BCG (complications cutanées du) l.f.p.
cutaneous complications of BCG vaccination
Ensemble des manifestations dermatologiques pouvant, exceptionnellement, faire suite à une vaccination par le bacille de Calmette-Guérin, dont les unes sont liées à la technique d'inoculation et d'autres au terrain.
Certaines sont dites spécifiques : ulcération extensive, retard de cicatrisation, abcès sous-cutané résultant d'une injection trop profonde, adénite pouvant se fistuliser, développement d'un lupus tuberculeux in situ, voire bécégite généralisée grave chez les immunodéprimés. Des réactions cutanées non spécifiques peuvent s'observer : érythémateuse, papuleuse, urticarienne, etc. ; on range également dans ce cadre celles qui sont à type de tuberculide.
Syn. BCGite
→ BCG
Édit. 2017
BCG sigle m. pour Bacille de Calmette et Guérin
Calmette-Guérin vaccine
Souche atténuée de Mycobacterium bovis, le BCG est utilisé comme vaccin contre la tuberculose par voie intradermique.
Cette souche, atténuée par repiquages successifs (230 passages sur milieu à la pomme de terre, bilié et glycériné), a conservé un pouvoir immunisant et allergisant. Le BCG est une mycobactérie ayant les mêmes caractères morphologiques et culturaux que M. tuberculosis et les mêmes caractères biochimiques que M. bovis, mais ne provoque pas de tuberculose. Il peut provoquer des abcès loco-régionaux dans moins d’un cas pour 1000 vaccins et des BCGites chez les immunodéprimés (12 cas annuels en France). L'efficacité de ce vaccin a fait l’objet de controverses, mais à la suite de plusieurs études et méta-analyses il a été bien démontré que la protection conférée par le BCG, légèrement supérieure chez le nourrisson que chez l'enfant, est de l'ordre de 80 % pour les formes graves (miliaires et méningites) et de 55 % pour les formes pulmonaires. En France, la nouvelle politique vaccinale par le BCG prévoit une primo-vaccination uniquement par voie intradermique et l'abandon de la revaccination. L’obligation vaccinale a été suspendue en juillet 2007 pour les enfants et maintenue pour les personnes s'occupant d'enfants et les professionnels exposés à la contamination tuberculeuse. Elle est fortement recommandée dès le premier mois de vie et jusqu’à l’âge de 15 ans pour les enfants à risque élevé de tuberculose: enfant né dans un pays de forte endémie, enfant ayant des antécédents familiaux de tuberculose, enfants dont l’un des parents est originaire de ces pays ou devant y séjourner au moins un mois, enfant résidant en Ile-de-France ou en Guyane, ainsi que les enfants jugés, du fait de leur mode de vie, à risque d’exposition au bacille tuberculeux. L’intradermoréaction à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée à partir de l’âge de trois mois. L'administration du BCG entraîne une positivité de l'intradermoréaction à la tuberculine dans un délai de deux à trois mois.
Le BCG est par ailleurs un immunostimulant utilisé dans le traitement local de certains cancers de la vessie.
A. Calmette, bactériologiste français, C. Guérin, immunologiste français, membres de l'Académie nationale de médecine (1908)
→ tuberculose, BCG-thérapie endovésicale, BCG (complications cutanées du)
Édit. 2017
BCG-thérapie endovésicale l.f.
endovesical BCG-therapy
Immunothérapie par instillations endovésicales de BCG, destinée au traitement du carcinome in situ et des tumeurs superficielles récidivantes de vessie.
Des réactions aigües sont possibles : générales (fièvre) ou locales (cystite inflammatoire douloureuse, hématurie) ; la tuberculisation de la muqueuse vésicale a été observée de même que, plus rarement, une diffusion systémique.
María Ascención Pérez-Jacoiste Asín, infectiologue espagnole (2014)
→ BCG, carcinome in situ vésical
Édit. 2017
candidoses cutanées et unguéales l.f.p.
cutaneous and ungual candidiasis
Mycoses de la peau et des ongles qui comprennent les intertrigos et les onyxis ou les périonyxis à Candida.
Les intertrigos sont des lésions érythémateuses suintantes, recouvertes d’un enduit crémeux blanchâtre et siégeant au creux d’un pli qui est volontiers crevassé. On distingue les intertrigos des grands plis et les intertrigos digitopalmaires ou digitoplantaires. Les périonyxis et les onyxis s’observent essentiellement au niveau des mains. L’onyxis à Candida est précédé ou accompagné d’un péri-onyxis. Il touche au début la partie proximale, voire latérale, de l’ongle avant de gagner l’extrémité libre.
Étym. lat. candica : blanc
[D1,J1]
crêtes cutanées l.f.p.
cristae cutis (TA)
dermal ridges, papillary ridges
Saillies présentes à la surface de la peau, visibles surtout dans certaines régions, notamment la paume de la main et la plante du pied.
Elles sont dues aux papilles dermiques.
Syn. anc. crêtes dermiques, crêtes papillaires, papilles dermiques, papilles du chorion, papilles du derme
[A1]
Édit. 2015
dystrophie cornéenne épithéliale avec modifications cutanées et squelettiques l.f.
corneal dystrophy, epithelia ;l, with skin and skeletal changes
→ cornéodermato-osseux (syndrome)
entomophthoromycoses sous-cutanées l.f.p.
subskin entopophthoromycosis
[D1,D2,D4,J1]
Édit. 2018
glandes cutanées l.f.p.
glandulae cutis (TA)
Ensemble des glandes annexées à la peau et à ses constituants : glandes sébacées, glandes sudoripares …
Hodgkin (localisations cutanées de la maladie de) l.f.p.
skin lesions of Hodgkin's disease
Manifestations rares d’un lymphome hodgkinien caractérisées par des papules, des nodules, des plaques infiltrées ou des lésions ulcérées, uniques ou multiples, qui siègent habituellement sur le tronc, en particulier la face antérieure du thorax, plus rarement le cou et le cuir chevelu.
L'examen histologique, parfois d'interprétation difficile, montre un infiltrat polymorphe au sein duquel sont présentes de nombreuses cellules de Reed-Sternberg qui, bien que non spécifiques, sont indispensables au diagnostic.
[F1]
Édit. 2015
leucémies (manifestations cutanées des) l.f.p.
cutaneous manifestations in leukemia
Ensemble des lésions cutanées observées chez des malades ayant une hémopathie myéloïde ou lymphoïde.
Ces lésions sont classées en deux groupes qualifiés de spécifiques ou non spécifiques : les lésions spécifiques, sont définies par la présence d'un infiltrat hématopoiétique malin dans la peau et peuvent indiquer une gravité particulière du pronostic; les lésions non spécifiques s'observent de manière privilégiée chez des individus ayant une leucémie, mais leur examen histologique ne montre pas de cellules malignes : il peut s'agit p. ex. de dermatoses neutrophiliques, de vascularites, de nouures.
syndrome de Noonan avec manifestations cutanées l.m.
Ullrich-Noonan’s syndrome with skin eruptions
A. Verloes, généticien belge (1988); Jacqueline Anne Noonan, cardiologue pédiatrique américaine (1963)
Syn. cardio-facio-cutané (syndrome)
→ cardio-facio-cutané (syndrome), Noonan (syndrome de)
entomophthoromycoses sous-cutanées
l.f.p.
subskin entopophthoromycosis
[D1, J1]
Édit. 2020
achondroplasie (complications radiculo-médullaires de l') l.f.p.
radiculomedullary complications of achondroplasia
Chondrodystrophie génétique de transmission autosomique dominante, entraînant des anomalies squelettiques multiples : petite taille, dystrophies crâniennes et vertébrales.
Les anomalies vertébrales (courbures pathologiques, sténoses canalaires serrées, compliquées de lésions arthrosiques) sont responsables de myélopathie cervicale ou dorsale avec troubles sphinctériens et parfois syndrome de la queue de cheval.
Étym. gr. a : privatif ; chondros : cartilage plassein : former
[H1,H2,I,O1,Q2]
Édit. 2016
alcoolisme (complications neurologiques de l') l.f.p.
neurological complications of alcoholism
→ acropathie ulcéromutilante, atrophie cérébelleuse des alcooliques, atrophie cérébrale, démence, encéphalopathie hépatique, Gayet-Wernicke (encéphalopathie de), Korsakoff (syndrome de), Marchiafava-Bignami (maladie de), myélinolyse centrale du pont, neuropathie périphérique, névrite optique alcoolotabagique, polynévrite alcoolique, thiamine
[G3,G4,H1]
Édit. 2017
arthrose vertébrale (complications neurologiques de l') l.f.p.
neurologic complications of spinal arthrosis
Vieillissement des structures anatomiques discovertébrales, commune après la cinquantaine, qui peut être responsable de compressions radiculaires, médullaires et plus rarement vasculaires.
Les syndromes radiculaires sont des névralgies cervicobrachiales, des lomboradiculalgies sciatiques ou crurales, plus rarement une méralgie paresthésique radiculaire L2 ou L3, parfois une névralgie intercostale. La compression foraminale ou dans le trou de conjugaison peut être aggravée par un bourrelet ou une hernie discale.
Les syndromes médullaires sont l'apanage de la moelle cervicale : c'est la myélopathie cervicarthrosique, plus fréquente lorsque le canal cervical est congénitalement étroit.
