Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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sensibilité chromatique l.f.

chromatic sensitivity

Capacité de différencier des contrastes de teintes ou niveaux de coloration (saturation) indépendamment de leur luminance.
La sensibilité chromatique a pour origine les trois types de cônes sensibles à des gammes différentes de longueurs d'onde qui se chevauchent. La sensation colorée est le résultat de l'intégration centrale très précoce des signaux issus des trois types de cônes. En conséquence, chaque couleur, même les couleurs primaires, ne dérive pas de l'activité d'un seul type de cône.
Le développement de la vision des couleurs est très précoce chez l'homme. Le signal chromatique parvient au cortex dès la fin du premier mois ; à 3 mois, le nourrisson répond à toutes les teintes, mais avec une sensibilité plus faible que celle de l'adulte. La sensibilité augmente jusque vers l'adolescence pour se dégrader lentement avec l'âge pour des raisons optiques et physiologiques. La vision chromatique fait souvent l'objet d'un déficit congénital appelé daltonisme.

Syn. sensibilité aux couleurs

cône, daltonisme

sensibilité au contraste l.f.

contrast sensitivity

Capacité de répondre à une différence de luminance créant un contraste entre deux zones adjacentes.
La sensibilité au contraste peut être étudiée au niveau de la cellule et par la réponse du sujet. Elle se mesure à l'aide de réseaux ou d'optotypes dont les contrastes sont atténués selon une progression logarithmique. La courbe de sensibilité au contraste d'un sujet normal passe par un pic pour les fréquences spatiales situées autour de 3 cycles par degré. Dans ces conditions, un contraste de 0,4% est détecté. L'extrapolation de la courbe dans la direction des hautes fréquences indique l'acuité aux réseaux qui se situe chez l'homme adulte autour de 50 à 60 cycles par degré d'angle visuel.

sensibilité au contraste lumineux l.f.

contrast sensitivity

Capacité de répondre à une différence de luminance créant un contraste entre deux zones adjacentes.
Cette sensibilité au contraste varie avec l’âge, dans de nombreux états pathologiques tels que la dégénérescence liée à l’âge, le glaucome, la rétinopathie pigmentaire, les affections démyélinisantes (SEP), le diabète, certaines neuropathies iatrogènes et dans l’amblyopie fonctionnelle.
L’aptitude à percevoir un contraste lumineux plus ou moins faible peut être mesurée par le plus faible contraste qui permet de distinguer un stimulus visuel.
Différents tests permettent de la mesurer: tests sur papier (Arden, Vistech), tests inclus dans des appareils (Ergovision, Visiotest), des tests sur écran (moniteur ophtalmologique)
La sensibilité au contraste peut être étudiée au niveau de la cellule et par la réponse du sujet. Elle se mesure à l'aide de réseaux ou d'optotypes dont les contrastes sont atténués selon une progression logarithmique. La courbe de sensibilité au contraste d'un sujet normal passe par un pic pour les fréquences spatiales situées autour de 3 cycles par degré. Dans ces conditions, un contraste de 0,4% est détecté. L'extrapolation de la courbe dans la direction des hautes fréquences indique l'acuité aux réseaux qui se situe chez l'homme adulte autour de 50 à 60 cycles par degré d'angle visuel.
Chez un sujet malvoyant, il importera de déterminer le contraste le mieux adapté à la tâche visuelle à effectuer.

[C1,P2]

vision du contraste l.f.

contrast sensitivity

Élément de l'analyse visuelle de la forme fondé sur les cellules ganglionnaires de la rétine.
La vision de contraste ou fonction de sensibilité aux contrastes constitue le complément indispensable de l'analyse de la vision des formes permettant de définir non plus un point mais une surface de visibilité.

Syn. fonction de sensibilité aux contrastes

[P2]

aberration chromatique l.f.

chromatic aberration

Défaut optique de l'œil dû à la réfraction inégale des longueurs d'onde de la lumière.
La réfraction est d'autant plus importante que la longueur d'onde est plus courte ; la mise au point sur la rétine se faisant dans le jaune, les rayons bleus sont focalisés en avant et les rayons rouges en arrière de la rétine. Application clinique : le test duochrome.

