Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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tumeurs à cellules B matures, T matures, NK, histiocytaires, et maladie de Hodgkin (classification OMS juin 2016) l.m.et f. p.

2016 WHO classification of mature lymphoid, histiocytic, and dendritic neoplasms

Tumeurs regroupées dans la même catégorie, en se basant sur les propriétés fonctionnelles de leur contrepartie normale (phagocytose et/ou modification et présentation de l’antigène), plutôt que leur origine cellulaire.
La plupart proviennent d’un précurseur myéloïde commun, quelques cas sont d’origine mésenchymateuse (ex : sarcome à cellules folliculaires dendritiques et tumeur à cellules réticulaires fibroblastiques).
Indépendamment de leur origine myéloïde ou mésenchymateuse une partie de ces tumeurs est précédée ou associée à un lymphome folliculaire, une leucémie lymphoïde chronique B, un lymphome lymphoblastique B ou T, ou un lymphome T périphérique. Ces cas présentent les mêmes réarrangements IgVH, TCR, ou anomalies chromosomiques que les tumeurs lymphoïdes associées (et une partie présente également une mutation de BRAF) suggérant un processus de trans- différenciation. 
*Une astérisque à la suite de la catégorie signifie qu'elle a été soit modifiée soit ajoutée par rapport à la classification OMS 2008.
**Deux astérisques signifient qu’il s’agit d’une entité provisoire.
Hémopathies lymphoïdes à cellules B matures


IgG / A*
- sans autre spécificité (NOS)
- de type centro germinatif B *
- de type B activé *
Hémopathies lymphoïdes à cellules T matures et NK
- Papulose lymphomatoïde
- Lymphome à grandes cellules anaplasique cutané primitif
Lymphome de Hodgkin
- Lymphome de Hodgkin classique avec sclérose nodulaire
- Lymphome de Hodgkin classique à prédominance lymphocytaire
- Lymphome de Hodgkin classique de cellularité mixte
- Lymphome de Hodgkin classique à déplétion lymphocytaire
Maladies lympho-prolifératives post transplantation d’organes (PTLD)
Tumeurs à cellules histiocytaires et dendritiques
S. H. Swerdlow. The 2016 revision of the World Health Organization classification of lymphoid neoplasms. Blood 2016 May; 127: 2375-2390.
WHO classification of tumors of haematopoietic and lymphoid tissues, IARC press, 2008.Cette traduction française émane du Laboratoire d’Hématologie du CHU d’Angers (Professeur Marc Zandecki)


S. H. Swerdlow, hématopathologiste américain (2016)

CAR-T cells acr. angl. pour Chimeric-Antigen-Receptor T cellsp

Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale. 
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés
in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (CAR), qui reconnaît les cellules de la tumeur à combattre. Ils sont restitués au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques. 
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes.
En plus de leur très grande efficacité, ces cellules ont une longue durée de vie puisqu'elles ont la capacité d’éradiquer des cellules cancéreuses qui réapparaitraient après plusieurs mois, voire plusieurs années.
De nombreuses cellules
CAR T ciblant d’autres antigènes tumoraux sont en développement dans d’autres types de cancers (myélome, lymphome) et même dans les  tumeurs solides.  
Bien que les cellules proviennent de l' organisme du malade, le traitement est très lourd, nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les effets secondaires sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.

J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)

leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19

[F1, F3, G5, ]

Édit. 2018

CAR-T cells acr angl.

Chimeric -Antigen-Receptor T cells

Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale. 
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (le CAR), qui reconnait les cellules de la tumeur à combattre. Après un délai, ils sont reintroduits au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques. 
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes et traitement du lymphome B réfractaire. Bien que les cellules proviennent de son organisme, le traitement est très lourd nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les résultats thérapeutiques sont prometteurs en raison de la longue vie de ces cellules persistantes des mois, voir des années.
Les effets secondaires du traitement sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques. 
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.  

J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)

leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19

[F1]

Édit. 2018

cytokine n.f.

