tachycardie ventriculaire l.f.
ventricular tachycardia
Trouble du rythme cardiaque prenant naissance dans les ventricules au-dessous de la bifurcation du faisceau de His.
Les complexes ventriculaires sont larges (durée supérieure à 120 ms), avec une dissociation auriculoventriculaire et des complexes de capture ou de fusion. La fréquence varie entre 140 et 220/min ou, au maximum, trois extrasystoles ventriculaires successives représentant l'équivalent mineur de ce trouble du rythme (tachycardie ventriculaire non soutenue). La tachycardie ventriculaire étant liée à une cardiopathie ischémique le plus souvent (infarctus du myocarde), la tolérance hémodynamique est souvent mauvaise avec chute tensionnelle et tendance à l'état de choc. D'autres cardiopathies peuvent être en cause : cardiopathie primitive dilatée, dysplasies «arythmogènes», formes «idiopathiques».Si la tolérance hémodynamique est mauvaise, la réduction d'urgence est indiquée, sous surveillance électrocardiographique, en unité de soins intensifs cardiologiques, si possible. La réduction fait appel à des antiarythmiques administrés par voie intraveineuse (xylocaïne→, amiodarone, β-bloquants, etc.) ou à la cardioversion par choc électrique externe sous anesthésie générale de courte durée. Le risque de récidives, voire de transformation en fibrillation ventriculaire même en l'absence de cardiopathie favorisante, indique la prescription au long cours d'un traitement antiarythmique prophylactique.
Sigle TV
Belhassen (tachycardie de) l.f.
Belhassen’s tachycardia
Tachycardie ventriculaire idiopathique d’origine fasciculaire issue de l’hémibranche postérieure, plus rarement antérieure gauche ou septale haute.
Les complexes ventriculaires ont l’aspect d’extrasystoles fasciculaires, moins larges que des extrasystoles ventriculaires, avec retard droit et axe hypergauche le plus souvent (origine dans l’hémibranche postérieure gauche), parfois hyper droit (si la tachycardie ventriculaire (TV) naît de l’hémibranche antérieure gauche). Le mécanisme est probablement une réentrée (rythme réciproque entre les deux hémibranches).
Les tachycardies fasciculaires surviennent plutôt chez l’adulte jeune sans cardiopathie sous-jacente avec une prédominance masculine. Elles n’évoluent pas vers une arythmie ventriculaire maligne et ont les caractéristiques cliniques d’une tachycardie de Bouveret.
La réduction de la TV est facilement obtenue par le vérapamil injectable, en revanche le traitement préventif des récidives fait appel aux antiarythmiques de classe Ic avec une efficacité souvent limitée. Une ablation ciblée sur le site de naissance de la tachycardie est possible comme traitement curatif.
B. Belhassen, médecin cardiologue israélien (1981)
→ tachycardie ventriculaire, extrasystole fasciculaire, Bouveret (maladie de), vérapamil, ablation endo-cavitaire
Édit. 2017
Coumel (tachycardie de) l.f.
Tachycardie réentrante jonctionnelle dont le substrat est une voie accessoire à conduction lente/décrémentielle.
Son insertion est en général atriale postéroseptale droite proche de l’ostium du sinus coronaire.
Les caractéristiques de l’ECG sont :
- une onde P rétrograde négative en D2, D3,VF avec un RP’ long,
– une conduction décrémentielle dans la voie accessoire,
– une extrasystole ventriculaire en période réfractaire de la voie nodohissienne qui avance l’activation atriale (on peut l’obtenir lors d’une exploration électrophysiologique),
– la primodépolarisation atriale rétrograde proche de l’ostium du sinus coronaire.
P. Coumel, médecin cardiologue français (1967)
tachycardie n.f.
tachycardia
Fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute chez l'adulte.
