viscosité du sang l.f.
blood viscosity
Viscosité particulière due à la présence dans le sang d'éléments figurés, ne suivant pas exactement celle des liquides homogènes.
Elle croît assez vite si l'hématocrite s'élève : les globules obstruent alors en partie la lumière des capillaires car il faut une certaine pression pour vaincre leurs frottements contre les parois et leurs déformations lors du passage. Dans ces conditions, la viscosité très forte pour les petits débits ne devient asymptotiquement stable que lorsque le débit atteint une certaine valeur.
Le sang n'est pas un fluide newtonien : à la diastole les globules rouges s'alignent sur la tranche dans les artères, à la systole et dans les veines ils sont surtout perpendiculaires au mouvement et dans les capillaires les éléments figurés frottent contre les parois. De plus les vaisseaux ne sont pas rigides, ils se dilatent sous la pression de sorte que, si la loi de Poiseuille peut s'appliquer approximativement dans les veines, elle représente mal la réalité dans les capillaires. Le régime turbulent apparaît dans l'aorte pour un nombre de Reynolds un peu plus faible que dans un fluide homogène : le régime est laminaire en diastole et les turbulences apparaissent au pic de la systole. Pour les artères de plus faible diamètre le nombre de Reynolds devient trop faible et l'écoulement est toujours laminaire. Chez le sujet normal, à 37°C, la viscosité du plasma est de 15 à 16 mPo (millipoise), celle du sang (avec un hématocrite de 45%) se situe entre 37,5 et 44,5 mPo, elle est proportionnelle à l'hématocrite (la présence des hématies augmente la «viscosité»).
J. L. Poiseuille, physiologiste et médecin français, membre de l’Académie de médecine (1935)