milieux d'exception (adaptation psychosociale aux) l.f.
exceptional environments (psychosocial adjustment to)
Modes d'existence liés par des particularités communes : isolement, confinement, vie communautaire, manque d'intimité surtout, malgré d'évidentes nuances selon qu'il s'agit en particulier de vol spatial, d'une base polaire ou d'un sous-marin à long rayon d'action.
"Le syndrome mental d'hivernage" (J. Rivolier, 1954) est défini par des troubles psychiques assez rarement majeurs, plutôt par des modifications du sommeil, des manifestations légères, surtout dépressives, avec faible réactivité, problèmes relationnels, voire altérations cognitives. Ont été aussi décrits un "état de conscience modifié" comportant notamment la curieuse sensation d'une "présence" (retrouvée chez les montagnards et les navigateurs solitaires). Les circonstances éprouvantes semblent révéler ou accentuer une prédisposition foncière. Dans le groupe, diverses formes d'opposition, y compris avec le leader, chez qui une attitude démocratique est plutôt souhaitable, sont assez fréquentes.
Dans les submersibles nucléaires, on rencontre plus spécialement l'ambiance militaire (source de cohésion en général), le danger et l'absence de communication avec l'extérieur, principalement les familles. Malgré une bonne efficacité habituelle, sont relatés, avec une faible fréquence et surtout après un certain laps de temps : somatisations fréquentes (céphalées, troubles du sommeil, etc.) ; anxiété, dimension dépressive, "mal du pays" ; très rarement, affections psychiatriques majeures ; conflits interpersonnels.
Le retentissement psycholologique de ces conditions parfois extrêmes confère une priorité à la prévention.
J. Rivolier, médecin chef des Terres Australes et Antarctiques Françaises (1954)
→ vol spatial (adaptation psychosociale au)
vol spatial l.m.
space flight
Mode d'existence caractérisé, comme dans la généralité des milieux d'exception, par l'isolement, le confinement, la vie communautaire, le manque d'intimité, voire le danger et, plus spécifiquement, par l'exposition à l'apesanteur, la routine dans les vols prolongés, l'hétérogénéité des équipages, l'intrusion permanente du "contrôle de mission" au sol et une dépendance souvent mal vécue à son égard, une relation toutes les deux heures environ avec la Terre, à la fois proche et inaccessible, et la possibilité de mal de l'espace.
Peut-être du fait d'une certaine censure mais aussi grâce aux contre-mesures préventives prises et à la sélection (prédictive donc imparfaite), les manifestations décrites dans le "syndrome mental de l'espace" (J. Rivolier, 1992) sont relativement bénignes, en tout cas non psychotiques. Sont relevés surtout :
- au niveau individuel, altérations du sommeil, fatigue, troubles "fonctionnels" divers, hypocondrie, états dépressifs mineurs, avec fréquemment "mal du pays" lors de vols longs, phobies du vol et de l'espace, altérations sensorielles ("flashes" oculaires en particulier), états modifiés de conscience avec parfois éléments hallucinatoires, comportements aberrants liés à des troubles cognitifs ;
- au niveau du groupe, incompréhension et tensions interpersonnelles, projections sur le "contrôle de mission", sinon sur un "bouc émissaire" dans l'équipe, problèmes de relation avec le leader, de la part de qui une attitude démocratique plutôt qu'autoritaire est souhaitable.
Une prise en considération de ces diverses dimensions est nécessaire, y compris sur le plan familial et après le retour.
J. Rivolier, otorhinolaryngologiste, physiologiste et psychologue français (1923-2007)
→ apesanteur, impesanteur, mal de l'espace, cinétose
filtrage spatial l.m.
→ filtre de traitement d'image
[B2]
Édit. 2018
sens spatial l.m.
spatial sense
Un des paramètres de la fonction visuelle.
Le sens spatial, par les processus de sensation et de perception qu’il met en jeu, permet de se situer dans son environnement, d’apprécier des distances et des vitesses relatives. La vision binoculaire est une des composantes essentielles.
ARM par temps de vol l.f.
time of flight (TOF) MRA, TOF MRA
Technique d'ARM utilisant des séquences d'écho de gradient, fondée sur le principe de l’arrivée dans le plan de coupe de sang frais non saturé (principe du renforcement paradoxal du signal).
En écho de gradient, l'utilisation de TR courts (40 à 50 ms) permet de supprimer le signal des tissus stationnaires (par phénomène de saturation) tout en maintenant une arrivée de sang frais non saturé à signal élevé dans le plan de coupe. Le contraste de l'image est lié au phénomène de renforcement paradoxal du signal dû à l'entrée dans le plan de coupe de ces spins non saturés. L'angiographie peut être réalisée en technique 2D, les plans de coupe étant acquis successivement, un par un, ou en technique 3D où toute la pile des coupes est acquise simultanément. Pour présenter l'image finale, un algorithme de type MIP est utilisé. L'angiographie par temps de vol n'est pas bien adaptée aux vaisseaux à flux très lent, pour laquelle l'ARM par contraste de phase donne de meilleurs résultats. En revanche, elle visualise bien les vaisseaux comportant des zones de turbulences physiologiques (bifurcations). Enfin, il est possible de supprimer les veines ou les artères de l'image (ou les deux) en associant à la séquence des bandes de saturation (ARM dite "à sang noir").
[B2,B3]
Édit. 2018
syndrome du vol sous-clavier l.m.
subclavian steal syndrome
Syn. syndrome de la sous-clavière voleuse
→ détournement sous-clavier (syndrome de)
temps de vol des photons l.m.
photon time of flight
Délai mis par un photon pour se rendre d'un point à un autre.
Des mesures de temps de vol ont été proposées pour améliorer les performances des caméras à positons; elles se basent sur le décalage temporel avec lequel les deux photons de 511 keV émis lors de l'annihilation du positon sont détectés pour localiser le lieu de l'annihilation sur l'axe de leur trajet.
temps de vol des protons l.m.
proton time of flight (Tof)
En IRM, lorsqu'un vaisseau sanguin traverse le plan de coupe, temps que met un embol de sang (de vitesse supposée constante), pour parcourir l'épaisseur de la coupe.
En écho de spin, pour une vitesse de flux suffisamment lente, l'intensité du signal augmente jusqu'à un maximum (phénomène d'entrée de coupe ou de renforcement paradoxal du signal). Pour un flux suffisamment rapide au contraire, le signal diminue jusqu'à devenir nul (phénomène de sortie de coupe). En écho de gradient, il y a un renforcement paradoxal du signal même pour les flux rapides.
Syn. temps de transit (des protons)
Sigle Tof
vol de la pensée l.m.
thought withdrawal
Phénomène délirant caractérisé par la conviction, chez le patient, que ses propres pensées sont captées et prises par autrui.
Décrit dans l'automatisme mental.
vol par l'enfant et l'adolescent l.m.
stealing, theft by children and adolescents
Observé plus souvent chez le garçon que chez la fille, le vol représente 70% des conduites délictuelles des mineurs.
Sa fréquence augmente avec l'âge. On ne peut parler de vol avant que l'enfant ait acquis une claire notion de la propriété et d'une certaine éthique, soit vers six ou sept ans.
Le vol est d'abord domestique, puis s'élargit aux voisins, aux amis, à l'école, enfin à la rue et aux étalages des grands magasins. Anodin au début et significatif de la demande (bonbons, nourritures, jouets), il deviendra plus utilitaire : argent, objets convoités, collectionnés. Le vol de véhicule motorisé est surtout vécu comme un emprunt, avec pour but un bref usage.
Vis-à-vis de cet acte, le malaise et la culpabilité existent rarement au début. Tantôt on observe une lutte anxieuse contre le geste, suivie d'un sentiment de culpabilité. Dans certains cas, l'objet volé sera abandonné de façon visible, comme si l'enfant cherchait à être découvert et dénoncé, ou bien il est cassé et détruit, ou encore donné et distribué aux autres : c'est le vol généreux. Tantôt il n'existe ni tension, ni culpabilité.
vol pathologique l.m.
pathological theft
Soustraction frauduleuse du bien d'autrui pour des motifs non directement utilitaires ni conscients.
À côté de la classique et controversée kleptomanie (ou cleptomanie), qui serait une forme de névrose obsessionnelle, on retrouve le vol des collectionneurs pathologiques pour satisfaire leur passion, ou celui des fétichistes (lingerie féminine, notamment). On peut également y classer certaines entreprises qui sont de véritables conduites d'échec, avec volonté de sanction consciente ou non. On évoque aussi le vol du maniaque ou celui du dément.
Antoine de Bourbon, père d'Henri IV, faisait restituer par celui-ci les "chosettes" qu'il volait régulièrement.
vol sous-clavier l.m.
subclavian steal
Circulation à contre-sens du sang dans l'artère vertébrale (plus souvent à droite) en rapport avec une sténose ou une occlusion de l'artère sous-clavière dans sa portion prévertébrale.
→ détournement sous-clavier (syndrome de)
vol sous-clavier (syndrome du) l.m.
subclavian steal syndrome
Syn. syndrome de la sous-clavière voleuse
→ détournement sous-clavier (syndrome de)
adaptation n.f.
adjustment
1) Modification évolutive par laquelle une cellule, un organisme, ou une population, s'ajuste à une nouvelle contrainte, sa survie et sa reproduction en étant améliorées.
2) Ensemble des phénomènes qui permettent la mise en accord et l'interaction harmonieuse d'un organisme et, plus généralement, d'un individu avec de nouvelles conditions d'environnement, en particulier des circonstances éprouvantes.
D'un point de vue comportemental, les maladies mentales sont souvent perçues comme des troubles de l'adaptation. En neurologie, les affections des lobes frontaux perturbent l’adaptation comportementale.
3) Au sens général, ajustement du fonctionnement d'un organe ou d'un système à un changement des conditions de fonctionnement.
En vision binoculaire, mise en jeu d'éléments moteurs et sensoriels : maintien de la fixation lors des mouvements de la tête, mouvement correctif quand on place un prisme devant un œil, ajustement de la fixation après une saccade, etc.
En strabologie, ensemble des modifications sensorielles et motrices qui accompagnent la déviation et qui permettent au système oculomoteur de compenser les perturbations qu'elle entraîne.
Il y a adaptation sensorielle et motrice ; il serait plus exact de dire ici "compensation".
En contactologie, pratique médicale consistant à déterminer tous les paramètres d'une lentille de contact pour qu'elle puisse respecter les impératifs anatomiques et physiologiques de l'œil auquel elle est destinée, pendant son temps de port, tout en jouant le rôle optique, thérapeutique ou esthétique auquel elle est destinée.
4) En acoustique, modification de la perception sonore lors d'une stimulation acoustique continue.
Elle entraîne normalement une diminution progressive de la perception du stimulus sonore. En cas d'adaptation dite pathologique, cette diminution de la perception est très rapide, de l'ordre de quelques secondes. Un tel phénomène témoigne d'une atteinte du nerf auditif (neurinome de l'acoustique par ex).
Étym. lat. adaptare : ajuster
[C2, C3, E1, P1, P2]
Édit. 2020
adaptation cellulaire l.f.
cellular adaptation
Capacité que possède une cellule de modifier ses caractères morphologiques et fonctionnels sous l'effet de stimulus physiologiques ou pathologiques, et d'acquérir un nouvel état stable permettant sa survie, et traduite notamment par des phénomènes d'hypertrophie et d'atrophie.
