Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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enfant de mère séropositive pour le VIH l.m.

HIV positive mother's child

Enfant souvent prématuré ou dysmature, chez lequel la présence d'anticorps VIH ne traduit pas forcément la contamination car il peut s'agir d'anticorps transmis.
Moins de 20 % des enfants nés de mère infectées se révèlent ultérieurement atteints de la maladie. L'administration très précoce d'AZT réduit le risque à 8 %.

AZT, sida

[D1, O1]

Édit. 2020

infection VIH (signes cutanés de l') l.m.p.

skin signs of infection HIV

VIH (signes cutanés de l'infection), sida

inhibiteur de l'intégrase du VIH l.m.

inhibiting factor of the intégrase
Inhibiteur de l’activité catalytique de l’intégrase, enzyme codé par le VIH, indispensable à sa réplication
Qui nécessite l’intégration du génome viral dans celui de la cellule hôte.
C’est le raltégravir prescrit en association avec d’autres antiviraux chez des patients adultes.

inhibiteurs de la protéase du VIH l.m.p.

Enzymes clivant les précurseurs viraux protéiniques

Ce sont le rétronavir, le léponavir, le fosamprénavir, l’indinavir, le saquinavir, l’atazanavir, le tripanavir et le darunavir, utilisés en association avec des inhibiteurs de la transcriptase inverse du VIH chez les patients ayant un déficit immunitaire évolutif ou à un stade avancé.

Syn. antiprotéases

manifestations digestives du VIH l.f.p.

M. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l’Académie de médecine (1887)

VIH (manifestations digestives du)

manfestations psychiques de l'infection à VIH l.f.

HIV infection neuropsychic manifestations

VIH (manfestations psychiques de l'infection à)

myopathie du VIH l.f.

HIV myopathy

VIH (myopathie du)

neuropathies du VIH l.f.p.

HIV neuropathies

Atteinte périphérique au cours du sida, pouvant présenter tous les types.

VIH (neuropathies du)

prurigo de l'infection par le VIH l.m.

Prurit diffus sine materia attribué à l'infection chronique par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), accompagné de lésions de grattage non spécifiques.
Un prurit diffus est un mode de révélation non rare de l'infection VIH, en particulier chez des sujets originaires d'Afrique. Sa physiopathogénie est mal comprise. Le bilan étiologique doit écarter une autre cause de prurit, comme une gale, fréquente sur ce terrain. Le traitement symptomatique peut faire appel aux topiques réducteurs ou aux émollients, aux antihistaminiques et souvent à la photothérapie.

séropositif au VIH l.m.

HIV seropositive

Qualificatif de la séropositivité d’un sujet au virus de l’immunodéficience humaine.
Celle-ci précède, pour une durée variable, l’apparition de la maladie (sida)

signes cutanés de l'infection VIH l.m.p.

HIV skin signs

Ensemble des manifestations cutanées observées chez des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine.

M. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l'Académie de médecine (1887)

VIH (signes cutanés de l'infection)

tuberculose pulmonaire chez les sujets infectés par le VIH (traitement de la) l.m.

pulmonary tuberculosis in AIDS patients (treatment)

Traitement antituberculeux des patients infectés par le VIH.
Il est aussi efficace que chez les autres patients tuberculeux.
Dans le cas d'une tuberculose à bacilles sensibles, la quadrithérapie est faite pendant 2 mois, puis l'on passe à une bithérapie et la durée totale du traitement est de 10 mois. Si les cultures de crachats, après 2 mois de traitement, restent positives, il faut poursuivre la quadrithérapie jusqu'à négativation, puis l'on passe à une bithérapie pour les 9 mois suivants.
Si le patient a un chiffre de lymphocytes CD4 inférieur à 200/mm3 et n'est pas déjà traité pour son Sida, il faut toujours commencer par le traitement antituberculeux. Le traitement antirétroviral ne doit pas être instauré avant 15 jours de traitement antituberculeux, mais le mieux est d'attendre 2 mois, lorsque la situation de la tuberculose est stabilisée.
Du fait des interactions médicamenteuses, des adaptations de la posologie des antiviraux et des antituberculeux sont nécessaires. Il faut donc que les décisions soient prises par des spécialistes de ces problèmes.

VIH sigle m. pour Virus de l’Immunodéficience Humaine

Human Immunodeficiency Virus (HIV)

Virus de l’immunodéficience humaine acquise.

L. Montagnier, membre de l’Académie de médecine et F. Barré-Senoussi, virologues de l’Institut Pasteur de Paris , prix Nobel de médecine (2008)

virus de l'immunodéficience humaine, sida

VIH « contrôleurs » l.m.p.

VIH  contrôleurs 

Contrôle spontané de la réplication du VIH qui est observée chez un très faible pourcentage de patients infectés.
La charge virale demeure très basse, sans retentissement sur le nombre de lymphocytes CD4. Il n’existe pas de différence dans le mode de contamination ni dans la réponse en anticorps. C’est le système immunitaire du patient qui semble être la cause de cet état : le pourcentage de lymphocytes CD4 mémoire reste élevé comme chez les sujets sains, bien supérieur à celui des malades efficacement traités par les antirétroviraux. Le nombre de molécules dites CCR7 exprimé est supérieur à la normale. La sécrétion d’IL2 reste élevée. Les réponses cytotoxique et CD8 sont plus faibles. Il a été noté une surreprésentation de l’allèle HLA DRB 0701 du CMH classe II.

VIH (manifestations digestives du) l.f.

