Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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syndrome d'obstruction des voies aériennes l.f.

airway obstruction syndrome

Ensemble des signes entraînés par l'obstruction des voies aériennes.
La détresse respiratoire aigüe par obstruction des voies aériennes supérieures se voit chez les sujets avalant gloutonnement (souvent des débiles mentaux) ou chez les jeunes enfants. Dans le cas où l'obstruction est limitée à une bronche, cas fréquent chez le jeune enfant, le syndrome est moins caractéristique : l'exemple typique est celui de l'enfant jouant sous la table alors que ses parents reçoivent des amis, qui s'empare d'une cacahuète ou d'un petit gâteau sec, le mâche mal et fait une fausse route en l’avalant. L'enfant s'agite alors et manifeste sa détresse : il ne peut en général ni pleurer, ni crier mais, dans les cas favorables, un effort inspiratoire violent lui permet de déplacer le corps étranger dans une plus petite bronche. La respiration reprend, l'enfant pleure, est abattu puis se calme au bout d'un moment. Si l'on ne fait rien, un abcès du poumon peut se former au bout d'une semaine ou plus dans le territoire obstrué.
Une dyspnée inspiratoire chez un jeune enfant présentant un tel comportement implique de faire immédiatement la manœuvre d'Heimlich, puis, dans tous les cas, il faut conduire l'enfant à l'hôpital pour une indispensable bronchoscopie.

H. J. Heimlich, chirurgien américain (1975)

Étym. lat. obstructio : action d'enfermer (ob : devant ; struo : bâtir)

Heimlich (manœuvre d'), inhalation d'un corps étranger chez l'enfant

maladies virales respiratoires aigües des voies aériennes inférieures (causes des) l.f.p.

viral disease of lower respiratoiry tract (etiology)

Les maladies respiratoires aigües sont d'origine virale dans près de 2/3 des cas.
Elles appartiennent à 8 genres différents représentant plus de 200 virus antigénétiquement distincts. La majorité de ces infections virales atteint les voies aériennes supérieures, mais l'arbre respiratoire inférieur est souvent touché au cours de certaines épidémies.
Ces virus sont :
- des rhinovirus,
- des coronarovirus,
- le virus respiratoire syncytial,
- le virus para-influenzae,
- des adénovirus,
- les virus influenzae A et B,
- des entérovirus,

pneumonies et bronchopneumonies virales

inondation des voies aériennes du nouveau-né l.f.

amniotic inhalation

inhalation amniotique

maladie des petites voies aériennes l.f.

small airway disease

Affection pulmonaire obstructive caractérisée par une inflammation et une obstruction des petites voies aériennes du poumon.

bronchiolite

résistance des voies aériennes l.f.

airways resistance (Raw)

Différence de pression entre l'alvéole pulmonaire et la bouche, nécessaire pour produire un débit de 1L/sec, exprimée en cm eau/L/sec.
Dans un tube avec écoulement de fluide, la résistance R entre deux points est le quotient de la différence de pression P entre ces deux points par le débit

obstruction des trompes utérines l.f.

obstruction des tubes utérins, salpinx

[O3]

Édit. 2017

obstruction des tubes utérins l.f.

Occlusion des salpinx, séquelle d’infections génitales ou d’endométriose, responsable d’hydrosalpinx et/ou  de stérilité.
On l’identifie par hystérosalpingographie ou par coelioscopie. Elle se traite par microchirurgie ou le plus souvent par assistance médicale à la procréation. Un hydrosalpinx, en particulier tuberculeux, peut obliger à une salpingectomie totale ou partielle.

Syn. obstruction tubaire

salpinx, Fallope (trompe de), hystérosalpingographie, procréation médicalement assistée, hydrosalpinx, salpingectomie

[O3]

Édit. 2017

syndrome des voies biliaires évanescentes l.m.

evanescent bile ducts syndrome

voies biliaires évanescentes (syndrome des)

voies biliaires évanescentes (syndrome des) l.m.

evanescent bile ducts syndrome

Disparition progressive des canaux biliaires intrahépatiques essentiellement observée au cours du rejet aigu ou chronique du foie greffé.
Le rejet aigu apparaît au cours des deux premiers mois après la transplantation ; il peut être symptomatique (douleurs abdominales, fièvre, ictère) ou inapparent. Il existe des altérations du bilan hépatique avec des signes de cholestase et le diagnostic est confirmé par l'examen histologique d'une biopsie de foie montrant des lésions inflammatoires, des lésions veineuses et des altérations de la paroi des canaux biliaires. L'évolution clinique et biologique est rapidement favorable après injection de très fortes doses de corticoïdes ; la persistance des signes en dépit du traitement s'observe dans 10% des cas (disparition progressive des canaux biliaires) et oblige à une retransplantation qui n'est, en principe, pas suivie de récidive.
Le rejet chronique se traduit par une cholestase progressivement irréversible, avec disparition des canaux biliaires, cible privilégiée de la réponse immunitaire de l'hôte. Il est insensible au traitement immunosuppresseur et nécessite une retransplantation.

transplantation hépatique 

obstruction bronchique l.f.

bronchitis obstruction

Obstacle à la circulation de l’air dans les bronches.

Étym. gr. bronkhos : bronche ; lat.obstruere : boucher

syndrome obstructif pulmonaire, syndrome d obstruction des voies aériennes

[K1]

Édit. 2017

obstruction canalaire pancréatique l.f.

pancreatic duct obstruction

Procédé de neutralisation de la sécrétion exocrine pancréatique, dans le cadre des transplantations segmentaires de pancréas, par injection dans le canal de Wirsung d'un polymère conduisant à la destruction par fibrose du pancréas exocrine.

Édit. 2017

obstruction nasale l.f.

nasal obstruction

Sensation de diminution du flux aérien dans les fosses nasales, d’origine pluri-factorielle, bien souvent inflammatoire.

Édit. 2017

obstruction tubaire l.f.

tubal obstruction

Trouble de la perméabilité du tube auditif.
Elle entraîne une gêne à l’aération normale de l’oreille moyenne et, par la suite, une rétraction tympanique, une transsudation de sérosité dans l’oreille moyenne et une hypoacousie de transmission. Les principales causes sont les tumeurs du cavum, les phénomènes inflammatoires et infectieux des fosses nasales, des sinus et du cavum, ainsi que les fentes palatines où le dysfonctionnement de la trompe semble d’origine musculaire.

tube auditif

[P1]

Édit. 2017

obstruction tubulaire l.f.

tubule obstruction

Occlusion de la lumière du tubule rénal qui relève d'étiologies multiples.
Elle peut être consécutive à la desquamation des cellules tubulaires après clampage de l'artère rénale, à la formation de cylindres au cours d'une insuffisance rénale aigüe de cause toxique ou hémodynamique, ou à la précipitation de cristaux de nature chimique diverse : acide urique, oxalate, sulfamides, méthotrexate.
Le rôle exact joué par l'obstruction tubulaire dans la genèse de beaucoup d'insuffisances rénales aigües reste mal élucidé.

Édit. 2017

obstruction urodynamique l.f.

urinary tract obstruction, upper tract obstruction, bladder outlet (outflow) obstruction

Concept urodynamique caractérisé par une augmentation de la résistance à l’écoulement de l’urine, avec une pression trop élevée et un débit urinaire trop faible.
L’obstruction est différente de l’obstacle qui est une réalité anatomique. Elle peut intéresser la voie excrétrice supérieure ou inférieure de façon aigüe ou chronique.
- Dans la voie excrétrice supérieure, l’obstruction aigüe s’exprime par une douleur de colique néphrétique ; l’obstruction chronique, progressive, peut être peu symptomatique.
- Dans la voie excrétrice inférieure, l’obstruction aigüe réalise une rétention aigüe d’urine ; l’obstruction chronique se traduit par une dysurie avec ou sans rétention chronique.

colique néphrétique, distension, obstacle, rétention d'urine

Édit. 2017

polyneuropathie, ophtalmoplégie, leucoencéphalopathie et pseudo-obstruction intestinale l.f.

polyneuropathy, ophthalmoplegia, leukoencephalopathy and intestinal pseudoobstruction

encéphalopathie myoneurogastro-intestinale (syndrome de l')

leucoencéphalopathie et pseudo-obstruction intestinale l.f.

