mémoire épisodique l.f.
episodic memory
Système de mémoire correspondant à des événements personnellement vécus, situés dans leur contexte temporel et spatial d’acquisition.
Sa caractéristique fondamentale est de permettre le souvenir conscient d’une expérience antérieure : l’événement lui-même (quoi) mais aussi le lieu (où) et le moment où il s’est produit (quand). Cette mémoire se caractérise également par l’expérience subjective de revivre l’événement. La récupération d’un souvenir en mémoire épisodique implique un voyage mental dans le temps associé à la « conscience autonoétique » (ou conscience de soi). Cette forme de conscience, qui caractérise spécifiquement la mémoire épisodique, signifie que l’individu prend conscience de sa propre identité et de son existence dans le temps subjectif s’étendant du passé au futur.
E. Tulving, psychologue canadien (d’origine estonienne) (1972)
Étym. gr. episodikos : accessoire (epi : en plus ; eis : dans ; hodos : la route)
abréaction n.f.
abreaction
Libération d'affects accompagnant la survenue ou l'évocation d'un évènement traumatique.
Elle peut être spontanée ou provoquée (hypnose, suggestion, narco-analyse) et réalise une catharsis qui lève le refoulement du souvenir traumatique ou s'oppose à ce qu'il se constitue.
La recherche de l'abréaction comme méthode thérapeutique appartient aux premiers temps de la psychanalyse.
S. Freud, neuropsychiatre psychanalyste autrichien (1856-1939)
[H3]
Édit. 2016
aimant permanent l.m.
permanent magnet
C'est le plus simple des trois types d'aimants, constitué par un bloc aimanté formé de composés cristallins de métaux tels que le fer ou le nickel.
Le plus anciennement connu est l'oxyde de fer appelé magnétite en souvenir de la province de Magnésie où il était connu dès l'antiquité.
Ces aimants ont l'avantage de ne consommer aucun courant électrique et de ne nécessiter aucun refroidissement, mais leur poids est très élevé et leur champ magnétique, vertical, faible.
Ils sont donc peu employés en IRM, sauf pour quelques appareils à bas champs, ouverts.
[B1,B2,B3]
Édit. 2020
amnésie n.f.
amnesia
Perte totale ou partielle de la mémoire épisodique.
Une amnésie peut être permanente ou transitoire (ictus amnésique). Elle est globale lorsqu'elle concerne tous les secteurs mnésiques, dissociée quand elle prédomine ou porte de façon exclusive sur certains.
L'amnésie de fixation est caractérisée par l'oubli rapide des faits récents, une désorientation temporelle et souvent spatiale. Lorsqu'un événement précis marque le début des troubles de la mémoire (comme un accident ou une maladie métabolique), on appelle amnésie antérograde l'oubli à mesure des faits qui suivent cette date, et amnésie rétrograde l'oubli de ceux qui l'ont précédée. Par extension, on tend à utiliser le terme d'amnésie antérograde pour décrire toute amnésie des faits récents, et de rétrograde pour celle des faits passés.
L'amnésie est dite lacunaire quand elle concerne un intervalle de temps défini, au-delà et en deçà duquel les souvenirs sont normaux.
Est appelée psychogénique une altération mnésique fonctionnelle, secondaire à un traumatisme psycho-affectif.
Les atteintes de la mémoire peuvent porter sur la structure cérébrale (atteintes anatomiques) ou faire suite à une désorganisation de l'accès à l'évocation des souvenirs (atteintes logicielles). Les pertes de mémoire peuvent être rétrogrades, définitives ou transitoires, allant du simple «trou de mémoire» à une amnésie de quelques semaines. Elles peuvent s'accompagner de fabulations ce qui peut poser des problèmes médicolégaux.
Toute période d'hypoxie cérébrale grave (inhalation de mélanges sans oxygène, intoxication oxycarbonée ou cyanhydrique, arrêt cardiaque, etc.) interrompt la fixation de la mémoire et laisse des séquelles d'amnésie antérograde, d'autant plus longue que la durée et la gravité de l'hypoxie ont été plus grandes. Une oxygénothérapie hyperbare précoce peut réduire de façon substantielle ces troubles.
