masochisme sexuel (aspects cliniques du) l.m.p.
clinical aspects of sexual masochism
Association habituellement chronique de la jouissance érotique à la souffrance physique et/ou morale subie avant ou pendant des relations sexuelles ou leurs substituts.
Bien que souvent assorties de simulacres ou de mises en scène, ces conduites comportent la recherche d'une douleur physique (fessée, flagellation, coups de ceinture, etc.) et/ou de tourments moraux (mépris, humiliations, souillures) dans une attitude de soumission passive. Elles peuvent s'accompagner d'autres paraphilies comme le fétichisme, le voyeurisme ou l'exhibitionnisme. Les formes majeures, avec notamment mutilations, sont rares.
Dans ses approches génétiques, le masochisme est difficilement séparable du sadisme, dont il constitue un aspect symétrique et, comme ce dernier, il demeure le plus souvent caché, accentuant d'autant la dimension cruauté-souffrance désirée. Du reste, le rôle des partenaires est parfois interchangeable.
Étym. du nom de Sacher Masoch romancier autrichien du XIX siècle.
névrose (caractères cliniques généraux d'une) l.f.p.
clinical general characteristics of a neurotic disorder
Terme à partir duquel se créa et se précisa un couple d'opposition pertinente avec les psychoses, au sens des linguistes.
Essentiellement par rapport aux psychoses, les névroses comportent, dans leurs formes les plus typiques : des symptômes répétitifs mais moins "graves", relativement superficiels et plastiques ; une certaine conscience de l'état morbide, vécu comme une enclave au moins gênante, contre laquelle le sujet tend à lutter sans résultat ; l'absence de désorganisation de la personnalité, avec des attitudes plus pragmatiques, une adaptation sociale relativement bonne sauf dans les formes majeures et invalidantes, ainsi que des altérations du comportement moins accentuées mais s'accompagnant volontiers de doute et d'indécision ; une évolution davantage réversible, facilitée par une fréquente demande de recours médical ; une réponse plus ou moins importante aux thérapeutiques non médicamenteuses, en particulier psychothérapiques.
Malgré les limites de tels critères, ce sont bien eux qui sont utilisés par la grande majorité des psychiatres.
W. Cullen, médecin britannique (1777)
polyarthrite rhumatoïde (manifestations cliniques de la) (PR) l.f.
Maladie articulaire inflammatoire grave, multifactorielle, avec prédisposition génétique, caractérisée par une inflammation chronique entretenue par des mécanismes auto-immuns.
Rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent en France (entre 1 et 2 % de la population), pouvant survenir à tout âge, avec un maximum d’incidences entre 30 et 50 ans, 2 à 3 fois plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Évoluant par poussées cette maladie est susceptible, sans traitement, d’aboutir à une invalidité sévère. De nouvelles thérapeutiques très actives (biothérapies, méthotrexate…) en ont révolutionné le pronostic, surtout dans les formes graves. Il est donc essentiel de faire précocement le diagnostic
L’existence de l’affection chez un membre de la famille multiplie le risque par 2. Le tabac constitue un facteur de risque important.
Le diagnostic repose sur les données cliniques : atteintes inflammatoires articulaires ou ténosynoviales à prédominance acromélique, à tendance bilatérale et symétrique.
Les examens biologiques complètent les données cliniques : les uns inconstants au début de la maladie comme le syndrome inflammatoire et la positivité du facteur rhumatoïde peu spécifique, avec la positivité essentielle des auto-anticorps anti-citrullinés qui sont spécifiques mais peu sensibles.
Les radiographies pendant longtemps indispensables sont remplacées par l’échographie qui permet de faire le diagnostic précoce de l’inflammation voire même des lésions érosives avant même que celles-ci n’apparaissent sur les clichés. L’imagerie permet aussi d’évaluer l’évolution des lésions structurales.
Les modalités évolutives de la PR sont variables d’un sujet à l’autre : à des poussées aigues peuvent succéder des rémissions. En général, la maladie est progressive et conduit moins que jadis au handicap qui était jadis parfois dramatique, surtout lorsque survenaient, dans 30 à 40 % des cas, des manifestations viscérales dont les formes les plus actives étaient pulmonaires, cardiaques, vasculaires et neurologiques.
Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde qui faisait appel à la corticothérapie au long cours comporte de nouveaux agents thérapeutiques comme le léflunomide, et le méthotrexate et surtout les anti-TNF, luttant contre la détérioration structurale, qui permettent d’obtenir des rémissions qu’aucun traitement ne pouvait auparavant produire. D’autres biothérapies peuvent être utilisées : les unes dirigées contre l’interleukine 1 ou l’interleukine 6, les autres d’actions différentes comme le rituximab et l’abatacept.