Lorsque cette capacité est altérée par un trouble de l'adaptation cellulaire, la cellule peut entrer dans un cycle d'altérations plus ou moins réversibles pouvant conduire à la mort cellulaire et à la nécrose.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[C3]
Édit. 2017
adaptation chromatique l.f.
chromatic adaptation
Adaptation du système visuel à une stimulation colorée prolongée, avec diminution de la sensibilité à cette couleur stimulante et augmentation de la sensibilité à sa complémentaire.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[P2]
Édit. 2017
adaptation des populations l.f.
population adaptation
Ensemble des processus évolutifs, sélection, migration et dérive génétique aléatoire, qui permettent aux populations de s'ajuster au milieu par évolution des fréquences alléliques aux différents locus du génome des individus qui les composent.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[E1,Q1,Q3]
Édit. 2017
adaptation du cœur l.f.
myocardium adaptation
Modalité de réaction du myocarde ventriculaire à des lésions ou malformations du cœur, ne comportant pas d’obstacle anatomique sténosant.
L’adaptation du cœur à ces lésions qui lui imposait une dynamique anormale, revêt en général la forme d’une hypertrophie myocardique progressive. Elle s’oppose au syndrome de barrage qu’entraînent les obstacles sténotiques localisés.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[K2]
Édit. 2020
adaptation lumineuse l.f.
adaptation light
Ajustement des performances de l’œil en fonction de la lumière ambiante.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[P2 ]
Édit. 2017
adaptation prismatique (test d') l.m.
prism adaptative test
Correction par le prisme de puissance convenable de l'angle objectif du strabisme.
On en déduit un état sensoriel normal s'il ne faut pas progressivement augmenter la puissance du prisme (le sujet "mange" ses prismes). C'est donc un test qui a une valeur diagnostique et pronostique.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[P2]
Édit. 2017
adaptation (stratégie d') l.f.
adjustment skills, strategy
Ensemble des réponses physiques, psychiques, d'un individu soumis à des circonstances stressantes, notamment à une agression imprévue.
Il s'agit des tentatives du sujet pour faire face activement aux évènements de la vie. Cet ensemble de phénomènes complexes sert à modérer l'impact de tels évènements sur le fonctionnement physique, social et émotionnel.
Étym. lat. adaptare : ajuster
→ coping
[E1,G2,H4]
Édit. 2017
adaptation (troubles psychiques de l') l.m.p.
adjustment disorders
Ensemble des plaintes somatiques, détresse et perturbations émotionnelles, altérations de l'activité sociale ou occupationnelle, liées à un changement existentiel marquant ou à des circonstances éprouvantes (conflit professionnel ou conjugal, deuil, séparation, immigration, guerre, etc.).
Selon la CIM 10, la prédisposition et la vulnérabilité individuelles jouent ici un rôle plus important que lors d'une réaction aigüe ou dans l'état de stress post-traumatique. Mais ces troubles ne surviendraient pas en l'absence du facteur de stress en cause.
Des phénomènes régressifs (énurésie, "parler-bébé", succion du pouce) sont fréquents chez l'enfant, et des conduites agressives ou dyssociales chez l'adolescent.
Habituellement extériorisés dans le mois (CIM 10) ou les trois mois (DSM-IV) qui suivent l'évènement, ces états ne persistent guère au-delà de six mois.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[H4]
Édit. 2017
Jampolsky (test d'adaptation prismatique) l.m.
prism adaptation test (PAT)
Test qui permet d’évaluer le risque de diplopie postopératoire dans la chirurgie du strabisme chez l’adulte et le grand enfant. La puissance prismatique acceptée sans diplopie donne la valeur de la déviation qui peut, sans risque, être corrigée chirurgicalement.
Il est intéressant, quand cela est possible, de comparer les résultats avec ceux du test de diffraction de Gracis.
A. Jampolsky, ophtalmologiste américain (1971)
adaptation vergentielle l.f.
Syn. vergence adaptative
[P2]
Édit. 2019