On distingue les tachycardies sinusales normales, liées à l'effort ou à une stimulation sympathique excessive (émotion, absorption de substances dites «excitantes») ou pathologiques, secondaires soit à une insuffisance cardiaque, soit à une stimulation hormonale (hyperthyroïdie, sécrétion médullosurrénalienne excessive) ou encore réactionnelle à un état d'anémie, aigüe ou chronique, et les tachycardies ectopiques prenant naissance soit dans la paroi auriculaire (tachycardie supraventriculaire) en amont du faisceau de His, soit dans les parois ventriculaires (tachycardie ventriculaire).
tachycardie de Belhassen l.f.
B. Belhassen, médecin cardiologue israélien (1981)
tachycardie de Coumel l.f.
P. Coumel, médecin cardiologue français (1967)
tachycardie fœtale l.f.
fetal tachycardia
Elévation anormale et constante du rythme cardiaque du fœtus au-dessus d’une fréquence de 160 ou 180 battements par minute.
Elle est considérée comme l’indicateur d’une infection fœtale. Elle peut être induite par le passage transplacentaire d’atropine injectée à la mère.
tachycardie, hypertension, microphtalmie et hyperglycinurie l.f.
tachycardia, hypertension, microphtalmia, and hyperglycinuria
Tachycardie paroxystique, hypertension, syncopes, convulsions avec microphtalmie, cataracte, hyperglycinurie et calculs rénaux.
La microphtalmie serait dominante dans la famille et le reste récessif (une seule publication avec un frère et une sœur). L’affection est autosomique récessive (MIM 272550).
C.W. Adams et W.E. Nance, médecins américains (1967)
tachycardie jonctionnelle l.f.
junctional tachycardia
tachycardie nodale l.f.
nodal tachycardia
→ nodal
tachycardie paroxystique l.f.
paroxystic tachycardia
Variété de tachycardie survenant par épisodes aigus et brutaux.
L. Bouveret, médecin interniste français (1889)
tachycardie paroxystique supraventriculaire fœtale l.f.
paroxystic fetal supraventricular tachycardia
Brusque élévation du rythme cardiaque fœtal au-dessus de 180 battements par minute, dépassant parfois 250 battements par minute, durant plusieurs dizaines de minutes, et pouvant entrainer une insuffisance cardiaque fœtale.
Elle se traite par la digitaline intraveineuse qui, injectée à la mère, traverse le placenta.
tachycardie par réentrée électronique l.f.
Tachycardie survenant après une stimulation ventriculaire entrainant une conduction rétrograde des ventricules à l’oreillette et entendue par le circuit auriculaire du stimulateur
tachycardie supraventriculaire l.f.
supra-ventricular tachycardia
Trouble du rythme cardiaque prenant naissance au-dessus des ventricules, en amont de la bifurcation du faisceau de His.
La fibrillation auriculaire et le flutter auriculaire en sont les principaux exemples. En pratique, ce terme est réservé aux tachycardies par réentrée dans le nœud auriculoventriculaire : la dissociation longitudinale des voies de conduction rapide et lentes de la jonction auriculoventriculaire, créant un circuit de réentrée, est évoquée pour expliquer l'existence d'un «rythme réciproque» (tachycardie paroxystique de Bouveret) qui n'est généralement lié à aucune cardiopathie sousjacente. Parfois la réentrée emprunte une voie accessoire (faisceau de Kent). Dans ce cas, si le cheminement se fait sur le mode antidromique, l'accès peut être toléré du fait de la vitesse de propagation de l'influx quand il passe dans le faisceau accessoire par voie antérograde.Les accès de cette tachycardie débutent et cessent brutalement : la fréquence cardiaque est régulière et rapide de l'ordre de 200/min, l'électrocardiogramme montre des complexes QRS fins, les ondes P sont la plupart du temps invisibles et s'inscrivent derrière les complexes ventriculaires en début de repolarisation.La stimulation vagale arrête la crise ou est sans effet (loi du Tout ou Rien). Le traitement fait appel aux «petits moyens» tels la manœvre de Valsalva, la compression oculaire ou le massage carotidien. En cas d'échec la réduction médicamenteuse est indiquée (Striadyne→ intraveineuse) et un traitement antiarythmique est utile en cas de récidives fréquentes et mal tolérées.
