dédoublement de la personnalité l.m.
dual personality
miroir (signe du) l.m.
mirror sign
Tendance du patient à longuement et fréquemment contempler sa propre image, qui répond également à son interrogation angoissée sur la désorganisation de sa vie mentale à travers la physionomie et l'expression du regard (T. Abely et A. Delmas).
Plus caractéristique chez les garçons, cette aliénation de l'image spéculaire rencontrée en période féconde psychotique, surtout schizophrénique, traduit la dépersonnalisation et la perte de l'identité.
Signe et stade du miroir ont été rapprochés par certains, à la recherche d'une rencontre entre la clinique et la psychopathologie.
P. Abely (1927 et 1930), F. Achille-Delmas (1929), psychiatres français
Étym. lat : mirari : s’étonner
blépharochalasis et dédoublement de la lèvre l.m.
blepharochalasis and double lip
L’affection est autosomique dominante (MIM 109900)
W. B. Laffer, médecin américain (1909) ; W. B. Ascher, ophtalmologiste américain d’origine autro-hongroise (1920)
Étym. gr. blepharon : paupière ; khalasis : relâchement
→ Ascher (syndrome d'), Laffer- Ascher (syndrome de)
Édit. 2017
dédoublement de la corticale (aspect de) l.m.
splitting of the cortex
En radiographie, ligne ou bande simulant un dédoublement de la corticale d'un os sur une hauteur variable.
Cet aspect est observé dans certaines affections constitutionnelles comme l'ostéopétrose ; souvent, il provient de phénomènes de nécrose, infectieuse ou non (drépanocytose, maladie de Gaucher).
P. Gaucher, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1882)
dédoublement des bruits cardiaques l.m.
reduplication of heart sounds
Anomalie d’auscultation du cœur, utile dans le diagnostic et l’évaluation de nombreuses cardiopathies, même avec les méthodes modernes d’exploration cardiaque.
Le dédoublement du premier bruit (BB1) est perçu dans la région endapexienne, il est serré, (0,01à 0,03 s ou large > à 0,04 s) on peut l’entendre chez le sujet normal ou il représente l’exagération de l’asynchronisme de fermeture des valves tricuspides et mitrales ou peut apparaître en cas d’asynchronisme ventriculaire par bloc de branche droit.
Le dédoublement du deuxième bruit (BB2) s’entend au foyer pulmonaire. Il est pathologique s’il est fait d’un intervalle supérieur à 0,03 sec entre les deux composantes aortique et pulmonaire avec persistance de cette anomalie en expiration. Il s’observe dans les blocs de branche complets, certaines extrasystoles ventriculaires et certaines malformations cardiaques (canal artériel à gros débit, communication interauriculaire) ou lésions valvulaires (sténose pulmonaire, sténose aortique, insuffisance mitrale).
Clar (miroir de) l.m.
Clar’s frontal mirror
Appareil d’éclairage essentiellement utilisé pour examiner les voies aérodigestives supérieures.
Il est constitué d’un miroir concave orientable, au foyer duquel est adaptée une ampoule mobile. Il est percé, ou non, de deux orifices. L’ampoule peut être maintenant remplacée par une lumière froide.
Étym. Clar : nom de la firme qui inventa cet appareil d’éclairage à la fin du 19ème siècle.
Syn. miroir frontal, lampe frontale
[P1,B3]
image en miroir l.f.
reflected image
Artéfact échographique, produit par une structure située au contact d'une interface curviligne très réfléchissante comme le diaphragme ou la plèvre, se traduisant par une fausse image, symétrique de l'image réelle par rapport à l'interface.
Étym. lat. imago : image, représentation
main en miroir l.f.
mirror hand, ulnar dimelia
Malformation congénitale complexe de la main, caractérisée par une duplication du squelette et des parties molles, comme si la main en comportait une autre la doublant.