Les produits anesthésiques, surtout les benzodiazépines, induisent au réveil une amnésie antérograde d'assez courte durée. Certains produits toxiques (sels de plomb, de manganèse, de mercure, etc.) produisent des amnésies, certaines «en plages» (disulfure de carbone). Au contraire l'hypertension intracrânienne bénigne (sans hydrocéphalie et avec un liquide céphalorachidien normal) entraîne souvent un déficit intellectuel persistant. L'amnésie rétrograde est de règle chez le pendu qui a pu être réanimé : il n'a pas souvenir de son geste.
Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)
→ mémoire, mémorisation peropératoire, monoxyde de carbone, pendaison, ictus amnésique
[H1,H3,H4]
Édit. 2017
amnésie colorée l.f.
coloured amnesia
Trouble de la perception colorée d'origine corticale au cours duquel il est impossible au sujet de se souvenir du nom des couleurs.
Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)
[H1,H3,H4]
Édit. 2017
amnésie rétrograde l.f.
retrograde amnesia
Trouble de la mémoire à type d'amnésie d'évocation ou de remémoration, qui intéresse la restitution d'évènements ayant précédé la maladie, et dont le souvenir était bien conservé auparavant.
Elle s'observe en particulier dans les états d'inhibition (mélancolie par ex.), les confusions mentales et lors d'une sismothérapie. Elle peut s'associer à une amnésie antérograde (amnésie antérorétrograde).
Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)
[H1,H3,H4]
Édit. 2017
aphasie léthologique l.f.
lethological aphasia
Aphasie caractérisée par la perte du souvenir des mots et la préservation de l'intelligence, ainsi que des capacités d'articulation (obs.).
J. Popham, médecin irlandais (1867)
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler ; lethê : oubli ; logos : langage
automatisme épileptique l.m.
epileptic automatism
Activité motrice involontaire plus ou moins coordonnée et adaptée (eupraxique ou dyspraxique), se manifestant au cours d'un état d'obnubilation mentale accompagnant ou suivant une crise épileptique et ne laissant habituellement aucun souvenir (H. Gastaut, 1979).
Observée au cours des crises partielles complexes et au décours des crises généralisées convulsives, il peut s'agir de la simple poursuite d'un acte en cours ou d'une activité différente.
Différents types d'automatismes ont été décrits :
- oro-alimentaires, les plus fréquents, avec activité de dégustation (pourléchage, lappements, mâchonnements) correspondant à une décharge critique au niveau du noyau amygdalien, et activité de déglutition correspondant à une activité critique de la région supra-insulaire ;
- mimiques, reflétant surtout l'état émotionnel du sujet ;
- gestuels simples (crise limbique) ou complexes (crise frontale ou deuxième partie des crises limbiques) ;
- verbaux (d'origine frontale antérieure ou temporale) ;
- ambulatoires (crise procursive, fugue épileptique).
Il ne s'agit donc pas seulement de crises temporales. Dans les automatismes combinés, les plus fréquents, la propagation peut être rapide à des régions cérébrales diverses.
Leur diagnostic différentiel fait envisager, selon les cas : somnambulisme, syndrome d'hypersomnie avec conduite automatique, amnésie globale transitoire, colère, terreurs nocturnes, crise émotive, crise d'agitation, état confusionnel d'origine psychique, toxique et/ou métabolique.
Étym. gr. automatos: spontané
benzodiazépines (effets secondaires des) l.m.p.
side-effects of benzodiazepines
Effets inconstants et réversibles observés à l'arrêt d'un traitement par benzodiazépine.
On peut observer :
- une diminution de la vigilance et des performances motrices, à type d'asthénie, de difficultés de concentration, de somnolence, de bradypsychie, surtout dans les premiers jours du traitement ;
- un effet désinhibiteur, euphorisant ;
- une amnésie antérograde portant sur l'acquisition et le rappel mnésique ;
- une réaction paradoxale avec majoration de l'anxiété, de l'insomnie, hostilité et actes agressifs quelquefois ;
- des conduites automatiques normales ou bizarres, parfois désinhibées, auto- ou hétéro-agressives, dont le sujet ne garde aucun souvenir, rapportées par l'entourage, avec conséquences médicolégales possibles, et qui s'observent surtout avec les benzodiazépines à demi-vie brève ;
- un risque de dépendance psychique, plus élevé que celui de dépendance physique, majoré chez les sujets déjà dépendants de drogues ou de l'alcool ;
- des réactions allergiques, p. ex. de type urticarien.
Un phénomène de sevrage physique est probable lorsque le produit est consommé d'une façon prolongée et arrêté brutalement : anxiété, agitation, insomnie, tremblements, contractures, rares syndromes confuso-oniriques et/ou crises comitiales.
