Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bloc n.m.

block

Dans le langage médical, le bloc désigne soit une interruption (dans la transmission d’un message, d’un influx, d’un flux sanguin ou humoral, d’une cascade synthétique …..), soit un ensemble compact (de locaux, de pièces osseuses…).
Cette dualité reflète la double origine étymologique et historique du mot (cf. infra).

Étym.  : 1 angl. block: obstruction, 2 néerl. blok : tronc d’arbre abattu

blocs de la conduction cardiaque, bloc alvéolocapillaire, bloc hépatique, bloc neuromusculaire, bloc anesthésique, blocs enzymatiques, bloc opératoire, bloc vertébral

Édit. 2017

bloc alvéolocapillaire l.m.

alveolar capillary block

Ensemble des éléments qui s'opposent à la diffusion normale des gaz entre l'alvéole et le capillaire pulmonaire.
Les pathologies interstitielles, en particulier au stade de fibrose, sont à l'origine de telles anomalies avec pour conséquence une diminution de la capacité de diffusion associée à une hypoxémie normocapnique (du moins tant que la fibrose n'est pas trop évoluée).

Syn. blocage alvéolocapillaire

Édit. 2017

bloc anesthésique de nerf ou de plexus l.m.

nerve or plexus block

Technique d'anesthésie régionale par injection d'un anesthésique local au contact des gaines d'un nerf, d'un tronc ou d'un plexus nerveux.

brachial (bloc du plexus), Gasser (bloc du ganglion de)

Édit. 2017

bloc atrioventriculaire (BAV) l.m.

atrioventricular block

Trouble permanent ou paroxystique de la conduction de l'onde d'excitation du myocarde, cheminant des oreillettes vers les ventricules, par ralentissement ou interruption, secondaire à une altération organique ou fonctionnelle du tissu spécifique de conduction, qui peut amener un ralentissement de la fréquence cardiaque, voire un arrêt cardiaque (syndrome de Stokes-Adams).
On distingue plusieurs degrés de BAV. Le 1er degré est caractérisé par un allongement fixe de la conduction auriculoventriculaire, avec sur l'ECG un espace PR supérieur à 0,20 s. Le deuxième degré (BAV2) se subdivise en type Mobitz I et Mobitz II. Le BAV2 de type Mobitz I est caractérisé par un allongement progressif du temps de conduction auriculoventriculaire sur 3 ou 4 complexes, jusqu'à la venue d'une onde P (auriculaire) qui ne parvient plus au ventricule encore en dépolarisation («onde P bloquée»). Ce rythme, dit de Luciani-Wenckebach, ne ralentit que faiblement la fréquence cardiaque et n'entraîne pas de trouble de conscience. Le BAV2 de type Mobitz II est caractérisé par un blocage fixe de la conduction auriculoventriculaire qui peut survenir une fois sur deux (BAV2/1), deux fois sur trois (BAV3/1), etc. A l'extrême, la succession d'ondes P non suivies de réponses ventriculaires aboutit en quelques secondes à un arrêt cardiaque qui peut être mortel s'il se prolonge. Le BAV3 ou dissociation auriculoventriculaire est responsable du «pouls lent permanent».
Le BAV de type Mobitz II et le BAV3 sont dits de «haut degré» (par opposition aux précédents qui ne comportent pas de risque vital), la fréquence basse qui les caractérise ne permet pas toujours une irrigation suffisante des «tissus nobles», du cerveau, en particulier.
Selon le siège du trouble de conduction par rapport à la jonction auriculoventriculaire, on distingue les blocs sus- ou suprahissiens et les blocs hissiens, à QRS fins, et les blocs infrahissiens à QRS larges. Certains BAV sont transitoires, d'autres permanents.
Les BAV sont le plus souvent secondaires à un processus de fibrose des voies de conduction (BAV «dégénératifs»). Parmi les causes reconnues de BAV, il faut citer l'infarctus du myocarde, les cardiomyopathies, certaines maladies infectieuses, les suites de chirurgie cardiaque, une action médicamenteuse (traitement par β-bloquant ou digitalique).
Le pronostic des BAV de haut degré a été radicalement transformé par l'entraînement électrosystolique, temporaire dans les BAV transitoires, définitif dans les BAV permanents.

W. Mobitz, médecin interniste allemand (1889-1951) ; K. F. Wenckebach, médecin interniste autrichien (1864-1940)

Édit. 2017

bloc axillaire l.m.

axillary block

Technique d'anesthésie locorégionale du plexus brachial assurant l'anesthésie de ses principaux nerfs terminaux (radial, médian, ulnaire (cubital), musculocutané).
La ponction permettant l'injection de la solution anesthésique est faite, soit au niveau du creux axillaire, soit au niveau du canal huméral. La localisation des nerfs est facilitée par l'usage d'un stimulateur de nerf.
Le bloc axillaire autorise la chirurgie de la main et de l'avant-bras.

brachial (bloc du plexus)

Édit. 2017

bloc bifasciculaire l.m.

bifascicular block

Trouble de la conduction cardiaque intraventriculaire intéressant soit les deux faisceaux antérieur et postérieur de la branche gauche, soit l’un de ces deux faisceaux et la branche droite.

bibloc

Édit. 2017

bloc d'arborisation l.m.

parietal heart block

Trouble de la conduction électrique intraventriculaire intéressant le réseau terminal de Purkinje sous-endocardique.
Il peut être lié à une surcharge ventriculaire, ou à certaines dépressions myocardiques, mais le plus souvent, il est le témoin de lésions ischémiques étendues du myocarde.