Les deux parties sont le plus souvent incomplètes et soudées par la région médiale avec une polydactylie de 6 à 8 doigts, le plus souvent à sept doigts, trois latéraux et quatre médiaux. A l’avant-bras l’ulna peut être dédoublé et le radius absent. Les mouvements du coude sont limités ; des anomalies de autres membres ou viscérales peuvent également se voir. Le traitement chirurgical consiste en la réduction à cinq doigts et la pollicisation du doigt latéral le plus fonctionnel.
Syn. dimélie ulnaire
miroir de Clar .m.
Clar’s frontal mirror
Appareil d’éclairage essentiellement utilisé pour examiner les voies aérodigestives supérieures.
Il est constitué d’un miroir concave orientable, au foyer duquel est adaptée une ampoule mobile. Il est percé, ou non, de deux orifices. L’ampoule peut être maintenant remplacée par une lumière froide.
Étym. Clar : nom de la firme qui inventa cet appareil d’éclairage à la fin du 19ème siècle.
Syn. miroir frontal, lampe frontale
[P1,B3]
miroir de van Helmont l.m.
J. B. van Helmont, médecin et chimiste flamand (1580-1644)
→ centre tendineux du diaphragme
miroir frontal l.m.
Clar’s frontal mirror
miroir laryngé l.m.
laryngeal mirror
Miroir, de diamètre variable, implanté à l’extrémité d’une tige métallique, utilisé pour l’examen du larynx, du cavum et de l’hypopharynx.
miroir (stade du) l.m.
mirror phase
Phase décrite par J. Lacan ("Les complexes familiaux", 1938), survenant entre six et dix-huit mois, au cours de laquelle l'enfant appréhende l'image unifiée de son corps et se reconnaît dans le miroir (dimension imaginaire), en un moment de jubilation. C'est le temps où se constitue l'identification narcissique du moi (moi idéal).
Lacan donne aussi à cette phase une dimension symbolique ("Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je", 1949) en attachant une importance primordiale au mouvement de retournement de l'enfant vers sa mère qui le porte, dans une quête de reconnaissance. L'authentification de sa découverte par "ce regard qui le regarde" opère l'ébauche du détachement de l'image spéculaire fascinante et détermine un accrochage au symbolique qui constitue le moment fondateur du "Je".
J. Lacan, médecin et psychanalyste français (1901-1981)
Étym. lat : mirari : s’étonner
neurone en miroir l.m.
mirror neurone
Neurone activé à la fois quand l’animal agit et quand il observe le même mouvement effectué par un autre, le terme miroir venant du fait que l’animal observateur est « le miroir » de l’animal actif.
Les neurones en miroir ont été décrits initialement chez le macaque. Ils ont été localisés dans la partie inférieure du gyrus frontal et celle du lobe pariétal. Chez l’homme, l’utilisation de l’imagerie fonctionnelle par résonnance magnétique a montré que la partie inférieure du cortex frontal et la partie supérieure du lobe pariétal s’activaient simultanément chez l’individu agissant et celui le regardant agir. Plusieurs fonctions ont été prêtées aux neurones en miroir : apprentissage en particulier du langage, empathie vis à vis de son prochain, imitation automatique.
→ neurone
créativité, personnalité et psychiatrie l.f.
creativeness, personality and psychiatry
Depuis l'Antiquité la fréquence des troubles mentaux est soulignée chez les personnes réputées par leur créativité, voire leur génie.
Chez ces personnalités, il s'agit souvent d'aînés ou d'enfants uniques, au statut d'orphelin, élevés dans une famille de haut niveau intellectuel mais fréquemment perturbée, formés par des maîtres éminents, disposant d'une grande puissance de travail et ouverts à la relation.
Sur le plan psychiatrique, et par rapport à la population générale, sont observés principalement : des troubles divers de la personnalité, des états dépressifs et/ou anxieux ainsi que des oscillations sévères de l'humeur, des tendances alcooliques et/ou toxicomaniaques. Les écrivains (romanciers, poètes) sont les plus touchés.
La fonction inventive au sens général paraît n'avoir que de faibles corrélations avec les quotients intellectuels classiques.