→ benzodiazepine, amnésie antérograde, crise épileptique
[H3,G5 ]
Édit. 2017
catharsis n.f.
catharsis
Libération émotionnelle qui accompagne chez le patient l'évocation d'un souvenir traumatique refoulé.
Par la suggestion d'abord, puis par l'association libre, S. Freud cherchait à provoquer cette catharsis destinée à priver les symptômes hystériques de leur source énergétique en rétablissant la voie normale de décharge des affects.
[H4]
cauchemar n.m.
nightmare
Parasomnie à type de rêve pénible ou effrayant, accompagné d'angoisse, survenant principalement en fin de nuit, pendant un long épisode de sommeil paradoxal, généralement suivi d'un souvenir des éléments qui ont provoqué l'éveil.
Sa survenue sporadique affecterait environ un tiers des enfants, jusqu'à deux tiers des adolescents et un adulte sur quatre. Il est favorisé par certains médicaments comme les bêta-bloquants ou, à l'inverse, par le sevrage de certains hypnotiques. Observés chez le dixième des adultes, souvent indicatifs d'une anomalie de la personnalité, les cauchemars répétitifs sont fréquents également dans la névrose traumatique.
Les cauchemars doivent être différenciés des terreurs nocturnes.
Syn. rêve d'angoisse
→ déambulation paroxystique nocturne
[H]
délirium tremens l.m.
delirium tremens
Délire aigu chez un alcoolique déclenché le plus souvent par le sevrage, à l'occasion d'un traumatisme, d'une infection ou d'une intervention chirurgicale.
C'est un accès d'agitation caractérisé par un état confuso-onirique avec désorientation temporospatiale, illusions, hallucinations surtout visuelles, à thèmes professionnels ou terrifiants, accompagné de tremblements, de dysarthrie, de troubles de l'équilibre et de la coordination, avec de la fièvre, des sueurs et une tachycardie.
Cet état exige un traitement d'urgence : isolement, traitement sédatif par tranquillisants (benzodiazépines) et si nécessaire neuroleptiques, réhydratation avec correction des désordres hydro-électrolytiques, vitaminothérapie (B1, B6). Il faut rechercher une maladie éventuelle sous-jacente (pneumonie, méningite, etc.). La durée de l'accès, dont le malade ne garde pas le souvenir, est de 2 à 3 jours, la guérison est maintenant de règle.
Étym. lat. delirium : délire, tremens : tremblant
→ alcoolique aigüe et subaigüe (psychose), alcoolopathie
Dravet (syndrome de) l.m.
Dravet’s syndrome, severe myoclonic epilepsy of infancy
Syndrome épileptique rare (prévalence probablement sous-estimée de 1 sur 20 000 à 1 sur 40 000 naissances) et grave, d’origine génétique autosomique dominante, survenant dans la première année (le plus souvent vers l’âge de 5 mois), chez des enfants préalablement en bonne santé, se manifestant par des crises fébriles, généralisées ou unilatérales, cloniques, fréquentes, prolongées et pharmaco-résistantes, avec perte de connaissance, puis au cours de l'évolution par des accès myocloniques et des crises partielles.
Les crises d’épilepsie sont variables d’un enfant à l’autre, de par leur nature, mais aussi de par leur sévérité, leur fréquence et leur durée. Certains n’auront que des crises tonico-cloniques et myocloniques (crises généralisées ou crises unilatérales), d’autres auront beaucoup d’absences. Les crises surviennent toutes les 6 à 8 semaines environ. Elles peuvent devenir subintrantes, caractérisant l’état de mal épileptique, complication la plus grave qui peut endommager le cerveau alors mal oxygéné et entraîner des séquelles ; l’état de mal épileptique doit faire l’objet d’une prise en charge thérapeutique d’urgence.
Une manifestation particulière est l’absence atypique au cours de laquelle la conscience est perturbée: l’enfant semble « ahuri », confus, a des gestes bizarres, appelés automatismes ; il marmonne des mots incompréhensibles, mâchonne, se frotte les mains, arrange ses vêtements, se déplace (automatisme de déambulation) ; après quelques minutes, souvent fatigué et un peu perdu, l’enfant ne conserve aucun souvenir de ce qui s’est passé.
Ce syndrome entraîne un retard de développement généralement évident après l’âge de deux ans. Les enfants ont des difficultés de langage, une mauvaise coordination des mouvements et des troubles du comportement.