Les injections locales de cortisone d’une part et de produits isotopiques sont beaucoup moins utilisées. La chirurgie a vu ses indications considérablement régresser.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ facteur rhumatoïde, auto-anticorps anti-citrullinés, polyarthrite rhumatoïde (manifestations viscérales des), biothérapie, méthotrexate, TNF, léflunomide, interleukine 1, interleukine 6, rituximab, abatacept
[I1]
Édit. 2017
psychose (caractères cliniques généraux d'une) l.
clinical general characteristics of a psychotic disorder
Terme qui désigne actuellement les affections mentales les plus sévères, comportant pour l'essentiel une atteinte globale et profonde de la personnalité (E. von Feuchtersleben).
Formant une opposition pertinente, au sens des linguistes, avec les névroses, les aspects typiques des psychoses comportent : une symptomatologie majeure, caractéristique s'il s'agit par ex. d'idées délirantes ou d'hallucinations ; une altération du contact avec ce qu'il est convenu d'appeler la réalité ; une diminution ou une absence de conscience et de critique vis-à-vis du vécu pathologique, avec croyance à son égard ; d'importantes altérations de la personne, fréquemment accompagnées de perturbations de la relation au monde extérieur, en particulier des conduites, avec parfois isolement ; une impression générale d'étrangeté des troubles ; une évolution le plus souvent réservée.
Certes, de tels critères sont inconstants, voire controversés. Mais dans la pratique quotidienne, ce sont bien à ces caractéristiques cliniques que fait appel la majorité des psychiatres.
E. von Feuchtersleben, psychiatre autrichien (1806-1849)
sadisme sexuel (aspects cliniques) l.m.
clinical aspects of sexual sadism
Recherche de la satisfaction érotique par la souffrance physique et/ou morale infligée à autrui avant ou pendant des relations sexuelles ou leurs substituts, sans se préoccuper des conséquences pour la victime.
Il s'agit de conduites agressives comme des morsures, piqûres, flagellations, blessures au niveau des organes génitaux, ou des situations humiliantes, infligées à des adultes ou à des enfants. L'habituelle mise en scène théâtrale qui les accompagne peut contribuer à rendre moins marquées les souffrances de l'autre. De même que leur symétrique, le masochisme, elles restent le plus souvent cachées, accentuant d'autant la dimension cruauté-souffrance recherchée.
Surtout rencontré chez l'homme, le sadisme sexuel est fréquent chez la femme sur un mode mineur.
Très anciennement connu, il peut exceptionnellement s'exercer sous des formes extrêmes comme des crimes fréquemment précédés de viol (assassinats par lubricité, R. von Kraft-Ebing, en fait surtout psychotiques). Le risque de récidive est encore plus élevé dans cette éventualité.
→ sadisme
schizophrénie (formes cliniques) l.f.p.
schizophrenia (clinical types)
Formes qui, par leur hétérogénéité contribuent à poser le problème de l'unité et de la spécificité du concept de schizophrénie.
En France, il est habituel de décrire les formes suivantes : paranoïde, la plus fréquente, où domine le délire paranoïde; hébéphrénique, de type dissocié ; catatonique, avec prévalence de la catatonie ; hébéphréno-catatonique, empruntant aux deux formes précédentes ; dysthymique, avec coexistence de signes maniaques ou mélancoliques périodiques ou intermittents ; pseudonévrotique souvent masquée par là-même ; héboïdophrénique, de type surtout pseudopsychopathique ; simple, souvent résiduelle, peu différente de la personnalité ou trouble schizotypique.
thermalisme (essais cliniques en) l.m.pl.
spa therapy clinical trial
Afin d’évaluer les propriétés thérapeutiques des eaux thermales, l’Académie nationale de médecine a proposé, depuis les années 1990, et obtenu de faire réaliser des essais cliniques.
La responsabilité des eaux thermales est une des prérogatives reconnues à l’Académie depuis ses origines.
Étym. gr. thermê : chaleur; lat. sanitas per aqua (spa) : la santé par les eaux
Ehlers (ecthyma gangraenosum de) l.m.
E. L. Ehlers, dermatologiste danois, membre de l'Académie de médecine (1863-1937)
Syn. ecthyma gangréneux
[D1, J1]
Édit. 2019