[H3]
enquête de personnalité l.f.
personality inquiry
Mesure d'instruction prise en vue de préciser la personnalité d'un inculpé, ainsi que sa situation matérielle, familiale et sociale (article 81 du code de procédure pénale).
Imposée en matière criminelle, facultative en matière délictuelle, effectuée par un officier de police judiciaire ou par toute personne habilitée, elle fait partie, avec l'examen médical et l'examen médicopsychologique, du dossier de personnalité qui en aucun cas n'a pour objet la recherche de preuves de culpabilité.
[E3]
Édit. 2020
évènement vital vécu et personnalité l.m.
life event experiencing and personality
Les conséquences psychopathologiques d'un évènement dépendent de l'interaction entre trois facteurs : la force de l'impact de celui-ci, le moment où il surgit dans la vie du sujet et la "résonance" interne qu'il prend chez lui.
Une telle interaction s'observe dans la genèse du délire de relation des sensitifs : une situation, un évènement, une personnalité(1). De même, dans les névroses traumatiques, les troubles aigus sont corrélés à l'intensité de l'évènement, mais la chronicisation de la maladie est plutôt liée à l'éventuelle pathologie de la personnalité. Il n'existe donc pas de pathologie purement réactionnelle. L'intégration de l'évènement dans l'expérience vécue est l'un des points d'appui de la thérapeutique de ces états.
E. Kretschmer, psychiatre allemand (1918)
→ chômage et psychiatrie, traumatisme psychique et évènement exceptionnel
[H3]
Édit. 2018
mélancolique (personnalité, typus) l.
melancholic personality
Approche phénoménologique de la personnalité prémélancolique par H. Tellenbach (1961), sous une forme d'être qui détermine le style de l'existence tout entière, essentiellement représentée, en dehors des accès, par : attachement à l'ordre, scrupulosité, sens du devoir, fort investissement professionnel, caractère sensible, intolérance à la solitude, constante oblativité, crainte des changements, faible appétence pour les voyages.
Chez ces sujets, K. Abraham (1912), en particulier, avait mis l'accent sur une analogie avec la personnalité obsessionnelle et sur la qualité de la sublimation de l'érotisme anal, la profondeur de la régression et la dépendance orale.
En partie validée par d'autres auteurs, cette description a été enrichie par A. Kraus depuis 1977, principalement à propos d'une suridentification hypernomique et égosyntonique au rôle (en fait différente d'une conduite obsessionnelle), d'une intolérance émotionnelle et cognitive à l'ambiguïté relationnelle et d'une faiblesse de l'identité du "Je".
Ces approches ont permis de mieux appréhender les cheminements conduisant des structures prédépressives à la maladie : surtout de l'autocontradiction potentielle de la personnalité au dépassement et à l'éclatement via l'épuisement des capacités et de l'identité de rôle qui, chez
ces patients, tient presque exclusivement lieu d'identité personnelle.
K. Abraham, psychanalyste allemand (1877-1925) ; A. Kraus, psychiatre allemand (1977)
Étym. gr. melas : noire, cholè : bile
personnalité n.f.
personality
"Organisation dynamique des aspects cognitifs, affectifs, conatifs, physiologiques et morphologiques de l'individu" (W.H. Sheldon - G.W. Allport).
Alors que, par ex., l'origine du caractère, disposition permanente à sentir et réagir, se trouverait plutôt dans des éléments acquis, et celle du tempérament dans l'apport de gènes à la formation de la personnalité, celle-ci représenterait l'intégration de tous ces facteurs. En particulier, elle serait le témoin et l'acteur de la dialectique entre l'inné et l'acquis. Autant de concepts qui demeurent hypothétiques, comme si le "paraître" de la personne ne permettait pas toujours de saisir son "être".
Situées généralement selon leurs relations réciproques, les diverses structures de personnalité, qui peuvent annoncer l'organisation d'un trouble psychique évolutif, varient donc souvent selon les auteurs et peuvent s'associer. Des études en cours visent à une harmonisation.