cytokine

Protéine ou glycoprotéine de masse moléculaire comprise entre 8 et 50 kDa intervenant comme médiateur soluble ou membranaire dans les interactions cellulaires.
Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de molécules dont certaines sont appelées interleukines (IL, médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteur stimulant les colonies (CSF), facteurs de nécrose des tumeurs (TNFα et ß), facteurs transformants de croissance (TGFα et ß) auxquels s’ajoutent les facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PGDF), les facteurs de croissance des fibroblastes (FGF) ou des cellules épidermiques (EGF, etc.).
À la différence des hormones dont le taux de sécrétion est continu bien que modifié par des signaux physiologiques, les cytokines sont synthétisées principalement en réponse à un signal activateur. Chaque cytokine peut être produite par de nombreux types de cellules. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques de haute affinité, les concentrations actives étant de l’ordre de la nanomole ou de la picomole. Ces récepteurs sont, en général, exprimés en très faible densité sur différents types cellulaires, ce qui explique les effets pléiotropiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule-cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine (sur la cellule sécrétrice elle-même), paracrine (sur la cellule voisine) ou endocrine (sur des cellules situées à distance de la cellule productrice). L’action juxtacrine est exercée par les cytokines membranaires sur les cellules voisines.
La liaison d’une cytokine à son récepteur induit un ensemble de signaux d’activation, de prolifération, de différenciation ou de mort cellulaire.
La plupart des cytokines entrainent des réactions en cascade en induisant la production d’une autre cytokine par leurs cellules-cibles. Leurs effets sont très souvent redondants : l’induction d’une même réponse cellulaire peut être obtenue avec différentes cytokines se fixant chacune sur son récepteur spécifique.

Étym. gr. kutos : cellule ; kinein : stimuler

interleukine

[C1,C2]

cible biologique l.f.

biological target

1) En physiologie, cette expression désigne les organes qui sont soumis à l’action des différentes hormones.
Ainsi les hormones hypophysaires ont pour cibles les différentes glandes endocrines dont les sécrétions exercent à leur tour un rétro-contrôle sur l’hypophyse qui est ainsi, elle-même un organe cible.
2) En thérapeutique, la prescription est ciblée par les manifestations pathologiques.
3) En toxicologie, la cible est constituée par les organes sensibles à la substance concernée.
Ainsi les drogues illicites sont actives sur les structures encéphaliques.
4) En entomologie médico-vétérinaire, il s’agit d’une espèce d'insecte ou d'acarien d'importance médicale contre laquelle est dirigée une action de lutte.
Ainsi, un traitement insecticide doit être dirigé contre un insecte vecteur mais ne doit pas se montrer toxique pour les espèces non cibles.
5) En infectiologie, il s'agit d'une espèce de bactérie ou de parasite contre laquelle est dirigé un traitement antibactérien, antiparasitaire ou antifongique.
Un tel traitement ne doit pas affecter les espèces non cibles comme celles qui composent les différents microbiotes.
6) En génétique, un gène cible est l’objet d’une manipulation génétique.

[C2, D1, G4, G5, Q1]

Édit. 2019

cellules souches à potentiel étendu l.f

expanded potential stem cell (EPSC)

Cellules souches dérivées du blastomère à 8 cellules ou obtenues par conversion de cellules souches embryonnaires ou de cellules pluripotentes induites, capables de se différencier à la fois en cellules de l’ensemble des organes de l’embryon et en cellules de ses annexes (placenta, sac vitellin).
A la différence des cellules souches embryonnaires et des cellules souches pluripotentes induites qui sont pluripotentes, les EPSC sont totipotentes. Elles ont été obtenues chez la souris en cultivant des oeufs fertilisés au stade initial de 4 à 8 cellules à la différence des cellules embryonnaires obtenues au stade plus avancé de blastocyte (50 à 100 cellules). Il a été également possible de reprogrammer des cellules embryonnaires et des cellules pluripotentes induites en EPSC.

cellules souches

anticorps cytotoxique l.m.

cytotoxic antibody

Anticorps dirigé contre un épitope de molécule membranaire de cellules cibles dont la fixation peut entraîner la lyse des cellules cibles par activation du système du complément ou par mise en jeu de cellules cytotoxiques dépendant des anticorps (ADCC).

cytotoxicité, apoptose

cellules rénales intercalaires n.f.p.

intercalated cells

Cellules présentes dans le tube connecteur et le canal collecteur cortical et médullaire du néphron distal de deux types différents, les cellules intercalaires A (ou alpha) sécrétrices de protons et les cellules intercalaires B (ou bêta) sécrétrices de bicarbonate.
Les segments distaux du néphron (tubes connecteur et collecteur) comportent trois types cellulaires : les cellules principales pour 70% environ et les cellules intercalaires de type A et de type B respectivement pour 20% et 10% environ.
Les cellules de type A sécrètent des protons au pôle apical via la HK ATPase qui échange les ions H+ et K+. Les cellules de type B sécrètent les bicarbonates via un échangeur Cl- / HCO3 , la pendrine. Les cellules de type A sont pourvues de structures tubulovésiculaires qui bombent dans la lumière tubulaire. Leur membrane apicale est différenciée en microvillosités ou en en microplicatures. Leur nombre et la surface de leur membrane apicale augmentent dans des situations d'acidose respiratoire ou métabolique.
Les cellules de type B apparaissent plus sombres en microscopie optique ou électronique en raison d’une plus grande densité en mitochondries ; d’où leur autre nom de cellules sombres (dark cells). C'est leur nombre que J. Hagège et G. Richet ont vu augmenter lors de l'alcalose métabolique.
Les cellules A et B sont considérées comme deux aspects différents d’un même type cellulaire qui acquièrent des caractères propres et dont le nombre respectif varie en fonction de l’état acidobasique du milieu. Des formes intermédiaires entre ces deux types peuvent être occasionnellement observées dans des situations métaboliques instables ou lors de changements rapides de l'équilibre acidobasique.

J. Hagège et G. Richet, membre de l’Académie nationale de médecine, médecins néphrologues français (1970)

pendrine

cellules souches l.f.p. (CS)

stem cell

Cellules animales ou humaine qui possèdent les capacités de prolifération, d'autorenouvellement et de différenciation et qui sont à l'origine de lignées cellulaires différenciées.
Leur capacité d'auto-renouvellement conduit à une forme d’immortalité. Leur totipotence, caractérise leur possibilité de se différencier en cellules matures de toute nature (cellules mésenchymateuses, épithéliales et autres).
Les sources et dénominations des C.S. sont nombreuses. On distingue :
1° les cellules embryonnaires totipotentes, ouvrant sur toutes les destinées, présentes dans l’œuf, au stade de huit cellules ;
2° les CS multipotentes, à partir de 16/32 cellules (stade dit de « morula ») donnant naissance d’une part au tissu trophoblastique placentaire et à des cellules embryonnaires primitives, ouvrant sur l’endoderme primitif et sur l’épiblaste destiné à former les trois feuillets embryonnaires (ectoderme, endoderme, mésoderme) ;
3° les CS pluripotentes, ou à différenciation restreinte, du blastocyste au fœtus. A l’âge
adulte, ces cellules persistent en nombre réduit dans certains tissus (épithélium malpighien, foie, tubule rénal etc.) et sont souvent nommées « cellules de réserve » ;
4° les CS induites ou I.P.S. (Induced Pluripotent Stem Cells) ou I.M.P.S. (Induced Multipotent Stem Cells), obtenues sur des cellules adultes par « reprogrammation génétique » par transfert nucléaire et l’acquisition de certains facteurs de transcription (OCT4, SOX2, NANOG,  MYC …)
Les CS sont éphémères et sensibles à la présence ou à l’absence de certains facteurs de croissance. Leur culture est difficile à maîtriser. Injectées à la souris, elles meurent ou peuvent donner naissance à une tumeur multitissulaire, nommée tératome, reproduisant dans le désordre les feuillets de l’embryon et, le cas échéant, dans les formes malignes, des ébauches placentaires, cellules trophoblastiques ou (et) vitellines.
Les CS ne possèdent pas de marqueur immunologique. Seules les CS à vocation hématopoïétique sont C.D. 34+. Les propriétés d’auto renouvellement et les multiples potentialités de différenciation suscitent des espoirs thérapeutiques que les lois éthiques et leur avenir incertain freinent.

[A2]

Édit. 2019

rétine n.f.

retina (TA)

retina

Tunique interne, nerveuse, de l’œil comprenant une partie postérieure, la partie optique de la rétine, seule capable de recevoir les impressions lumineuses et une partie antérieure, la partie aveugle de la rétine qui comprend la partie ciliaire de la rétine séparée de la partie optique par l’ora serrata et qui se prolonge en avant par la partie irienne de la rétine.
Les éléments essentiels de la partie optique de la rétine sont les cellules sensorielles (cellules visuelles à bâtonnet et cellules visuelles à cône), les cellules nerveuses bipolaires jouant un rôle de neurones sensitifs périphériques et les cellules nerveuses multipolaires, homologues de noyaux gris du névraxe, représentant des neurones sensitifs centraux. La partie optique de la rétine comprend donc dix couches qui sont, en allant de la profondeur à la superficie : la couche pigmentaire de la partie optique de la rétine, constituée par une assise unique de cellules polyédriques et dont la partie interne est découpée en franges chargées de pigments (tapetum nigrum) ;
l’ensemble des neuf couches suivantes qui constitue la couche nerveuse de la rétine et qui comprend : la couche des segments externes et internes de la rétine ; la couche limitante externe, membrane mince, fenêtrée, dont la face externe émet des prolongements filamenteux qui entourent la base des cônes et des bâtonnets ; la couche nucléaire externe, formée par le corps des cellules visuelles ; la couche plexiforme externe; la couche nucléaire interne, formée par trois types de cellules (cellules horizontales, cellules bipolaires et spongioblastes) ; la couche plexiforme interne ; la couche ganglionnaire dont les axones constitueront le nerf optique ; la couche des fibres nerveuses, constituée de fibres nerveuses et d’éléments névrogliques  et dont l’épaisseur augmente en allant de l’ora serrata vers la papille optique ; la couche limitante interne, membrane mince en rapport avec le corps vitré. La région centrale de la partie optique de la rétine présente une dépression, la fovea centralis. A l’endroit de pénétration (ou de sortie) du nerf optique la partie optique de la rétine est réduite à quelques petites cellules névrogliques (disque du nerf optique – punctum cæcum).