Édit. 2017

bloc de branche l.m.

block of branch

Trouble de conduction intraventriculaire intéressant l'une des branches du faisceau de His : bloc gauche ou droit.
Le bloc de branche s'accompagne d'un retard de la déflexion intrinsécoïde supérieur à 0,03 seconde à droite et 0,05 seconde à gauche. Il peut être complet, traduit sur les dérivations périphériques de l'ECG par une durée de QRS égale ou supérieure à 0,12 seconde, ou incomplet en l’absence d'élargissement de QRS.
Les hémiblocs de branche gauche correspondent à des troubles conductifs dans l'une des branche de division de la branche gauche du faisceau de His : hémibloc antérieur gauche lorsque la lésion touche la branche antérosupérieure (ce qui se traduit sur l'ECG par une déviation axiale hypergauche de QRS), et hémibloc postérieur gauche lorsque la lésion touche la branche postéro-inférieure (ce qui se traduit sur l'ECG par une déviation axiale hyperdroite de QRS).
Les blocs de branche peuvent être «dégénératifs», par sclérose des voies de conduction ou secondaires à des cardiopathies de diverses natures.

Abrév. Abrév bloc de brance gauche : BBG et droit : BBD

Édit. 2017

bloc de branche bilatéral l.m.

bundle branch block

Trouble de conduction intraventriculaire cardiaque, intéressant les 2 branches du faisceau de His, parfois appelé bibloc.
Le bloc de branche bilatéral peut être bifasciculaire (atteinte de la branche droite et de l’un des deux faisceaux de la branche gauche), trifasciculaire (atteinte de la branche droite et des 2 faisceaux de la branche gauche) ou bitronculaire (atteinte des deux branches droite et gauche du faisceau de His) ; cette dernière variété équivaut à un bloc auriculoventriculaire complet.

Édit. 2017

bloc de branche fonctionnel l.m.

Syn. aberration ventriculaire

aberration ventriculaire

[K2]

Édit. 2016

bloc de conduction l.m.

conduction block

Défaut de propagation d'un potentiel d'action à un endroit localisé sur le trajet du nerf.
Réduction de l'amplitude ou de la surface du potentiel évoqué d'au moins 30% après stimulation proximale par rapport à la stimulation distale, à condition qu'il n'y ait pas de dispersion trop importante de la réponse : l'élargissement de celle-ci doit être inférieur à 15%. En pratique électromyographique, les blocs de conduction sont recherchés au niveau des fibres motrices. Ils sont caractéristiques des lésions démyélinisantes focales.
Par stimulation "haute" au-dessus de la lésion, l'amplitude et surtout la surface sont réduites par rapport à la stimulation "basse" au-dessous de la lésion. En cas d'absence de potentiel d'action global du muscle (PAM) par stimulation haute, on a un bloc de conduction dit complet. Le bloc complet est accompagné cliniquement par une paralysie du muscle où un PAM normal est recueilli par stimulation basse.
Certains processus démyélinisants segmentaires comportent des blocs de conduction multiples, soit moteurs purs, soit sensitivomoteurs, d'évolution prolongée. Il s'agit de formes cliniques de polyradiculonévrites démyélinisantes chroniques.

blocs de conduction (neuropathie focale avec), Uthoff (phénomène d')

Édit. 2017

bloc de la 3 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase l.m.

block of the 3β-hydroxysteroid dehydrogenase.

A. M. Bongiovanni, pédiatre américain (1962)

déficit en 3β-hydroxystéroïde déshydrogénase, Bongiovanni (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales

Édit. 2017

bloc de la 18-déshydrogénase ou 18-aldolase l.m.

block of 18deshydrogenasis deficiency or 18-aldolasis deficiency

S. Ulick, médecin endocrinologue américain (1978)

Ulick (syndrome), hyperplasie congénitale des surrénales, CYP11B2

Édit. 2017

bloc de la 20/22-desmolase l.m.

block of the 20-22 desmolase

A. Prader et H.P. Gurtner, médecins suisses (1955)

déficit en 20-22 desmolase, Prader et Gutner (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales

Édit. 2017

bloc de la 11 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase l.m.

block of the 11 β-hydroxysteroid deshydrogenasis.

déficit en 11 β-hydroxystéroïde déshydrogénase

Édit. 2017

bloc de la 3 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase l.m.

block of the 3β-hydroxysteroid dehydrogenase.