L. Bouveret, médecin interniste français (1889)
Sigle TSV
aberration ventriculaire l.f.
ventricular aberration
Trouble de conduction cardiaque caractérisé par une distribution anormale dans les ventricules d’un influx d’origine supra-ventriculaire, à l’occasion de variations de la longueur des cycles cardiaques.
Syn. bloc de branche fonctionnel
[K2]
Édit. 2016
akinésie ventriculaire l.f.
ventricular akinesia
Perte de toute capacité de contraction intéressant une partie plus ou moins étendue de la paroi musculaire des ventricules du cœur.
Elle est habituellement la conséquence d’un infarctus du myocarde ou d'ischémie myocardique profonde.
Étym. gr. akinesis : immobilité
[K2]
Édit. 2020
anarchie ventriculaire l.f.
ventricular prefibrillation
Succession paroxystique ou continue de battements cardiaques irréguliers, en général rapides, dont l’enregistrement électrocardiographique montre des complexes atypiques et variables défiant toute description systématique.
[K2]
Édit. 2017
anévrysme ventriculaire l.m.
ventricular aneurism
Distension de la paroi du ventricule cardiaque au niveau de la cicatrice d'un infarctus, le plus souvent du ventricule gauche, qui apparaît chez environ 10% des patients dans les suites d'un infarctus du myocarde.
Dans un cas sur deux, se forme un thrombus ventriculaire dans la cavité dyskinétique. Le risque embolique de ce thrombus est faible, probablement en raison de son siège au fond du sac anévrysmal. L'anévrysme ventriculaire est visualisé par l'échographie cardiaque bidimensionnelle. Le traitement au long cours par anticoagulants reste controversé. Le traitement chirurgical (plicature ou résection de la zone pariétale infarcie) est indiqué lorsque l’anévrysme est volumineux ou compliqué (défaillance cardiaque, troubles rythmiques sévères, thrombose emboligène).
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
[K2,K3,K4]
Édit. 2017
artère auriculo-ventriculaire l.f.
→ rameau circonflexe de l'artère coronaire gauche
artère ventriculaire antérieure l.f.
→ artère choroïdienne antérieure
asynergie ventriculaire l.f.
ventricular aSyn.ergia
Perte de la simultanéité et de l’homogénéité de contrôles des ventricules du cœur, liée en général à une lésion pariétale d’un des deux ventricules (infarcissement, cicatrice d’infarctus, dilatation anévrismale), qui crée une hypokinésie, ou une dyskinésie localisée.
L’asynergie ventriculaire diminue la performance cardiaque et peut aboutir à la défaillance du cœur.
bandelette ventriculaire l.f.
Édit. 2017
bande ventriculaire l.f.
ventricular band
Édit. 2017
bruit de remplissage ventriculaire rapide l.m.
rapid ventricular filling sound
Traduction sonore de la brusque distension des ventricules au moment de leur phase de remplissage rapide protodiastolique et de la mise en tension de l’appareil volontaire mitral ou tricuspidien, connue comme le 3ème bruit du cœur (B3).
Parfois audible à l’auscultation soit chez un sujet sain (3èmebruit physiologique) soit surtout dans certaines cardiopathies (insuffisance mitrale, shunt gauche droit, défaillance cardiaque, péricardite constrictive), il est plus souvent inaudible et ne s’inscrit que sur le phonocardiogramme sous forme d’une oscillation faible et lente apparaissant 12 à 16/100ème de seconde après la fin du deuxième bruit.
Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).
→ B3
Édit. 2017
capture ventriculaire l.f.
ventricular capture
Survenue anticipée d’une contraction ventriculaire, entraînée normalement par une systole auriculaire (influx sinusal), au milieu d’un rythme de tachyventriculaire ectopique.
La capture ventriculaire est pure lorsque la stimulation auriculaire atteint le ventricule en dehors de sa période réfractaire (complexe QRS fin); elle est impure lorsque l’influx sinusal atteint le ventricule simultanément avec un influx d’origine ectopique (complexe QRS large dit de fusion).
[C2,K2]