Syn. encéphalopathie myoneurogastro-intestinale,  MNGIE syndrome, polyp (syndrome)

encéphalopathie myoneurogastro-intestinale

[H1, Q2, P2]

Édit. 2019

administration des médicaments (voies d') l.f.p.

drug administration routes

Différents modes d'administration des médicaments.
Pour avoir une action générale, les médicaments doivent parvenir dans le sang qui les distribue dans l'organisme.
Les voies parentérales permettent un passage intravasculaire direct dans le sang d'un médicament et sa distribution par la circulation générale. Les voies entérales assurent la diffusion dans le sang grâce à un passage par le tube digestif.

[G5 ]

Édit. 2017

agénésie des voies lacrymales l.f.

hypoplasia lacrymal duct

Absence de voies lacrymales, parfois seulement des points lacrymaux, qui se rencontre dans certains Syndromes tels que les dysplasies ectodermiques anhidrotiques.
Elle provoque un larmoiement, clair en général. Si la gêne est modérée, aucun geste chirurgical ne s'impose.

[P2,Q2]

Édit. 2017

anomalie des voies lacrymales l.f.

lacrymal duct defect

Anomalie des voies lacrymales sur trois générations avec imperforation ou absence ou atrésie du point lacrymal et du canalicule.
L’affection est autosomique dominante (MIM 149700).

W.F.Schnyder, ophtalmologiste suisse (1920)

Étym. lat. lacryma : larme

voies lacrymales

[P2,Q2,Q3]

Édit. 2017

atrésie des voies biliaires ( AVB) l.f.

biliary atresia

L'atrésie des voies biliaires est caractérisée par une obstruction des voies biliaires d'origine inconnue, survenant en période périnatale.
C’est la première cause de cholestase néonatale, 5 sur 100.000 naissance en France. Il est capital de reconnaître la couleur anormale des selles du nouveau-né (gris blanche) afin de réaliser avant 45 jours la dérivation bilio-digestive palliative (intervention de Kasai). Non traitée, l'AVB conduit à la cirrhose biliaire et au décès de l'enfant dans les premières années de vie.
 
La cause est inconnue.  Après la naissance, la triade clinique caractéristique associe 1) un ictère qui persiste après deux semaines de vie. 2) des selles décolorées (gris-blanches), et des urines foncées. 3) un gros foie. L'état général du nourrisson est habituellement excellent, et la croissance staturo-pondérale est normale. Les signes tardifs sont: une grosse rate (hypertension portale), une ascite, des hémorragies qui peuvent être intra-craniennes (défaut d'absorption de la vitamine K).
La biologie montre une cholestase avec élévation de la gamma GT et du cholestérol.
L'échographie du foie,réalisée après un jeûne strict de 12 heures (l'enfant étant perfusé), ne montre pas de dilatation des voies biliaires. L'AVB peut être suspectée si la vésicule biliaire est atrophique malgré le jeûne, si le hile du foie est hyperéchogène (signe du "cône fibreux"), s'il existe un kyste dans le hile du foie, si les éléments du syndrome de polysplénie sont identifiés: rates multiples, veine porte pré-duodénale, absence de veine cave inférieure rétro-hépatique. Dans les cas où la vésicule semble normale, la cholangiographie est réalisée soit par voie percutanée sous échographie soit par voie rétrograde.
La biopsie de foie, indiquée lorsque le diagnostic reste incertain, montre la présence de bouchons biliaires, la prolifération ductulaire, l'oedème et/ou la fibrose portale. Comme dans toutes les autres causes de cholestase néonatale, des hépatocytes géants peuvent être observés.
Deux formes d’AVB sont distinguées. L'AVB syndromique (10 %), dans laquelle les lésions hépatobiliaires sont associées à des malformations congénitales variées telles qu'une polysplénie, une cardiopathie congénitale, des anomalies intra-abdominales (situs inversus, foie médian, veine porte pré-duodénale, absence de veine cave inférieure rétro-hépatique, malrotation intestinale) et l’AVB non-syndromique (90 %), dans laquelle l’anomalie biliaire est isolée. Quatre types anatomiques sont distingués ; les deux plus fréquentes, représentant 90 % des malformations sont l’atrésie complète de la voie biliaire extra-hépatique et la forme où la vésicule biliaire, le cystique et le cholédoque sont perméables.
Le traitement chirurgical est séquentiel: en période néonatale, l'intervention de Kasai, dérivation bilio-digestive palliative entre le hile du foie et le jéjunum, appelée hépato-porto-entérostomie. Plusieurs variantes techniques sont possibles, en fonction de l'anatomie du reliquat biliaire extra-hépatique. En cas d’échec de cette intervention, la transplantation est nécessaire, réalisée dans la deuxième année de vie ou plus tôt. En cas de succès de l’intervention, la transplantation peut être nécessaire ultérieurement. Les patients peuvent garder le foie natif jusqu’à l’âge de 20 ou 30 ans. L'AVB est la principale indication de transplantation du foie chez l'enfant.