Les compressions vasculaires : artères radiculomédullaire, vertébrale dans le canal transversaire, spinale antérieure, spinale postérieure, veines médullaires épidurales et radiculaires, sont également décrites.
Le traitement est le plus souvent médical (repos, antalgiques, anti-inflammatoires). Une intervention chirurgicale de décompression peut être nécessaire.
Étym. gr. arthron : articulation ; ose : suffixe caractérisant une maladie chronique
→ myélopathie des cervicarthroses et sténoses du canal rachidien
complications chez l'enfant de l'hématome rétro-placentaire l.m.
complications in the child of a abruptio placentae
→ hématome rétro-placentaire (complications chez l'enfant d'un)
[O1,O3]
complications psychiques de la contraception l.f.p.
psychic complications of contraception
Manifestations devenues exceptionnelles à la suite de l'appel aux doses réduites des contraceptifs oraux, mais aussi d'une meilleure acceptation générale de ces méthodes.
Éventuellement associées à une prise de poids, des céphalées et des migraines, des nausées et des vomissements, les modifications de l'humeur et la perte d'intérêt sexuel paraissent survenir plutôt lorsqu'au fond et à son insu, la femme demeure très ambivalente vis-à-vis d'un désir de grossesse.
Parmi les "échecs de la contraception", certaines "grossesses non désirées" signifient un désir inconscient de gestation, parfois dissocié du désir de maternité et, par là-même, susceptible d'aboutir à un avortement.
On a aussi observé des réactivations pathologiques, notamment dépressives ou psychotiques, dont le lien étiologique avec la contraception reste discutable.
[O3,H4]
diabète sucré et complications rénales l.m.
diabetes mellitus and renal complications
goutte (complications rénales de la) l.f.p.
→ néphropathie goutteuse, lithiase urique
grossesse (complications neurologiques au cours de la) l.f.p.
neurologic complications during pregnancy
Manifestations et complications survenant lors de la grossesse et concernant soit des pathologies nouvelles induites par la grossesse, soit des modifications de pathologies antérieures à celle-ci.
Sont décrites : des céphalées migraineuses, de tension ou symptomatiques ; diverses atteintes neuromusculaires (syndrome du canal carpien, méralgie paresthésique, paralysies obstétricales maternelles, lomboradiculalgies). Myasthénie, polymyosites et polyneuropathies inflammatoires posent des problèmes thérapeutiques.
Les crises épileptiques, notamment généralisées tonicocloniques, peuvent augmenter en nombre et les traitements antiépileptiques posent des problèmes de malformations fœtales (spina bifida, fente palatine).
En fin de grossesse, l'éclampsie provoque des troubles neurologiques centraux (encéphalopathie, épilepsie, hypersignaux centraux en IRM).
Les mouvements anormaux sont rares : chorée gravidique, dystonie.
La sclérose en plaques est compatible avec une grossesse normale qui, du reste, ne l'aggrave pas. Les poussées sont plus rares qu'auparavant. Mais l'évolutivité reprend après l'accouchement. Des maladies auto-immunes sont possibles durant la gestation.
Les tumeurs intracrâniennes ou intrarachidiennes peuvent subir des poussées : adénomes hypophysaires, méningiomes, tumeurs vasculaires.
Les maladies infectieuses, notamment virales, ont surtout des conséquences fœtales, la toxoplasmose et la syphilis également.
Le risque d'affections cérébrovasculaires, artérielles et aussi veineuses, est accru.
grossesse et complications psychiatriques l.f.p.
pregnancy and psychiatric complications
Survenue, fréquente, de modifications mineures ou transitoires, notamment d’une appréhension plus marquée en début et fin de grossesse.
L'apparition, le type et l'évolution des vomissements, notamment pendant le premier trimestre, semblent liés à une conjonction de facteurs hormonaux, socioculturels et psychogènes encore discutés.
Dans le premier mois le plus souvent, des manifestations dépressives, principalement "névrotiques", sont relevées chez environ 10% de ces femmes, parfois prédisposées, souvent exposées à des circonstances adverses. Un premier épisode dépressif majeur, de type "endogène", est rare. Un état anxieux, parfois invalidant, avec troubles du sommeil et somatisations diverses, plus rarement névrotique, se rencontre dans environ 15% des cas, favorisé lui aussi par une situation éprouvante. Un épisode initial délirant ou maniaque est exceptionnel. Chez toutes ces patientes, le risque d'accouchement prématuré, difficile, ou d'accidents néonataux est accru du fait de l'intervention de divers facteurs psychologiques, de la malnutrition, de la prise de médicaments, voire de toxiques, et d'une surveillance obstétricale souvent irrégulière.
