'un apprentissage de nombreux comportements humains, plus performant (car moins long et moins "coûteux") que les apprentissages classiques par essais et erreurs.
Des concepts de l'apprentissage social sont fréquemment utilisés lors de certaines stratégies comportementales et cognitives.
A. Bandura, psychologue américain d'origine canadienne (1963)
caractère sexuel l.m.
sex character
Caractère génétique propre au phénotype sexuel d'un individu.
On distingue les caractères sexuels primaires liés aux organes de reproduction et les caractères sexuels secondaires qui sont sous l’influence des hormones sexuelles et qui concernent des particularités anatomiques (comme la stature, le développement de l'appareil musculaire, les phanères…), physiologiques et comportementales.
→ sexe
[Q1]
compétences sociales l.f.p.
social skills
Concept englobant non seulement le domaine des comportements sociaux, et en particulier celui de l'affirmation de soi, mais aussi la gestion des états émotionnels induits par des situations interpersonnelles et la résolution des problèmes relationnels.
Les compétences sociales définissent le fonctionnement social et les performances sociales d'un individu. Elles incluent, dans une situation sociale donnée, à la fois la perception correcte de tous les éléments inhérents à cette situation (compétences "réceptives"), la recherche optimale de toutes les alternatives possibles (compétences de "traitement de l'information") et l'adoption des comportements les plus performants, en particulier affirmés (compétences "motrices").
Dans ce véritable processus, s'intègrent les dimensions comportementales, cognitives et émotionnelles du sujet.
Syn. habiletés sociales
→ entraînement aux compétences sociales
[E]
conditionnement pavlovien l.m.
classical conditioning
Processus d'apprentissage parmi les plus utilisés, mis en évidence par I.P. Pavlov au début de ce siècle.
Il repose sur la possibilité, pour un organisme, d'acquérir et de maintenir l'association de deux stimulus de telle façon qu'une réponse dite inconditionnée (RIC), déclenchée par un stimulus inconditionné (SIC, p. ex. la présentation, à un chien, de poudre de viande, entraînant une salivation), puisse devenir une réponse conditionnée (RC, ici salivaire) après répétition appariée d'un stimulus initialement neutre (SN, ici le son d'un métronome) et passé à l'état de stimulus conditionné (SC).
Dans ce processus, interviennent de nombreux facteurs, dont le temps écoulé entre la présentation des SIC et des SC. La RC peut ne se déclencher que par le seul SC (différenciation) ou par des stimulus voisins du SC (généralisation). En l'absence de renforcement (par lequel le conditionnement est appris), et si le SC est présenté plusieurs fois seul, sans le SIC, la RC s'affaiblit puis disparaît (extinction).
Ce type de conditionnement concerne non seulement les réponses physiologiques du sujet, mais aussi ses réponses comportementales, cognitives et émotionnelles. Cette forme d'apprentissage explique en partie l'apparition de certains troubles psychiques, ainsi que leur persistance dans le temps. Des techniques de thérapie comportementale comme la désensibilisation systématique utilisent de tels principes.
I. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1927)
Syn. conditionnement pavlovien
[C2]