Étym. gr. : privatif ; trêsis : trou

Kasai (opération de)

[L1,01]

Édit. 2018

cancer des voies biliaires l.m.

bile duct cancer

Le cancer des voies biliaires est un adénocarcinome se développant à partir de l'épithélium revêtant les voies biliaires.
Moins fréquent que l’hépatocarcinome, son incidence est, en France, d’environ 2000 nouveaux cas par an ; elle a tendance à augmenter. Ce cancer est beaucoup plus fréquent en Asie, notamment en Thaïlande, et à Hong Kong sans doute en raison de parasitoses endémiques de ces régions. Il est 6 fois plus fréquent aux États-Unis qu'en France (pour une population 4 fois plus élevée). Dans la moitié des cas il concerne la vésicule biliaire, les deux derniers quarts se répartissant entre voies biliaires intra- et extra-hépatiques. La lithiase biliaire, la colite ulcéreuse, l'angiocholite sclérosante primitive, la maladie de Caroli, les infections à Clonorchis sinensis sont des facteurs favorisant sa survenue.
Contrairement à ce que l’on observe avec l’hépatocarcinome, il ne s’accompagne pas d’une augmentation de l’α-foetoprotéine. Son traitement est essentiellement chirurgical. La chimiothérapie et la radiothérapie sont des traitements d’appoint utilisés surtout dans les formes évoluées.

J. Caroli, gastro-entérologue français (1958)

Syn. cholangiocarcinome, carcinome cholangiocellulaire

adénocarcinome, cholangiocarcinome hilaire, lithiase biliaire, colite ulcéreuse, angiocholite, Caroli (maladie de), Clonorchis sinensis

[F2,L1]

cancers des voies aérodigestives supérieures l.m.

cancer de la tête et du cou.

[F2,L1]

ectasie des voies lacrymales l.f.

nasolacrymal duct ectasia

Trajet des voies lacrymales remplacé par une fente.

Étym. gr. ektasis : dilatation

[ P2]

Édit. 2019

gliome des voies optiques l.m.

optic pathways glioma, pilocytic astrocytoma

Tumeur hamartomateuse à faible potentiel de croissance.
Elle survient dans l'enfance, souvent associée à une maladie de von Recklinghausen. Histologiquement, elle est formée d'astrocytomes pilocytiques dont les prolongements sont riches en gliofilaments, d'astrocytes protoplasmiques et fibrillaires, et de fibres de Rosenthal, épais trousseaux également riches en gliofilaments.
Le gliome du nerf optique du très jeune enfant est unique. Il se traduit par une augmentation de volume du nerf, dont les cloisons conjonctives persistent, ce qui donne un aspect lobulé à la prolifération tumorale lâche. Le pronostic est favorable après radiothérapie ou chirurgie.
Le gliome du chiasma survient vers l'âge de cinq à six ans. La nature de la tumeur est de même type, mais dépourvue de cloisons et souvent plus cellulaire. Son pronostic n'est pas toujours favorable.

glome du nerf optique

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