[P2]

Édit. 2016

adaptation chromatique l.f.

chromatic adaptation

Adaptation du système visuel à une stimulation colorée prolongée, avec diminution de la sensibilité à cette couleur stimulante et augmentation de la sensibilité à sa complémentaire.

Étym. lat. adaptare : ajuster

[P2]

Édit. 2017

agnosie chromatique l.f.

chromatic agnosia

Trouble spécifique acquis de la reconnaissance des couleurs d'origine corticale.
Le patient voit les couleurs mais ne les reconnaît pas. Il est incapable de désigner et de nommer les couleurs qu'on lui propose. Il ne peut les classer selon leur teinte, ni apparier des couleurs semblables, ce qui distingue ce trouble d'une atteinte de la dénomination des couleurs (anomie des couleurs).
L'agnosie des couleurs succède le plus souvent à une lésion de la jonction temporo-occipitale gauche. Son association à une alexie pure et à une hémianopsie latérale homonyme est fréquente.

Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)

[H1]

Édit. 2017

antagonisme chromatique l.m.

chromatic opponency

Dès la première étape de la transmission nerveuse du signal chromatique, traitement de celui-ci sous la forme de contrastes chromatiques et non plus seulement en fonction des signaux indépendants des cônes.
Les cellules de la voie visuelle parvocellulaire sont définies en fonction de l'antagonisme chromatique qu'elles codent.
Les deux principaux couples antagonistes sont Rouge/Vert et Bleu/Jaune.

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[P2]

Édit. 2017

cécité corticale chromatique l.f.

chromatic cortical blindness

Trouble de la perception colorée d'origine corticale au cours duquel le sujet est incapable de toute perception colorée sans atteinte de l'œil ou des voies de transmission.

[P2]

cercle chromatique l.m.

chromatic circle

Représentation schématique sous forme d'un cercle de l'ensemble des couleurs perceptibles.
Le cercle chromatique réunit les extrémités du spectre visible par interposition des pourpres entre le violet et le rouge. Il paraît donc continu. Il sert à visualiser de façon commode les couleurs primaires, secondaires et complémentaires.

[P2]

chromatique adj.

chromatic

En colorimétrie, qualifie une couleur définie par une longueur d'onde dominante et une pureté non nulle.
En psychophysiologie, qualifie une couleur dotée de teinte et de saturation.

Ant. achromatique

[Q1]

corps chromatique l.m.

chromatoid body

Dans les cellules de la spermiogénèse de certains organismes, zone cytoplasmique proche du noyau, colorée à cause de la présence de ribonucléoprotéines.

cytoplasme

[A2]

déficience chromatique l.f.

colour vision deficiency

Étym. lat. deficiens de deficere : manquer

déficit chromatique

déficit chromatique l.m.

colour vision deficiency

Perturbation de la perception colorée.

Syn. déficience chromatique

pureté chromatique l.f.

purity

Grandeur exprimant l'intensité colorée d'un stimulus par rapport à la couleur spectrale correspondante (par définition de pureté 1).
L'équivalent physique de la pureté est la répartition spectrale énergétique ; l'équivalent psychologique est la saturation.

réduction chromatique l.f.

chromatic reduction

Réduction de moitié du nombre des chromosomes d'une cellule lors d'une division cellulaire.
Généralement, cette réduction se produit lors de la division réductionnelle d'une méiose, on parle alors de réduction méiotique. Mais exceptionnellement, elle peut se produire lors d'une mitose, spontanément ou expérimentalement, on parle alors de réduction mitotique ou somatique.
La diploïdie des cellules somatiques se rétablit à la faveur de la fécondation.