Le syndrome de Dravet est une maladie sévère qui entraîne un décès prématuré dans 15 % des cas environ ; les causes de décès sont la plupart du temps liées à un état de mal épileptique, à une infection ou à un accident dû à une crise (chute par exemple), voire à une mort subite.
À l'EEG des pointes-ondes et polypointes-ondes généralisées sont souvent provoquées par la stimulation lumineuse intermittente. La tomodensitomètrie et l’imagerie par résonance magnétique du cerveau sont utilisés pour mettre en évidence des lésions qui peuvent être consécutives à des crises prolongées ou à une chute ayant entraîné un choc crânien.
Dans près de huit cas sur dix il est dû à la mutation ou la délétion du gène SCN1A, localisé sur le chromosome 2. Ce gène contient le code qui donne les instructions pour fabriquer une protéine, la sous-unité alpha du canal sodium voltage-dépendant, nécessaire au bon fonctionnement du cerveau. Le mauvais fonctionnement de ce canal ou son absence conduisent à des perturbations de la transmission de l’influx nerveux à l’origine de l’épilepsie et du retard de développement. Un test génétique peut être réalisé.
Charlotte Dravet, médecin français
Réf : Orphanet - I. An, O. Dulac, M. Baulac, D. Mathon - mars 2014
Edit. 2017
Syn. épilepsie myoclonique sévère du nourrisson, EMSN, SD, crises partielles migrantes malignes du nourrisson
→ SCN1A gène, PCDH19 gène, CHD2 gène, KCNT1 gène
[H1,Q2]
mémorisation n.f.
memory
Évocation d’un souvenir fixé plus ou moins longtemps auparavant.
La mémoire est un élément essentiel dans les techniques de réadaptation visuelle. On distingue la mémoire instantanée, la mémoire à court terme, la mémoire de travail, la mémoire à long terme.
mémorisation peropératoire l.f.
peroperative awareness
Lors du réveil anesthésique, souvenir d'événements survenus pendant la période opératoire, le plus souvent sous forme d'impressions sensorielles, en général auditives (sons, paroles prononcées).
Elle résulte d'une anesthésie de profondeur insuffisante : l'audition, dernier sens à disparaître lors de l'anesthésie générale, est le premier à réapparaître au réveil. La mémorisation s'observe surtout chez un patient curarisé, si une anesthésie superficielle a été jugée suffisante, comme en obstétrique. La mémorisation des sons perçus pendant l'anesthésie peut être cause de troubles psychiques postopératoires. Elle est à distinguer de la mise en mémoire inconsciente (implicite) de sons ou de paroles reçus par un sujet endormi.
→ mémoire
personnalité multiple l.f.
multiple personality disorder
Trouble controversé, défini au sens strict par l'existence chez une même personne, surtout une femme, de deux ou plusieurs états de personnalité distincts, l'un d'entre eux se manifestant classiquement seul à un moment donné. Dans chacun, la patiente se comporte comme si elle n'avait aucun souvenir en rapport avec les autres états.
Affection identifiée au début du XIXe siècle, puis tenue pour un simple effet de suggestion avant d'être reconnue comme autonome depuis une trentaine d'années et classée parmi les troubles dissociatifs (de conversion). Dans le DSM-IV, elle est appelée : "trouble dissociatif de l'identité (précédemment personnalité multiple)". Le partage simultané du contrôle par deux ou plusieurs personnalités est désormais admis.
Très rare en France, cette pathologie s'est beaucoup étendue aux États-Unis. Elle pose notamment le problème d'une contagion mentale par suggestion, d'un trouble authentiquement hystérique et celui d'un effet iatrogène lié à une "remémoration", à l'âge adulte, de traumatismes psychiques graves, notamment d'abus sexuels. Ceci, après relation psychothérapique, par levée présumée de la répression. On a même observé rétrospectivement des conflits majeurs, y compris pénaux, avec la cellule familiale d'origine.
profondeur de l'anesthésie (stade de) l.m.
depth of anaesthesia classification
Diminution du niveau de réactivité du patient, en réponse à des stimulations extérieures, telles l'intubation trachéale ou l'acte chirurgical.
L'anesthésie générale est un état d'inconscience transitoire réversible, induit par un ou plusieurs agents anesthésiques. De façon graduée, elle permet d'obtenir l'absence de perception et de remémorisation des stimulations extérieures. L'estimation de la profondeur de l'anesthésie se fait en quantifiant la stimulation et en utilisant un paramètre adapté pour exprimer la réponse.