W. H. Sheldon, médecin et psychologue américain (1942) ; G. W. Allport, psychologue américain (1937)
Étym. lat. persona : masque de théâtre
personnalité alcoolique l.f.
alcoholic personality
Configuration psychologique considérée comme spécifique des sujets alcooliques ou susceptibles de le devenir.
Ce concept reste très controversé. Si, après des années d'alcoolisation chronique, ces sujets ont en commun un certain habitus et une certaine uniformisation liés surtout à la détérioration intellectuelle, il n'a pas été mis en évidence un type particulier de personnalité pré-alcoolique.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[H3,G3,G4]
personnalité amorale l.f.
amoral personality
Trouble inclus par la CIM-IO dans les personnalités dyssociales.
→ personnalité antisociale, ou dyssociale, pervers, pervers (enfant), perversion, perversité
personnalité anancastique l.f.
anancastic, anankastic personality disorder
Personnalité associant des traits de personnalité obsessionnelle-compulsive et ceux du caractère anal.
Ces sujets sont soigneux, minutieux, volontiers pédants, en tout cas conformistes, obstinés, rigides. Ils présentent des sentiments permanents d'inquiétude, voire d'anxiété, de doute, d'insuffisance, de culpabilité. Des pensées imposées ou des rituels sont possibles.
Il s'agit de la personnalité qui correspond le plus étroitement à la personnalité obsessionnelle-compulsive. Dans la CIM 10, l'une et l'autre sont assimilées.
K. Schneider, psychiatre allemand (1923)
Syn. personnalité anankastique
personnalité antisociale ou dissociale l.f.
antisocial or dyssocial personality disorder
Trouble de la personnalité habituellement signalé par un écart entre le comportement et les normes sociales établies, avec mépris et violation des droits d'autrui.
Plusieurs traits sont associés, tels que : indifférence à l'égard des sentiments d'autrui ; attitude irresponsable et rejet des règles et contraintes collectives ; incapacité à maintenir durablement des relations, avec falsification de celles-ci ; très faible tolérance aux frustrations et agressivité ; absence de culpabilité ; incapacité à tirer parti des expériences ; imprévoyance et vécu dans l'instantanéité du présent. Une irritabilité persistante est possible, qui a parfois débuté dans l'enfance ou l'adolescence. Le DSM-IV utilise le terme de personnalité antisociale, la CIM 10 celui de personnalité dyssociale.
Syn. personnalité asociale, psychopathique, sociopathique
→ déséquilibre psychique (démembrement du)
personnalité anxieuse ou évitante l.f.
anxious or avoidant personality disorder
Trouble de la personnalité caractérisé par la coexistence de plusieurs traits : un sentiment envahissant et persistant de tension et d'appréhension ; une perception de soi comme socialement incompétent et inférieur aux autres ; une crainte excessive et préoccupante d'être critiqué ou rejeté dans diverses circonstances sociales ; un refus de nouer des relations avec autrui sauf si l'on est certain d'être accepté sans critique.
Ces attitudes s'accompagnent souvent d'une restriction notable du style de vie en raison du besoin de sécurité et d'un évitement de toutes les activités sociales susceptibles d'impliquer des contacts plus ou moins conflictuels avec autrui.
Syn. personnalité phobique
personnalité "as if" l. angl. f.
"as if" personality
Personnalité pathologique qui réalise une normalité de façade, voire une hypernormalité, contrastant avec une certaine pauvreté de la vie émotionnelle et avec des défenses dominées par l'intellectualisation.
Les processus défensifs font appel en particulier à des compromis étayés sur le groupe, avec une extrême soumission et imitation. Décrits par D.W. Winnicott sous le nom de "faux self", ils permettent un meilleur contrôle de la menace dépressive mais peuvent représenter une des modalités d'aménagement des états limites (J. Bergeret).
Helene Deutsch, psycho-analyste américaine (1942) ; D. W. Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique (1953) ; J. Bergeret, psychanalyste français (2008)
Étym. angl. as if, : comme si
[H3]
Édit. 2018