Syn. méiose

méiose, mitose

seuil chromatique l.m.

chromatic threshold

Plus petite énergie lumineuse pour laquelle un sujet peut reconnaître une couleur.

intervalle photochromatique

tonalité chromatique l.f.

hue

Attribut de la sensation colorée décrivant la capacité de l'œil à différencier qualitativement des stimulus de couleur selon leurs longueurs d'onde, et s'exprimant par des termes spécifiques tels que : rouge, jaune, vert, bleu.
La tonalité chromatique, ou teinte, a pour équivalent physique la longueur d'onde et pour équivalent colorimétrique la longueur d'onde dominante ; il convient de rajouter aux tonalités du spectre coloré les pourpres, tonalités non-spectrales.

Syn. teinte

teinte

indice de sensibilité n.f.

sensitivity

Indice informationnel de la présence d’un signe dans une maladie existe.
La sensibilité est d’autant plus élevée que le signe est souvent présent dans la maladie.

sensibilité d'une épreuve, spécificité

intermédiaire (souche de sensibilité) l.f.                     

intermediate strain of sensibility

Sensibilité d’une souche bactérienne vis-à-vis d’un antibiotique donné.
Une souche bactérienne a une sensibilité intermédiaire lorsque sa concentration minimale inhibitrice pour cet antibiotique se situe entre les deux concentrations critiques « c » et « C » qui définissent les catégories sensible, intermédiaire et résistante. L’interprétation clinique de ce résultat permet de définir des catégories cliniques : les souches intermédiaires sont celles pour lesquelles le succès thérapeutique est imprévisible. Elles forment un ensemble hétérogène quant au mécanisme. Des concentrations locales fortes ou des concentrations sériques accrues peuvent faire espérer un effet thérapeutique.

concentration minimale inhibitrice

myopathie oculaire avec sensibilité au curare l.f.

ocular myopathy with curare sensitivity

Une famille indienne avec myopathie oculaire ne répondant pas au tensilon ou à la prostigmine et sensible à la tubocurarine a été décrite.
L’affection est autosomique récessive (MIM 257600)

N. T. Mathew, neurologue indien (1970)

Étym. gr. mus : souris, muscle ;  pathos : maladie

sensibilité n.f.

sensitivity

1) Processus par lequel une cellule, un individu, une population réagit à une stimulation ou à une agression, p. ex. d'un parasite ou d'une substance étrangère.
2) Par extension, propriété de la cellule ou de l'individu permettant ce processus.
3) En statistique, fréquence de l’existence d’un signe chez les patients atteints d’une affection déterminée, c'est-à-dire probabilité de la présence du signe permettant de reconnaître l’existence d’une maladie lors de la découverte du signe.
4) Valeur diagnostique d’un signe établie sur sa fréquence chez les patients atteints d’une affection déterminée.
C’est la probabilité de la présence d’un signe au cours de l’évolution d’une maladie. La sensibilité est d’autant plus élevée que le signe est souvent présent dans la maladie.

équilibre hôte-parasite, résistance, tolérance, examen de la sensibilité, indice de sensibilité

[E1]

Édit. 2020

sensibilité à l'infection l.f.

infection sensitivity

Aptitude d’un individu à développer une maladie clinique à la suite d’une infection.
Elle ne doit pas être confondue avec la réceptivité ni avec la susceptibilité.

Ant. résistance à la maladie

réceptivité à un agent infectieux, prédisposition

[Elle est liée,d’une part au micro,organisme (nombre minimum de germes nécessaire à l’apparition de la maladie et facteurs de virulence liés à sa "souche") et d’autre part,à l’hôte,en fonction de son état physiologique,de son statut immunologique (titr]

sensibilité à la direction l.f.

direction sensitivity

Capacité de répondre à la direction du déplacement d'un stimulus.
Peu utilisée en clinique, l'étude de la sensibilité à la direction constitue une des caractéristiques du champ récepteur des cellules visuelles corticales.

sensibilité au mouvement l.f.

motion sensitivity

Capacité de répondre au déplacement d'un stimulus.
Peu utilisée en clinique ophtalmologique, l'étude de la sensibilité au mouvement définit la gamme de vélocité dans laquelle on peut obtenir une réponse d'une cellule isolée en neurophysiologie ou d'un sujet humain ou animal. Cette réponse constitue une des caractéristiques des champs récepteurs.

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