→ conseil génétique en psychiatrie
rachianesthésie (complications neurologiques de la) l.f.p.
neurologic complications of rachianesthesia
Complications rares d’une technique courante et sûre d’anesthésie locorégionale métamérique, après injection d’un anesthésique local dans l’espace sous-arachnoïdien au niveau de L2-L3 ou L3-L4.
On peut observer surtout des atteintes pluriradiculaires lombosacrées à type de syndrome de la queue de cheval. Des paralysies transitoires des nerfs crâniens ont été décrites.
Parmi les diverses étiologies discutées (traumatisme direct par ponction, infection, position pendant l’intervention, etc.), celle d’une neurotoxicité de l’anesthésique est retenue le plus souvent. Chez l’animal, une lésion inflammatoire avec démyélinisation et dégénérescence axonale au contact du liquide a été observée. La toxicité croît avec sa concentration et sa durée d’exposition.
Un canal lombaire étroit constitue un facteur prédisposant.
radiothérapie (complications de la) l.f. p
radiotherapy injury
Conséquence pathologique d'une irradiation.
Sa gravité clinique dépend de la dose et de sa distribution dans le temps, du tissu, du volume (ou de la fraction d'organe) irradié.
Le problème majeur de la radiothérapie est de la limiter sans compromettre l'objectif de stérilisation de la tumeur.
Les effets indésirables d'une irradiation s'observent nécessairement lorsque la dose dépasse une valeur-seuil, généralement atteinte dans une irradiation thérapeutique ou exceptionnellement dans une exposition accidentelle.
Pour la plupart des tissus ils apparaissent à 20-30 Gy (en irradiation fractionnée ou à faible débit). Ils sont directement observables pour la peau, les muqueuses accessibles (desquamation) et sont constatés radiologiquement ou par leurs conséquences physiologiques pour les tissus et organes profonds. Leur réparation spontanée est complète jusqu'à 40 Gy et laisse des séquelles (sclérose, fibrose, nécrose) au-delà.
Certains tissus présentent une radiosensibilité particulière; à 5 Gy apparaît un risque de cataracte, azoospermie, stérilisation ovarienne, aplasie médullaire (en irradiation totale), défaut de développement embryonnaire.
→ balistique, déterministe (risque), facteurs temps
radiothérapie (complications nerveuses de la) l.f.p.
radiotherapy induced neurological lesions
Manifestations neurologiques aigües ou chroniques, précoces ou retardées, survenant après irradiation thérapeutique.
La tolérance du système nerveux aux radiations dépend de la dose totale reçue, de la dose et du nombre de chaque fraction, de la durée de la radiothérapie, du volume des zones irradiées et des facteurs propres au malade : âge, état vasculaire et général.
Sont décrites :
- des plexopathies, principalement brachiales et lombosacrées, après une latence de quelques mois à plusieurs dizaines d'années ;
- des atteintes des nerfs périphériques, surtout des nerfs crâniens (optique, auditif, dernières paires), parfois de troncs des membres comme le nerf crural ;
- des myélopathies, avec pour forme la plus habituelle la myélopathie post-radiothérapique chronique tardive progressive, sinon à type de myélopathie motrice pure, myélopathie aigüe (très rare), myélopathie aigüe transitoire, myélopathie chronique stabilisée ;
- des complications cérébrales avec œdème radique en période d'irradiation, encéphalopathie précoce réversible, leucoencéphalopathie nécrosante précoce, radionécrose cérébrale tardive, artériopathie cérébrale, atrophie post-radique. Ont été également signalés une insuffisance hypothalamo-hypophysaire chez l'enfant, des calcifications post-radiques, des tumeurs gliales ou méningiomes, voire des fibrosarcomes.
Le plus souvent palliatif, le traitement est peu efficace. Reste la prévention, nécessairement limitée du fait des objectifs visés, si souvent vitaux. Elle repose sur la meilleure technique radiothérapique possible en fonction de chaque cas
→ artériopathie radique, radique (plexopathie)
réanimation (complications neurologiques de la) l.f.p
intensive care neurologic complications
Complications fréquentes d'un traitement de réanimation (20 à 50% des patients hospitalisés en unité de soins intensifs) et complications majeures (mortalité avoisinant 30%).
Il s'agit essentiellement d'une polyneuropathie périphérique qui se manifeste le plus souvent par une difficulté de sevrage de la ventilation artificielle et qui doit être différenciée du syndrome de Guillain-Barré ainsi que des autres polyneuropathies périphériques.
Dans les formes majeures, peut survenir une quadriplégie flasque. Au minimum, sont observées seulement une abolition des réflexes ostéotendineux et des anomalies électromyographiques sensitivomotrices surtout axonales.
Ces troubles sont considérés comme faisant partie du syndrome de défaillance multiviscérale et, plus généralement, du syndrome de réponse inflammatoire systémique. Il n'y a pas de traitement spécifique.