partie aveugle de la rétine, ora serrata, partie optique de la rétine, disque du nerf optique, macula lutea, tapetum nigrum

[A1,P2]

Édit. 2017

voies de conduction optique l.f.p.

tractus opticus
optic, visual tracts
Voies qui assurent l'acheminement des sensations visuelles de la rétine au cortex cérébral et qui comprennent, à partir de la rétine : la voie primaire formée par  le nerf optique, le chiasma optique, la bandelette optique, un relais dans le corps genouillé latéral, les radiations optiques (voies optiques intracérébrales) vers le cortex occipital et des prolongements secondaires vers les aires de reconnaissance du cortex occipito-pariétal et occipito-temporal.
Les cellules sensorielles, cônes et bâtonnets, envoient leurs informations aux cellules ganglionnaires par l’intermédiaire des cellules bipolaires. Les axones issus des cellules ganglionnaires se regroupent à la papille pour former le nerf optique (IIème paire crânienne) qui traverse le canal optique. Les deux nerfs droit et gauche se rejoignent au dessus de la partie antérieure de la selle turcique pour former le chiasma optique où se produit le croisement (décussation) sur la ligne médiane des axones qui proviennent de la région nasale de la rétine. Les axones provenant des régions temporales de la rétine ne croisent pas et restent homolatéraux. Ainsi les informations provenant du champ visuel droit sont dirigées vers l’hémisphère gauche et vice versa.
Les axones issus des angles postérieurs du chiasma forment les bandelettes optiques (ou tractus) qui atteignent les corps genouillés latéraux (CGL, partie du thalamus). Les cellules du CGL sont réparties en six couches. Les fibres issues des cellules ganglionnaires de grande taille (type M) de la rétine périphérique forment des synapses avec les grandes cellules des couches 1 et 2 ; celles-ci, avec leurs axones, forment le système magnocellulaire (5% des fibres). Les couches 3 à 6 formées de petites cellules reçoivent les axones issus de cellules P de la rétine et forment le système parvocellulaire (90% des fibres). Des cellules très petites forment la couche ventrale K (koniocellulaire) du CGL; elles reçoivent les axones de cellules ganglionnaires connectées aux cônes de type B (bleu).
 Les axones issus du CGL forment les radiations optiques de Gratiolet qui, à travers la substance blanche, se dirigent vers le cortex occipital et aboutissent à l’aire visuelle primaire V1 du cortex strié (ex aire 17 de Brodmann), de part et d’autre de la scissure calcarine à la face axiale du lobe occipital. Les fibres provenant de la macula par l’intermédiaire du CGL aboutissent à la partie toute postérieure du cortex strié.
A partir de V1 les informations visuelles se propagent aux aires extra-striées V2 à V5, aires d’intégrations, avec deux voies principales : la voie dorsale ou occipito-pariétale vers le cortex pariétal, spécialisé dans la localisation spatiale et le mouvement et la voie ventrale, occipito-temporale pour la reconnaissance des formes, des objets et de la couleur.
Les aires visuelles occipitales correspondent approximativement aux aires rétiniennes (organisation rétinotopique) sans proportionnalité. 

L. P. Gratiolet, anatomiste et zoologiste français (1854) ; K. Brodmann, anatomiste et neurologue allemand (1905 et 1908)

Syn. voies optiques

cellule ganglionnaire, corps géniculé latéral (CGL), chiasma optique, cortex visuelaire V1, aires visuelles, koniosystème, magnosystème, parvosystème, lobe occipital, voie dorsale, voie ventrale, organisation rétinotopique

carcinogenèse n.f.

