Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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suicidant (prise en charge psychiatrique du) l.f.

psychiatric charge taking of a suicide

Prise en charge d'un sujet qui a fait une tentative de suicide n'ayant pas abouti à la mort.
Selon les données européennes, les conduites suicidaires, en majorité féminines, sont environ dix fois plus fréquentes que celles conduisant au décès. Plus d'un tiers concernent des sujets de moins de 25 ans. Elles sont surtout fréquentes en cas d'isolement social ou de familles dissociées : il s'agit essentiellement d'intoxications médicamenteuses, les phlébotomies étant beaucoup plus rares mais parfois associées. Le risque de récidive paraît élevé : de 10 à 14% des cas, dont 30 à 40% chez des adolescents. La rencontre du médecin d'urgence ou du psychiatre avec le suicidant s'effectue à domicile ou à l'hôpital, lieu neutre par rapport à l'institution psychiatrique. La période postsuicidaire constitue le moment le plus favorable à l'établissement d'une relation adaptée. La mise en évidence d'une affection mentale aigüe ou chronique caractérisée, avec ses indications thérapeutiques est rare, mais, sur place, l'entourage peut fournir au médecin d'urgence des informations utiles (état du logement, lettre ou médicaments découverts, dires de l'entourage, etc.) qui doivent être transmises au psychiatre.
A contrario, le concept réducteur d'une réaction à quelque circonstance particulière doit être déplacé par la notion de faits vécus par le patient en fonction de son histoire personnelle. D'où la nécessité, malgré ses difficultés, d'une écoute compréhensive globale, tout particulièrement de la souffrance du patient et des motivations plus ou moins conscientes de son comportement suicidaire.
Des réaménagements liés à la tentative de suicide sont inévitables de la part du patient et de son entourage. Il peut s'agir d'une accentuation du mode d'être et du type de relations pathologiques antérieures (surprotection, par ex.) ou, au contraire, de prises de conscience positives, porteuses de potentialités nouvelles, notamment de mises à distance par le patient de son mode de fonctionnement habituel, d'appui sur les étayages disponibles, d'appel à des associations bénévoles (S.O.S amitié, p. ex.). Une résistance familiale foncière avec banalisation systématique du geste constitue parfois un obstacle majeur. De toute façon, même assurée, autant que possible, par un thérapeute ayant l'habitude de ce type de relation, la prévention de la récidive suicidaire ne peut être absolue.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide