Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

30 résultats 

dissociation visuelle complète l.f.

full binocular dissociation

Dissociation obtenue par la suppression totale de tout stimulus visuel structuré sur l'un des deux yeux, ce qui empêche la fusion.
La dissociation est brève si on utilise un écran opaque ou translucide ; elle est prolongée si on utilise l'occlusion complète.
Sur le plan moteur, cette dissociation peut révéler une déviation latente de type phorique, phorotropique, ou une déviation verticale dissociée pouvant déclencher un spasme musculaire, un nystagmus latent, etc.
Sur le plan sensoriel, elle réalise une privation monoculaire et participe au traitement d'une amblyopie, d'une neutralisation, d'une mauvaise dominance, etc.
Quand on utilise le terme dissociation sans spécifier, il s'agit en général de la dissociation binoculaire complète.

Étym. lat. dissociatio : séparation

Syn. dissociation binoculaire complète

achromatopsie congénitale complète avec amblyopie l.f.

rod monochromatism

monochromatisme à bâtonnets

[P2,Q2]

Édit. 2017

achromatopsie congénitale complète sans amblyopie l.f.

rod monochromatism without amblyopia

Forme clinique exceptionnelle d'achromatopsie congénitale dans laquelle l'absence de perception des couleurs est isolée.

Étym. gr. a : privatif ; chrôma : couleur ; opsis : vision

[P2,Q2]

Édit. 2017

achromatopsie congénitale complète typique l.f.

typical achromatopsia

achromatopsie congénitale complète avec amblyopie

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie bilatérale complète (vraie ou primitive) l.f.

anophthalmos, true or primary

Génopathie malformante avec absence congénitale et bilatérale des globes oculaires.
L’affection est classiquement liée à l'absence d'invagination de la fossette optique lors de l'embryogénèse au stade de 2 mm vers la troisième semaine, il ne doit donc y avoir ni nerf optique, ni chiasma, mais il semble, depuis que les examens IRM sont pratiqués, qu'il existe fréquemment de "petits" nerfs optiques. La cause initialement proposée (absence d'invagination de la fossette optique lors de l'embryogénèse au stade de 2 mm vers la troisième semaine) doit être revue et il faut admettre qu'il y a non développement ou régression de cette fossette et non pas absence. La maladie est héréditaire en l'absence de causes externes connues (cytogénétiques ou autres). L’affection est autosomique récessive (MIM 206900).

E. Cecchetto, ophtalmologue italien (1920)

Étym. gr. an : privatif ; ophtalmos : œil

[P2,Q2]

Édit. 2017

arythmie complète l.f.

continuous arrhythmia

Trouble permanent du rythme cardiaque entrainant une irrégularité des battements ventriculaires et du pouls.
Elle est habituellement liée à une fibrillation atriale permanente dont elle partage le pronostic et le traitement.

fibrillation atriale, potentiel arythmogène

déchirure complète du périnée l.f.

second degree perineal tear

Déchirure obstétricale intéressant la commissure vulvaire, l'ensemble des muscles du noyau fibreux central du périnée et le sphincter anal.
L’absence de réparation du sphincter expose à une incontinence anale.

dilatation complète du col utérin l.f.

full dilatation

Constitution d'un canal segmentovaginal d'un seul calibre, par effacement et dilatation du col sous l'action des contractions utérines.

dominance complète l.f.

complete dominance

Propriété d'un caractère génique s'exprimant par l'identité phénotypique des hétérozygotes et de l'un des homozygotes, dit dominant.

dominance

moelle (syndrome de complète de la) section l.m.

syndrome of total transverse lesion of the cord

Interruption de l'ensemble des fonctions médullaires dans les territoires situés au-dessous du niveau lésionnel liée à une blessure, une hémorragie intramédullaire, une contusion ou une commotion.
En période aigüe, principalement dans le "choc spinal" d'origine traumatique, elle comporte une para- ou quadriplégie d'apparition brutale, flasque, massive, avec surtout hypotonie majeure, abolition des réflexes ostéotendineux, déficit sensitif sous-jacent, pouvant intéresser toutes les sensibilités, troubles sphinctériens et trophiques majeurs. Chez le patient survivant, après ces signes dits négatifs, s'installent notamment, en quelques semaines, des signes dits positifs ou de libération pyramidale, avec hypertonie spastique, exagération des réflexes ostéo-tendineux, signe de Babinski et automatisme médullaire.
En revanche, de simples commotions peuvent s'améliorer rapidement.