carcinogenesis

Processus de transformation néoplasique, progressive des cellules, et d’induction de cancer, par des facteurs ou agents carcinogènes qui peuvent être des substances chimiques, des radiations, des virus oncogènes.
On distingue deux stades dans la carcinogénèse : 1) l’initiation, insuffisante à elle seule à former une tumeur, répond à l’exposition des cellules à une dose appropriée d’agents carcinogènes dits initiateurs qui altèrent de façon permanente l’ADN de ces cellules cibles, lesquelles en gardent la mémoire même plusieurs mois après l’application de l’initiateur : l’agent initiateur est mutagène ; 2) la promotion, non tumorigène par elle-même répond à l’induction de tumeur dans les cellules déjà initiées par le processus précédent, mais qui ne sont pas tumorales en elles-mêmes ; ces cellules initiées sont sensibles à l’action des promoteurs et donnent naissance à des tumeurs lorsqu’elles sont stimulées par ces agents promoteurs de façon appropriée. Contrairement aux agents initiateurs, les agents promoteurs ne lèsent pas l’ADN. Les agents chimiques initiateurs impliqués dans la carcinogénèse peuvent appartenir à deux catégories, suivant qu’il s’agit de composés agissant directement, les carcinogènes, ne nécessitant pas de transformation chimique pour être actifs, ou de composés agissant indirectement, les procarcinogènes, nécessitant une conversion métabolique in vivo pour produire des carcinogènes capables de transformer les cellules.

Étym. gr. karkinos : cancer ; genesis : génèse

Syn. cancérogenèse

[F2]

hormones thyroïdiennes l.f.

thyroid hormone, iodothyronines (T3, T4), calcitonine (CT)

Les cellules vésiculaires de la thyroïde élaborent les iodothyronines dont les formes circulantes actives sont constituées par la thyroxine (T4 ou tétraiodothyronine) et la T3 (ou triiodothyronine) qui développent des effets ubiquitaires. Une autre hormone, la calcitonine, produite par les cellules parafolliculaires (cellules C), possède un rôle physiologique modeste.
Les iodothyronines se constituent à partir de l’iode, capté par les cellules folliculaires, oxydé, et immédiatement transformées en iodotyrosines (MIT et DIT). Leur couplage conduit à la formation de T3 et T4 qui sont des iodothyronines, constituées de 2 cycles phénols réunis par un pont diphényléther liant 3 ou 4 atomes d’iode (celui-ci constitue 70% du poids molécilalaire de la T4). Les hormones ainsi fomrées au pôle apical des cellules vésiculaires sont stockées au sein de la thyroglobuline (Tg) qui est le constituant essentiel de la colloïde. L’internalisation de la Tg puis sa digestion enzymatique pas les lysosomes permet la libération des hormones dans le sang circulant au pôle poséro-basal. Les hormones se lient à des protéines de transport (TBG, TBPA, albumine) et seule une très faible quantité d’homones libres exerce leur action au niveau des tissus cibles. Celle-ci est permise par pénétration transmebranie active grâce à des transporteurs (OATP, MCT10 et 8) puis liaison aux récepurs nucléaires TR et TR. La métabolisation homronale implique des désiodases de type 1, 2 ou 3 qui constituent des facteurs d’activation ou d’inactivation. La régulation de la production des hormones thyroïdiennes implique particulièrement la TSH et la charge en iode. Les iodothyronines sont fortement impliquées dans le développement statural, la production de chaleur ; globalment elles accèlèrent l’activité et des tissus et des des organes (cœur, intestin, cerveau, muscle, os…)
La calcitonine est un polypeptide de 32 aminoacides, sécrété par les cellules C, aussi par d’autres celules normales ou tumorales. En aigu, elle est susceptible de bloquer la résoption osseuse, de réduire le degré des hypercalcémies. Elle est utisée aussi pour le traitment des algoneurodystrophies. L’accroissement franc du taux circulant de la CT est un marqueur diagnostique et pronostique précieux des cancers médullaires de la thyroïde. Un accroissement discret s’observe aussi du fait du tabagisme, de l’obésité, de l’insuffisance rénale, de l’auto-immunité antithyroïdienne et au cours des pseudohypoparathyroïdies.

Étym. gr. hormaô : j'excite

T3, T4, calcitonine, exploration fonctionnelle de la thyroïde

[O4]

cancer bronchique à grandes cellules l.m.

giant cells indifferencied bronchial carcinoma

Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires, il comporte plusieurs sous-types : carcinome neuro-endocrine à grandes cellules (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore carcinome à grandes cellules claires.
On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. De telles cellules peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des cancers bronchiques non à petites cellules.

Syn. carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules.

cancer bronchique, carcinome basaloide, carcinome épidermoïde

[F2,K1]

champ récepteur l.m.

receptive field

Étendue de l'espace dans laquelle un stimulus module l'activité électrique d'une cellule enregistrée par une technique neurophysiologique.
L'étude des champs récepteurs consiste à préciser les modalités du stimulus qui influent sur la réponse comme p. ex. sa localisation dans l'espace, sa structure spatiale en termes de forme, d'extension, de texture, d'orientation et de mouvement, son contraste, sa luminance, sa composition chromatique. Depuis la description initiale, la notion de champ récepteur a évolué pour inclure les influences exercées sur l'activité de la cellule par des stimulations présentées dans la périphérie du champ récepteur proprement dit. Ces dernières ne sont pas suffisantes pour déclencher des potentiels d'action mais peuvent moduler le taux de décharge, en général en l'inhibant.
Le champ récepteur des cellules ganglionnaires de la rétine et du corps géniculé latéral est constitué de deux zones, antagonistes et concentriques : le centre et le pourtour. On parle de champs récepteurs circulaires concentriques. Dans le corps géniculé latéral, ces cellules ne répondent qu'à la stimulation d'un seul œil, elles sont dites monoculaires.
Le champ récepteur des cellules rétiniennes ou géniculées est caractérisé par ses dimensions, la répartition des zones répondant à l'illumination ou à l'extinction, la latence de la réponse, la linéarité de la réponse en fonction de la position du stimulus, sa sensibilité au contraste et à la composition chromatique du stimulus.
Le champ récepteur des cellules des aires V1 ou V2 est constitué d'une mosaïque de zones dont la stimulation individuelle modifie le taux de décharge de la cellule soit lors de l'illumination (zones ON), soit lors de l'extinction (zones OFF), parfois dans les deux circonstances (zones ON-OFF). Le champ récepteur des cellules de l'aire V1 est caractérisé par l'organisation simple ou complexe des zones qui le constituent, l'orientation du stimulus qui déclenche la réponse la plus vigoureuse (orientation préférée), la fréquence spatiale la plus élevée qui est détectée (résolution spatiale). On peut ajouter à cette liste la sensibilité au mouvement et la résolution temporelle. Ces cellules répondent plus ou moins à la stimulation de chaque œil, ce qui définit leur classe de binocularité. On dit qu'elles appartiennent à une classe de dominance oculaire.
La distribution dans l'espace des zones ON et OFF permet de reconnaître plusieurs catégories de champs récepteurs. Les zones ON et OFF des cellules simples sont groupées formant des plages adjacentes. Les zones ON et OFF des cellules complexes n'obéissent pas à une règle de groupement et se chevauchent.
Dans la couche IV de l'aire V1 les champs récepteurs des cellules qui reçoivent les axones de projection du corps géniculé latéral n'ont pas d'orientation préférée et conservent la plupart des caractéristiques des cellules de cette structure. On les dit "non orientées".

dominance oculaire, cellule simple, cellule complexe, rétinotopie

[B1,C2]

cancer broncho-pulmonaire à grandes cellules l.m.

Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires non à petites cellules (CBNPC), il comporte plusieurs sous-types : cancer neuro-endocrine à grandes cellules dits ou non composites (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche de celui des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore cancer à grandes cellules claires. On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. Les cellules de ce type de cancer peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des CBNPC.

Syn. cancer broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules.

cancer broncho-pulmonaire primitif

[A2, A3, B2, F2, K1, K3 ]

Édit. 2020

optogénétique n.f.

optogenetics

Science consistant à insérer un gène codant pour une protéine photosensible dans des cellules afin d’ inhiber ou activer des fonctions biologiques par exposition à la lumière.
Les cellules cibles sont le plus souvent des cellules du système nerveux. Le gène est inséré en utilisant un virus comme vecteur. Les cellules sont exposées directement ou la lumière acheminée via des fibres optiques lorsqu’on s’intéresse à des zones profondes. Cette technique en plein développement a été utilisée pour améliorer la vision chez des souris atteintes de rétinite pigmentaire. L’insertion d’un gène codant pour une protéine photosensible dans les cellules de la rétine restaure partiellement la vision.

rétinite pigmentaire

[Q1,C3,P2]

Édit. 2017

cellule spumeuse l.f.

foam cell, foamy cell

Cellule dont le cytoplame présente de petites vacuoles claires, sans préjuger de leur contenu lipidique, glucidique, mucineux, etc.
Ces cellules sont le plus souvent des macrophages ou des cellules musculaires lisses de la média artérielle contenant dans leurs vacuoles distendues des esters de cholestérol, sous la forme de gouttelettes soudanophiles. Dans les plaques d’athérosclérose, ces cellules sont groupées autour du cœur lipidique de la lésion. La transformation spumeuse des macrophages est en partie sous la dépendance d’une voie particulière de captation et de métabolisme des lipides, le système éboueur.
La transformation spumeuse des cellules musculaires artérielles n’est pas encore expliquée de manière aussi claire.
Les cellules spumeuses sont communément observées dans l’intima artérielle longtemps avant l’existence de la plaque d’athérosclérose. Leur présence caractérise le type I, vu chez le nouveau-né et le nourrisson quand elles sont éparses et le type II chez l’enfant et l’adolescent quand elles sont groupées en amas.
Dans les xanthomes, existent des cellules histiocytaires mononuclées, appelées cellules de Chambard, souvent de grande taille, remplies de microvacuoles lipidiques donnant au cytoplasme un aspect clarifié dû à la dissolution des graisses lors des techniques histologiques d’inclusion. Sur des coupes faites en congélation, le contenu de ces très fines vacuoles peut toutefois être coloré par le rouge Soudan. Avec ou sans les cellules de Touton, les cellules de Chambard constituent la partie la plus importante de l’infiltrat des xanthomes.
Le terme cellule spumeuse de Virchow a été attribué aux histiocytes du granulome de la lèpre lépromateuse.
Dans la vésicule biliaire, la surcharge des macrophages sous-muqueux entraîne une cholestérolose

K. Touton, dermatologue allemand (1885) ; R. Virchow, pathologiste allemand (1863)

Étym. lat. spume : écume

Syn. cellule xanthomateuse, cellule lipophagique, lipophage, cellule spumeuse

athérosclérose (classification des lésions d'), stries graisseuses, système éboueur, xanthomes, Touton (cellule de), Virchow (cellule de), lèpre lépromateuse, cholestérolose, Chambard (cellule de), achalasie, tumeurs stromales gastro-intestinales

[A2,K4]

cellules souches pluripotentes induites l.f.

induced pluripotent stem cells (IPS)

Cellules souches pluripotentes, capables de se transformer dans toutes les variétés de cellules du corps humain, obtenues directement à partir de cellules adultes par l’apport exogène de facteurs de transcription sous forme de gènes ou de protéines, pouvant être ensuite reprogrammées en différents types cellulaires.
La création d’IPS à partir de fibroblastes essentiellement, mais également d’autres types cellulaires, est obtenue habituellement par la transduction de gènes reprogrammants dont les plus utilisés sont Oct4, Sox2, KIf4 et c-Myc. La transduction utilise des rétrovirus ou des lentivirus avec le risque d’insertion dans le génome de facteurs favorisant la tumorigenèse. Ce risque disparaît si des protéines sont transduites en utilisant des techniques leur permettant de traverser la membrane cellulaire. L’efficacité des processus de reprogrammation qui est faible peut être stimulée par l’emploi de différentes molécules agissant sur la chromatine. Le processus de reprogrammation fait intervenir des microARN qui modifient l’expression des gènes. Les critères de pluripotence des iPS sont les mêmes que ceux des cellules souches embryonnaires : auto-renouvellement illimité, formation de corps embryoïdes in vitro et de tératomes après injection chez la souris, obtention de souris chimériques après injection dans un blastocyste ; néanmoins, les capacités de différenciation en un tissu donné ne sont ni constantes ni identiques d’une lignée à l’autre. Ce type de cellules présente potentiellement plusieurs avantages importants : origine non embryonnaire, possibilité d’établir une lignée spécifique d’un sujet ou d’un patient et donc absence de réaction immunitaire en cas d’utilisation thérapeutique et, enfin, préparation de cellules de maladies héréditaires impossibles à obtenir chez le malade (cellules cérébrales de sujets atteints de Maladie de Huntington).Des essais thérapeutiques ont été réalisés par injection de cellules souches afin de coloniser des organes envahis par la fibrose et création, par culture de cellules souches sur une matrice, d’organes artificiels transplantables.

cellules souches

greffe de cellules souches hématopoïétiques l. fém.

Transfusion de cellules souches hématopoïétiques du sang circulant par cytaphérèse recueillies après stimulation par des facteurs de croissance.
Cette méthode introduite dans les années quatre-vingt-dix remplace le prélèvement médullaire des cellules souches hématopoïétiques Pour une greffe de cellules souches du sang périphérique, les cellules souches sont récupérées dans le sang du donneur. Le sang du donneur passe au travers d'une machine qui ne garde que les cellules souches et réinjecte le reste du sang dans la circulation sanguine du donneur. Les cellules souches ainsi récupérées sont filtrées en vue de leur administration au receveur par perfusion. Si les cellules souches sont prélevées en prévision d'une greffe autologue, on peut les congeler et les conserver pour un usage ultérieur.
Il est important de signaler que depuis les années 90 la transplantation des cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse a été remplacée par celle des cellules souches hématopoïétiques circulantes prélevées par cytaphérèse après stimulation par des facteurs de croissance.

greffe de cellules souches hématopoïétiques

organe spiral l.m.

organum spirale (TA)

spiral organ

Organe sensoriel de l’audition qui repose sur la membrane spirale du conduit cochléaire.
C’est un épaississement différencié de l’épithélium de la membrane basilaire au sein duquel on distingue des cellules de soutien et des cellules sensorielles.  Les cellules de soutien sont constituées par les piliers de l’organe spiral qui délimitent le tunnel de l’organe spiral, et des cellules de soutènement, les cellules de Deiters et les cellules de Claudius. Les cellules sensorielles auditives ciliées de l’organe spiral sont disposées en une seule rangée en dedans du tunnel de l’organe spiral et en quatre rangées en dehors ; elles sont supportées par les cellules de Deiters. Les cils du pôle supérieur des cellules sensitives auditives s’encastrent dans les mailles de la membrane réticulée de l’organe spiral et entrent en rapport avec les pertuis de la membrana tectoria du conduit cochléaire.