HIV digestive manifestations

Ensemble des troubles de l’appareil digestif liés à l’infection par le virus VIH.
Il peut s’agir :
- d’atteinte œsophagienne, telle que candidose, deuxième infection opportuniste après la pneumocystose pulmonaire,
- d’atteinte gastrique non spécifique,
- d’atteinte intestinale, dont le maître symptôme est la diarrhée, d’origine infectieuse ou parasitaire,
- d’atteinte colorectale, par inoculation directe,
- d’atteinte hépatique : hépatite non spécifique, habituellement latente, hépatites virales B, D et C, dont la  chronicité est  favorisées par le VIH,
- de lésions digestives de la maladie de Kaposi.
La plupart de ces manifestations sont l’expression du déficit immunitaire favorisant les infections opportunistes.

M. K. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l’Académie de médecine (1887)

VIH (manfestations psychiques de l'infection à) l.f.

HIV infection neuropsychic manifestations

La découverte de la séroconversion s'accompagne notamment de sidération, de fuite en avant, d'identification à l'"agresseur", d'essais de maîtrise de l'angoisse et/ou d'une psychose délirante aigüe.
Souvent très longue, la période asymptomatique est dominée par le bouleversement affectif d'une menace à échéance inconnue. En particulier, anxiété et dépression sont fréquentes, ainsi qu'une agressivité avec protestation, associées à des essais de réaménagement de la personnalité.
Une encéphalopathie par contamination directe, une infection opportuniste ou un lymphome cérébral, peuvent se traduire par un état confusionnel, et aussi par des troubles de l'humeur et/ou une atteinte cognitive qui peut se rapprocher du tableau d'une démence souscorticale. Interviennent également en plus ou en moins : les hospitalisations répétées, la disponibilité et la cohésion de l'équipe soignante, la qualité de l'écoute psychothérapique, une iatrogénie polymédicamenteuse, la précarité de la situation du patient et, de même qu'aux périodes antérieures, sa vulnérabilité psychique foncière.
Devant ces troubles neuropsychiques parfois majeurs, souvent intriqués avec des éléments somatiques, liés au moins pour partie à un réel incontournable, le médecin doit savoir accompagner le malade.

VIH (myopathie du) l.f.

HIV myopathy

1) Myopathie acquise au cours du sida, qui peut survenir à tous les stades de la maladie.
Tableau de déficit moteur des ceintures avec amyotrophie et myalgies diffuses. La biopsie musculaire montre des infiltrats inflammatoires et des fibres nécrotiques.
2) Apparition possible, au cours d'un traitement par certains antirétroviraux, d'une authentique myopathie secondaire à un dysfonctionnement mitochondrial.
Elle est rarement observée actuellement, car les trithérapies font appel à des antirétroviraux moins toxiques.

VIH (neuropathies du) l.f.p.

HIV neuropathies

Atteinte périphérique au cours du sida, fréquente (30 à 35 p.100), pouvant présenter tous les types.
On observe : aux stades précoces (séroconversion, porteurs asymptomatiques), des polyradiculonévrites aigües et chroniques ; aux stades tardifs (sida, lymphocytes CD4<100 mL), des polyneuropathies axonales distales sensitivomotrices, douloureuses, et des myéloradiculopathies à cytomégalovirus ; aux stades intermédiaires (CD4>100/mL), des mononeuropathies multiples ; fréquemment, des signes de dysautonomie.
L'incidence des neuropathies douloureuses tardives semble s'être accrue du fait, notamment, de l'augmentation de l'espérance de vie obtenues par les trithérapies. Ces formes algiques s'associent souvent à une encéphalopathie VIH avec ses troubles cognitifs, ou à une myélopathie vacuolaire avec son syndrome pyramidal.

polyradiculonévrite aigüe, polyradiculonévrite, cytomégalovirus, neuropathie périphérique, dysautonomie, trithérapie, encéphalopathie, myélopathie aigüe non vasculaire

VIH (signes cutanés de l'infection) l.m.p.

HIV skin signs

Ensemble des manifestations cutanées observées chez des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine.
Fréquentes, polymorphes, elles sont parfois révélatrices de l'infection, mais beaucoup d'entre elles peuvent n’être que des coïncidences. Certaines sont très évocatrices de la séropositivité VIH (maladie de Kaposi, leucoplasie orale chevelue) ; d'autres sont plus banales mais particulières par leur fréquence, leur gravité ou leur aspect clinique (dermatite séborrhéique, zona, dermatophytie, molluscum contagiosum, toxidermie aux sulfamides). Beaucoup de ces manifestations ont une évolution chronique ou prolongée et un caractère volontiers rebelle aux traitements classiques. La majorité des lésions cutanées est dépendante d’un mécanisme infectieux secondaire à l'immunodépression qui favorise l'émergence d'infections opportunistes, soit majeures, pour un taux de CD 4 inférieur à 200/mm3, soit mineures si ce taux est supérieur à ce nombre, par des bactéries, mycobactéries, virus, champignons ou parasites. Lymphomes B et maladie de Kaposi ont également un déterminisme infectieux (Epstein-Barr Virus, Kaposi HVH 8).

M. K. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l’Académie de médecine (1887)

mélanodermie du sida

contrôleur post-traitement du VIH l.m.

post-treatment controller

Patient porteur du virus de l’immunodéficience humaine chez qui, après traitement antiviral, la charge virale demeure extrêmement faible même longtemps après un traitement antiviral .

VIH

[D1]

Édit. 2018