Étym. medulla : moelle, de medius : milieu, au centre

mutation complète l.f.

null mutation

Mutation qui abolit complètement l'expression du gène muté.

mutation partielle

occlusion ophtalmique complète l.f.

full occlusion

Occlusion diagnostique ou thérapeutique où le système occlusif couvre tout le champ visuel.

Étym. lat. occludere : fermer

Édit. 2017

paralysie complète du larynx l.f.

total vocal fold paralysis

Paralysie rare dans laquelle les mouvements des cordes vocales ne sont plus possibles ni en abduction, ni en adduction.
On distingue :
- la paralysie en ouverture ou syndrome de Ziemsen ou les deux cordes sont fixées en abduction, il n’existe pas de dyspnée mais une aphonie avec des fausses routes de déglutition ;
- la paralysie en fermeture ou syndrome de Riegel où les cordes sont fixées en position paramédiane, la dyspnée y est variable.
La paralysie complète du larynx se rencontre au cours de l’évolution d’une tumeur de voisinage. Elle peut parfois avoir une origine virale ou iatrogène.

H. von Ziemsen, médecin interniste allemand (1829-1902)

aphonie, fausses routes de déglutition, dyspnée

rupture périnéale complète l.f.

rupture centrale du périnée

système à réinspiration complète l.m.

complete rebreathing system

système clos

courbe de dissociation de l'hémoglobine l.f.

oxyhaemoglobin dissociation curve

Courbe reliant la saturation de l'hémoglobine en oxygène et la pression partielle en oxygène.
Cette relation n'est pas linéaire en raison des modifications de configuration de la molécule d'hémoglobine au fur et à mesure de la fixation de l'oxygène. Ainsi la courbe a une forme sigmoïde.

[F1]

dissociation n.f.

dissociation

1) En cardiologie : dissociation entre l’activité des oreillettes et celle des ventricules provoquée par des altérations organiques ou fonctionnelles du tissu nodal qui entraînent un ralentissement ou une interruption de la transmission de l’excitation.
On en distingue trois degrés de gravité croissante.
2) En microbiologie : modification phénotypique d'une souche bactérienne donnée.
3) En ophtalmologie : interruption des mécanismes sensorimoteurs qui contrôlent l'alignement des yeux.
Cette dissociation qui peut être spontanée, est en général provoquée par une méthode orthoptique.

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation complète, dissociation incomplète

dissociation accommodation-convergence l.f.

accommodation convergence dissociation

Rupture artificielle de la relation accommodation-convergence obtenue en faisant converger sans accommoder (p. ex. en plaçant des prismes à base temporale sans changer la distance de fixation) ou en faisant accommoder sans converger (p. ex. en mettant des verres concaves sans changer la distance de fixation.

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation albuminocytologique l.f.

albuminocytologic dissociation

Élévation isolée de la protéinorachie (normale : 0,20 à 0,40 g/L) sans réaction cellulaire (normale : 2 ou 3 éléments/mm3).
Cette anomalie est observée dans le syndrome de Guillain et Barré, du moins dans ses formes primitives où elle est habituellement évidente vers le 15ème jour, et dans les compressions médullaires, surtout par méningiomes ou neurinomes de taille importante.
Chez un diabétique présentant une polyradiculonévrite aigüe avec atteinte des nerfs crâniens et hyperalbuminorachie isolée, il est bien difficile de distinguer un lien direct au diabète d'un syndrome de Guillain et Barré chez un diabétique. Du reste, une hyperprotéinorachie est fréquente chez ces patients, même en l'absence de neuropathie.