Étym. gr. organon : instrument de travail, organe

Syn. anc. organe de Corti

piliers de l'organe spiral, tunnel de l'organe spiral, cellules de Deiters, cellules de Claudius, membrana tectoria du conduit cochléaire

Édit. 2017

doppler puissance l.m.

power doppler sonography

Mode de détection des flux sanguins en chaque point d'une image : un traitement approprié du signal doppler permet de présenter sur l'écran uniquement les cibles mobiles (hématies).
Dans ce mode, l'échelle de couleur ne code pas la vitesse mais l'énergie des échos provenant de ces cibles mobiles.
Cette technique privilégie la sensibilité afin de mieux étudier les parois vasculaires, les sténoses, les plaques d'athérome etc., sans analyser la direction ni la vitesse du flux sanguin.

Syn. doppler énergie

récepteur X des rétinoïdes l.m.

Récepteur nucléaire s’associant avec d’autres récepteurs nucléaires après fixation de leurs ligands pour activer la transcription de gènes cibles.
Le récepteur X des rétinoïdes forme des complexes avec le récepteur de l’acide rétinoïque, le récepteur de la 1,25-dihydroxy-vitamine D (ou calcitriol), le récepteur des hormones thyroïdiennes ou les récepteurs activés par les proliférateurs de péroxysomes (PPAR), après fixation de leurs ligands respectifs. Ces complexes se fixent sur les régions promoteurs des gènes cibles pour activer leur transcription.

Sigle RXR

vitamine D, acide rétinoïque, hormones thyroïdiennes, récepteur activé par les proliférateurs de péroxysomes

[C3, Q1]

Édit. 2018

stimulation cérébrale profond e l.f

deep brain stimulation

Application d’un courant à haute fréquence (100-120 Hz) sur la structure cérébrale génératrice de dysfonctionnements moteurs ou de troubles psychiatriques afin d’annihiler son activité anormale.
La thérapie par stimulation cérébrale profonde des mouvements anormaux vise des cibles variées :noyau sous-thalamique pour la maladie de Parkinson avec akinésie et hypertonie et noyau inter-ventral intermédiaire du thalamus pour sa forme trémorigène, globus pallidus internalis pour les dyskinésies et dystonies.
La stimulation cérébrale profonde est aussi utilisée en psychiatrie avec ses propres cibles : noyau accumbens et bras antérieur de la capsule interne pour le trouble obsessionnel compulsif et les dépressions graves.
Les indications de la méthode se sont étendues aux épilepsies pharmaco-résistantes (thalamus antérieur et noyau centro-médian du thalamus), addictions graves (noyau accumbens), comportement violent (hypothalamus postéro-médian) et douleurs résistantes aux traitements (noyaux ventro-postérieur et latéral du thalamus).
Si la neurostimulation est souvent efficace, son mécanisme d’action n’est pas complètement élucidé. De même, ses effets à long terme restent à préciser.
La neurostimulation nécessite l’introduction intra crânienne d’électrodes. Les travaux en cours cherchent à leur substituer des puces ou nano-objets positionnés dans les structures constituant de véritables prothèses ou des techniques de stimulation transcrânienne.

[H1]

Édit. 2018

hématopoïèse n.f.

hematopoiesis

Processus physiologique assurant le renouvellement continu et régulé des cellules sanguines.
Au cours de l'ontogénèse, l'hématopoïèse a lieu transitoirement dans le foie et la rate, puis uniquement dans la moelle osseuse chez l'Homme adulte ; chez les rongeurs et dans certaines pathologies humaines, la rate conserve son activité hématopoïétique.
L'hématopoïèse se développe à partir d'un petit nombre de cellules souches pluripotentes et de toute une hiérarchie de cellules souches à haut pouvoir de renouvellement capables de reconstituer toutes les lignées sanguines. Toutes les étapes de la différenciation cellulaire sont régulées par des facteurs de croissance hématopoïétiques qui favorisent la survie et la prolifération des cellules cibles et par des inhibiteurs qui assurent la régulation négative de l'hématopoïèse. Plusieurs théories tentent d'expliquer les mécanismes responsables de l'hématopoïèse : théorie déterministe, théorie instructive et théorie stochastique.

Étym. gr. haïma : sang, poïein : faire

[F1]

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