A. M. Bongiovanni, pédiatre américain (1962)

déficit en 3β-hydroxystéroïde déshydrogénase, Bongiovanni (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales

[O4]

Édit. 2017

bloc des nerfs honteux internes l.m.

pudendal analgesia

Infiltration des nerfs honteux internes qui permet d'obtenir une analgésie de la partie basse du vagin et du périnée.
Surtout réalisée avant de pratiquer un forceps ou une épisiotomie, permettant d'éviter une anesthésie générale, elle peut également constituer le complément d'une anesthésie péridurale au cours de laquelle des difficultés sont rencontrées pour étendre l'anesthésie vers les racines sacrées.

Édit. 2017

bloc du ganglion de Gasser l.m.

block of the trigeminal ganglion

J. Gasser, anatomiste autrichien (1723-1765)

Gasser (bloc du ganglion de)

Édit. 2017

bloc du plexus brachial l.m.

brachial plexus block B

Anesthésie locorégionale qui bloque le plexus brachial par l'action d'un anesthésique local.
Le plexus brachial assure la totalité de l'innervation du membre supérieur. Il est formé par les anastomoses des branches antérieures des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier nerf dorsal, le plexus brachial s'anesthésie par voie transcutanée sus- ou sous-claviculaire. Plusieurs techniques sont utilisées : sus-claviculaires (Kulenkampff, 1911), interscalénique (Winnie), sous-claviculaire par voie axillaire (principale voie utilisée).

D. Kulenkampff, chirurgien allemand (1911) ; A. P. Winnie, anesthésiologiste américain (1964)

axillaire (bloc)

Édit. 2017

bloc enzymatique partiel de la surrénale l.m.

partial adrenal enzymatic defect

Génopathie à transmission autosomique récessive fréquente, 1/10000 naissances environ, entraînant des déficits enzymatiques de la glande corticosurrénale, diminuant la biosynthèse du cortisol et entraînant des perturbations des minéralocorticoïdes et des androgènes surrénaliens.
Dans tous les cas, du fait du rétrocontrôle, le déficit en cortisol induit une hypersécrétion d'ACTH avec hyperplasie des surrénales et hypersécrétion de précurseurs, en particulier androgéniques.
La forme la plus fréquente est le déficit en 21-hydroxylase, 90% des cas, dont le gène est localisé sur le chromosome 6p proche du complexe majeur d'histocompatibilité. Plusieurs formes cliniques existent : forme majeure, avec perte de sel et risque de mort néonatale par collapsus ; forme virilisante pure avec ambigüité sexuelle néonatale ; forme mineure à révélation pubertaire avec puberté précoce ou hirsutisme ; formes cryptiques où les anomalies sont purement biochimiques.
Les autres enzymes concernées sont la 11-β-hydroxylase (chromosome 8) avec ambigüité sexuelle et forme hypertensive pour les formes majeures, puberté précoce et hirsutisme pour les formes mineures ; la 17-α-hydroxylase, 17, 20 lyase (chromosome 10) avec ambigüité sexuelle et hypertension ; la 3-β-hydroxystéroïde déshydrogénase isomérase permettant la conversion des stéroïdes de la voie δ5 en δ4 avec hirsutisme ; les autres formes sont rares ou létales.

Édit. 2017

bloc focal l.m.

intraventricular heart block

Trouble de la conduction cardiaque intraventriculaire n’intéressant qu’un des rameaux distaux du faisceau atrio-ventriculaire de His et limité à une zone restreinte d’une paroi ventriculaire dont l’activation est retardée.

Syn. bloc pariétal, bloc intraventriculaire

faisceau atrio-ventriculaire

Édit. 2017

bloc intraventriculaire l.m.

intraventricular heart block

Syn. bloc focal

bloc focal

Édit. 2017

bloc moteur palpébral l.m.

akinésie palpébrale

Édit. 2017

bloc opératoire l. m.

operating block

Enceinte dédiée à des actes à buts thérapeutique ou diagnostique, réalisés à ciel ouvert ou par voie endoscopique ou encore par ponction.
Ensemble des salles d'opération proprement dites et des moyens et locaux groupés autour d’elles.

Édit. 2017

bloc paracervical l.m.

paracervical block

Analgésie locorégionale qui a pour but d'interrompre l'influx nerveux du plexus et du ganglion hypogastrique inférieur formés de fibres sensitives issues de D11-D12 et L1.
Il est pratiqué au niveau des culs-de-sac utérovaginaux latéraux : l'aiguille est guidée par les doigts vaginaux et pénètre les culs-de-sac entre 3 et 4 heures et entre 8 et 9 heures. La durée de l'analgésie n'excède pas 90 minutes. Il expose à des complications maternofœtales non négligeables : hématome paracervical pouvant être à l'origine d'une neuropathie du plexus sacré, risque d'injection intravasculaire, de souffrance fœtale ; des cas de morts fœtales ont été rapportés. En raison de ces complications possibles, si cette technique est utilisée, la lidocaïne à 1% doit être préférée. Cette technique a désormais une place réduite dans l'analgésie obstétricale moderne.

Syn. bloc utérosacré

Édit. 2017

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