Les stades de l'anesthésie (Plombey et Snow), ont été précisés par Guedel pour l'anesthésie à l'éther en ventilation spontanée. Ils comportent :
- stade 1, analgésie,
- stade 2, excitation,
- stade 3, dit chirurgical, (subdivisé en 4 plans de profondeur croissante),
- stade 4, dit toxique (il débute par la paralysie respiratoire et se termine par l'arrêt cardiaque).
Cette classification est désuète car les anesthésiques actuels sont d'action rapide, ce qui occulte en moins d'une minute les premiers stades. D'autre part la curarisation et la ventilation contrôlée, qui suppriment la réponse respiratoire, rendent difficile l'évaluation de la profondeur de l'anesthésie. Cette perte d'information apporte un risque de sousdosage permettant un réveil intempestif et une mémorisation.
D'autres classifications ont été proposées (Gareth Jones) :
- 1) conscience avec mémorisation,
- 2) conscience avec amnésie,
- 3) conscience «subconsciente» avec amnésie (l'opéré perçoit des conversations ce qui peut influencer son comportement postopératoire bien qu'il n'en garde pas le souvenir),
- 4) inconscience.
La détermination de la profondeur de l'anesthésie permet de placer l'opéré dans un état d'inconscience et d'insensibilité adapté aux stimulations douloureuses auxquelles il doit faire face tout en évitant un surdosage ou un sousdosage.
Dans la pratique, l'évaluation de la profondeur de l'anesthésie se fait sur les signes cliniques (réactions motrices, cardiovasculaires, respiratoires, neurovégétatives).
L'évaluation instrumentale, trop complexe (électroencéphalographie et ses diverses modalités d'analyse notamment le calcul de l'index bispectral, les potentiels évoqués sensoriels, électromyographie du muscle frontal, activité contractile de l'œsophage), ne peut être utilisée en routine. On peut employer des moyens indirects d'évaluation par la mesure de la concentration alvéolaire des anesthésiques volatils ou la concentration sanguine (propofol) dans la technique d'anesthésie intraveineuse à objectif de concentration (AIVOC). Mais, à l'heure actuelle il n'existe pas de moniteur de la profondeur de l'anesthésie suffisamment simple, capable de donner des informations précises et fidèles pour une prédiction acceptable.
F. Plombey (1847), J. Snow (1847), médecins anesthésistes britanniques ; A. E. Geudel, médecin anesthésiste américain (1937) ; J Gareth Jones, médecin anesthésiste britannique (1928-2015)
→ éther (stades de l'anesthésie à l'), index bispectral
[G1]
Édit. 2018
soumission chimique l.f.
Administration à des fins délictueuses, voire criminelles, de substances psychoactives à l’insu de la victime.
L’agresseur ajoute, de manière frauduleuse, dans une boisson ou un aliment, une substance pharmacologiquement active, le plus souvent une benzodiazépine présente dans un médicament, à action sédative voire hypnotique, ou un dérivé apparenté. La sédation, l’hypnose, les effets désinhibiteurs moteurs et de censure (sexuelle en particulier), ainsi que l’amnésie antérograde qui s’ensuivent permettent à l’agresseur de « soumettre » facilement sa victime sans qu’elle puisse ensuite en conserver un souvenir précis, en particulier dans le but de perpétrer un viol ou un acte de pédophilie, actes criminels passibles de la cour d’assises. La soumission chimique est également utilisée pour exercer des violences volontaires ou commettre un vol, actes délictueux qui sont, quant à eux, de la compétence du tribunal correctionnel.
Étym. lat. : submittere,: placer sous une autorité
hypermnésique adj.
Terme qualifiant un sujet doué d’une mémoire exceptionnelle.
Ce type de personne se rencontre rarement. Il est à distinguer des sujets normaux dont les capacités mnésiques sont accrues par l’entraînement.
Les hypermnésiques bénéficient souvent d’une mémoire eidétique qui est la capacité de se souvenir d’images, de sons et d’objets en détail après un bref contact avec eux.
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer les hypermnésies dont le rôle du lobe temporal ou une connexion plus étroite entre l’hippocampe et l’amygdale.
L’hypermnésie n’est pas associée à une intelligence développée, c’est-à-dire à la capacité d’abstraction ou d’établir des relations.
[H4]
Édit. 2019