G. Guilllain et J. A. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation auriculoventriculaire l.f.

atrioventricular dissociation

bloc auriculoventriculaire

dissociation de la vision binoculaire l.f.

binocular vision dissociation

Altération complète ou incomplète de l'équilibre binoculaire préexistant, normal ou anormal, utilisée dans un but diagnostic ou thérapeutique.
Elle peut être accidentelle quand elle résulte de la perte partielle ou complète de la vision d'un ou des yeux, ou d'une atteinte du système oculomoteur.
Elle est complète quand elle est réalisée par l'occlusion. Les conséquences motrices et sensorielles sont proportionnelles à sa durée. La dissociation brève au cover test fait partie des méthodes diagnostiques du trouble binoculaire.
Elle est incomplète quand elle utilise des tests ou des méthodes n'entravant que partiellement l'acuité visuelle d'un ou des yeux : pénalisation, verres striés, etc. Ces différentes formes de pénalisation constituent la base de l'examen et du traitement orthoptique.

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation de l'oxyhémoglobine (courbe de) l.f.

dissociation of the oxyhemoglobin (curve of)

Méthode de mesure à l'équilibre de l'affinité pour l'oxygène de l'hémoglobine.
On fait varier la pression partielle en oxygène (mesurée par une électrode de Clarke) et on enregistre simultanément le pourcentage d'oxyhémoglobine (mesuré par spectrophotométrie) présent dans l'échantillon.

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation des fibres nerveuses l.f.

teasing of nerve fibers

Technique consistant à isoler par microdissection, grâce à une loupe binoculaire et à de fines aiguilles, un certain nombre de fibres myélinisées sur une longueur d'environ 1 cm.
La fixation s'effectue comme pour l'étude en microscopie électronique, alors que la post-fixation dans la solution osmique dure 24 heures et le rinçage dans le tampon Palade au moins 24 heures. En microscopie optique, on peut alors étudier la position des nœuds de Ranvier les uns par rapport aux autres et repérer les lésions par démyélinisation segmentaire et par atteinte axonale ou dégénérescence wallérienne. Dyck propose une classification stricte de ces anomalies morphologiques. La quantification, en pourcentage, des lésions, est souvent utile. De même, la mesure des distances internodales permet d'apprécier l'intensité des phénomènes de démyélinisation et de remyélinisation.

A. Gombault, neurologue français (1880)

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation électromécanique l.f.

electro-mechanical dissociation

Lors de l'arrêt cardiaque, persistance de l'activité électrique du cœur pendant un certain temps.
Elle est peu modifiée d'abord, puis il y a un espacement progressif des complexes, certains pouvant se manifester une heure encore après l'arrêt mécanique.
En effet l'activité mécanique du cœur est due à la contraction des myofibrilles riches en mitochondries. Elle dépend du cycle de Krebs qui ne peut se dérouler sans O2 car il fonctionne uniquement dans les mitochondries. Au contraire, l'électrogénèse se produit essentiellement dans les tissus de conduction pauvre en mitochondries mais dont le cytoplasme a une activité lipasique anaérobie. Tant qu'il reste du glycogène, l'électrogénèse peut se faire sans apport d'oxygène.

Étym. lat. dissociatio : séparation

arrêt circulatoire, contraction musculaire

dissociation et schizophrénies l.f.

dissociation and schizophrenias

Rupture de l'unité psychique, avec perte de l'association des différentes instances telles que l'affectivité, la volonté, les fonctions intellectuelles, les capacités de raisonnement et de synthèse (all. "spaltung", scission, dislocation).
Terme introduit par E. Bleuler (1911) pour désigner ce qu'il considéra initialement comme le trouble fondamental du "groupe des schizophrénies").
Élaboré sous l'influence des doctrines associationnistes et des premiers acquis psychanalytiques, ce concept exprime le manque de cohérence de la conscience et de la personnalité chez les anciens déments précoces. L'accent est mis en particulier sur les troubles du cours de la pensée, estimés pathognomoniques.
Essentiellement descriptive, la notion de discordance (Ph. Chaslin) a été reconnue par Bleuler comme évoquant le même trouble primaire. Sa traduction clinique est effectivement très proche.

P. Chaslin, psychiatre français (1912) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1926)

Étym. lat. dissociatio : séparation

ataxie psychique, autisme, discordance

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